Deux peintures célèbres de Raphaël Sanzio

Il s'agit de deux oeuvres religieuses majeures: La Madone sixtine et La Transfiguration.

 

Autoportrait à 26 ans(1506)

 

            à Urbino en 1483, Raphaël fut initié très jeune à la peinture par son père, puis il alla se perfectionner à l’atelier du Pérugin à Pérouse, non comme apprenti mais comme compagnon : le Pérugin et le jeune Raphaël devinrent bientôt de grands amis. Un  peu plus tard, il se rendit à Florence où il suivit l’enseignement des plus grands peintres du temps : Leonardo da Vinci et Michelangelo Buonarroti. Ces trois grands peintres devinrent les figures marquantes de la Renaissance italienne. Lorsque qu’ils travaillèrent à Rome, à la demande du pape Jules II, Michel-Ange et lui étaient reconnus comme les plus grands peintres de l’époque. S’ils n’étaient pas intimes, ils se respectaient mutuellement : Raphaël admirait le génie de Michel-Ange et ce dernier reconnaissait le talent extraordinaire de son cadet, et disait de lui que « son génie tenait plus de l’étude que de la nature ». Plusieurs de ses tableaux d’inspiration biblique figurent sur les murs de la Chapelle Sixtine alors que la voûte est décorée des fresques de Michel-Ange.

 

            Comme ses deux aînés, Raphael était à la fois peintre, sculpteur et architecte. C’est pourquoi le pape Jules II le fit venir à Rome pour aménager et orner les chambres du Vatican, qui aujourd’hui renferment une grande partie du Musée de Rome. Raphaël eut un seul amour dans sa vie, la fille d’un boulanger, dont il a peint le portrait célèbre de la Fornarina : ce tableau révèle une jeune femme à demi nue, détournant un regard malicieux. :

 

 

           

            Il décora également le palais du Borgo et la villa Farnèse de nombreux tableaux d’inspirations mythologiques, tout en peignant plusieurs madones pour diverses églises ou couvents. Sur demande, il fit également plusieurs tableaux représentant des personnages puissants, papes ou laïcs et des portraits de femmes.

 

Miné par diverses maladies et épuisé par ses nombreux travaux, Raphaël mourut à l’âge de 37 ans, laissant inachevé son dernier chef-d’œuvre La Transfiguration, que termina Jules Romains, un de ses élèves, dans la partie inférieure où l’on voit l’enfant possédé. Cette célèbre peinture est une « huile sur bois ».

 

Un auteur a recensé 248 œuvres authentiques de Raphaël à part des nombreuses autres faites par ses élèves sous sa direction. Beaucoup de ses peintures ont envahi l’Europe entière et plusieurs de ses œuvres figurent comme tableaux finis, esquisses ou dessins dans maintes Galeries ou collections privées. À sa mort, Raphaël était très riche. Même s’il avait mené à Rome une vie de grand seigneur, il était resté modeste, affable et toujours bienveillant et généreux envers ses élèves. À sa mort, sa fortune était estimée à 46 000 ducats d’or qu’il légua à ses parents d’Urbino et surtout à ses élèves. Il avait auparavant éloigné Margaretha Luti (la Fornarina) à qui il assura les moyens de vivre en honnête femme. Il mourut le vendredi saint 6 avril 1520 et fut enterré en grandes pompes au Panthéon.

 

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La Madone sixtine

 

 

            La Madone Sixtine ne tire pas son nom de la chapelle Sixtine, mais du fait qu’elle représente Marie et l’enfant accompagnés de saint Sixte, patron, avec Ste Barbe (à droite du tableau), de la famille du pape Jules II, les Della Rovere. Il avait été placé dans le couvent Saint-Sixte à Plaisance.

 

            Cette peinture est la dernière des nombreuses Madones peintes par Raphaël et terminée de ses propres mains. Elle devait orner le tombeau du pape. Après bien des voyages en Europe, elle est présentement conservée à la Gemäldegalerie Alte Meister de Dresde (Allemagne).

« Cette formidable représentation de la Vierge et de l'Enfant Jésus a fait de Raphaël, à l'égal de Michel-Ange et de Vinci, l'un des peintres italiens les plus célèbres de la Renaissance. Dans l'ensemble de son œuvre, les formes s'assemblent et donnent des compositions claires, symétriques, d'une grande force, comme ici avec la Madone de Saint-Sixte. (1512 – 1513) » (Extrait de Wikipedia)

Description

« La Vierge, debout, porte l'Enfant de ses deux bras ; elle est habillée de façon conventionnelle : robe rouge, manteau bleu foncé. Un voile encadre sa tête et part en gonflant vers la droite jusqu'à son bras gauche. La composition est pyramidale, la Vierge et l'Enfant occupent la partie centrale de la composition et regardent le spectateur, saint Sixte, saint protecteur du Pape qui a commandité l’œuvre et sainte Barbe sont à leurs côtés en contrebas. Tous les pieds des personnages sont placés sur des nuages moutonneux. On distingue des visages d'anges dans la nuée qui occupe le fond du tableau. Saint Sixte placé à gauche du tableau porte le regard vers le couple qui s'élève au dessus de lui ; sainte Barbe, placée à droite, en regard, richement vêtue, est agenouillée ; elle regarde vers le bas les deux putti qui affichent des figures espiègles, dans des poses décontractées, accoudés.

La composition est encadrée par les pans du rideau d'un dais en haut et sur les bords gauche et droit du tableau ; les putti placés en bas s'appuient une balustrade qui se confond avec le cadre. Une tiare, celle du pape, commanditaire de l'œuvre, est visible en partie en bas à gauche. » (Extrait de Wikipedia)

Détail des putti accoudés.

 

Au sommet de cette balustrade, la tiare papale se tient comme un pont entre l'espace réel et l'espace pictural.

 

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LaTransfiguration

(Huile sur bois)

Histoire du tableau

La Transfiguration (1518-1520) a été commandée à Raphaël par le cardinal Jules de Médicis (futur Clément VII). Il commanda en même temps une deuxième œuvre intitulée La résurrection de Lazare à Sebastiano del Piombo. Les deux tableaux d’autel étaient destinés à sa résidence épiscopale de Narbonne, dont il était l‘archevêque depuis 1515.

La mauvaise santé a empêché Raphaël de la finir. Il mourut d'un accès de fièvre en avril 1520. C‘est donc son atelier (probablement Giulio Romano) qui s‘en chargea. Le tableau est demeuré à Rome dans l'église saint Pierre de Montorio de 1523.à 1797. Le Pape Pie VI fut contraint de le céder à la France en 1797 par le traité de Tolentino (le traité autorisait les commissaires français à prélever cent œuvres parmi les collections pontificales). Il rejoignit alors le Museum Central des Arts, l’actuel Musée du Louvre, puis fut restitué au Pape Pie VII à la chute de l’Empire. En 1817, il entra à la Pinacothèque du Vatican.

La Transfiguration est le dernier tableau peint par Raphaël, commencé en 1518, inachevé de sa main en 1520, date de sa mort. Il est conservé dans les Musées du Vatican.

Le mot Transfiguration procède en français de la traduction latine du mot grec Metamorphosis (métamorphose).

Composition

Le tableau comporte deux parties narratives distinctes : La partie supérieure montre la Transfiguration sur le mont Thabor, le Christ flottant devant des nuages illuminés, entre les prophètes Moïse et Élie, au-dessus de Pierre, Jacques et Jean. La partie inférieure montre les apôtres et les croyants, impuissants devant la possession démoniaque d'un garçon. L'apparition du Christ le libère miraculeusement de sa maladie.

Analyse

La Transfiguration est un épisode de la vie du Christ où son apparence physique change pendant sa vie sur terre, révélant ainsi sa nature divine. Selon la Bible, cet épisode se situe après la multiplication des pains, au moment où les disciples reconnaissent en lui le Messie. Au cours de la fête des tentes, il se serait rendu sur le mont Thabor avec ses disciples Pierre, Jacques et Jean et se serait alors métamorphosé. Son visage changea et ses vêtements devinrent d’un blanc éclatant en présence de Moïse et Élie, à droite, reconnaissable aux tables de la loi qu’il tient entre les bras.

On observe une vive lumière blanche l’entourant, provoquant même un vent improbable, surnaturel, traduit par les drapés d’Élie et de Moïse ainsi que leurs cheveux. Les nuages même sont concentrés autour de Jésus. Celui-ci, vêtu de blanc, en léger contrapposto, les hanches larges, le drapé flottant, les bras ouverts, est représenté en lévitation.

Les deux petits personnages à droite qui sont en train de prier et qui n’apparaissent pas dans le passage de la Bible sont Félix et Agapit qui soutiennent alors la manifestation du Christ.

Le mont Thabor est représenté par un monticule de terre et en guise de décor on peut observer quelques arbres et sur la gauche, au lointain, un village.

Cette scène tirée de Mathieu 17, est immédiatement suivie d’une histoire ou il est question de la guérison d’un garçon possédé, et c’est ce que décide de représenter Raphaël dans la partie inférieure.

Si le moment de la scène précédente semble être d’un long silence, les nombreux personnages à droite de la partie basse semblent tous pris de panique aux côtés du jeune garçon possédé et de son père vêtu de vert, qui le supporte. L'enfant adopte une posture bras écartés, un vers le ciel, l'autre vers le sol, les yeux révulsés.

À gauche, les apôtres, qui ne parviennent pas à guérir l’enfant, sont également pris d'une panique lisible dans leurs gestes, regards, mimiques, bras tendus...

 

(D’après Wikipedia)