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Les attributs de l’entité : liberté et créativité

et autres mécanismes psychiques

 

 

D

ans l’exercice de sa créativité, l’entité incarnée ne peut opérer que par l’ego ou  le moi conscient qui lui permet d’élargir sa conscience par de nouvelles expériences dans les trois dimensions. Car l’ego est la partie experte de notre personnalité qui dirige notre pensée consciente et se préoccupe surtout des formes matérielles de notre expérience dans le monde physique. « Dans un sens, l’ego est l’œil de la pensée consciente, la lunette par laquelle elle regarde la réalité physique (1). »

 

            Notre ego, comme sa source, notre entité, n’est pas quelque chose de fixe, d’immuable : il change constamment, au rythme des idées et des croyances de notre conscience, mais il ne s’échappe habituellement pas du cadre des trois dimensions parce que l’individu que nous sommes le croit rivé au monde physique. Mais il n’est pourtant pas séparé de notre moi intérieur. « Il trône pour ainsi dire sur le seuil de la fenêtre entre vous et le monde extérieur. Il peut aussi regarder dans les deux directions (2). » Car il est une partie de notre esprit qui « est en perpétuel devenir », qui « est souple et change continuellement » et qui « est sans commencement ni fin, selon vos termes.(3) » Il croît à partir de ce que nous sommes, car il est une partie de notre être et de notre conscience; mais parce que nous ignorons les changements constants de sa structure atomique, nous ne sommes pas conscients de son alternance continuelle entre mort et renaissance (4), entre disparition et apparition.

 

Il ne suffit pas de définir l’être humain comme une âme incarnée dans la matière pour savoir ce qu’il est concrètement et comment il exerce ses deux attributs fondamentaux : sa liberté et sa créativité. De même que nous créons librement nos propres rêves et la réalité physique, ainsi nous sommes également responsables de notre vie et de notre monde, qui est ce que nous sommes car il « est la  matérialisation des moi intérieurs qui l’ont formé (5) », même si notre ego présent n’en est pas conscient. 

 

Puisque la nature des actions de l’être humain dépend de sa conscience, ses idées et ses croyances modifient constamment ses comportements et ses actions. Mais ceux-ci peuvent être conformes ou contraires aux lois biologiques, psychiques et spirituelles de sa nature. Il s’ensuit que l’individu humain, en exerçant sa liberté de création, produit parfois des événements et des comportements qui, au lieu d’augmenter sa liberté d’expression, la restreignent et entravent, en conséquence, l’équilibre de son corps physique : il en résulte alors des états de santé précaire, des maladies ainsi que des troubles psychiques.

 

            Pour s’exprimer sur le plan physique et donc pour matérialiser ses pensées (idées et croyances), il fait appel à des mécanismes spécifiques qui permettent à son énergie intérieure de réaliser ses intentions dans la matière. Les plus importants sont la culpabilité, l’agressivité, l’émotion et le sentiment. Quand ces mécanismes fonctionnent normalement sans être biaisés par de fausses croyances ou des pensées négatives, il en résulte, chez l’individu, un état de grâce, exprimant la bonté innée de sa nature et la spontanéité de la Vie. Si la qualité de ses actions entraîne chez lui des situations conflictuelles, dévalorisantes, restrictives, stressantes ou angoissantes, c’est qu’alors il est animé de pensées et de croyances qui vont à l’encontre de sa nature, de sa croissance et de son épanouissement humains. L’impact souvent répété de ses troubles psychiques et de ses maladies physiques, pourra éventuellement susciter chez lui un éveil de sa conscience et lui faire comprendre qu’il doit changer ses croyances s’il veut vraiment connaître qui il est et se créer, en conséquence, un corps parfait et gracieux qui rayonnera dans son environnement : il exprimera alors dans la chair la réalité et la richesse de son âme. Car une fausse croyance est celle qui va à l’encontre de notre être intérieur (6). 

 

            Dans ce chapitre je puiserai largement aux théories psychologiques, à la fois subtiles et profondes, présentées par Seth dans son ouvrage La réalité personnelle. Des informations provenant d’auteurs différents viendront, à l’occasion, corroborer son enseignement.

 

 

 

Culpabilité naturelle et artificielle

 

            Le premier mécanisme, issu de l’éveil de la conscience humaine, le sentiment de culpabilité, a été faussement interprété par l’homme. Cela a eu pour effet  de lui voiler la réalité de son être véritable, de l’aliéner et d’entraîner des malheurs tant individuels que collectifs. Sous l’influence de cette interprétation erronée, l’homme élabora la théorie du Bien et du Mal qu’il projeta sur les événements heureux  et malheureux dont il faisait l’expérience. « En fait, l’homme se mit à croire au diable lorsqu’il commença à ressentir la culpabilité. (7)»

Pour mieux comprendre le vrai sens de la culpabilité chez l’homme, il est  opportun et intéressant de considérer le comportement des animaux. « Ce n’est pas mauvais, dit Seth, pour un chat de tuer et de manger une souris. Il n’en ressent aucune culpabilité ». Biologiquement parlant, les deux animaux comprennent leur interaction. Appréhendant instinctivement la souffrance d’être dévorée, la souris abandonne son corps : ce qui permet au chat de se nourrir de la viande fraîche. La souris elle-même chassait avant d’être chassée. Ces deux animaux comprennent les règles du jeu de la vie (8). À un certain niveau psychique, le chat et la souris « comprennent la nature de l’énergie vitale qu’ils partagent »; c’est pourquoi ils ne se préoccupent pas trop de leur propre individualité physique. Et même s’ils lutteront pour leur survie, « ils ont un sens inné de leur unité avec la nature et ils savent qu’ils n’y seront ni perdus ni engloutis (9) ».

De même que les animaux savent instinctivement et acceptent inconsciemment de protéger ainsi la vie (le corps de la souris nourrissant le chat), l’individu humain doit, pour sa part, apprendre à être conscient de ce qu’il savait lui aussi d’instinct depuis toujours et agir en conséquence : c’est ainsi que se produit le passage du langage biologique au langage humain. C’est là la signification intrinsèque de la culpabilité et sa seule raison d’être naturelle. « Vous devez préserver la vie consciemment, alors que les animaux le font inconsciemment (10) ».

En projetant ses craintes et ses peurs sur des phénomènes ou des événements qu’il ne contrôlait pas, l’homme a développé des croyances négatives qui lui faisaient percevoir la nature comme dangereuse et menaçante. C’est ainsi que la culpabilité a un fondement naturel; mais elle est défigurée et mal utilisée : elle se greffe sur tout phénomène incontrôlable et indompté.  Si nous croyons qu’une chose est mauvaise, nous la vivrons comme telle, nous la considérerons négative. Ainsi naît une culpabilité « artificielle » qui n’est pas imputable à l’homme mais que ce dernier accepte et renforce (11), en l’entretenant mentalement.

Craignant les pensées négatives, nous nous efforçons de contrer toute tendance agressive tout à fait normale qui peut se manifester en nous, alors qu’elle est pourtant l’élan même dont se nourrit notre créativité. Nous nions par là notre propre expérience individuelle. Nous ne comprenons pas que nous créons cette expérience agressive et si nous la controns, « les blocages d’énergie qui s’ensuivent forment une accumulation inutile de culpabilité non naturelle (12) ». Nous oublions que cette expérience individuelle est créée par nous ; et  c’est en en prenant conscience que nous pourrons  la changer (13).

Les démons de toutes espèces sont nés de notre croyance en une culpabilité dénaturée : ils sont le fruit de notre « incommensurable créativité » bien qu’ils soient créés par notre idée de culpabilité et notre croyance en eux. « Si vous rejetiez ces concepts biaisés de la culpabilité et écoutiez l’ancien et sage conseil de la culpabilité naturelle, il n’y aurait pas de guerre (14). » La culpabilité naturelle n’est donc que la manifestation chez l’homme « d’un sens corporel inconscient de justice et d’intégrité inhérent à l’espèce animale. » Son message est le suivant : Tu ne tueras que pour assurer ta subsistance et pour rien d’autre. Blesser ou tuer quelqu’un est une violation des lois de la vie. La légitime défense n’implique pas nécessairement l’homicide; il y a d’autres interventions préalables pour régler les conflits : la prévention et la négociation. Il faut éviter la violence le plus possible (15).

La culpabilité naturelle s’appuie sur la mémoire. Elle exige, chez l’individu, un moment de réflexion pour se rappeler des événements ayant déjà provoqué un sentiment de culpabilité; puis, en les comparant avec la nouvelle situation ou expérience, l’individu est à même de la juger et de l`évaluer. Tout acte antérieur ayant suscité un sentiment de culpabilité naturelle doit être évité à l’avenir (16). La culpabilité naturelle dépend donc de la mémoire. C’est un mécanisme préventif qui n’entraîne aucune punition. « Toute dérogation aux lois de la nature amènerait un sentiment de culpabilité, de sorte que devant une situation semblable l’homme pourrait, après un moment de réflexion, rejeter l’action néfaste. (17) » La culpabilité artificielle a émergé de la conscience. « Elle est apparue au moment où l’homme se mit à jongler avec la culpabilité naturelle, innocente et dissociée de toute idée de punition (18). » Il en a fait une interprétation négative sous la pression de la peur de phénomènes ou d’événements incontrôlables.

            Il faut donc bien distinguer la culpabilité naturelle qui est une « mesure préventive », un rappel avant de poser un acte qui ressemble au précédent, d’une part, de la culpabilité « artificielle », d’autre part, créée par l’homme sous la pression de la crainte et de la peur d’un événement qu’il voit comme menaçant et dangereux. La culpabilité naturelle ne suscite aucun besoin d’une punition en ce monde ou en l’autre pour, supposément, contrebalancer la responsabilité d’une infraction ou d’une violation. « Ne recommence plus » est le message que la culpabilité naturelle envoie à l’individu qui a commis un acte contraire à l’harmonie de sa nature. De toute façon, la punition n’a aucun sens dans le temps simultané, puisque l’événement « punissant » et l’événement qui « mérite » punition sont concomitants. Là où il n’y a ni passé, ni présent ni futur, on pourrait tout aussi bien considérer la punition comme s’étant produite en premier (19).

 

Agressivité et violence

 La violence apparaît seulement lorsque l’expression naturelle de l’agressivité a été court-circuitée. Jane Roberts, La réalité personnelle, T-II, p. 54.

                Le deuxième mécanisme dont se sert l’entité pour gérer son expérience dans la réalité physique est l’agressivité qu’il ne faut pas confondre avec la violence, qui  est une « capitulation passive devant une émotion non comprise ou non évaluée ». La violence est donc une « distorsion de l’agressivité », qui, elle, possède un aspect créateur et peut être utilisée «  pour empêcher justement la violence ».  Toute idée créatrice comporte de l’agressivité.

La violence n’est pas agressive, elle est même l’antithèse de l’agressivité. C’est fondamentalement une « démission accablante » qui comporte « une grande fièvre suicidaire. » Dans une guerre, tueur et victime sont assujettis à une même passion : un désir d’anéantissement fait de désespoir et causé par un sentiment d’impuissance. Alors que l’agressivité « mène à l’action, à la créativité et à la vie », la violence conduit à la destruction et à la ruine (20).

Dans notre société, on n’a pas vraiment compris la relation qui existe entre l’agressivité et la créativité. L’agressivité naturelle est la direction que prend l’amour, c’est « le carburant qui le propulse » vers l’action. Elle n’a rien à voir avec la violence physique; « elle est la force par laquelle l’amour est maintenu et ingénieusement renouvelé (21). »

 La haine comporte autant d’agressivité que l’amour, mais elle est une distorsion de cette force naturelle et découle de nos croyances à courte vue. Quant à l’agressivité naturelle, elle possède une propriété autonettoyante très efficace; c’est la poussée qui propulse toute émotion (22), et, ce faisant, élimine toute tension nuisible et inutile. De plus, sans l’agressivité, notre corps ne pourrait assurer sa croissance et nos cellules dépériraient. Pour être efficace, notre créativité doit être propulsée par l’agressivité (23) .

Émotions et sentiments

Si vous donnez libre cours à l’émotion, vous ne vous sentirez jamais angoissé et vous reviendrez toujours rafraîchi à votre pensée « logique ». Jane Roberts, La réalité personnelle, T-II, p. 77.

            Le troisième mécanisme relié à l’activité de la conscience comprend les émotions et les sentiments. Il est toutefois difficile de les séparer car les deux sont intimement liés. Il y a tout de même une certaine distinction dans leur réalité. Alors que l’émotion surgit spontanément face à un événement ou à une situation que nous croyons positive ou négative, le sentiment naît simultanément d’une sorte de jugement que nous formons à son sujet. Il est une réaction émotionnelle à une croyance. Il n’est pas l’affirmation d’un fait mais l’expression d’une émotion (24). « Vous devez comprendre cependant que ces émotions, valables en tant que telles, ne sont pas des faits de la réalité. Vous pourriez être une excellente mère tout en vous sentant incompétente. Vous pouvez très bien réussir dans l’atteinte de vos objectifs, et pourtant vous déprécier (25). »

Notre ignorance de la véritable nature de l’agressivité nous porte à craindre toute émotion, nous privant ainsi de « l’une des meilleures thérapies naturelles (26) », car l’expression des émotions nous permet d’évacuer le surplus d’énergie accumulé par nos réactions aux événements. C’est quand nous les craignons que nous sommes à la merci de nos émotions. Mais elles sont essentiellement le mouvement de notre être : les émotions et l’intelligence sont, à ce point de vue, complémentaires (27) . Vivre ses émotions ne signifie pas qu’on les accepte comme des caractéristiques personnelles (28).

Bien utilisés dans l’optique de notre croissance physique et spirituelle, ces trois mécanismes dont nous venons de parler nous amènent à ressentir notre propre état de grâce.

 

L’État de grâce

Croyez donc que vous êtes essentiellement des êtres sans limites, nés dans la chair pour matérialiser du mieux qu’ils le peuvent la grande joie et la grande spontanéité de la nature. Jane Roberts, La réalité personnelle, T-I, p. 90.

                        Quand nous comprenons que la culpabilité naturelle est un mécanisme préventif pour protéger la vie; quand nous réalisons que l’agressivité est le dynamisme de l’amour qui pousse et met notre créativité en action; quand nous exprimons spontanément nos émotions, fruits de nos pensée et de nos croyances et que nous n’identifions pas nos sentiments à ce que nous sommes, alors nous nous sentons en harmonie avec notre être profond et expérimentons l’illumination ou l’état de grâce qui consiste dans la joie et le plaisir d’être une part de l’univers que nous contribuons à créer dans la joie par notre conscience et notre liberté.

            Notre esprit s’est donc uni à la chair pour expérimenter un monde d’une richesse incroyable et participer à la création d’une dimension de la réalité faite de couleurs et de formes. En s’incarnant, notre esprit s’enrichit du merveilleux champ de la connaissance sensible et peut ressentir l’énergie qui sous-tend les formes corporelles. Nous sommes sur terre pour vivre, jouir et nous exprimer à travers notre corps physique. Ici, par nos propres créations, nous participons à l’expansion de la conscience globale. Et si nous regrettons le sort présent de la condition humaine, il nous appartient de le changer, s’il ne nous convient pas, dans la joie et avec toute la force et la vitalité de notre être, modelant ainsi l’esprit dans la chair aussi fidèlement et magnifiquement que nous le pouvons (29).

            L’état de grâce dont nous parlons ici, n’est pas ce que le dogme de la Religion attribue à l’âme qui n’a plus de « péché » sur la conscience. Car  l’« état de grâce », dont parle le christianisme, est un terme légaliste qui ne change rien dans la conscience du chrétien, car ce dernier continue à nourrir ses peurs et ses craintes de la punition jusqu’à la prochaine confession de ses « fautes » qui lui apportera « temporairement » un certain soulagement psychologique.

            Pour bien comprendre ce dont il s’agit ici, il faut changer ses pensées et ses croyances concernant le mythe du péché originel et de ses corollaires : sentiment de culpabilité artificielle (c’est-à-dire créée par l’homme), et punition que mérite  le « mal » perpétré. On ne peut pas être plus masochiste! Mais fondamentalement, le mal n’existe pas, sauf dans l’esprit de celui qui y croit (30), car ses croyances créent sa vision de la réalité et son environnement. Puisque l’homme est fondamentalement bon (31), il faut croire en la bonté de notre être. Autrement, nous ne pourrons jamais explorer les autres états de notre propre réalité (32), car nos croyances limiteront alors aux trois dimensions le champ de nos expériences.

Mais quelle est donc la nature véritable de l’état de grâce dont nous parlons ? D’abord, comprenons qu’il résulte d’un parfait équilibre entre la conscience et les autres aspects de la psyché, d’une part et le corps, d’autre part : « c’est une reconnaissance biologique et spirituelle de l’unicité de l’individu et de sa relation avec l’univers au sens large du terme (33). » Le corps et l’âme travaillent alors dans la même direction : « leur relation est harmonieuse et leurs systèmes d’équilibre respectifs vous gardent en état de grâce et en bonne santé (34). »

            On pourrait dire que la définition de la grâce est l’appréciation innée de notre rectitude fondamentale et de notre place dans l’univers, en d’autres mots, c’est la reconnaissance émotionnellement sentie de notre raison d’être et de notre liberté (35). C’est une acceptation joyeuse et transparente de notre existence, comme l’exprime instinctivement notre corps. Car ce dernier croît naturellement et facilement depuis sa naissance; il ne prévoit aucune résistance, étant assuré de son miraculeux déploiement. Il utilise donc ses capacités avec, à la fois,  un immense et gracieux abandon, et avec une agressivité créatrice (36). 

Nous sommes donc nés en « état de grâce » et nous mourrons en « état de grâce » : il est impossible pour nous d’en échapper. Ne pouvant nous être ravie, nous ne pouvons donc pas « tomber en dehors » de la grâce. Mais nous pouvons l’ignorer : « Vous pouvez avoir des croyances qui vous en cachent l’existence. Toutefois, vous aurez toujours la grâce, mais vous serez incapable de percevoir votre propre intégrité et votre unicité, et vous ne discernerez pas certains autres attributs qui vous sont automatiquement donnés (37). » Car l’homme peut refuser « cette grande joie de vivre » à cause de « l’immense liberté de sa pensée consciente », l’oublier, ne pas y croire et même utiliser sa volonté pour en nier l’existence (38). Ne serait-ce pas là le véritable sens du péché que de refuser sa propre dignité découlant de cet état de grâce innée?

Notre état de grâce et notre culpabilité naturelle sont des attributs fondamentaux de notre être physique et elles ne s’épanouiront qu’en éveillant notre conscience. Pour comprendre cela, il suffit de méditer sur ce qui se passe constamment dans notre corps et dans notre mental : en prenant conscience de la transformation continue des parties de notre corps et simultanément des permutations constantes de nos propres pensées qui y sont liées, nous sentirons de quelque façon l’excellence de notre être. Toutefois, il est impossible de jouir de cet état de grâce tout en continuant de se sentir coupable. En se dépréciant pour une action commise la veille ou il y a dix ans, on fait montre de peu de vertu; c’est que nous sommes alors rongés par la culpabilité artificielle. Même s’il y a eu alors violation, la culpabilité naturelle, qui est une mesure préventive, n’entraîne aucune sanction ou punition : c’est un rappel avant de poser un acte (39) similaire. Et ce rappel doit être accepté avec joie et reconnaissance, car il enrichit la conscience de l’individu d’une connaissance pratique qui le guidera dans toutes ses autres expériences dans la matière.

Malheureusement, tant que nous sommes hypnotisés par le sentiment de culpabilité artificielle qui hante nos pensées et nos croyances, nous ne pouvons goûter à cet état de grâce qui est pourtant l’apanage de notre être. Pour retrouver cet état naturel qui favorise notre créativité et notre joie d’exister, il nous faut prendre conscience que nos expériences plus ou moins valorisantes dépendent de nos propres pensées et croyances, puis les changer en des pensées et des croyances conformes à notre nature fondamentale. Comment faut-il procéder pour ce faire?

 

Les croyances qui modifient le corps

 

Le corps est la matérialisation de l’idée, et il n’est pas moins vrai que les idées forment un corps actif, sensible et vivant. Le corps n’est pas un simple outil. Il n’est pas seulement un véhicule de l’esprit. Il est un esprit dans la chair. Vous lui imposez vos idées, et dans une large mesure vous affectez sa santé et son bien-être par vos croyances conscientes. La Réalité personnelle, T- I, p. 181-182.

 

                Pour modifier nos pensées et nos croyances, il faut connaître tout d’abord leur nature et leur rôle dans l’expérience « réincarnationnelle » de notre entité. Car elles modifient constamment l’exercice des mécanismes psychiques dont nous avons parlé plus haut. On s’imagine habituellement que les idées sont des propriétés mentales séparées du corps physique : on imagine qu’elles résident dans la tête et ne peuvent se trouver, par exemple, dans un coude, un genou ou un orteil (40). Pourtant elles y sont sous la forme d’une réalité électromagnétique (41).

 

L’expérience de la vie physique nous permet de comprendre que notre énergie sous la forme de nos sentiments, de nos pensées et de nos émotions crée toutes nos expériences sans exception (42). Les événements que nous imaginons engendrent des émotions, qui, à leur tour, entraînent des changements hormonaux dans le corps physique. Ceux-ci affectent automatiquement nos comportements et nous poussent à interpréter les événements selon nos croyances. Et par rétroaction notre expérience quotidienne viendra appuyer et confirmer nos croyances, même erronées (43). D’où la nécessité d’être vigilant et de développer un bon jugement discriminatoire à leur sujet.

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            Il faut comprendre que nos pensées ne sont pas des fantômes ou des ombres sans substance. Par leur réalité électromagnétique, elles affectent notre corps physique, et notre système nerveux les traduit alors dans notre  dimension charnelle et dans notre expérience (44). « Les croyances sont des points de vue sur la nature de votre réalité renforcés par l’imagination et l’émotion (45). »  Par exemple, pour être en bonne santé il faut croire à la santé. « Vous êtes immunisé contre toute maladie, dans la mesure où vous y croyez. (46). »

 

            Voilà des considérations on ne peut plus pratiques. Notre corps, par sa conscience toute d’énergie et de vitalité, corrige automatiquement tout déséquilibre vital. Mais nos croyances conscientes affectent cette conscience corporelle positivement et, malheureusement aussi, négativement, forçant le corps à s’y conformer: «  Vos muscles croient ce que vous leur dites à leur sujet. Il en est ainsi pour toutes les autres parties de votre corps (47). »

 

L’acceptation de la maladie dépend, par exemple, d’une croyance qu’on nourrit plus ou moins consciemment en l’imperfection, la médiocrité, ou la culpabilité humaine (48). Dans la même ligne de considération, nos croyances créent notre réalité, notre corps et l’état dans lequel il se trouve, nos relations personnelles, notre environnement, et, de concert avec toutes les autres entités incarnées, notre civilisation et le monde entier (49).

 

Si nous voulons retrouver notre « état de grâce » et exprimer dans notre être physique la joie de vivre dans laquelle nous avons été créés, il nous faut changer nos pensées et nos croyances erronées qui sont responsables d’un corps malheureux ou malade. Pour cela, il faut d’abord cesser de croire que notre moi intérieur n’est qu’un repaire d’émotions désagréables et réprimées et prendre conscience qu’il possède également une grande intuition et les réponses à toutes nos questions (50). Et il fournira toutes les solutions à nos problèmes, si, avec confiance, nous acceptons de l’interroger : il saura nous conseiller dans nos rêves et nos méditations : le secret consiste à rester ouvert à ses directives.

 

Notre principale difficulté provient de notre croyance en la culpabilité elle-même. Nous ne sommes pourtant pas obligés d’avoir une telle croyance. Il est vrai que notre civilisation met beaucoup d’insistance sur la culpabilité et la punition et plusieurs  prédicateurs et moralistes croient que le sentiment de culpabilité est nécessaire pour garder une discipline intérieure : cela empêcherait le monde de mal tourner. Mais on peut se demander si l’état déplorable dans lequel se trouve actuellement notre monde ne dépend pas justement de ces idées de culpabilité et de punition (51).

 

Comment effectuer ce changement de nos croyances et de nos pensées limitatives? Seth affirme que notre « point de pouvoir » est dans le présent, que nous créons notre réalité maintenant « à la jonction de l’âme et de la chair » (52). Il faut éviter de ressasser les expériences négatives du passé et se décider à œuvrer dans le présent, pour transformer nos croyances présentes et même transformer notre passé (53). « Votre seul point vraiment efficace pour changer n’importe quel aspect de votre vie réside dans cette connexion miraculeuse et immédiate de l’esprit et du ‘ soi ‘ grâce à votre système nerveux (54). » À cet effet, Seth suggère  deux exercices pratiques, l’un axé sur notre point de pouvoir dans le présent  et l’autre sur l’utilisation de l’hypnose naturelle (la suggestion) (55)

Notes

 

(1) La réalité personnelle T-1, p. 43.

(2) Ibidem, p.76.

(3) Ibidem, p. 203.

(4) Ibidem, p. 31.

(5) Le livre de Seth, p. 337.

(6) La réalité personnelle, T-1, p. 65.

(7) Ibidem, p.207.

(8) Ibidem, p. 208.

(9) Ibidem, p. 209.

(10) Ibidem.

(11) Ibidem, p. 210.

(12) Ibidem, p. 211.

(13) Ibidem.

(14) Ibidem, p. 212.

(15) Ibidem, p. 213.

(16) Ibidem, p. 215.

(17) Ibidem, p. 216.

(18) Ibidem, p. 224.

(19) Ibidem, pp. 225-226.

(20) La réalité personnelle, T-II, p. 53.

(21) Ibidem.

(22) Ibidem, pp. 64-65.

(23) Ibidem, p. 56.

(24) Ibidem, p. 59.

(25) Ibidem, p. 65.

(26) Ibidem, p. 61.

(27) Ibidem, pp. 61-62.

(28) Ibidem, p. 59.

(29) Ibidem, p. 61.

(30) Ibidem, p. 95. Le Maître dit : « Il n’y a pas de péché. C’est

vous qui faites exister le péché lorsque vous agissez conformément aux habitudes de votre nature adultère là est le péché. Voilà pourquoi le Bien est parmi vous; il a participé aux éléments de votre nature afin de l’unir de nouveau à ses racines. » Il continua et dit : « Voici pourquoi vous êtes malades et pourquoi vous mourrez, c’est la conséquence de vos actes, vous faites ce qui vous éloigne…Comprenne qui pourra!  » (Évangile de Marie).

(31) La réalité personnelle T-I, p. 225.

(32) La réalité personnelle T-II, p. 120.

(33) Ibidem, p. 36.

(34) Ibidem, p. 37.

(35) La réalité personnelle T-I, p. 231.

(36) Ibidem, p.222.

(37) Ibidem, pp. 222-223.

(38) Ibidem, p. 223.

(39) Ibidem, p. 225.

(40) Ibidem, p. 181.

(41) Ibidem, p. 163. Voir aussi Document F: Les idées sont des choses.

(42) Ibidem, p. 55.

(43) Ibidem, p. 122.

(44) Ibidem, p. 163.

(45) Ibidem, p. 138.

(46) Ibidem, p. 143.

(47) Ibidem, p. 144.

(48) Ibidem, p. 115.

(49) Ibidem, p. 118.

(50) Ibidem, p. 131.

(51) Ibidem, p. 103.

(52) Ibidem, p. 157.

(53) Ibidem, p. 152.

(54) Ibidem, p. 154.

(55) Voir Document J: Comment changer ses croyances nuisibles.

 

 

F

Les idées sont des choses

            […] les pensées étant choses concrètes, nous sommes, avec Dieu cocréateurs de ce que nous trouvons à notre arrivée ici. […]

            Car vous et moi sommes les dieux qui décidons, soit de grandir, soit de demeurer à l’état d’embryon. […]

            Voyez-vous, les pensées sont des choses réelles, dans lesquelles nous sommes susceptibles d’intégrer ce que nous souhaitons voir, exactement comme de votre côté vos pensées peuvent rendre votre vie plus lumineuse ou plus sombre. Si vous pensez au mal, il arrive; pensez, au contraire, à la bonté, et vous ne voyez autour de vous que de belles choses. Songez à l’amour et vous êtes entouré d’amour, songez à la haine, et le monde se transformera en un endroit nauséabond rempli d‘ogres et de voix funestes.

 

Ruth Montgomery, Au-delà de notre monde, pp. 22-23; 24; 25.

 

 

J

Comment changer ses croyances nuisibles

 

Voici deux exercices proposés par Seth pour changer ses pensées et ses croyances :

 

« Cependant, cinq minutes bien utilisées vous seront très salutaires. Durant cette période, concentrez-vous sur le fait que ce moment constitue votre point de pouvoir. Sentez et laissez-vous pénétrer de la certitude que vos capacités émotionnelles, spirituelles et psychiques sont concentrées dans votre chair et, pendant cinq minutes, dirigez toute votre attention sur ce que vous voulez. Utilisez la visualisation ou la pensée verbale, celle qui vous vient le plus naturellement; pendant ce temps, ne vous concentrez pas sur vos manques, concentrez-vous sur vos désirs.

 

Mettez-y toute votre énergie et toute votre attention. Puis, passez à autre chose. Ne vérifiez pas continuellement si ça marche bien. Assurez-vous simplement que vos intentions sont claires. Alors, d’une façon ou d’une autre, selon votre situation, posez un geste ou un acte physique qui s’accorde avec votre croyance ou votre désir. Comportez-vous au moins une fois par jour d’une manière qui démontre que vous croyez en ce que vous faites. Ce geste peut être très simple (Jane Roberts, La réalité personnelle, T-II, pp. 155-156.)

 

Ce geste consistera à contrer le sentiment d’être malheureusement « pauvre », isolé des autres, en mauvaise santé ou « victimes » d’autres situations semblables qui nous empêchent d’être heureux dans la vie (Ibidem, p. 156.)

 

. Un autre exercice proposé par Seth consiste à utiliser l’hypnose naturelle, c’est-à-dire l’autosuggestion, pour changer ses croyances, exercice qui ne supplante pas le premier, mais qui doit être fait de concert avec lui à un moment différent de la journée. Le voici en détail dans son contexte :

 

« Chaque fois que votre attention est complètement centrée sur vous-même vous êtes à la fois hypnotiseur et sujet. Vous vous donnez sans cesse des suggestions posthypnotiques, surtout quand vous projetez dans le futur les conditions actuelles. Je veux insister sur le fait que tout ceci découle des fonctions naturelles de l’esprit et ainsi dissiper toute idée préconçue quant aux vertus « magiques » de l’hypnose.

 

Pendant cinq ou dix minutes par jour, utilisez l’hypnose naturelle comme méthode pour vous ouvrir aux nouvelles croyances désirées. Durant cet exercice, concentrez-vous aussi intensément que possible sur une seule affirmation. Répétez-la plusieurs fois en la visualisant. Essayez de ressentir cette affirmation de toutes les manières possibles; ne vous laissez pas distraire, mais si votre esprit veut se laisser aller, canalisez alors ses images dans le sens de votre affirmation.

 

La répétition, verbale ou mentale, est importante parce qu’elle active les circuits biologiques et les reflète. Ne forcez pas. Cet exercice ne doit pas être pratiqué en même temps que celui du « point de pouvoir » déjà décrit. Ils ne doivent pas empiéter l’un sur l’autre, mais être pratiqués séparément dans la journée. Toutefois, durant l’exercice, rappelez-vous que vous utilisez le présent comme référence pour introduire de nouvelles croyances et qu’elles seront réellement matérialisées. Quand l’exercice est fini, n’insistez plus. N’y pensez plus, Vous aurez fait l’expérience de l’hypnose naturelle dans sa forme concentrée (La réalité personnelle, T-II, pp. 164-165.)

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