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Le phénomène
NDE ou EMI
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ans l’optique de cet ouvrage, j’examinerai maintenant ce que les auteurs américains appellent near death experience (NDE), expérience près de la mort et que les français expriment sous le terme d’expérience de mort imminente (EMI). Les deux expressions se rapportent à ce que des patients, déclarés cliniquement morts et revenus à la vie, ont affirmé avoir vécu pendant leur coma. On connaît bien, depuis les années 1970 le schéma proposé par le Dr Moody (1), décrivant la séquence des événements vécus par ces témoins : sortie du corps, conscience d’un autre corps aux étranges propriétés, le voyage dans un tunnel, l’arrivée dans la lumière au milieu de laquelle un être d’une extrême bonté reçoit le sujet et lui fait repasser en un clin d’œil tous les événements de sa vie, puis lui donne l’ordre de retourner à la vie physique. Un grand nombre de personnes plongées dans le coma ont vécu un tel événement lors d’un accident ou d’une intervention chirurgicale à risque. Cette expérience inusitée, a transformé chez ces témoins leur compréhension du sens de la vie, malgré leur frustration de ne pouvoir communiquer adéquatement ce qu’ils ont vécu au-delà de la mort, et souvent même d’être ridiculisés et traités d’hallucinés.

Mon intention n’est pas d’épiloguer ici sur la nature et les implications de ce phénomène paranormal, sur son objectivité et les connaissances qu’il entraîne au sujet de la vie après la mort du corps physique. Beaucoup d’auteurs sérieux ont traité avec pertinence de cette matière, à savoir les expériences des « ressuscités» de mort clinique (voir la Bibliographie à la fin du volume). J’aimerais toutefois attirer l’attention du lecteur sur certaines objections qu’on oppose, au nom de la science, à la réalité objective des NDE ou EMI. Les scientifiques (médecins, psychologues, physiciens, etc.) s’arrogent le pouvoir ou le privilège de déterminer l’objectivité des faits et des événements de notre réalité matérielle en fonction des lois logiques de l’intellect basées sur la perception exclusive des sens.
Toutefois, comme l’a bien affirmé Carl Gustav Jung, le mythe*, ce degré intermédiaire inévitable entre l’inconscient et la connaissance conscient (2), n’est pas un moyen inférieur à la science pour acquérir la connaissance, il n’en est que différent. Ceci s’applique au mythe de la mort auquel se rattache les expériences de mort clinique.
Peut-être qu’après un changement de paradigme*, les « hommes de science » en arriveront-ils, un jour, à se servir de tous leurs moyens de connaissance (intuition et intellect) pour étudier et expliquer les phénomènes paranormaux, comme les EMI, au lieu de se réfugier derrière l’excuse des « critères » de la science actuelle pour traiter d’hallucinations des phénomènes qui échappent à la saisie des sens, et cela, souvent, pour ne pas être décriés et dépréciés par leurs collègues! Ils sont encore trop peu nombreux les hommes de science à suivre l’exemple du Dr Wilder Penfield (3) qui, après 50 ans de recherche en neurologie, n’hésite pas à soutenir que des réalités relevant davantage de l’intuition ou de la foi en des vérités traditionnelles, s’avèrent aussi réelles que ce qui répond aux exigences de la science moderne? Pour approcher « objectivement » le phénomène des EMI, il faut faire usage des deux hémisphères cérébraux. (Combien sont-ils présentement assez évolués pour le faire?)
En espérant que le changement de paradigme et de mentalité se réalisent un jour chez les « savants » (bientôt, espérons-le), abordons tout de même, avec les arguments de la logique, l’objection présentée par certains neurologues. En se basant sur les recherches de Penfield par la stimulation électrique du cerveau, le Dr Morse (4) conclut sans plus d’examen : « L'expérience de mort imminente est simplement la conséquence d'un phénomène bio-électrique localisé dans le cerveau. Donc rien de mystérieux dans tout cela ! » Est-ce aussi simple qu’il l’affirme?
Qu’avait donc provoqué Penfield chez ses patients en stimulant certaines aires de leur cerveau? Parfois des mouvements des membres supérieurs ou inférieurs ou des réactions visuelles ou auditives et parfois des réactions simulant des expériences de NDE (ou d’EMI). Le neurochirurgien avait bien noté les réactions de ses patients, alors qu’il « cartographiait » la scissure de Sylvius, c’est-à-dire une région du lobe temporal droit juste au-dessous de l’oreille correspondante. La stimulation électrique des abords de cette région avait provoqué chez certains patients des réactions extraordinaires : des visions divines, de la musique merveilleuse, l’apparition d’amis et de parents décédés et parfois une vue panoramique de la vie passée du patient. Même certains sujets sur la table d’opération avaient dit au Dr Penfield : « Maintenant je suis en train de quitter mon corps » ou encore « Je suis à moitié dedans et à moitié dehors » (5).
Les expériences près de la mort ou de mort imminente que les expérienceurs ont vécues ne sont-elles que des réactions bioélectriques du cerveau sans aucune réalité objective comme l’affirme le Dr Melvin Morse? Il n’est que d’analyser le contexte différent dans lequel se trouvent les expérienceurs et celui qui caractérise les patients qui subissent au cerveau des stimulations électriques, pour constater les différences qui distinguent ces deux groupes :
Les patients de Penfield sont des observateurs des expériences du neurochirurgien avec qui ils parlent et à qui ils indiquent les réactions que provoquent chez eux les stimulations électriques, alors que les expérienceurs vivent une situation inusitée qu’ils ne peuvent communiquer à ceux qui les entourent, puisque leur corps est dans l’inconscience du coma. Les patients du Dr Penfield, totalement conscient sous une anesthésie locale, dialoguent avec lui et font des commentaires sur les expériences du neurochirurgien. Par contre, dans une EMI, l’expérienceur, est totalement inconscient, et ceux qui ont été interrogés après leur retour à la vie physique n’ont jamais dit s’être sentis capables de communiquer avec leur entourage. Ce fait suffit à interdire toute comparaison, comme le fait le Dr Morse, entre les sujets de Penfield et les sujets d’une EMI (6).
De plus, dans ses recherches sur les EMI, le Dr Michael Sabom (7)., de son côté, pour rejeter l’opinion du Dr Morse fait remarquer encore que, contrairement aux patients de Penfield, dont le cerveau enregistrait un tracé électrique (EEG*), ceux des expérienceurs d’EMI ne montraient aucun tracé encéphalographique. En conséquence, si la zone temporale représente le siège de la conscience, comme le soutient le Dr Morse, les expérienceurs d’EMI « n’auraient manifestement jamais dû vivre ce phénomène. » On doit donc présumer, à bon droit, que les aventures qu’ils racontent en sortant du coma, ont réellement été vécues dans une autre dimension.
Comment expliquer alors cette simulation d’une EMI se produisant chez les patients de Penfield lors d’une stimulation électrique du cerveau? J’ai trouvé une explication dans l’enseignement de Seth. Chaque cellule physique, soutient-il, est un cerveau miniature, qui se souvient de toutes ses expériences personnelles, de toutes ses relations avec les autres cellules du corps, ainsi que de son association avec ce dernier. De notre point de vue du temps linéaire, « chaque cellule porte en filigrane toute l’histoire de notre corps, passée, présente et future (8). »
Non seulement les cellules du corps actuel gardent dans leur ADN la mémoire des événements psychiques passés. Mais chaque soi intérieur qui prend une nouvelle forme physique « lui impose ainsi qu’à sa structure génétique entière la mémoire des expériences physiques passées dans lesquelles il a été impliqué ». En plus donc de la mémoire biologique du passé de sa vie présente, le corps porte physiquement et d’une manière indélébile « les mémoires des autres corps que la personnalité a formés au cours des réincarnations précédentes (9). »
Il est clair que la stimulation électrique de certaines aires du cerveau ne fait qu’activer des souvenirs codés dans l’ADN des cellules nerveuses. Les événements revécus correspondent à leur enregistrement dans les cellules selon les fonctions spécifiques de ces dernières. Dans le cas des « cobayes » de Penfield, des souvenirs enfouis sous forme de code dans leur ADN ont été réactivés : ces souvenirs peuvent appartenir à des vies passées ou au futur de la présente vie, car toutes les vies sont simultanées. On pourrait comparer ainsi les deux situations : alors que l’expérienceur a vécu une réelle expérience de mort imminente, le patient de Penfield n’en a visionné que le film. La différence des deux situations peut être comparée à quelqu’un qui assiste à un concert « live » et à un autre qui regarde un enregistrement sur CD.
Nous aborderons maintenant le chapitre principal de cet ouvrage, dans lequel, compte tenu de tout ce qui a été expliqué dans les chapitres précédents, je tenterai de démontrer la vraisemblance, sinon la véracité de mon hypothèse de la Ressouvenance.
(1)
Dr Raymond Moody, La vie après la vie,
Robert Laffont, 1977, pp. 35-37.
(2) Ma vie, p. 355.
(3) Wilder Penfield, The Mystery of the Mind. A Critical Study of Counsciousness and the
Human Brain. Princeton University Press, 1975.
(4) Morse, Melvin, Des
enfants dans la lumière de l’Au-delà, Robert Laffont, 1992, pp. 146-151.
(5) Denis Gabor, NDE,
www.outre-vie.com/vieapresvie/chercheurs/penfield.htm
(6) Denis Gabor, NDE,
www.outre-vie.com/vieapresvie/chercheurs/penfield.htm
(7) Michael Sabom, Recollections of Death,
(8) Jane Roberts, La réalité personnelle, T-I, p. 188.
(9) Jane Roberts, L’enseignement de Seth, p. 246.
Illustration
Jérôme Bosch. L’ascension
des âmes (détail)