Dans ce dernier chapitre, le plus long de l'ouvrage, je présenterai quatre EMI correspondant à quatre stades progressifs de l'évolution d'une entité à partir d'une de ses personnalités incarnées. Ces récits, à mon avis, démontreront clairement que la récapitulation des événements d'une vie au cours d'une EMI n'a aucune ressemblance avec un supposé Jugement de l'âme. Il en serait de même après une mort définitive. Il s'agit plutôt d'une démarche « pédagogique » de la part de l'entité pour instruire la personnalité qu'elle a incarnée : d'abord en lui rappelant que tous les événements de sa vie physique l'ont façonnée telle qu'elle est, puis que sa relation avec son être profond, son identité, l'incite à fusionner avec elle sans perdre pour autant son individualité. D'un récit à l'autre, nous serons à même de constater l'évolution qui se produit à partir des deux composantes de l'individu, ego et inconscient (ou entité) jusqu'à leur intégration dans une conscience unifiée.
Pour bien comprendre le processus de l'évolution, gardons tout d'abord à
l'esprit ce que nous ont appris les chapitres précédents, à savoir : 1°
que nous traitons de cette matière hors du temps séquentiel ou linéaire, qui
fondamentalement n'existe pas, car tout se produit simultanément et qu'à ce
niveau la loi de cause à effet n'a aucune signification; 2° que l'entité est la
source des diverses personnalités qu'elle incarne pour accroître sa conscience
par de nouvelles expériences dans la matière; 3° que l'entité n'est pas
distincte ou séparée de
Ces présupposés sous-tendent ce qui se passe, au cours d'une EMI et, à plus forte raison, aussi au moment de la mort, lorsque, avec l'aide de son entité (l'être de lumière), l'âme hors de son corps fait le bilan de sa vie pour se ressouvenir de sa véritable nature qui résulte de la totalité de ses expériences terrestres.
Les expériences des EMI varient selon les individus et sont conditionnées par leur degré d'évolution et de la plus ou moins grande intégration des deux composantes de leur être : Entité (inconscient) et Personnalité temporelle (ego ou conscient) ou, dans le langage jungien, du niveau de leur individuation, de l'unification de leur être. Mon hypothèse est la suivante : plus un individu qui expérimente une EMI est spirituellement évolué, moins il a besoin de dialoguer avec l'être de lumière, qui n'est autre que la « personnalisation » de l'entité dont il dépend et dont il est l'expression dans la matière. Car le degré d'évolution d'un individu correspond au degré de son unification avec son entité. Cette hypothèse s'est formée dans mon esprit en parcourant divers récits d'EMI où n'apparaît pas toujours ce dialogue avec l'être de lumière. En fait, il s'agirait alors d'un dialogue avec soi-même, grâce au phénomène psychologique de la projection. Jung dirait un « dialogue avec l'ange gardien »(1)
J'ai constaté que cette situation était liée au degré d'évolution personnelle des sujets. À titre d'exemples et de références, j'en ai choisi quatre qui illustrent bien ces degrés différents d'intégration d'une personnalité humaine avec son entité. Pour garder la fraîcheur des expériences que les sujets d'une EMI ont faites pendant leur « voyage dans l'au-delà », j'ai évité de trop les résumer, afin de faire ressortir leur marque distinctive. La spontanéité, la saveur des récits et surtout l'information qui s'en dégagent en feront, je l'espère, oublier la longueur. J'ai souligné en caractères gras les passages qui corroborent mon propos.
Le premier est tiré de l'ouvrage du Dr Moody La vie après la vie. C'est le cas « classique » où le sujet durant son coma dialogue avec l'être de lumière avant de retourner dans son corps physique.
Dès qu'il m'est apparu, l'être de lumière m'a tout de suite demandé : « Montre-moi ce que tu as fait de ta vie », ou quelque chose d'approchant. Et aussitôt les retours en arrière ont commencé […] C'était curieux de voir que ça commençait quand j'étais toute petite fille jouant sur une plage près de chez nous.
Pendant le défilé des images, je ne voyais
plus l'être de lumière ; il avait disparu tout de suite après m'avoir
demandé ce que j'avais fait… néanmoins je
n'ai pas cessé de le savoir à mes côtés. Je savais aussi que c'était lui
qui m'entraînait à travers mon passé ; d'abord parce que je sentais sa présence, et en plus il
lui arrivait de faire des commentaires de temps à autre. Il n'essayait pas de
s'informer sur ce que j'avais fait - il
le savait parfaitement ; il choisissait certains passages de mon
existence et les faisait revivre devant moi pour me les remettre en mémoire.
Et durant tout ce temps, il ne manquait
pas une occasion de me faire remarquer l'importance
de l'amour… Il m'a dit qu'il faudrait que
je pense davantage aux autres, que je devrais agir de mon mieux. Mais rien de tout cela ne ressemblait à une
accusation ; même quand il me rappelait des occasions où j'avais été
égoïste, il voulait me montrer que j'en avais également tiré la leçon. Il
insistait aussi beaucoup sur l'importance
de la connaissance. Il me signalait sans arrêt tout ce qui a rapport avec « apprendre ». Il m'a dit que j'allais devoir continuer à apprendre,
et que même lorsqu'il reviendrait un jour me chercher (parce qu'entre temps, il
m'avait révélé que j'allais revivre), il
y aurait toujours en moi un besoin de savoir. Il m'a dit que c'est un besoin
permanent, d'où j'ai conclu que cela doit continuer après la mort. Je crois
bien que son but, en me faisant assister à tout mon passé, était de m'instruire… J'ai bien aimé ce retour à
mon enfance, comme si je la revivais. C'était une façon de se souvenir qui n'est jamais possible dans la vie normale (2).
L'être de lumière connait bien
le sujet de l'EMI : cette femme se comporte comme une élève attentive aux
leçons de son maître. On doit affirmer, à bon droit, que l'être de lumière
représente son entité. Cette
personne est bien consciente de la revue des événements de sa vie qu'il lui
rappelle pour l'instruire sur ce
qu'elle est et non pour l'accuser de
quoi que ce soit. Il se tient près
d'elle pour l'aider à se ressouvenir
de ses expériences pour en tirer une connaissance globale d'elle-même. Elle doit retourner dans son corps
pour continuer à évoluer.
L'être de lumière (son entité)
ne cherche donc pas à savoir ce qu'elle a fait en vue de la juger, mais à lui
faire se souvenir et lui faire
prendre conscience de ce qu'elle est réellement devenue par l'ensemble de
ses expériences. Il lui enseigne qu'elles n'ont leur raison d'être que par
l'amour, qui unifie tout en elle : c'est par l'amour qu'elle va s'unifier
et découvrir le lien qui la relie à l'univers.
L'être de lumière est encore nettement
distinct du sujet, bien qu'il lui soit proche : elle sentait sa présence. Il
s'agit bien de son entité, son Moi profond, qui lui indique ce qu'elle devra
faire pour continuer à se développer : penser davantage aux autres et
continuer à apprendre pour élargir sa conscience afin de connaître la totalité
de son être, sa pleine réalisation par la fusion de sa personnalité humaine
avec son entité.
Le second sujet, médecin de profession et spécialiste des dauphins, est le Dr John Lilly qui a expérimenté une EMI après s'être injecté un antibiotique. Si cet exemple ressemble, en beaucoup de points, au précédent, il s'en distingue par le fait que son interlocuteur se présente comme un guide qui n'est pas « totalement séparé » de lui. On en jugera par le récit que fait le Dr Lilly lui-même de son aventure dans l' « au-delà ».

Soudain, deux
points de conscience similaires apparaissent dans le lointain, sources de
rayonnement, d'amour, de conscience, de chaleur. Je vois leur présence sans
yeux, sans corps. Je sais qu'ils sont là, donc ils sont là. Alors qu'ils se
rapprochent de moi, je sens de plus en
plus chacun d'eux, interpénétrant mon propre être. Ils transmettent des pensées
rassurantes, respectueuses et impressionnantes. Je réalise que ce sont des êtres qui me sont bien supérieurs. Puis
ils commencent à m'enseigner. Ils me
disent que je peux rester dans cette place, que j'ai quitté mon corps mais que
je peux y retourner si je le désire. Puis ils me montrent ce qui se passerait
si je décidais de laisser mon corps, un chemin alternatif que je pourrais
prendre. Ils me montrent également où je peux aller si je décide de rester dans
cette place. Ils me disent aussi que ce
n'est pas mon heure de quitter définitivement mon corps et que j'ai toujours
l'option d'y retourner. […] Comme
ils s'approchent, je me « sens » de moins en moins dans mon être,
remplacé de plus en plus par le leur. Puis ils s'arrêtent à une distance
critique et me disent que mon
développement actuel ne leur permet pas de s'approcher plus. S'ils se
rapprochaient je fusionnerais avec eux
et me perdrais en tant qu'entité cognitive.
Ils dirent qu'ils sont mes gardiens, qu'il se sont toujours trouvés près de moi auparavant dans les instants critiques et que, en fait, ils sont toujours auprès de moi mais que je ne suis habituellement pas en état de les percevoir. Je suis en état de les percevoir quand je me trouve au seuil de la mort physique.
Ils ajoutent que je les ai séparés en deux, parce que c'est ma façon de les
percevoir mais que, en réalité ils ne
sont qu'un dans l'espace où je me trouve moi-même. Ils disent que j'insiste à continuer d'être un individu,
faisant sur eux une projection qui me conduit à les voir comme s'ils étaient
deux. Ils me communiquent encore que si je regagne mon corps en continuant de me développer, je
deviendrais éventuellement capable de
percevoir leur unité conjointement à la mienne et à de nombreuses autres
(3).
Ce deuxième
témoin est beaucoup plus sophistiqué que le précédent. Il s'agit d'un médecin
qui a déjà accompli une certaine évolution spirituelle. L'être de lumière se
présente ici sous la forme de deux « gardiens », qui sont toujours
avec lui : deux points de conscience similaires. On remarque ici une plus
grande proximité du sujet avec l'entité : il sent ces deux points de conscience pénétrer en lui. Il est conscient qu'il s'agit de la projection de
la perception qu'il a de son être non unifié : il les a séparés en deux.
Il est donc
conscient que l'individuation de son ego n'est pas totalement réalisée :
il n'est pas encore assez « incarné » : son développement actuel ne permet pas aux deux points de
conscience de s'approcher plus… Mais la perception qu'en a ce dernier lui donne
l'illusion de deux êtres qui l'aident comme deux gardiens. Il doit les
dédoubler pour percevoir quelque peu « leur » nature : ils lui
sont supérieurs et il ne peut les approcher qu'à une certaine distance sans
quoi il perdrait son individualité en fusionnant avec « eux ». Dans
la perspective jungienne, cela signifie que son ego est trop faible pour
intégrer son Soi et le reconnaître comme centre de sa personnalité.
C'est donc
parce qu'il insiste pour garder son individualité pas encore tout à fait réalisée,
qu'il dédouble son entité en « deux
gardiens ». Il sait au fond
de lui-même qu'ils ne sont pas deux : « C'est ma façon de les percevoir… quoiqu'en réalité ils soient un dans
le même espace ». Il les dédouble, un peu comme l'on voit double lorsque
l'accommodation visuelle n'est pas au point.
Ils » lui disent
que ce n'est pas l'heure de quitter son corps. Il tient pourtant à son
individualité : il persiste à rester un individu pour s'incarner
davantage. Ces « deux point de conscience », symbole de son entité
qui lui est de loin supérieure relativement à son degré actuel de
développement, lui enseignent qu'il est libre
de choisir de rester ou de retourner dans son corps et lui montrent ce qui
arriverait dans l'une ou l'autre option.
C'est en retournant dans son
corps qu'il pourra se développer davantage afin de fusionner avec son entité tout
en restant un individu conscient, une personnalité réincarnationnelle*, capable de percevoir leur unité
conjointement à la sienne et à de nombreuses autres. Il aura alors intégré son
inconscient (entité), il se sera « réaliser » comme entité
multidimensionnelle intégrée à l'univers.
Le troisième témoin n'est rien moins que le célèbre Dr Carl Gustav
Jung, fondateur de la psychologie analytique qui, à l'âge de 70 ans, a fait une
EMI à la suite d'un infarctus. Nulle part, dans son récit, il n'est question
d'un « être de lumière ». Il raconte ainsi cet événement dans son
autobiographie (4).
Au début de l'année
1944, je me fracturai le pied et peu après j'eus un infarctus cardiaque. En
état d'inconscience, j'eus des délires et des visions; ils doivent avoir
commencé alors qu'en danger de mort on m'administrait de l'oxygène et du
camphre. Les images avaient une telle violence que j'en conclus moi-même que
j'étais tout près de mourir. Mon infirmière me dit plus tard: Vous étiez entouré d'un halo lumineux!
C'est un phénomène qu'elle avait parfois observé chez les mourants. J'avais
atteint la limite extrême et ne sais si c'était rêve ou extase. Quoi qu'il en
soit, des choses fort étranges pour moi commencèrent à se dérouler.

Je croyais être très
haut dans l'espace cosmique. Bien loin au-dessous de moi j'apercevais la sphère
terrestre baignée d'une merveilleuse lumière bleue, je voyais la mer d'un bleu
profond et les continents… Mon champ visuel n'embrassait pas la terre entière,
mais sa forme sphérique était nettement perceptible…. Je savais que j'étais en
train de quitter la terre.
Plus tard, je me suis
renseigné et j'ai demandé à quelle distance de la terre on devrait se trouver
dans l'espace pour embrasser une vue d'une telle ampleur: environ mille cinq
cents kilomètres! Le spectacle de la terre vue de cette hauteur était ce que
j'ai vécu de plus merveilleux et de plus féerique.
Après un moment de contemplation,
je me retournai […] Quelque chose de nouveau entra dans mon champ visuel. À une
faible distance, j'aperçus dans l'espace un énorme bloc de pierre, sombre comme
une météorite, à peu près de la grosseur de ma maison, peut-être même plus gros.
La pierre planait dans l'univers et je planais moi-même dans l'espace.
J'ai vu des pierres
semblables sur la côte du golfe du Bengale. Ce sont des blocs de granit brun
noirâtre dans lesquels, parfois, des temples ont été creusés. Ma pierre était
aussi un de ces sombres et gigantesques blocs. Une entrée donnait accès à un
petit vestibule; à droite, sur un banc de pierre, un Indien à la peau
basanée était assis dans la position du lotus, complètement détendu, en repos
parfait; il portait un vêtement blanc. Ainsi, sans mot dire, il
m'attendait. Deux marches conduisaient à ce vestibule; à l'intérieur, à
gauche, s'ouvrait le portail du temple.
Quand je m'approchai des
marches par lesquelles on accédait au rocher, je ressentis une très étrange
impression: tout ce qui avait été jusqu'alors s'éloignait de moi. Tout ce que
je croyais, désirais ou pensais, toute la fantasmagorie de l'existence
terrestre se détachait de moi ou m'était arraché - processus douloureux à
l'extrême. Cependant quelque chose subsistait, car il me semblait avoir
alors, près de moi, tout ce que j'avais vécu ou fait, tout ce qui s'était
déroulé autour de moi. Je pourrais tout aussi bien dire: c'était près de moi et
j'étais cela; tout cela, en quelque sorte, me composait. J'étais fait de mon histoire
et j'avais la certitude que c'était bien moi. Je suis ce faisceau de ce qui a été accompli et de ce qui a été.
Cet événement me donna l'impression d'une pauvreté extrême, mais en même temps
d'une extrême satisfaction. Je n'avais plus rien à vouloir, ni à désirer;
j'étais, pourrait-on dire, objectif, j'étais ce que j'avais vécu.
D'abord dominait le sentiment d'anéantissement, d'être volé ou dépouillé; puis
cela aussi disparut. Tout semblait être passé; ce qui restait était un fait
accompli sans aucune référence à ce qui avait été auparavant. Plus aucun
regret que quelque chose fût parti ou enlevé. Au contraire: j'avais tout ce que
j'étais et je n'avais que cela.
J'eus encore une autre
préoccupation: tandis que je m'approchais du temple, j'avais la certitude
d'arriver dans un lieu éclairé et d'y rencontrer le groupe d'humains
auxquels j'appartiens en réalité. Là je comprendrais enfin - cela aussi était
pour moi une certitude - dans quelle relation historique je me rangeais, moi ou
ma vie. Je saurais ce qui était avant moi, pourquoi j'étais devenu ce que je
suis et vers quoi ma vie continuerait à s'écouler. Ma vie vécue m'était
souvent apparue comme une histoire sans commencement ni fin. J'avais le
sentiment d'être une péricope historique, un fragment auquel manquait ce qui
précède et ce qui suit. Ma vie semblait avoir été coupée avec des ciseaux dans
une longue chaîne et bon nombre de questions étaient restées sans réponses.
Pourquoi s'est-elle déroulée de cette façon? Pourquoi ai-je apporté avec moi
ces conditions préalables? Qu'en ai-je fait? Qu'en résultera-t-il? À toutes ces
questions - j'en étais sûr - je recevrais une réponse dès que j'aurais
pénétré dans le temple de pierre. Là je comprendrais pourquoi tout avait
été ainsi et non autrement. Je m'y approcherais des hommes connaissant la
réponse à donner à mes questions concernant l'avant et l'après.
Tandis que je méditais
sur tout cela, un fait capta mon attention: d'en bas, venant de l'Europe, une
image s'éleva: c'était mon médecin, ou plutôt son image, encadrée d'une chaîne
d'or ou d'une couronne dorée de lauriers. Je me dis aussitôt: Tiens! c'est le médecin qui m'a traité! Mais
maintenant il apparaît dans sa forme première comme un Basileus de Cos.
Durant sa vie, il avait été un avatar de
ce Basileus, l'incarnation temporelle de la forme première, qui est depuis
toujours. Il apparaît maintenant dans sa forme originelle.
Sans doute étais-je, moi aussi, dans ma
forme première. Je ne m'en étais pas aperçu et j'imagine seulement qu'il en avait été
ainsi. Quand il fut arrivé devant moi, planant comme une image née des
profondeurs, il se produisit entre
nous une silencieuse transmission de pensée. Mon médecin avait été en effet
délégué par la terre pour m'apporter un message: on y protestait contre mon départ.
Je n'avais pas le droit de quitter la terre et devais y retourner. Au
moment où je perçus ce message, la vision disparut.
J'étais déçu à
l'extrême; maintenant tout semblait avoir été vain. Le douloureux processus de
l'effeuillement avait été inutile: il
ne m'était pas permis d'entrer dans le temple ni de rencontrer les hommes parmi
lesquels j'avais ma place.
Après
cette déception et ce retour dans son corps, il s'est passé trois semaines
avant que Jung accepte de « revivre ». Entre temps, il était plongé,
nuit après nuit dans la plus pure béatitude « au milieu des images de
toute la création ». « Ces visions et ces événements, écrit-il,
étaient parfaitement réels ; il n'y avait là rien d'artificiellement
forcé, tout, au contraire, était de la dernière objectivité. » Mais il lui
fallait revenir au matin dans la grise réalité du monde physique : « Maintenant, il me faut retourner dans le
système des caissettes!... La vie et
le monde entier m'apparaissaient comme une prison et je m'irritais à l'excès de
penser que je retrouverais tout cela en ordre... Lorsque j'étais dans l'espace
j'étais sans pesanteur et rien ne pouvait m'attirer. Et maintenant c'en était
fini de tout cela! » Puis, il en voulait à son médecin de l'avoir
ramené à la vie… et prit soudain conscience que ce dernier devait mourir à sa
place ; et de fait il mourut de septicémie après que Jung se fut levé de
son lit après son infarctus. « J'avais
la ferme conviction qu'il était en danger parce que je l'avais rencontré
dans sa forme originelle (5) […] Lorsque quelqu'un en est arrivé à cette
forme, c'est qu'il est sur le point de mourir, et dès lors appartient à la
société de ses vrais semblable ». Il est permis de penser que dans
cette EMI, la rencontre de Jung avec son médecin a eu lieu au niveau de leurs
entités, leurs formes premières.
La sorte de récapitulation de sa vie, sous la forme de l'effeuillement, indique un point de vue
qui diffère de celui des expérienceurs précédents. Alors que pour ceux-ci,
l'être de lumière étale devant eux le panorama de leur vie, Jung sent que les
expériences de sa vie terrestre sont arrachées de son être : on dirait
qu'il se fait ici une distinction entre l'entité (Jung qui parle) et sa
personnalité terrestre ( toute la
fantasmagorie de l'existence terrestre se détachait de moi ou m'était arrachée ),
mais que les deux sont fusionnées : « c'était près de moi et j'étais cela; tout
cela, en quelque sorte, me composait. J'étais fait de mon histoire et j'avais
la certitude que c'était bien moi. Je
suis ce faisceau de ce qui a été accompli et de ce qui a été ». Cela
indique l'union réalisée entre son conscient et son inconscient, après qu'il
eût distingué son entité de sa personnalité incarnée actuelle.
Puis, après cette maladie, Jung fit le rêve suivant qui
jette encore plus de lumière sur ses visions précédentes. Ce rêve concernait
les relations entre le Soi et le moi. Il rêva qu'il faisait une excursion sur
une petite route d'où s'étendait un magnifique panorama dans un pays vallonné
et éclairé par un soleil brillant. Au bord de cette route, il aperçut une
chapelle dont la porte était entrebâillée. À l'intérieur il ne vit aucun signe
religieux (statue de
J'eus ce rêve après ma maladie en
1944. C'est une parabole: mon Soi entre en méditation pour ainsi dire comme un
yogi, et médite sur ma forme terrestre. On pourrait dire aussi: il prend la
forme humaine pour venir dans l'existence à trois dimensions, comme quelqu'un
revêt un costume de plongée pour se jeter dans la mer. Le Soi renonçant à
l'existence dans l'au-delà assume une attitude religieuse, ainsi que l'indique
aussi la chapelle dans l'image du rêve; dans sa forme terrestre il peut faire
les expériences du monde à trois dimensions et par une conscience accrue,
progresser vers sa réalisation.
Le personnage
du yogi représenterait, en quelque sorte, ma totalité prénatale
inconsciente et l'Orient lointain - comme il arrive souvent dans les rêves - un
état psychique opposé à la conscience et qui nous est étranger.
(Ce
rêve tend) au renversement total des rapports entre la conscience du moi et
l'inconscient, pour faire de l'inconscient le créateur de la personne
empirique. Le renversement indique que, de l'avis de «l'autre côté de nous», notre
existence inconsciente est l'existence réelle et que notre monde conscient est
une espèce d'illusion ou une réalité apparente fabriquée en vue d'un
certain but, un peu comme un rêve qui, lui aussi, semble être une réalité tant
qu'on s'y trouve plongé. Il est clair que cette vue des choses a beaucoup de
ressemblance avec la conception du monde oriental, dans la mesure où celle-ci
croit à
La
totalité inconsciente me paraît donc être le véritable spiritus rector, l'esprit directeur, de tout le phénomène
biologique et psychique. Elle tend à la réalisation totale, donc, en ce qui
concerne l'homme, à la prise de conscience totale. La prise de
conscience est culture au sens le plus large et par conséquent la
connaissance de soi est l'essence et le cœur de ce processus. Il est
indubitable que l'Orient attribue au Soi une valeur «divine» et que selon la
vieille conception du christianisme, la connaissance de soi est la route qui
conduit à la cognitio Dei, à la
connaissance de Dieu (6).
Cette
interprétation parle d'elle-même. Nous retrouvons là, décrit en termes
psychologiques, tout l'enseignement de Seth et de Cayce tel que présenté dans
les chapitres précédents et, en particulier, le processus de l'incarnation.
Jung y fait une nette distinction entre la totalité inconsciente (son entité),
le spiritus rector et son moi, sa
personnalité physique, sa forme terrestre et empirique. La réalisation totale,
c'est-à-dire l'union de l'inconscient et du moi conscient est l'affaire d'une
prise de conscience totale (7). Le monde conscient serait une illusion, une
réalité apparente (comme l'exprime la
maya des Hindous), alors que notre existence inconsciente est l'existence
réelle, celle de l'entité qui s'incarne dans une personnalité humaine pour
accroître sa conscience.
Pour
bien comprendre la situation de Jung au moment de son EMI, il faut se reporter
à ce qu'il dit de sa vie dans son autobiographie. Depuis sa tendre enfance, il
a été sujet à certains phénomènes paranormaux qui l'ont poussé à étudier l'âme
humaine en commençant par la sienne. Devenu médecin, il a opté, à l'étonnement
de ses collègues, pour une clinique de malades mentaux où il a pu, tout en
s'instruisant, observer à loisir les comportements et chercher à comprendre les
propos de ses malades, si obscurs pouvaient-ils paraître. Il a compris que le
langage de ses malades était farci de symboles par lesquels s'exprimait leur
inconscient. Toutes ses observations ainsi que l'analyse de leurs rêves et des
siens propres l'ont amené à concevoir en l'être humain deux instances opposés
cherchant à s'unifier : le Moi conscient et l'inconscient. Poursuivant ses
recherches dans ce domaine psychique, il élabora une façon de comprendre l'âme
humaine qu'il exposa dans sa Psychologie analytique. Voici des extraits on ne
peut plus significatifs des réflexions qu'il fit à la fin de sa vie sur
son existence qui lui apparaissait comme incomplète, comme une « péricope
historique » qu'il fallait situer dans l'ensemble de sa vie. Ici, c'est
l'ego de Jung qui s'exprime, alors que lors de son EMI, c'était son entité qui
décrivait son expérience paranormale.
Ma vie est
l'histoire d'un inconscient qui a accompli sa réalisation. Tout ce qui
gît dans l'inconscient veut devenir événement et la personnalité, elle aussi,
veut se déployer à partir de ses conditions inconscientes et se sentir vivre en
tant que totalité (8).
La différence
entre la plupart des hommes et moi réside dans le fait que, en moi, les
« cloisons » sont transparentes. (…) Je perçois jusqu'à un
certain point les processus qui se déroulent à l'arrière-plan et c'est pourquoi
j'ai une sécurité intérieure. (…) J'ignore ce qui a déterminé ma faculté
de percevoir le flot de la vie. C'était peut-être l'inconscient lui-même.
Peut-être étaient-ce mes rêves précoces. Ils ont dès le début déterminé mon
cheminement. (…) Quand un homme en sait plus long que les autres, il devient
solitaire. Mais la solitude n'est pas nécessairement en opposition à la
communauté, car nul ne ressent plus profondément la communauté que le
solitaire ; et la communauté ne fleurit que là où chacun se rappelle sa
nature et ne s'identifie pas aux autres. (…)
Ainsi les choses
furent ce qu'elles devaient être ; car elles sont devenues telles du
fait que je suis comme je suis (9).
Je sais
seulement que je suis né, et que j'existe ; et c'est comme si j'éprouvais
le sentiment d'être porté. J'existe sur la base de quelque chose que je
ne connais pas. Malgré toute l'incertitude je ressens la solidité de ce qui
existe, et la continuité de mon être, tel que je suis.
Tous les êtres sont clairs, moi seul suis trouble », il
exprime ce que je ressens dans mon âge avancé (83 ans). Lao-Tseu est l'exemple d'un homme d'une sagesse supérieure
et qui, à la fin de sa vie, souhaite s'en retourner dans son être propre, dans
le sens éternel inconnaissable.
L'archétype de
l'homme âgé qui a suffisamment contemplé la vie est éternellement vrai. À tous
les niveaux de l'intelligence, ce type apparaît et est identique à lui-même,
qu'il s'agisse d'un vieux paysan ou d'un grand philosophe comme Lao-Tseu.
Ainsi, l'âge avancé est… une limitation, un rétrécissement. Et pourtant, il est
tant de choses qui m'emplissent : les plantes, les animaux, les nuages, le
jour et la nuit, et l'éternel dans l'homme. Plus je suis devenu incertain au
sujet de moi-même plus a crû en moi un sentiment de parenté avec les choses.
Oui, c'est comme si cette étrangeté qui m'avait si longtemps séparé du monde
avait maintenant pris place dans mon monde intérieur, me révélant à moi-même
une dimension inconnue et inattendue de moi-même (10).
C'est à dessein que j'ai cité tous ces extraits de sa
biographie. Ils illustrent et résument, du point de vue de sa psychologie, ce
que Jung a perçu de la nature et du sens de sa vie, du rôle de l'entité dans
l'incarnation de sa personnalité humaine et les limites qu'imposent à
l'individu son ego, concentré sur le monde physique. Il rejoint en cela les
explications que Seth a données du moi intérieur ou entité et du moi extérieur
ou ego. Le récit de son EMI et du rêve
qu'il fit par la suite indiquent clairement l'unification de sa personnalité,
l'intégration de son inconscient (entité) à son ego ou à son moi conscient. Il
ne dialogue pas avec un être de lumière, c'est-à-dire son entité, car il est
devenu conscient que son entité était parfaitement incarnée dans sa
personnalité humaine : il a réalisé son individuation. Ceci est clairement
perçu par lui lors de son EMI dans l'image du yogi méditant en vêtement blanc
(symbole d'unité : fusion de toutes les couleurs), dans le bloc de pierre
voguant de concert avec lui dans l'espace et aussi dans le rêve où il entre
dans la chapelle au bord de la route et se reconnaît dans l'image du yogi qui
« a mon visage » et qui « me médite ». Dans l'espace,
il perçoit que sa personnalité est faite de ce qu'il a vécu : « J'étais fait de mon histoire et j'avais la
certitude que c'était bien moi. » En percevant son médecin dans sa
forme première, il suppose qu'il est lui-même dans « sa forme première » c'est-à-dire dans la forme de son entité,
son individualité.
Et
son médecin vient l'avertir de retourner à la vie physique, parce qu'on a
encore besoin de lui sur Terre. Quant à ce dernier, il a terminé son périple
terrestre puisqu'il va mourir à sa place ! Jung est, pourrait-on dire, ce
que Seth appelle un Speaker ou un Enseignant, dont la mission est d'aider les
humains à prendre conscience de leur véritable nature d'être spirituel. C'est
pourquoi on l'a rappelé sur Terre, car en tant qu'Enseignant, il avait encore
des choses à communiquer aux hommes comme le prouvent ses ouvrages subséquents
et surtout son autobiographie. On peut dire que celle-ci tient aussi lieu de la
récapitulation des actions de la vie que les expérienceurs font en présence de
l'être de lumière. Des indices existent dans son EMI et dans le rêve ultérieur
qui démontrent qu'il n'avait pas complètement achevé sa mission
d'Enseignant : Durant son EMI, l'indien, vêtu d'un vêtement blanc, dans la
position du lotus se tient sur un banc de pierre à l'entrée du temple creusé
dans le bloc de granit qui file dans l'espace, alors que le yogi du rêve se
tient dans la même position, mais à l'intérieur de la chapelle, au centre
devant l'autel. Ce rêve est précognitif et signifie que son inconscient, son
entité, devient le centre de sa
Personnalité globale symbolisée par la chapelle.
Cela signifie-t-il que Jung avait atteint la perfection
de son être ? Non pas, puisque la conscience, affirme Seth, est un
processus infini, toujours extensible. Le mot « parfait »,
explique-t-il, « sous-entend un parachèvement, quelque chose de terminé
qui ne supporte plus aucun changement ; […] L'esprit est en perpétuel
devenir, il est souple et change continuellement ; il est sans
commencement ni fin, selon vos termes ». […] Si l'esprit était parfait,
« il resterait figé dans un état de complétude au-delà duquel aucun
accomplissement et nulle créativité ne seraient possibles (11). » C'est
dans ce sens que Seth, parlant du célèbre psychiatre dont il avait commenté
Le dernier exemple est celui d'une femme qui a
vécu une extraordinaire aventure paranormale à la suite d'une intervention
chirurgicale pour un problème de varices. Son nom est Patsy Davis (14). Elle
avait compris, au cours d'une étrange NDE, qu'elle était elle aussi ce que Seth
appelle un Speaker, c'est-à-dire une entité très évoluée dont la mission sur
terre consiste à rappeler aux humains leur nature spirituelle. Voici le récit
qu'elle a fait de son expérience.
Je me retournai et fus immergée dans la lumière. Je ne faisais qu'un avec l'amour, un amour inconditionnel, Je savais que j'étais enfin complète. Jamais auparavant je n'avais senti une telle sécurité et un tel amour. J'avais soudain toute la connaissance. Je sus que le Christ n'étais pas mort sur la croix et qu'il n'y a ni péché, ni mal. Je sus que j'avais existé depuis le moment de la création et que j'existerai toujours et que toute conscience se trouve dans l'acte de devenir. Je sus que j'avais vécu 900 fois dans la réalité physique et que je voyais ces expressions (de moi-même) en les observant chacune. J'expérimentai ce que nous entendons quand nous disons que nous avons un libre-arbitre et que nous choisissons toutes choses. Il n'y a pas d'absolus.
Je suivais chaque pensée que j'avais choisie jusqu'à sa fin naturelle. Je voyais chaque être qu'elle touchait. Je sus que j'étais un speaker et que j'avais toujours été un speaker et que je communiquais l'information entre les entités et leurs expressions. J'étais dans la réalité physique parce qu'il était temps pour les êtres physiques de devenir adultes (mature) et d'accepter leur responsabilité dans la création et de réaliser qu'ils créent leur réalité. Je sus alors que je devais revenir car mon rôle n'était pas encore terminé. Je sus également que je mourrai en 2010 et que je me serai noyée dans les fluides de mon propre corps, que j'aurai créé ma propre mort selon mon choix […]
Je veux vous dire ce que j'ai ressenti quand je suis rentrée dans mon corps. Je n'avais jamais ressenti une telle joie. J'étais charmée par ce corps merveilleux que j'avais créé. Je pouvais sentir la conscience de chaque cellule de mon corps. Je pouvais sentir la joie du sang qui se précipitait dans mes veines et la participation à la création d'une nouvelle vie alors que chaque cellule chantait son énergie. Je sus vraiment ce que signifiait la phrase "Je chante le corps électrique". J'étais tellement captivée par cette merveilleuse créature que tout mon être avait créée et par la coopération amoureuse qui existait entre toutes les cellules qui s'étaient unies pour créer ce corps merveilleux, appelé Patsy.
Je m'unis à ce chant de la vie et je les remerciai chacune et les louais. Je pouvais sentir l'énergie quand elle voyageait dans les réseaux nerveux jusqu'à leur destination. Comme ce corps était vivant et rempli de vitalité! Quelle merveilleuse création c'était et comme il travaillait bien dans l'ensemble en parfaite synchronisation dans sa célébration exaltante de la vie! Aussi longtemps que j'aurai ce corps, je n'oublierai jamais ce que j'ai alors expérimenté…
Ce récit, dans sa simplicité littéraire, a entraîné ma conviction que cette personne, en dehors de son corps, a pris conscience de sa nature d'être humain unifié jouissant de ce qu'on ne peut qualifier autrement que d'état de grâce. Il est difficile de soupçonner, chez elle, un récit inventé de toute pièce dans le but de se valoriser. On ne joue pas la comédie pendant une mort clinique dûment constatée, l'objectivité de l'expérience NDE ayant été clairement établie (15). D'autres indices ayant conforté mon opinion à son sujet figurent dans le récit de sa vie qui a précédé celui de sa NDE. Voici un résumé de sa biographie antérieure qui montre que rien ne la préparait à vivre cette NDE qui ressemble peu à l'expérience « classique ».
Au moment de son récit, elle avait 65 ans et était mariée depuis 49 ans. Elle et son mari étaient retraités et avaient quatre enfants et neuf petits-enfants qui vivaient près de chez eux. Patsy Davis est née en 1931 et a toujours habité au Kansas. Elle commença à travailler à 12 ans. À 14 ans, elle fut mise à la porte par son père alcoolique, qui ne pouvait souffrir cette adolescente « qui était plus forte que lui » et menaçait son autorité. Sa famille se composait de trois frères, deux sœurs et une demi-sœur. Elle est donc partie rester chez sa demi-sœur et paya chambre et pension en travaillant au restaurant que celle-ci gérait avec son mari. Elle continua toutefois à aller à l'école, qu'elle a dû abandonner l'année suivante faute de ressources. Elle épousa alors son mari.
Élevée dans l'ambiance d'un cercle biblique et de l'église chrétienne, elle reçut le baptême à l'âge de 12 ans : elle croyait qu'en mourant sans être baptisé, on irait en enfer. Elle était très religieuse et servait dans son église comme diaconesse et institutrice dominicale. À 34 ans, elle travaillait comme serveuse dans un restoroute. Sa vie alors tournait autour de sa famille, de son église et de son foyer, qui comptait alors quatre enfants. Son mari travaillait comme poseur de lignes pour une compagnie d'électricité. Son hobby consistait à jouer aux quilles deux fois par semaine. C'est là qu'elle commençait à avoir des malaises causés par des varices, maladie fréquente dans sa famille. Consulté à ce sujet, son médecin l'orienta vers un chirurgien qui l'opéra.
C'est à son retour chez elle, trois jours plus tard, qu'elle eut sa NDE. Voici le récit détaillé qu'elle en fit :
Le lendemain (de mon opération) je me suis levée pour marcher un peu. La seule chose qui n'était pas normale, c'est que je me suis retrouvée par terre sans me souvenir d'une chute. Le 3e jour, je revins chez moi. Je me sentais bien. Le lendemain, je me rendis chez ma voisine, Pearl, pour prendre une tasse de thé. Nous étions assises là et soudain je me sentis étrange. J'ai dit à Pearl que j'allais retourner chez moi pour me reposer un peu. Elle voulait m'accompagner, mais j'ai refusé, l'assurant que tout allait bien et que je reviendrais plus tard. Il était 3h p.m.
Je traversai la rue et gravis un petit talus et continuai jusqu'au milieu du stationnement de la voiture. Soudain je flottais au-dessus de mon corps qui gisait sur le stationnement. Je n'avais senti aucun mouvement et n'avais aucune crainte. J'étais pleinement consciente. Je regardais en bas et me demandais pourquoi mon corps gisait par terre alors que j'étais en l'air. Je trouvais intéressant de voir à quoi mon corps ressemblait. Je ne l'avais jamais vu de ce point de vue auparavant.
La voisine d'en face m'avait vue tomber et était accourue vers moi en appelant Pearl. Toutes les deux ont ramassé mon corps, l'ont transporté dans la maison et l'ont posé sur le lit. J'ai flotté au-dessus de lui tout en les accompagnant. Je me suis perchée sur l'étagère à la tête de mon lit et je les ai surveillées pendant qu'elles essayaient vainement de ressusciter mon corps. Mes quatre enfants se tenaient au pied du lit et les regardaient. Pearl dit à ma fille d'appeler le 911. Elle alla au salon pour téléphoner. Mon corps ayant vidé tous ses déchets, elles s'affairaient à le nettoyer. Elles enlevèrent tous les vêtements ne laissant qu'un T-shirt. L'ambulance arriva et deux préposés entrèrent, mirent mon corps sur un brancard et le déposèrent dans l'ambulance. Ils dirent à Pearl de monter et elle leur raconta que j'étais revenue de l'hôpital la veille seulement. Shirley, l'autre voisine, dit qu'elle avertirait Bill, mon mari, de nous rejoindre à l'hôpital. Alors qu'ils mettaient mon corps dans l'ambulance, je flottais au-dessus de lui. Je n'y étais attachée d'aucune manière que je pourrais préciser. Je trouvais seulement que tout cela était intéressant.
Le chauffeur fit résonner la sirène et nous partîmes pour l'hôpital. Le préposé tenta de réanimer mon corps. Pearl lui raconta ce qui était arrivé pendant qu'il essaya de trouver le pouls. Il mit un masque d'oxygène sur la bouche de mon corps et appliqua un électrochoc sur la poitrine par trois fois, en prenant le pouls chaque fois. À mi-chemin de l'hôpital, il cessa et dit au chauffeur d'arrêter la sirène. J'étais morte. Le chauffeur obéit et Pearl se mit à pleurer.
Les révélations qu'elle a eues pendant sa NDE, racontées ci-dessus, surtout celle concernant son statut de speaker, l'incitèrent à trouver, par la suite, des personnes qui, comme elles, avaient fait une telle expérience. Voici comment elle fut guidée pour remplir sa mission.
En 1974, un chiromancien me dit d'aller à Lacey, WA, à une certaine maison et j'y trouverai ma voix (my voice). J'y allai et en arrivant, je frappai à la porte et un jeune homme m'ouvrit. Il me fit entrer et me dit que "Gene" serait de retour dans quelques minutes. Quinze minutes plus tard Gene entra et je le reconnus. Il avait été mon tuteur quand je vivais en Atlantide et que j'avais utilisé ses étudiants pour vaincre ses ennemis. Il dit: "Je vous ai attendue". Il m'amena au sous-sol de sa librairie et me tendit le livre SETH SPEAKS (L'enseignement de Seth). Il me dit que ce livre me donnera le langage dont j'ai besoin pour mon travail. Je revins chez moi et en fis la lecture et c'était exactement ce que j'avais appris dans la lumière. Gene mourut deux ans plus tard d'une tumeur au cerveau. Pendant deux ans, il m'a aidée à me préparer à mon rôle de speaker.
Je possède tous les livres de Seth et, depuis, je me suis mise à la recherche d'autres "Séthiens". Il y a un an, j'ai trouvé un groupe de travail sur Seth et je suis active depuis lors. J'écris maintenant un livre sur mon rôle de speaker et sur ma vie. Au cours des dernières années, j'ai vécu selon les principes que j'ai appris dans la lumière. Il m'est arrivé plusieurs événements qui seront racontés dans mon livre…
Vous voyez je n'ai pas vécu
Je ne dors maintenant que 4 heures par jour, ce qui est normal pour moi. Je n'ai jamais dormi plus de cinq heures à la fois. Je ne crains pas la mort ni quoi que ce soit. Je vis dans le moment présent. J'ai une excellente santé et je crée ce que je veux. Je ne prends ni drogue ni alcool et n'ai pas d'assurances. Je n'ai jamais rencontré un étranger et j'ignore ce que le mot "gêne" signifie. Je n'ai jamais eu le mal du pays et je suis chez moi partout où je suis. Ma vie a été une grande aventure. Je me tiens entre deux mondes et je passe facilement de l'un à l'autre.
Sans commenter cette
narration, on peut affirmer qu'il s'agit bien là d'une entité totalement
unifiée dans sa personnalité humaine nommée Patsy Davis et non d'une hallucinée.
Elle n'a pas eu besoin de rencontrer l'être de lumière (Je n'ai pas traversé un tunnel ni rencontré quelqu'un). Toutefois,
je pense qu'il serait avantageux, pour le bénéfice du lecteur, de mettre en
évidence certains traits de cette NDE ou EMI dans l'optique de ce chapitre
Dans le récit de sa NDE, Patsy Davis a tenu à raconter son passé, parce qu'il ne laissait prévoir aucunement ce genre de NDE : « je croyais que si vous mourez avant d'être baptisé, vous irez en enfer. J'étais très religieuse. J'insiste sur cela parce que je n'ai pas eu l'habituelle expérience près de la mort, qui est étrange si vous considérez mon passé. »
À la lumière de ses révélations, on doit conclure que Patsy Davis a l° retrouvé son état de grâce originel : elle « célébrait » la beauté de son corps et sa merveilleuse organisation anatomique et physiologique; elle jouit maintenant d'une excellente santé; n'a pas besoin de drogue ni d'alcool ni d'assurances (acheter des assurances signifie qu'on craint la maladie ou la mort); quatre heure de sommeil lui suffisent pour que son corps récupère ses forces; 2° elle se sent maintenant complète sur le plan de son entité et sur le plan physique de son ego car elle est consciente de ses 900 incarnations, chacune étant une expression de son être total; il est probable que sa présente incarnation soit la dernière; 3° elle a pris conscience de son unité avec l'univers et avec tous les êtres : elle se tient entre deux mondes et passe facilement de l'un à l'autre; personne ne lui est étranger; 4° elle vit dans le moment présent et exerce librement sa créativité et sa liberté même pour déterminer le moment de sa mort en 2010; 5° elle est consciente de sa mission de speaker et prend tous les moyens nécessaires pour la remplir. Elle s'y était préparée, de quelque façon, avant les révélations de sa NDE (« J'étais très religieuse… J'étais une diaconesse et une institutrice dominicale dans mon église, et ma vie tournait autour de ma famille, mon église et mon foyer »).
On aura sans doute remarqué la différence de tonalité entre le récit de Jung et celui de Patsy Davis. C'est que celle-ci insiste davantage sur son expérience du flot de la vie qui parcourt son corps physique et de son unité avec l'univers, alors que Jung, médecin et psychiatre, est plus préoccupé par la connaissance de sa personnalité et du « sens » de sa vie présente. C'est pourquoi, sauf d'une façon générale, il ne fait pas référence à toutes ses vies antérieures comme Patsy Davis qui exprime son expérience du point de vue global et affectif. Alors que Jung ne le fait que du point de vue cognitif.
Les sceptiques trouveront facilement dans ces deux expériences paranormales matière à controverse. Comme pour tout phénomène psi, la seule raison ne peut accepter l'objectivité d'une EMI en se basant sur les seuls critères de la science. Par ailleurs, même fermés à ce domaine, les sceptiques ne pourraient jamais prouver qu'elles ne se sont pas produites, n'ayant aucun argument rationnel a contrario à leur opposer et le nombre de sujets ayant expérimenté une telle aventure se comptant par milliers sinon par millions, les retiennent de porter un tel jugement sur son impossibilité.