Après la mort(1)
Avant tout, ce que je ne cesse d’affirmer devrait être évident : il n’y a pas une réalité d’après la mort, chaque expérience est différente. D’une manière générale, différentes dimensions existent dans lesquelles se situent les expériences individuelles. Par exemple, il y a un premier niveau pour ceux qui sont encore très attachés à la réalité physique et ceux qui ont besoin d’une période de récupération et de repos. À ce stade-là, il y aura des hôpitaux et des maisons de repos. Les patients ne se rendent pas encore compte que leur état n’est pas déficient.
Dans certains cas, l’idée de la maladie est si forte que, sur terre, ils ont bâti leur vie sur cet ancrage psychologique. Ils projettent les conditions de la maladie sur leur nouveau corps comme ils le faisaient auparavant. Nous les soumettons à différentes sortes de traitement d’ordre psychique et nous leur apprenons que l’état de leur corps dépend de la nature de leurs propres croyances.
De nombreuses individualités n’ont pas besoin de passer par ce stade. Il va sans dire que les hôpitaux et centres d’entraînement n’ont rien à voir avec le monde physique. Ils sont souvent créés par l’ensemble des guides qui ont planifié cette période. Vous pouvez considérer cela comme des hallucinations collectives si vous voulez. Le fait est que, pour ceux qui font connaissance avec cette réalité, les événements sont tout à fait réels.
Il y a aussi des centres d’entraînement où la nature de la réalité est expliquée en fonction de la capacité de compréhension et de conception de chacun. Pour certains des paraboles familières seront utilisées, au moins au début, avant que les individualités ne s’en détachent graduellement. Ces centres comportent des classes dans lesquelles une instruction est donnée à ceux qui choisissent de retourner à la vie physique. En d’autres termes, on leur apprend les méthodes qui permettent d’exprimer l’émotion et la pensée dans la réalité physique. Contrairement à ce qui se passe dans le système tridimensionnel, il n’y a pas de décalage entre l’initiation à de telles pensées et leur matérialisation.
Tout ceci correspond plus ou moins à une étape, mais vous devez comprendre que, dans une certaine mesure, je simplifie les actions. Compte tenu des développements et progrès accomplis au cours de leurs vies antérieures, certains individus ne passent pas par ces périodes car ils sont prêts à entreprendre des programmes plus ambitieux.
J’ai déjà parlé d’un tel développement. Certains de mes lecteurs qui ne sont peut-être pas conscients de leurs propres capacités psychiques pourraient penser qu’ils doivent participer à une longue période d’entraînement après la mort. Ce n’est pas nécessaire et une grande partie de cette expérience peut être acquise en dormant. (…)
Après la mort, vous pouvez aussi vous refuser obstinément à croire que vous êtes morts et continuer à concentrer votre énergie émotionnelle sur ceux que vous avez connus pendant votre vie. Si vous avez été obsédés par un projet particulier, par exemple, vous pouvez tenter de le terminer. Il y a toujours des guides pour vous aider à comprendre votre situation, mais si vous êtes totalement absorbés, vous risquez de ne pas leur prêter attention. (…)
Il suffit de signaler que de larges champs de concentration émotionnelle orientés vers la réalité peuvent vous retenir en arrière et empêcher un développement ultérieur.
Quand la conscience quitte le corps et se trouve hors de lui depuis quelque temps, la connexion, bien entendu, ne se fait plus. Au cours de ces états hors-du-corps, pourtant, le lien demeure. Pour un individu qui est mort, il est possible d’interpréter l’expérience de manière complètement erronée et d’essayer de revenir dans le corps. Cela peut arriver notamment quand la personnalité s’identifie presque exclusivement avec l’image physique.
Ce n’est pas courant, mais, néanmoins, dans certaines conditions, de telles individualités tenteront de réactiver le mécanisme physique et seront frappées de panique quand ils découvriront l’état du corps. Certains, par exemple, pleurent sur le corps bien après que ceux qui ont suivi le convoi funèbre ont disparu. Ils ne se rendent pas compte qu’ils sont en bonne santé alors que leur corps était malade et leurs organes hors d’usage. Ils sont comme un chien pleurant après son os. Ceux qui n’ont pas complètement identifié la conscience au corps trouvent plus facile de le quitter. Ceux qui ont haï leur enveloppe charnelle éprouvent une impression d’étrangeté à s’en dégager aussi vite.
Toutes ces situations surgissent ou non en fonction de l’individualité en cause. Quoi qu’il en soit, après avoir quitté le corps physique, vous serez sur-le-champ transféré dans un autre. Il sera similaire à celui dans lequel vous voyagiez lors de vos projections hors-du-corps. Laissez-moi vous rappeler que toutes les nuits durant le sommeil, chacun de vous quitte son corps pour quelque temps.
Cette enveloppe vous semblera de nature physique. D’une manière générale, elle ne sera pas perçue par ceux qui ont encore une apparence physique. Ce corps permet de réaliser ce que vous expérimentez dans vos rêves. Parfois, il vole, traverse des corps solides et se déplace directement sous le contrôle de votre volonté. Il vous transporte d’un lieu à un autre dans la mesure où vous évoquez ces lieux. Si vous souhaitez voir ce que fait tante Sally à, disons, Poughkeepsie, New York, vous vous y retrouverez. Néanmoins, vous ne pouvez pas, en règle générale, manipuler des objets physiques. Vous ne pouvez pas prendre une lampe ou jeter un plat. Ce corps est instantanément vôtre, mais ce n’est pas la seule forme que vous revêtirez. Par ailleurs, il participe de votre corps physique actuel mais vous ne le percevez pas. Après la mort, il sera la seule réalité dont vous serez conscients pendant un certain temps.
Beaucoup plus tard et à d’autres niveaux, vous apprendrez consciemment à prendre de nombreuses formes. Voyez-vous, d’une certaine manière, vous expérimentez cela actuellement quand vous traduisez votre énergie mentale – pensée et émotions – de manière littérale mais inconsciente en objets physiques. Après la mort, vous pouvez, si vous l’imaginez, vous retrouver subitement dans la forme de l’enfant que vous étiez. Pendant un certain temps, donc, vous pouvez manipuler cette forme de telle sorte qu’elle prenne toutes les apparences qu’elle avait dans la vie physique précédente. Vous pouvez mourir à quatre-vingts ans et, après la mort, penser à la jeunesse et à la vitalité que vous aviez à vingt ans, et vous projeter selon un modèle correspondant à cette image intérieure.
Jane Roberts, L’enseignement de Seth, pp.173-177.