Après la mort(2)

 

 

            Après la mort, la plupart des individualités choisissent une image plus mûre qui, habituellement, correspond aux capacités physiques maximales, indépendamment de l’âge auquel ces maxima ont été atteints. D’autres choisissent, au contraire, de prendre la forme qu’ils avaient au moment précis de leur maturité mentale et émotionnelle, sans tenir compte de la beauté ou de l’âge qui caractérisent cette forme. Est-ce que vous me suivez? (« Oui »)

            Vous vous sentirez bien dans la forme choisie et vous l’utiliserez quand vous voudrez entrer en relation avec ceux que vous avez connus. Bien que pour établir de telles communications avec le monde vivant, il soit préférable d’adopter la forme sous laquelle vous étiez connus de l’individu avec qui vous voulez entrer en contact.

            Ces situations post mortem n’existent pas nécessairement sur d’autres planètes. Elles n’ont rien à voir avec l’espace. Aussi la question : « Où cela arrive-t-il? » n’a-t-elle pas de sens. C’est le résultat de vos interprétations erronées sur la nature de la réalité. Il n’y a pas d’emplacement, pas de lieu spécifique. Ces environnements existent au sein du monde physique sans que vous les perceviez.

            Vos propres mécanismes ne vous permettent pas de vous accorder à leur champ d’action. Vous réagissez à un champ très spécialisé mais limité. Comme je l’ai déjà dit, d’autres réalités coexistent avec votre propre mort, par exemple. Vous vous dépouillez simplement de votre image physique. Vous vous accordez à des domaines différents et réagissez à d’autres phénomènes.

            De cet autre point de vue, vous pouvez, dans une certaine mesure, percevoir la réalité physique. Pourtant, il y a des champs d’énergie qui les séparent. Votre conception globale de l’espace est tellement déformée que toute véritable explication est très difficile. (…)

         Comme vos mécanismes de perception insistent sur la solidité des objets, par exemple, ils mettent également l’accent sur l’existence de l’espace. Ce que vos sens vous dévoilent sur la nature de la matière est entièrement erroné, et ce qu’ils vous permettent d’appréhender de l’espace est également faux – faux en soi mais tout à fait dans le droit-fil des concepts tridimensionnels. (Avec humour :) Au cours des expériences hors-du-corps faites pendant l’existence, la plupart des problèmes tels qu’ils seront vécus après la mort, sont vécus en termes d’espace. Au cours de ces épisodes, donc, la vraie nature du temps et de l’espace, devient plus apparente. Après la mort, par exemple, traverser l’espace ne demande pas de temps. L’espace n’existe pas en fonction des distances. C’est une illusion. Il existe des barrières mais ce sont des barrières psychiques et mentales. Il y a, par exemple, des intensités d’expérience qui sont interprétées dans votre réalité comme des distances kilométriques.

            Après la mort vous pouvez vous retrouver dans un centre d’entraînement. Théoriquement, ce centre pourrait être au milieu de votre living-room actuel. Dans l’espace physique, mais la distance entre les membres de votre famille encore vivants – assis peut-être à penser à vous ou à lire un livre -  et vous n’a rien à voir avec l’espace tel que vous le connaissez. Vous pourriez en être séparés par une distance plus importante que celle de la Terre à la Lune. Vous pourriez peut-être déplacer le foyer de votre attention loin du centre et, théoriquement, voir la pièce et ses occupants; et pourtant, là encore, la distance ne pourrait être évaluée en kilomètres.

 

Jane Roberts, L’enseignement de Seth, pp. 173-179.

 

            Les expériences après la mort vous sembleront moins étranges et incompréhensibles si vous vous rendez compte que des situations analogues font partie intégrante de votre existence présente. Dans le sommeil et les états de rêve vous êtes engagés dans la même dimension d’existence que celle qui sera la vôtre après la mort. Vous ne vous rappelez pas la plupart de ces aventures nocturnes, et celles dont vous vous souvenez vous paraissent, en général, bizarres et chaotiques. Ceci simplement parce que, à votre stade de développement, vous n’êtes pas capables de manipuler consciemment plus d’un environnement.

            Quand vous dormez, vous existez consciemment dans un état créateur cohérent, déterminé et vous pratiquez de nombreuses activités dont vous ferez l’expérience ultérieurement après la mort. Vous dirigez simplement le foyer de votre attention dans une dimension différente, dimension dans laquelle vous avez naturellement opéré d’une manière constante.

            De même que vous avez une mémoire de la vie à l’état de veille et que vos souvenirs peuvent vous être utiles au cours de différentes péripéties, vous donnant le sentiment que la vie quotidienne est dotée de continuité, de même votre soi onirique est porteur d’une forte mémoire. Et de même qu’il y a une certaine permanence dans votre vie quotidienne, de même celle-ci existe dans votre vie de dormeur.

            Une partie de vous, donc, est consciente de chaque rêve. Celui-ci n’est pas plus illusoire que ne l’est votre vie physique. Votre soi physique à l’état de veille est le rêveur, quand le soi du rêve est à l’œuvre. Vous êtes le rêveur qu’il délègue. Ainsi quand vous regardez votre soi du rêve et que vous le jugez, vous le faites avec un point de vue entaché de préjugés, car vous tenez pour acquis que votre « univers » est réel et que le sien est illusion.

            Pour votre être, toutefois, sa réalité est beaucoup plus familière. Si l’état de rêve ne vous paraît pas cohérent c’est parce que vous êtes hypnotisés par la croyance que rien d’autre n’existe. Naturellement vous essayez de traduire au réveil votre expérience onirique en termes connus, et vous tentez de l’ajuster dans les limites d’une vision déformée.

Dans une certaine mesure, c’est naturel, vous êtes centrés sur la vie quotidienne parce que vous l’avez choisie comme expérience. Mais dans les limites de ce cadre il vous appartient aussi de vous développer et de reculer les limites de votre conscience. Il est très difficile d’admettre que vous êtes de bien des manières plus efficaces et créatifs dans le sommeil qu’à l’état de veille, et il est plutôt choquant d’admettre que votre personnalité onirique peut naturellement voler sans tenir compte du temps et de l’espace. Il est plus facile de prétendre que de telles expériences sont symboliques et de développer des théories psychologiques compliquées pour expliquer, par exemple, les rêves qui traitent du vol.

            Le fait est que vous volez dans vos rêves : vous le faites très souvent. Dans l’état de rêve, vous agissez, plus ou moins, dans des conditions analogues à celles où vous seriez dans un autre monde. Nombre de vos expériences oniriques donc sont précisément celles qui peuvent devenir les vôtres après la mort. Vous pouvez parler avec des amis ou des parents morts, remonter dans le passé, saluer de vieux condisciples, descendre des rues qui existaient il y a cinquante ans, voyager dans l’espace, rencontrer des guides, recevoir des instructions, instruire d’autres personnes, accomplir des travaux, résoudre des problèmes, avoir des visions.

            Dans la vie physique, il y a décalage constant entre la conception d’une idée et sa réalisation. Tel n’est pas le cas dans le domaine du rêve. Le meilleur moyen de s’accoutumer à la réalité après la mort est donc, pour ainsi dire, d’explorer et de comprendre la nature de votre soi onirique. Peu de gens veulent y consacrer du temps et de l’énergie.

            Pourtant des méthodes existent et ceux qui veulent les mettre en pratique ne souffriront pas d’aliénation quand ils orienteront leur attention vers la vie après la mort. (…)

            Votre mémoire consciente étant très liée au corps éveillé, le fait de quitter votre corps pendant le sommeil n’est pas habituellement mémorisé par la conscience.

            Dans le sommeil vous vous souvenez de tous ceux que vous avez rencontrés dans vos rêves, que vous les ayez ou non rencontrés dans votre existence actuelle. Vous pouvez avoir en dormant une expérience continue avec des associés proches qui peuvent vivre dans une autre partie du monde et vous être étrangers à l’état de veille, et cela durant des années.

            De même que votre comportement quotidien est chargé de sens, de même au sein de vos aventures oniriques, vous atteignez des buts variés qui vous sont propres. La vitalité, la force, la vie et la créativité qui soutiennent votre vie physique sont « générées » dans une autre dimension. En d’autres termes, vous êtes une projection charnelle de votre soi onirique.

            Le soi onirique tel que vous l’entendez n’est que l’ombre de ce qu’il est en réalité. Il constitue un point de référence psychologique, et si l’on tient compte de votre point de vue lié à la continuité, c’est lui qui rassemble toutes les parties de votre Soi. Il représente une facette fortement unifiée de votre identité totale. Dans l’ensemble du contexte, ses expériences sont très vivaces et sa « personnalité » aussi riche – en fait plus riche – que la créature physique que vous connaissez. (…)

… Dans l’état de rêve, vous apprenez, entre autres choses, comment construire votre réalité physique jour après jour, exactement comme vous le faites après la mort, alors qu’il s’agit d’organiser votre prochaine vie.

            Dans les rêves, vous trouvez une solution à vos problèmes. De jour, vous êtes seulement conscients de la manière de les résoudre parce que vous les avez traités pendant le sommeil. Vous déterminez vos objectifs, tout comme après la mort vous le faites en vue d’une autre incarnation. (Ibidem, pp. 180-183)

 

            Vos sens physiques sont des extensions de ces modes de perception intérieure [sens internes]; et, après la mort, c’est à ces derniers que vous serez reliés. Ils sont utilisés lors des expériences qui se déroulent hors-du-corps. Par rapport à la conscience éveillée habituelle, ils fonctionnent en permanence de manière sous-jacente…

… de telle sorte que vous pouvez dès maintenant vous familiariser avec la nature de la perception de la mort. En d’autres termes, la situation, les conditions et les méthodes de perception ne vous seront pas étrangères. Vous n’êtes pas soudainement jetés dans l’inconnu. Cet univers vous habite actuellement et demeurera après votre mort physique. (Ibidem, p. 188)