Conclusion

 

            En conclusion de cette brève analyse psychologique, il faut admettre que  l’influence qu’exerça  son amitié pour la Comtesse sur sa productivité musicale ne peut être une pure coïncidence. On peut même voir une confirmation, par Beethoven lui-même, de la justesse de cette juxtaposition d’événements chronologiques et de ses réactions psychologiques, lorsqu’il écrit à la Comtesse : « Nous créatures mortelles à l’esprit immortel, sommes nés pour la souffrance et pour la joie, et on pourrait presque dire que les plus excellents parmi nous tirent leur joie de leurs souffrances. » Une vue plus panoramique du comportement de Beethoven durant sa vie, révèle, grâce à l’influence de la Comtesse Erdody, une évolution marquée, chez lui,  de l’amour humain vers un amour de plus en plus spirituel qui s’exprime abondamment dans ses derniers quatuors qu’un auteur qualifie de « monologues d’un promeneur dans le soir ».

 

 Dans les dernières années de sa vie, en effet, Beethoven complètement sourd vivait dans une solitude qui lui permit d’approfondir sa vie intérieure et d’exprimer différemment l’univers des sons. On a sans doute  raison de soutenir que la Comtesse fut, à plus d’un titre, son âme-sœur, qu’il appelait parfois dans ses lettres la déesse et la muse de Jedlersee. Cette relation d‘amitié profonde entre ces deux êtres constituait donc un climat et une ambiance psychologiques qui favorisa l’expression de la créativité musicale de Beethoven. Ainsi, sa vraie biographie est psychologique : « Toute son âme, écrit Wegeler, son ami de longue date, vit dans ses œuvres; toutes ses joies et ses douleurs ont été enfermées dans son cœur. Sa musique constitue sa biographie réelle, l’histoire vraie et impérissable de ce qu’il a tenté d’atteindre et de ce qu’il a accompli, écrite pour tous les peuples de toutes les époques. » On trouvera tout cela  condensé dans la 9e symphonie chorale, grâce à l’amour inaltérable de l’Éternelle Aimée. Et si quelqu’un a dit qu’il y a toujours une femme derrière un grand homme, c’est que les deux forment l’essence de l’Humanité qu’a toujours voulu célébrer Beethoven.

 

Sur son lit de mort

                Des études récentes de son ADN ont révélé que Beethoven était mort à la suite  d’un empoisonnement au plomb. Ce qui explique ses troubles persistants de santé, qui s'accompagnaient d'irritabilité et de dépression. Mais ces études ne permettent pas toutefois de relier sa surdité à cet empoisonnement au plomb.

 

                                                              Dans l’au-delà

 

            « Beethoven fut longtemps une énigme pour moi. D’abord, il ne communiquait que par télépathie. Il apportait sa  musique à mon esprit sans prononcer une seule parole. Je pouvais le voir, mais il ne se disait jamais rien entre nous. Je constatai que je pouvais lentement saisir ses idées, bien qu’il ne nommât jamais une note, et j’arrivai presque toujours à percevoir ce qu’il voulait me transmettre.

 

            « Nos premières communications ont été difficiles, parce que j’étais, en fait, muette d’admiration devant lui. Ce fut, sans aucun doute, l’une des plus grandes âmes qui vécurent en ce monde.

 

            « Il paraît maintenant avoir trente-cinq ou quarante ans. Il a des traits réguliers, un air de Grec ancien. Il semble en bonne santé et il a des cheveux très noirs, qu’il porte rejetés à l’arrière. Cette chevelure très longue, n’est pas aussi en broussaille qu’elle le paraît sur les tableaux que nous possédons de lui. Ses yeux sont noirs, et il regarde droit dans les yeux. Il n’est plus sourd. Les maux humains et les ennuis disparaissent lorsque nous sommes dans l’autre monde. Ce furent certainement sa surdité et sa maladie qui ont apporté à son existence le côté tumultueux que l’on connaît. Il suffit de le regarder au-delà de la personnalité terrestre, qui n’est qu’une réaction aux circonstances de sa vie, comme c’est souvent le cas.

 

            « Dire qu’il n’avait pas bon caractère serait nier la véritable grandeur de l’homme. Cette irritabilité n’était qu’un simple trait de caractère et n’avait aucun rapport avec l’âme réelle. J’ai toujours eu le sentiment profond de cette grandeur, de cette authentique noblesse de l’âme. Toute la pièce, quand il apparaissait, baignait dans une atmosphère quasi sacrée, C’est parce que je ressentais si intensément cette atmosphère de grandeur qu’il m’était impossible d’engager la conversation avec lui. Peu à peu, je compris que Beethoven était en fait d’une grande simplicité, réellement sublime. Après en avoir pris conscience, je fus un peu plus rassurée dans mon attitude à son égard.

 

            « Cela l’encouragea aussi à commencer à me parler. Il le fit en anglais, très lentement, employant des mots brefs et faciles, et d’une façon très simple, comme s’il s’adressait à un enfant, ce que j’étais probablement à ses yeux. Un lien de sympathie finit par naître entre nous. Il me sembla, quoiqu’il fût bien au-dessus de moi, qu’il me comprenait. Je me sentais extrêmement honorée de ce qu’il pouvait demeurer près de moi et me parler.

 

            « Souvent il parlait de musique. D’autres fois, il me parlait de lui, de l’existence ou de Dieu. Il me dit combien il souhaitait déverser de grands flots d’harmonie pour éveiller en nous une plus grande compréhension. Il me fit fortement sentir à quel point il désirait, de toutes ses forces, toucher l’humanité afin de l’englober dans ce merveilleux amour.

 

            « Il possède une grande dévotion et une grande croyance envers Dieu, sans aucune étroitesse de pensée. Un jour, il me parla si gentiment et si doucement que j’en fus très émue et que je lui dis très humblement : ‘ Beethoven, je vous aime! ‘ Il me regarda avec un vague sourire et ajouta très sérieusement : ‘ Mais naturellement! ‘ »

 

Rosemary Brown, En communication avec l’au-delà, J’ai Lu, pp. 159-160.

 

 

Sources

 

André Boucourechliev, BEETHOVEN, Édition du Seuil, 1966

Emil Ludwig, Beethoven, vie d’un conquérant, Éd. De la Maison française Inc., 1945.

G. Pugnetti, Beethoven, Dargaud S.A.Éditeur, 1968.

XXX, Immortal Beloved-a new theory, dans le site Internet:

www.kingsbarn.freeserve.co.uk/link.html

Rosemary Brown, En communication avec l’au-delà, Éd. J’ai Lu.