![]() George Chapman médium |
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du Dr William Lang |
«Le corps physique est le corps avec lequel nous sommes tous très familiers et lorsque ce corps physique présente certains désordres le médecin vous envoie à l'Hôpital où une opération est effectuée sur ce corps par un chirurgien. Au moyen d'incisions dans la chair, il tente d'atteindre la source de la maladie et ensuite, il traite la partie affectée de notre anatomie comme il l'a appris par sa formation et son expérience.
«Ainsi que nous le savons bien, ces opérations causent en général beaucoup de soucis et d'anxiété au patient et à sa famille et, après l'opération un temps considérable s'écoule avant que le malade ait récupéré une santé normale. Après de telles opérations un certain doute subsiste, pour ce qui est de savoir si l'opération a été un succès complet et a vraiment été effectuée avec compétence.
«Par le moyen de la guérison par l'esprit, beaucoup de soucis, d'anxiété, de douleur et de chocs, sans compter une convalescence prolongée, peuvent être éliminés. Les médecins Esprits dirigent leur attention sur le corps éthérique et non sur le corps physique. Le corps éthérique est légèrement plus large que le corps physique mais contient des organes similaires et toutes les caractéristiques de sa contrepartie physique. Il contient même un fluide éthérique, de couleur pâle, qui circule à l'aide de son coeur par un système circulatoire similaire à celui du corps physique.
«De sorte que, pour être en parfaite santé, les deux corps doivent fonctionner dans un état d'harmonie complète l'un avec l'autre. Une maladie physique dénote un état de désaccord quelque part entre ces corps et la maladie persistera jusqu'à ce que l'harmonie ait été restaurée. La guérison par l'Esprit reconnaît qu'existe un rapport positif entre les corps que nous avons mentionnés de telle sorte qu'un abus du corps physique peut causer un dommage au corps éthérique et une opération effectuée sur le corps éthérique peut avoir précisément le même effet qu'une opération similaire faite par les chirurgiens de la terre directement sur le corps physique. Si donc n'importe quelle partie du corps éthérique est traitée ou opérée, sa contrepartie physique sera affectée de la même façon.
«Bien que le corps éthérique ne puisse pas être vu des personnes ordinaires (il peut être vu par des clairvoyants de première classe - S.G.M.), il existe néanmoins comme une très importante partie de notre être. Nous avons appris en tant qu'Esprits, qu'il a une texture définie, étant cependant plus fin et plus délicatement constitué que le corps physique. Il est ainsi fait pour être utilisé ultérieurement dans le royaume dans lequel nous passons après notre vie ici-bas.
«Nous avons appris que dans le monde des Esprits, la vibration est beaucoup plus élevée et plus rapide que la vibration qui existe sur cette terre. Ici, sur cette terre, les vibrations sont plus lentes et plus lourdes et nos corps physiques qui doivent seulement nous servir pendant notre courte vie ici-bas, sont construits pour supporter les conditions qui entourent notre existence journalière présente. Nos corps éthériques apparaîtront aussi solides dans le monde des Esprits que les corps physiques que nous abandonnons lorsque nous laissons ce niveau d'existence. En fait, ce n'est pas nous qui sommes les fantômes - mais vous!
«Lorsqu'un médecin Esprit ou guide guérisseur dit à un patient qu'il va opérer il parle seulement d'une opéraiton sur le corps éthérique. Pour effectuer une opération un médecin Esprit ou Esprit guérisseur, soulèvera quelque peu le corps éthérique par rapport au corps physique. Une opération spirituelle laisse une cicatrice définitive sur le corps éthérique qui peut être vue par n'importe quel guide guérisseur examinant le malade.
«L'effet de ces opérations n'est pas nécessairement instantané et peut ne pas être ressenti par le corps physique pendant des jours ou même des mois après l'opération (dans mon propre cas, à la suite de l'opération par l'esprit que j'ai subie à la tête je n'ai senti aucun changement pendant six mois - S.G.M.). Le patient ordinaire subit une opération éthérique dans un état d'esprit parfaitement normal, sans la tension et l'anxiété qu'une opération ordinaire provoque et le choc immense de son organisme est complètement éliminé.» (S.G. Miron,Le retour du Dr Lang, pp. 55-58)
1. Bianca. Cette jeune fille était venue du Chili pour être traitée par le Dr Lang. Voici le récit de l'amie qui l'accompagnait:
«Je rencontrai Bianca chez son frère et j'étais bouleversée de son cas si triste et si tragique: Âgée de trente ans elle était atteinte d'une cécité incurable. Bianca eut un accident de voiture à l'âge de 2 ans, dès ce moment des troubles de l'ouïe et de l'élocution apparurent puis, à 16 ans, soudain trois jours de complète cécité, après ces trois jours la vue revint partiellement mais les plus grands médecins diagnostiquèrent une rétinite pigmentaire, maladie évolutive (l'angle de vision rétrécit jusqu'à devenir complètement aveugle). Ils conclurent qu'il s'agissait d'une maladie incurable.
«Dès que je connus ce cas je pensai au Docteur Lang qui à travers son médium George Chapman opère sur le corps subtil des malades et réussit souvent là où la médecine traditionnelle a échoué. Une amie l'avait heureusement consulté et m'avait obtenu un rendez-vous. J'insistai auprès de mes amis afin qu'ils aillent le voir et qu'ils prennent mon rendez-vous si nous ne pouvions en obtenir un autre. C'est ainsi que je les accompagnai et je peux témoigner de ce qui s'est passé. J'affirme que Bianca voyait très peu et flou comme à travers un tube, c'est-à-dire qu'elle ne pouvait pas voir un visage complet et il lui fallait beaucoup de lumière. De la même façon elle ne pouvait porter de lunettes de soleil car alors c'était la nuit complète, oppressante et qui l'effrayait car elle ne distinguait plus rien.
«Le Docteur Lang après avoir attentivement écouté sa triste histoire opéra son corps éthérique... Il fit diverses opérations puis s'occupa de ses yeux. Le frère de Bianca la guidait pour s'allonger sur le lit et docile mais joyeuse elle se laissait faire. Après l'intervention du Docteur Lang ils sortirent de la pièce et Edouardo, le frère, très pâle me prend par le bras et me dit:"elle a trouvé la porte seule et a dit qu'elle voyait clair". Un instant après elle ajoutait qu'elle pouvait voir les couleurs très nettement, précisant qu'il fallait acheter des lunettes noires tout de suite car le docteur avait insisté pour qu'elle protège ses yeux de la lumière. Le frère alla acheter des lunettes à la gare. Un moment avant de mettre les lunettes Bianca eut une hésitation sans doute cette crainte du noir... mais, en sortant de chez les amis qui recevaient le docteur, elle descendit les escaliers sans hésiter, elle regardait par terre et nous disait:"Je peux distinguer les pierres, de l'herbe", elle marchait plus vite, plus sûre. Les yeux pleins de larmes son frère me disait"tu ne l'as pas connue avant, elle serrait toujours mon bras très fort quand on marchait, elle avait peur de tomber, maintenant regarde, elle me touche à peine. Il ne cessait de lui demander comment elle voyait et elle ne cessait de lui répondre doucement et très gaie "je vois clair, avant tout était gris, maintenant je vois clair". Notre sensation de joie était indescriptible, on riait, on pleurait. Nous sommes arrivés à la gare pour prendre le train et à la gare elle a pu lire les affiches, nous dire l'heure que marquait l'horloge. Dans le train, elle pu voir la tour Eiffel qui était très éloignée. En arrivant chez eux tout le reste de la famille a pu se rendre compte de la différence. Dans sa chambre, près de son lit était posée une valise, sans hésiter elle en a fait le tour sans étendre le bras pour se guider en suivant le mur et quand elle a ouvert la porte elle nous a souri avec une gaieté profonde et pure. Elle ne cessait de dire "Claro, claro". (Témoignage recueilli par Éliane Paris. - Février 1975.)
2. Mlle Bardol.
«J'ai vu le Docteur Lang et ai été opérée par lui sur mon corps subtil le 21 septembre pour la première fois. J'avais recours à lui dans l'espoir d'être guérie d'une cataracte naissante à l'oeil droit et d'une "épine" (sorte d'ostéophyte) sous l'os du talon gauche. (J'avais déjà souffert d'une autre "épine" au talon droit); j'avais alors été radiographiée et débarrassée de cette "épine" au bout d'environ six mois par un traitement de rayons X qui avait duré un mois.
«Très émue par cette première consultation du Docteur Lang et persuadée qu'il se rendrait compte de ces deux défectuosités de mon corps subtil, je ne lui ai rien expliqué, bien que je parle anglais. À ma grande surprise, il m'a d'abord parlé de ma colonne vertébrale - presque complètement greffée à la suite d'une décalcification et d'une chute... Puis il a entrepris de m'opérer le gros intestin, auquel je ne pensais même pas, mais j'avais eu, en effet, quelques mois plus tôt, une subocclusion intestinale qui avait nécessité une radiographie du gros intestin et avait révélé la présence de plusieurs diverticules, aptes à s'infecter (les diverticules sont de petites cavités anormales en forme de cul-de-sac). J'étais, depuis lors, obligée de m'abstenir de fruits crus et de féculents. Le Docteur Lang déclara qu'il supprimait ces diverticules. Depuis lors, je ne suis plus aucun régime et ne souffre plus du tout de constipation.
«Le docteur m'opéra ensuite de ma cataracte et finalement il opéra mon talon gauche.
«La souffrance de mon talon gauche diminua mais persista pendant une dizaine de jours. C'est alors qu'une nuit je m'éveillai en proie à une vive douleur: il me semblait qu'on me sciait le talon. À présent je ne souffre plus du tout, toute souffrance a disparu.
«Je revis le Docteur Lang tout récemment, pour un trouble auditif consécutif à un catarrhe tubaire (inflammation de la trompe d'Eustache). M'étant mouchée violemment, j'avais déséquilibré ma membrane du tympan et j'entendais constamment une sorte de battement très gênant. De plus, l'ouïe avait sensiblement baissé du même côté. Trois jours après ce traitement, tout battement disparut et, peu à peu, j'ai recouvré complètementl'ouïe.
«Ma reconnaissance pour le Docteur Lang est infinie et va également à M. George Chapman son dévoué médium. Je souhaiterais que tous les malades qu'il accepte de soigner obtiennent une pareille guérison.
Paris. janvier 1975.
N.B. Les deux cas précités sont extraits du volume de S.G. Miron,Le retour du Docteur Lang, pp. 64-66.
3. Le cas suivant me semble encore plus spectaculaire, tel qu'il est raconté par le patient lui-même. Il s'agit de J. Bernard Hutton, ancien agent secret devenu journaliste. Ce dernier souffrait d'une polyomyélite sans paralysie et était menacé de cécité. Son médecin lui avait déclaré qu'il n'y avait guère de chance que sa vue pût un jour s'améliorer. Sur les conseils de sa femme, il accepta, après quelque résistance, de prendre rendez-vous chez le Dr Lang. L'intérêt de ce récit tient au fait que nous assistons à toutes les phases du traitement. Le voici:
Le médium était un homme du nom de George Chapman. Deux jours plus tard, je reçus de lui une réponse m'informant que le Dr William Lang me recevrait à deux heures de l'après-midi, le 6 janvier 1964.
«Eh bien, me dis-je, si c'est un jeu, au moins ce M. Chapman se donne du mal pour le jouer dans les formes.» Je relus la lettre. Le Dr Lang me recevrait, disait-elle. Pas M. Chapman, le Dr Lang. Mes connaissances en matière de spiritisme étaient assez avancées pour que je comprenne que cela signifiait que Chapman serait alors en transe, contrôlé par l'esprit du docteur.
Le 6 janvier, nous quittâmes notre maison de Worthing de bonne heure. Du fait de ma mauvaise vue, il y avait longtemps que Pearl servait de chauffeur. Ce devait être un long voyage, toute une journée pour le moins, avec les enfants que nous n'avions pu laisser.
À deux heures moins cinq environ, je frappai à la porte de M. Chapman. Je pense qu'à ce moment j'ai eu l'arrière-pensée que si toute cette mise en scène s'avérait du bluff, elle ferait au moins un bon sujet pour un quelconque journal du dimanche.
Je fus introduit dans la salle d'attente. Quelques minutes plus tard, la réceptionniste s'approcha pour me dire: «Monsieur Hutton, le Dr Lang va vous recevoir.» Toujours la même chanson, c'était le Dr Lang et non Chapman qui allait me recevoir.
À travers mes épaisses lentilles, je tentai de distinguer la silhouette en blanc qui se tenait appuyé contre la fenêtre de la salle de consultation. Le visage paraissait marqué et assez vieux. Ses yeux étaient fermement clos. Je n'eus que le temps de la surprise avant que l'homme en blanc, les yeux toujours fermés, me demande brusquement:
À nouveau, j'étais surpris. Je n'étais pas un jeune homme, en tous cas pas aussi jeune que le médium Chapman dont j'avais vu une photographie dans Psychic News. Maintenant que j'avais avancé de quelques pas, je trouvais effectivement une ressemblance entre le personnage qui se tenait devant moi et la photographie de Chapman dans le journal. Mais le visage... Ce visage ressemblait tellement plus vieux! Les rides, les traits creusés indiquaient une authentique vieillesse, Chapman, pourtant, je le savais, avait à peine quarante ans.
La silhouette en blanc s'avança vers moi, les yeux toujours clos:
La voix même paraissait âgée, pensai-je.
- Vous vouliez me voir. je crois?
- Oui, dis-je.
Il tendit sa main droite vers moi et j'approchai ma propre main de la sienne, mais sans qu'elles se touchent. Arrêtées à mi-chemin. Je regardai ce visage. Ses yeux ne s'ouvraient pas. Mais sa main, sans tâtonnements, sans erreur trouva la mienne.
Il me désigna un fauteuil qui faisait face à la fenêtre. Le jour au dehors était gris et froid; un jeu de lumière me venait sur le visage.
- Oui, répondis-je, et cela empire depuis ces deux derniers mois. Ils m'est presque impossible de lire maintenant. Je ne peux pas taper à la machine. Je ne peux plus travailler et...
- Puis-je voir cela, m'interrompit-il, retirant mes lunettes.
Il n'avait toujours pas ouvert les yeux. Il souleva les lunettes à hauteur de son visage, comme pour regarder à travers les verres.
C'était parfaitement exact. J'avais des verres de noins dix-huit dioptries et je ne lui en avais rien dit.
Il fit glisser les lunettes dans sa poche, puis, se penchant sur moi, posa ses pouces sur mes yeux et les tâta. Pas une seconde, il n'ouvrit les siens. Après une minute ou deux, il se redressa.
Je restai ahuri. Comment pouvait-il savoir cela? Même Pearl, ma femme l'ignorait. Je n'en avais jamais parlé. À vrai dire, je n'y avais même plus pensé depuis des années. Il y a si longtemps que c'était arrivé. Je devais avoir six ans à peu près, le chirurgien qui m'avait opéré, le Pr Elschinck du sanatorium Gottlieb de Prague, était mort depuis.
Il se pencha de nouveau vers moi, tâtant mes yeux de ses pouces et murmurant tout le temps. Le flot de formules, de termes se pousuivait, me saoûlait: «... et votre vue se détériore progressivement... Le système de drainage lymphatique ne fonctionne pas correctement...» Les mots m'atteignaient par bribes: «...en raison d'une rupture de l'équilibre musculaire entre les deux yeux... Scotome central...»
Je ne savais quoi dire ou penser: «et une certaine lésion de la rétine, ainsi qu'une irritation de la conjonctive qui enfle en raison de la présence de ce liquide... Extension de la tache rétinienne...»
Il se redressa une nouvelle fois.
Là je ne pouvais qu'approuver. Je hochai la tête.
- Je suis écrivain et journaliste.
Il pinça les lèvres et hocha deux ou trois fois la tête.
- Merci, merci infiniment, dis-je. Tout ce que vous pourrez faire sera entièrement...
-Parfait, parfait, coupa-t-il pour m'éviter d'avoir à exprimer ma reconnaissance. Mais il y a quelque chose d'autre, d'autre que vos yeux, qui ne va pas. Laissez-moi vous examiner rapidement.
J'attendais qu'il me demande de retirer ma veste et ma chemise, mais il n'en fit rien. Assis où j'étais, il me palpa doucement de ses deux mains. Deux minutes, pas plus, s'écoulèrent, et il n'y avait pas le moindre bruit dans la pièce. Il tint ses yeux fermés constamment. Il ne les avait pas ouverts depuis que j'étais entré dans la salle de consultation.
- Bon, déclara-t-il enfin, le virus responsable de votre maladie que les médecins estiment être une polyomyélite de type non paralytique a disparu. Mais vous avez quelque chose de très sérieux, une hépatite virale, qui bouleverse le fonctionnement de votre foie. C'est pour cela que vous avez des accès de fièvre. Ce virus qui provoque une inflammation aiguë du foie est également responsable de votre affaiblissement.
Si, jusque-là, ma stupéfaction était entière, maintenant je restais sans voix. Je n'avais pas parlé de mon propre médecin traitant à Chapman, lorsque je lui avais écrit, et il ne pouvait pas savoir que j'étais malade.Or, voilà que ce médium me déclarait une chose que seuls mon médecin et ma femme étaient en mesure de connaître. Il était inconcevable qu'ils aient communiqué. Le fait était étrange...Je ne savais que penser.
De nouveau il me parlait, de cette voix particulière qu'il avait, un peu chevrotante, claire et cassée à la fois.
- Afin de vous soigner, je vais pratiquer une opération sur vos yeux. Mais vous n'avez pas besoin de vous inquiéter, jeune homme. Chacun de nous a deux corps, voyez-vous, un corps physique et un corps subtil. Et c'est sur votre corps subtil que je vais opérer maintenant. J'espère parvenir à produire un effet correspondant sur votre corps physique. Ne vous inquiétez pas non plus si vous m'entendez parler, dire des noms ou réclamer des instruments. Je serai assisté pendant l'opération par mon fils Basil, et un certain nombre de collègues que vous ne verrez pas parce qu'ils n'ont plus, eux aussi, qu'un corps subtil. Mais vous ne souffrirez pas. Maintenant, je vais vous demander de vous allonger là. Sur ce divan.
Ce dernier discours m'avait plutôt amusé, c'est le moins que je puisse dire. Cela ressemblait de plus en plus à une sorte de charade très compliquée. Le mieux à faire était encore de jouer le jeu jusqu'au bout.
Quand le médium m'invita à m'allonger sur le lit de soins, je m'attendais à ce qu'il me demande de me déshabiller. Mais non, et je restai couché, entièrement vêtu, les yeux grands ouverts.
Il s'installa au bord du lit, leva les mains et commença à les agiter, tortillant ses doigts juste au-dessus de mes yeux. Les siens étaient toujours clos. Les doigts de ses mains s'écartaient et se refermaient comme s'il prenait et se servait d'instruments, Soudain j'eus une irrésistible envie de rire. Ces gesticulations me paraissaient d'un tel comique. Je dus me mordre les lèvres cruellement pour refouler le pouffement qui me venait. Je m'efforçai de concentrer mon attention sur ce qu'il disait;
- J'ai lentement écarté votre corps subtil de votre corps physique, et j'opère maintenant sur le premier... Je pratique une incision dans l'articulation tarsienne supérieure, afin d'agir sur les liquides et les divers milieux derrière les yeux... Les lentilles du cristallin, la rétine, etc.
Je n'avais soudain plus du tout envie de rire. Il poursuivit sur le même ton:
- Je m'occupe de votre globe oculaire, des muscles, parce que j'ai découvert que les muscles ciliaires n'avaient pas l'élasticité nécessaire...
Alors, aussi incroyable que cela puisse paraître, je commençai effectivement à éprouver la sensation physique d'incisions pratiquées sur mes yeux. C'était douloureux, mais je ne le sentais pas vraiment. Jamais les yeux de l'homme ne s'ouvrirent et il ne me toucha pas. Pourtant quelques instants plus tard, j'eus l'impression qu'il suturait l'incision. Cela n'avait plus rien de drôle maintenant.
Une fois qu'il eut terminé de s'occuper de mes yeux, je l'entendis déclarer à ses collègues invisibles et muets que si l'on ne soignait pas aussi cette hépatite virale, l'opération sur les yeux ne serait pas d'une grande utilité.
- Maintenant, je vais pratiquer une nouvelle opération sur votre corps subtil, me dit-il. Je veux vaincre ce mal.
À nouveau, je vis ses mains planer au-dessus de moi. Elles semblaient tenir quelque invisible instrument, et à nouveau je souffris de ces étranges et douloureuses sensations, comme si l'on incisait une chair anesthésiée. Et quand ce fut terminé, il y eut encore cette même sensation d'aiguille qu'on m'insérait, ressortait, puis réinsérait de nouveau.
Lorsqu'on me demanda de m'asseoir, je sentis la tête me tourner; j'étais un peu hébété. Puis, tout d'un coup, une immense et violente inquiétude s'empara de moi. Je ne voyais plus rien du tout. C'est à peine si je pouvais distinguer la lumière de l'obscurité. (...)
La panique me saisit et je me mis à crier:
- Qu'est-ce qui ne va pas maintenant? Je ne vois rien! Faites quelque chose, bon sang!
La voix toujours imperturbable, un peu éraillée, répondit:
- Vous n'avez pas à vous inquiéter, jeune homme, ce n'est que momentané; cela va bientôt revenir. Vous constaterez, je vous assure, une très nette amélioration de votre état mais je ne vous promets pas de vous rendre une vision normale.
Son calme était apaisant.
- Je vais continuer à vous soigner pendant votre sommeil, car il me sera plus facile de détacher votre corps subtil de votre corps physique et de vous administrer le traitement approprié, Je vous assure que je ferai tout mon possible pour améliorer votre vue.
- Il me reste à espérer que vous ayez raison, dis-je, accablé.
- Ne vous inquitez pas, ne vous inquiétez pas, jeune homme, répéta-t-il. J'aimerais vous revoir dans trois mois; pensez-vous qu'il vous sera possible de revenir à cette date?
-Oh oui! Je viendrai,l'assurai-je, mais pour le moment je ne peux même pas voir où est la porte.
- Ne vous tourmentez pas, jeune homme, dit-il une fois encore.
J'entendis un murmure venu ou parti de quelque part, et la porte s'ouvrit.
Oui? s'enquit une voix de femme.
- Ah! Margaret, voulez-vous vous occuper de monsieur, s'il vous plaît.
- Merci, monsieur Lang, dis-je. J'espère que vous avez raison et que je serai à nouveau capable de voir.
- Certainement, certainement, ce ne sera pas bien long.
Sa voix était tellement rassurante...
On me conduisit dehors, et je demandai qu'on me montre la grande porte...
Ce fut avec la plus grande difficulté que j'atteignis, après maints tâtonnements, l'endroit où nous avions laisser la voiture. Ma tête éclatait, j'avais des vertiges. Mon corps tout entier tremblait.
Quel imbécile j'avais été de céder devant l'obstination de Pearl pour me faire venir ici. Je ne voyais sans doute pas grand-chose par le passé, mais, au moins, je voyais quelque chose avant que ce charlatan ne me rende aveugle!
Je m'assis dans la voiture. Pearl et les enfants avaient dû partir quelque part pour se dégourdir les jambes ou manger. Je tripotai maladroitement un paquet de cigarettes et un briquet. Je me brûlai les doigts en essayant d'en allumer une. Puis je restai assis, furieux et déprimé à la fois.
C'est alors que cela débuta.
Mes yeux fixaient aveuglément ce qui leur faisait face quand, très lentement, la forme d'un arbre commença à se matérialiser. Je crus tout d'abord à un effet de mon imagination. Mais non, ce n'était pas mon imagination. Comme mus par quelque effet cinétique, les contours de l'arbre s'étrécirent et entrèrent dans mon champ de vision. J'étais capable de distinguer les grandes branches, puis les plus petites, et enfin les ramilles hivernales, nues et desséchées.
Incrédule, je fermai les yeux. Quand je les rouvris, je remarquai que le pare-brise était sale et qu'il avait besoin d'être nettoyé.
Le pare-brise était sale et je m'en rendais compte!
Je le criai presque. Je regardai par une des fenêtres arrière et, plus loin, à quelque distance de là, je pus voir des gens approcher. Alors je ressentis un choc immense, car je reconnaissais ces gens. Il y avait ma femme, Pearl, et mes propres enfants; et aussi loin qu'ils fussent, je savais que c'était eux, je reconnaissais leurs visages.
Je pleurai. Autant qu'il me le fallait. Autant que je le voulais. Je pleurai en les attendant, assis, seul dans ma voiture.
Assis à l'avant, au côté de Pearl qui reprenait la route de Worthing, je me rendis compte avec grand plaisir que j'étais capable de voir beaucoup plus loin qu'avant. L'obscurité naissante commençait de chasser la lumière du jour. Les lampadaires des rues et les phares des voitures s'allumaient; cependant, ils ne m'éblouissaient pas et ne me faisaient pas mal aux yeux comme par le passé - un passé tout récent. (...)
Le 22 janvier, je retournai à Aylesbury, accompagné cette fois d'une personne qui avait besoin d'aide et désirait être traitée par le médecin fantôme. Le docteur me reçut aussi, et, après un bref examen, allongé sur le divan, il déclara: «L'opération a été un succès, jeune homme.»
Cela je n'avais pas besoin qu'on me le dise. Je le savais.