Conclusion

 

Q

ue nous apprennent ces quatre récits sur le thème de cet ouvrage : Jugement ou Ressouvenance? La revue de sa vie signifie-t-elle, pour un expérienceur d'une EMI, une sorte de jugement ou s'agit-il seulement d'une mise en scène initiée par l'entité pour rappeler à la personnalité incarnée qui elle est à partir de ses expériences dans le monde physique? Pour apporter une réponse claire à cette question, rappelons certaines données fondamentales exposées dans les chapitres précédents.

 

La mort fait partie du processus de la vie qui revêt différentes formes selon les choix que fait l'entité pour s'exprimer au moyen de diverses personnalités terrestres. Entre deux vies, l'être reste conscient, car l'âme est immortelle et continue à vivre dans la pleine conscience de ce qu'elle a construit par toutes ses personnalités humaines[1]

 

L'âme est donc une entité, c'est-à-dire une essence énergétique personnalisée qui, pour exercer sa liberté et sa créativité dans la matière physique, choisit de s'incarner dans diverses personnalités humaines afin d'accroître sa conscience. Chacune des personnalités que revêt son entité en s'incarnant crée des expériences qui élargissent davantage sa conscience. Nos âmes ou entités « sont le produit de ce qu'elles apportent avec elles en passant d'une existence à l'autre[2]. » L'ensemble de ces personnalités permet à l'individu d'atteindre la vibration énergétique qui lui permettra de s'approcher de Tout-ce-qui-est (ou de Dieu). Pour cela, l'être humain doit parcourir beaucoup de domaines ou de dimensions de l'univers[3] et s'ajuster aux vibrations spécifiques de ces lieux, qui tous font partie de Tout-ce-qui-est et qui lui permettent de s'en approcher de plus en plus.

 

Le fait que la mort de l'individu signifie l'arrêt de la sensation physique affecte-t-il la conscience de l'individu? Cela peut, en effet, apparemment présenter un problème. Tout dépend comment est survenue cette perte de conscience physique et de la façon dont l'individu envisage la mort, qui, au fond, n'est que « le passage à travers une autre porte divine ». Mais le fait que des défunts arrivent à communiquer avec des médiums ou des personnes sensitives montre à l'évidence que la conscience continue d'exister au-delà de la mort[4].

 

Lorsque l'individu meurt, ou, pour mieux dire, lorsqu'il laisse son corps pour rejoindre son entité, son Moi réagit selon son degré d'évolution. S'il est au début de son parcours spirituel, il voit son entité comme un être de lumière qui le renseigne sur lui-même en lui faisant se ressouvenir de toutes les expériences de sa vie actuelle qui le composent (1er témoin). S'il est plus avancé, son entité lui montre ce qu'il lui manque encore pour réaliser son unité avec elle (2e témoin). Enfin, s'il est arrivé à son individuation, à sa réalisation personnelle, c'est une prise de conscience de cet état qui se produit alors chez l'expérienceur, comme chez Jung et Patsy Davis. L'individu perçoit alors l'ensemble de toutes ses incarnations par la vision multidimensionnelle de son entité. Il comprend sa réalité multidimensionnelle de manière pratique[5].

 

Dans tous les cas, il n'est aucunement question de jugement et de karma réparateur ou de punition. Mais si l'individu qui trépasse entretient des pensées de culpabilité et de punition, il est probable que, dans un coma irréversible, son âme se retrouve dans un contexte de jugement, de ciel ou d'enfer, qu'il aura créé par ses croyances et dont il pourra se débarrasser éventuellement, s'il le désire, en suivant les conseils de ses guides de l'au-delà. Mais si l'individu ne fait qu'une NDE, son entité s'empressera de lui faire revoir le déroulement de sa vie présente et de lui communiquer la connaissance de la réalité, puis l'inciter à retourner dans son corps physique pour mener une vie plus conforme à la vérité qu'il a perçue et continuer à développer sa conscience dans cette lancée. Il est donc impérieux, si l'on veut rencontrer un destin positif après la mort, de n'entretenir que des pensées et des croyances conformes à sa nature qui est née dans un état de grâce et de joie inaltérable. L'optimisme devant la vie trouve ici son fondement naturel.

 

Il est nécessaire également de libérer l'inconscient collectif de cette croyance à la culpabilité artificielle et de l'héritage culturel traditionnel du jugement après la mort. Mais cela suppose une prise de conscience collective et une renonciation aux croyances erronées de jugement et de punition de la part de tous les individus. Depuis 2000 ans le christianisme véhicule, dans son rituel des défunts, ce mythe du jugement qui voile la véritable nature de la Vie après la vie et implante le peur de la mort dans l'esprit des vivants.

 

Mais de cette fausse croyance, l'esprit créateur de l'homme a su tout de même tirer des chefs-d'œuvre incomparables, comme la Divine Comédie de Dante, le Paradis de Jérôme Bosch, le Jugement dernier de Michelange ou le Requiem de Mozart. Même si ces œuvres véhiculent un mythe sans substance « historique » à notre niveau tridimensionnel, il peut cependant exister dans une autre réalité, comme le mythe de la Crucifixion. Aussi, il ne faudrait pas se montrer « iconoclaste » au point de reprocher aux esthètes et aux mélomanes leur admiration pour ces produits de l'esprit humain, pourvu qu'ils soient tenus, à notre niveau, pour de pures œuvres d'art ou des paraboles et qu'on évite de s'en inspirer pour penser à la mort et s'y préparer. Dans cette optique, l'hymne à la Joie de la 9e symphonie de Beethoven s'avère davantage en conformité avec notre état de grâce originel et beaucoup plus inspirateur pour imaginer la prochaine étape de notre périple éternel.

 

Sources ou références

 

Borgia, Anthony, Ma vie au Paradis, Éd. du Roseau, Montréal, 1989.

 

Brune, François, Les morts nous parlent, Les Éditions du Félin, France Loisirs, 1993.

 

Brown, Rosemary, En communication avec l'au-delà, Éd. J'ai Lu, 1972.

Gabor, Denis, NDE, www.outre-vie.com/vieapresvie/chercheurs/penfield.htm

 

Church, W.H., Les retours d'Edgar Cayce, Éditions de Mortagne, 1994.

 

Ebon, Martin, Dialogues avec les morts? Fayard, 1971.

 

Eersel, Patrice van, La source noire (Révélations aux portes de la mort), France Loisirs, 1997.

 

Jovanovic, Pierre, Enquête sur l'existence des anges gardiens, Les Éditions Filipacchi, France Loisirs, 1993.

 

Jung, Carl Gustav, Les racines de la conscience, Buchet/Chatel, Paris, 1971.

Ma vie, Gallimard, 1973.

 

Koechlin de Bizemont, Dorothée, L'Univers d'Edgar Cayce, Robert Laffont, 3 tomes, 1983.

 

Mercier, Marcel, La santé psycho-spirituelle, Louise Courteau Éditrice, 2006.

 

Misraki, Paul, L'expérience de l'après-vie, Robert Laffont, 1974.

 

Montgomery, Ruth, Au-delà de notre monde, Édition J'ai Lu New Age, 1990

A Search for the Truth, Fawcett Crest, New York, 1967.

Threshold to Tomorrow, Fawcett Crest, New York, 1984.

 

Moody, Raymond, Jr, La vie après la vie, Robert Laffont, France Loisirs, 1973.

 

Morse, Melvin, Des enfants dans la lumière de l'Au-delà, Robert Laffont, 1992.

 

Morton, Marie-Louise, Où et comment retrouverons-nous nos disparus, Éd. JEP, Paris, 1957.

 

Neuville, Pierre, Ces autres vies que vous avez pourtant vécues, Albin Michel, 1970.

 

Newton Michael, Un autre corps pour mon âme, Éditions de l'Homme, 1996.

 

Penfield. Wilder, The Mystery of the Mind. A Critical Study of Consciousness and the Human Brain. Princeton University Press, 1975.

 

Ring, Kenneth, Sur la frontière de la vie, Robert Laffont, 1982.

 

Roberts, Jane, Le Livre de Seth, Éd. J'ai Lu, 1990.

L'enseignement de Seth, Éd. J'ai Lu, 1991.

La réalité personnelle, Éditions de Mortagne, 1991.

 

Webb, Dr Kenneth, Ian Borts : Le procès des Speakers, Éditions de Mortagne, 1991.

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Lecture 2620-2.

[2] Ruth Montgomery, Au-delà de notre monde, p. 226. Le soulignement est de moi.

[3] Voir Document I : Les étapes de l'existence humaine..

[4] Lecture 1472-2.

[5] Jane Roberts, L'enseignement de Seth, p. 219.