Lucas Cranach l’Ancien

Par Lucas Cranach le Jeune
Lorsque nous évoquons la Renaissance, nous ne pensons trop souvent qu’au mouvement humaniste italien, dont Florence, avec les Médicis, était le centre de rayonnement et de diffusion. Mais il y eut aussi une Renaissance allemande représentée par Dürer, Holbein, Metsys, et surtout Lucas Cranach dit l’Ancien, le plus grand de tous.
"Lucas Müller, dit Lucas Cranach l’Ancien, né le 4 octobre 1472 à Kronach en Haute-Franconie (Allemagne) et décédé le 16 octobre 1553 à Weimar (Allemagne), est un peintre et graveur de la Renaissance allemande. Son patronyme dérive de celui de sa ville natale". Wikipedia.
Lucas Cranach dit l’Ancien pour le distinguer de Lucas Cranach le Jeune (1515-1586), son fils, est le plus grand peintre de la Renaissance allemande. Il bénéficia largement du mécénat de plusieurs princes électeurs d’Allemagne qui lui commandèrent plusieurs œuvres religieuses et mythologiques. Avant de se retirer à Wittenberg où il passa la majeure partie de sa vie, il était venu à Vienne où il s’initia à la peinture de la Renaissance italienne. Il était contemporain de Botticelli, Michel-Ange et Raphaël.
Il peignit beaucoup d’homme et de femmes, non seulement d’origine noble mais aussi de paysans et de gens ordinaires. Il fut l’ami de Luther et de Melanchthon dont il fit les portraits.

On peut distinguer deux moments dans la vie de ce peintre : la période viennoise pendant laquelle sa peinture se ressent grandement de l’influence italienne comme le montrent ses madones :

Et la deuxième période, la plus longue, qui commence après son retour à Wittemberg où ses relations avec les princes électeurs le rendent populaires. Il crée un atelier où plusieurs peintres collaborent avec lui pour réaliser les commandes qui se font de plus en plus nombreuses. Il s’intéresse au mouvement de réforme de Luther avec lequel il se lie d’amitié sans toutefois couper ses liens avec certains cardinaux catholiques « humanistes » et mécènes.
"En effet, Cranach garda le poste de peintre de cour pendant cinquante ans, profitant d’une vie prospère et honorable, au service des trois électeurs. Il acquit à Wittenberg une grande notoriété, fut bourgmestre en 1537 et 1540, entretint des relations d’amitié avec Luther et Melanchthon, ce qui ne l’empêcha cependant pas d’exécuter des commandes pour le cardinal Albrecht von Brandenburg, un des grands mécènes de son temps". Wikipedia.
Dans cette deuxième partie de sa vie, la plus longue, il peint de nombreux tableaux religieux : Nativité, Judith, Samson, Crucifixion, Martyres de sains et de saintes, la Trinité, etc. Mais il exécute aussi de nombreux sujets mythologiques, à la demande de ses mécènes qui s’intéressaient à l’art antique. C’est dans ces peintures que ses nus féminins se démarquent nettement des figures féminines de la Renaissance italienne. On n’a qu’à comparer, à la Vénus sereine de Botticelli, cette Vénus aguichante de Cranach :

La sensualité de Lucas Cranach vient d’un « dialogue fécond entre l'art italien, la peinture flamande et l'orfèvrerie de Dürer, s'ouvrant sur un érotisme sans égale dans la Renaissance européenne » Ses nus sensuels sont souvent un peu troublants. La peinture ci-dessous est de son fils Lucas Cranach le Jeune : elle ne déroge pas du style paternel.

« Avec sa balance et son épée, la dame est une allégorie. Celle de la Justice (1537). Nue parce que pure, vertueuse par sa pondération et son implacabilité. Si elle n'a pas les yeux bandés comme le veut la tradition, c'est parce qu'elle peut, comme l'exprime son regard, faire preuve de charité ». Wikipedia.