5

Le processus de la création

 

S

’adaptant à notre langage humain et considérant, de notre point de vue, les commencements de l’Univers, Seth présente Dieu comme luttant, avec angoisse, pour se connaître et s’exprimer encore davantage. Il se libère de cet état d’angoisse en créant, i.e. en projetant à l’extérieur de Son être diverses expressions de Lui-même sous forme de personnalités auxquelles Il accorde la liberté d’être et d’agir. Ce fut un acte d’Amour fabuleux qui L’a poussé à donner ainsi l’existence à Ses créatures. Dans et par la Création, Dieu s’exprime, s’explique et se dit à Lui-même ce qu’Il est. Chaque être est donc une parole de Dieu.

 

            Comme il se retrouve, en tant qu’image de lui-même dans chacun des êtres qu’il a créés, et gardant la mémoire de cet état d’angoisse « initial », Il s’en sert comme impulsion constante pour créer les conditions d’une créativité sans cesse renouvelée chez Ses créatures.

C’est pour cette raison qu’à chaque instant, la conscience (créée) se voit dotée d’impulsions pour la survie, le changement, le développement et la créativité. Il n’est pas suffisant que Tout Ce Qui Est, en tant que forme de conscience primaire, désire être davantage, il faut aussi que chacune de Ses parties soit également porteuse de cette détermination(1).

 

            Donc, dans le système de Tout Ce Qui Est, la création perdure par des développements incessants.

L’angoisse et le désir de créer représentaient la preuve de Sa propre réalité. En d’autres termes, les sentiments étaient pour Tout Ce Qui Est la preuve suffisante qu’Il était. […] Tant qu’Il avait considéré ces individualités (auxquelles Il avait rêvé) comme siennes, Il les avait tenues pour une part de Lui-même et avait refusé de leur donner vie.

 

Les libérer équivalait à « perdre » cette partie de Lui-même qui les avait créées. Il pouvait déjà pressentir la myriade de probabilités qui commençaient à émerger de chaque conscience séparée. Avec amour et passion, Il laissa aller cette partie de Lui-même, et ils furent libres. L’énergie psychique explosa dans un éclair de création(2).


 

 

 

            Ceci est merveilleusement illustré par la Création de l’homme de Michelange(3).


 

 

            Ce curieux nuage dans lequel Dieu retient les nombreux êtres potentiels, a la forme d’un cerveau ou plus précisément de l’hémisphère droit par lequel Il anime l’homme qu’il vient de former à son image(4).

 

6

Dieux et déesses dans l’Antiquité

 

C

omment se représentait-on la divinité dans l’Antiquité ? Les hommes projetaient sur un Être supérieur la puissance qui les protègerait contre des dangers et des malheurs toujours menaçants. Les Juifs eurent leur Jéhovah, jaloux et vengeur; les grecs, leur Zeus, maître de la foudre et chez les autres peuples, des images qui soulignaient souvent la lutte entre la Lumière et les Ténèbres. Le dieu égyptien Osiris et sa sœur-épouse Isis présentent un certain intérêt que les autres n’ont pas : une certaine analogie avec le Mythe du Christ.

 

Le Mythe d’Isis et d’Osiris

 

De vieux textes remontant à 2000 ans av. J.-C. ont été trouvés dans les  pyramides : ils racontent l’histoire d’Isis et d’Osiris, frère et sœur, mariés selon la tradition pharaonique. Ce mythe nous apprend leur profond amour mutuel et les malheurs qui frappèrent Osiris tué par Seth(5), qui  dispersa ses membres dans la mer. Mais le zèle qu’Isis déploya pour retrouver tous les membres de son mari et le reconstituer pour engendrer avec lui leur enfant Horus, est au centre de ce mythe et un symbole de rédemption et de résurrection. Le culte d’Isis avait subsisté jusqu’à l’époque romaine et s’était répandu jusqu’en Europe. Il est curieux qu’on retrouve des représentations d’Isis allaitant Horus dans les tableaux chrétiens de la Vierge à l’enfant, ainsi que des attributions à Marie de titres qualifiant Isis, comme Siège de la Sagesse, Étoile de la mer et Reine des cieux. On a également rapproché la mort et la résurrection d’Osiris à celles du Christ, comme les préfigurant.

 

            Le culte des Vierges noires (Isis avait le teint sombre des égyptiens) s’est propagé dans le Moyen-Orient, à Rome et en Europe, véhiculé par les légions romaines. On compte encore, dans certaines cathédrales de France, des statues de Vierges noires qui seraient, semble-t-il, des traces du culte d’Isis, la grande prêtresse, qui figure aussi sur l’Arcane 2 du Tarot. À Paris, un temple d’Isis aurait existé à l’emplacement actuel de l’Abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

 

            Le Hieros Gamos ou théogamie est le mariage sacré : c’est un ancien rite sexuel qui symbolise  l’union de la déesse et du dieu et qui fournit le paradigme de toute union humaine.  Ce mariage sacré a été reproduit, à divers degré de réalisme, tout au long des premiers moments de l’histoire religieuse de l’humanité, relié souvent à un rite de la fertilité de la Nature. Il semble probable qu’il était pratiqué dans le culte d’Isis. (6)



Notes


(1) Jane Roberts, Le livre de Seth, p. 330.

(2) Jane Roberts, Le livre de Seth, pp. 331,333.

(3) Voûte de la Chapelle Sixtine.

(4) Benjamin Blech et Roy Doliner, Les secrets de la chapelle Sixtine, Michel Lafon, 2008, pp. 211-215. Voir Document I : Création d’Adam.

(5) Seth est une divinité guerrière de l’ancienne Égypte. Frère d’Osiris, il assassina ce dernier pour régner à sa place.

(6) Ibidem, pp. 473-476.

Document I

 

Création d'Adam

 

Ce fut par hasard en 1975 qu'un chirurgien de Chicago, le Dr Mershberger, qui visitait la Sixtine, fut soudainement saisi par une impression de déjà-vu en contemplant la forme de la cape et de la bande d'étoffe sur le panneau de la Création. Il s'efforça de faire abstraction des couleurs et des nombreux personnages, et revit en pensée les diagrammes qu'il avait étudiés autrefois à la faculté de médecine. Le cerveau, le cervelet, le lobe occipital, le cortex, le pédoncule cérébral…. Ils étaient tous là. Michel-Ange avait dissimulé dans sa fresque une coupe parfaite du cerveau humain. Mais pour quelle raison?

 

 

Là encore, il indiquait à d'autres « initiés » ce qu'il avait appris clandestinement à l'occasion de dissections illégales. Les seules personnes susceptibles de reconnaître des organes internes cachés dans la fresque ne pouvaient être que d'autres assoiffés de savoir qui s'étaient adonnés aux mêmes activités interdites.

 

Ceux qui connaissaient le secret gardèrent le silence et, pendant des générations, ce secret fut perdu ou oublié. Qu'il ait fallu attendre un chirurgien du XXe siècle pour le redécouvrir est une preuve des connaissances anatomiques de Michel-Ange et de son génie pour déguiser ses messages.

 

L'artiste a voulu exprimer le concept de création enraciné dans la sagesse; le « cerveau » de Dieu, pour ainsi dire, est la source de l'apparition de l'homme sur la Terre. Il s'agit d'une autre illustration d'une idée mise en exergue dans la Kabbale, le lien mystique entre l'organe du cerveau et la séphirah Chokmah, la Sagesse. Chose étonnante, Michel-Ange connaissait une vérité encore plus profonde, enracinée dans la pensée kabbalistique : ce n'est pas le cerveau dans sa totalité qui est lié à Chokmah, la Sagesse, mais seulement son hémisphère droit… ce même hémisphère que Michel-Ange a peint dans son panneau.

 

Certains spécialistes estiment que les figures secondaires entrelacées qui entourent Dieu représentent les principaux centres cérébraux et les ganglions nerveux (les intersections des réseaux du système nerveux). Toutefois, il y a une explication mystique beaucoup plus fascinante. Selon le Talmud, le Midrash et la Kabbale, le sperme qui imprègne l'utérus d'une femme ne provient pas du système reproducteur de l'homme, mais de son cerveau. Selon cette interprétation, toutes les figures qui entourent le Créateur nous représentent, nous les futurs descendants d'Adam et Ève, attendant d'être conçus. Cela fait de nous les descendants directs de Dieu. Attendant de naître de Son cerveau - un puissant concept universaliste.

 

Mais ce n'est pas tout. Puisque, on l'a vue, Michel-Ange a étudié la Kabbale, il connaissait presque certainement le concept du cerveau caché. Il s'agit d'une facette mystérieuse de Dieu, masquée derrière et entre les sephirot sur l'arbre de Vie. Elle représente le raisonnement du Tout-Puissant qui sous-tend des événements et des commandements apparemment dépourvus de sens. Quand des croyants disent : « Les voies du Seigneur sont impénétrables » ils font référence, consciemment ou non, à ce raisonnement caché de Dieu, ou Plan divin, qui est derrière toute chose et transcende notre entendement limité de mortels. Ce « cerveau caché » (que l'on appelle aussi « sagesse cachée ») inspire aux êtres humains la volonté de créer, de construire, de concevoir et, oui, de sculpter et de peindre. Il est la source de notre tendance instinctive à imiter le Créateur pour concevoir, façonner et créer, pour donner un sens et un but au monde. Cette sagesse cachée est « transfusée » en nous, selon la Kabbale, par les deux types d'émotions qui émanent de l'arbre de Vie. Les motions supérieures - celles qui sont spirituelles, transcendantes et maîtrisées- sont appelées Yisrael Saba, ou Israël l'Ancien. Les émotions inférieures - celles qui sont matérielles, égocentriques et impulsives - sont appelées Yisrael Zuta, ou Israël le Petit. Chez un génie créatif dévoré par la passion comme Michel-Ange, mû par le désir incessant de créer, ces deux types d'émotions - supérieures et inférieures - cohabitaient sans nul doute. Dans ces conditions, il n'est guère étonnant qu'il ait représenté Chokmah sous l'apparence féminine de Sophia, flanquée par la figure classique du Dieu à barbe blanches symbolisant Yisraël Saba, et de l'enfant symbolisant Yisraël Zuta, tous inscrits à l'intérieur de l'hémisphère droit du cerveau humain, bénissant la main gauche de l'homme avec le pouvoir et la volonté de créer. Vue sous cet angle, cette scène mondialement célèbre recèle une leçon d'anatomie interdite, un voyage dans les profondeurs de la Kabbale, ainsi qu'au autoportrait secret de Michel-Ange sous les traits d'Adam - non pas de l'apparence physique de l'artiste, mais de son âme même. (Op. cit,. pp. 211-215)