La culpabilité et l'influence de nos pensées

 

 

L'interprétation et l'utilisation que l'on fit de ce sentiment d'une culpabilité naturelle furent déplorables.

 

La culpabilité est l'envers de la compassion, Elle se voulait « empathie » à l'égard de vos semblables et des autres créatures afin de vous permettre de maîtriser consciemment ce qui était décidé auparavant au niveau biologique. La culpabilité a donc un fondement très naturel ; mais défigurée ou incomprise et mal utilisée, elle prend l'aspect terrifiant de tout phénomène indompté.

 

Si vous vous croyez coupable d'avoir lu tel type de livre ou d'avoir eu telle pensée, alors vous courez certains risques. Si vous croyez qu'une chose est mauvaise, vous la vivrez comme telle, vous la considérerez négative. Vous créez alors une culpabilité « artificielle » que vous ne méritez pas mais que vous acceptez et que vous renforcez.

 

Vous ne serez généralement pas fier de ce qui en résultera. Si vous croyez fermement en la fragilité de la santé, vous pourrez utiliser cette énergie pour miner un organe corporel ; ainsi la vésicule biliaire pourra faire « défaut ». Selon votre propre système de croyances, vous voudrez conserver votre intégrité corporelle et projeter plutôt cette culpabilité sur les autres, un ennemi personnel, par exemple, une race, une couleur de peau ou encore une doctrine religieuse.

 

Si vous êtes très religieux, voire même fondamentaliste, vous rendrez le diable responsable de vos comportements répréhensibles. Tout comme le corps crée des « anticorps » pour se défendre, ainsi formerez-vous des « anticorps » mentaux et émotifs, de « bonnes «  pensées, en somme, pour vous protéger d'idées fantasques considérées comme mauvaises.

 

Le corps laissé à lui-même s'autorégularise naturellement. Il ne détruit pas tous ses globules rouges s'il en a trop à un certain moment. Il sait mieux. Dans votre crainte des pensées négatives, il vous arrive de contrer toute tendance normale d'agressivité ; au premier signe alarmant, voilà que vos anticorps mentaux se préparent à l'attaque. Ce faisant, vous répudiez la réalité de votre propre expérience individuelle, et vous ne saisirez jamais que vous la créez et donc que vous pouvez la changer. La négation de l'expérience et les blocages d'énergie qui s'ensuivent forment une accumulation inutile de culpabilité « non naturelle ». Le corps lui-même ne peut comprendre cette prolifération de messages, et il cherche en vain à exprimer sa propre interprétation de l'expérience du moment. (Fermement) En de telles situations, vous dénoncez mentalement la fausseté de vos sentiments.

 

Avec le temps et à cause de sa situation, la pensée consciente pourra ignorer ces messages corporels. Cependant l'énergie accumulée cherchera toujours un exutoire. Le moindre rappel, tout banal qu'il soit, de ce qui est réprimé déclenchera des comportements disproportionnés au stimulus.

 

À dix reprises peut-être avez-vous omis de dire à quelqu'un de vous laisser en paix, de peur de le blesser, craignant peut-être de manquer de finesse dans votre approche, alors que l'individu en question aurait sans doute compris et pris la choses calmement. Comme vous ne l'avez pas fait et que vous avez donc retenu vos émotions, il pourra vous arriver à la prochaine occasion d'éclater sans raison apparente, et vous vous lancerez alors dans une discussion véhémente et injustifiée.

 

Dans ce cas, l'autre personne n'a aucune idée de la raison de votre réaction et en est profondément blessée. Et votre culpabilité va croissant. Le fait est que votre conception du vrai et du faux est intimement liée à votre chimie ; vous ne pouvez séparer vos valeurs morales de votre corps.

 

Lorsque vous croyez que vous êtes bon, votre corps fonctionne bien. Plusieurs diront : « J'essaie continuellement d'être bon et pourtant je suis en mauvaise santé, que se passe-t-il donc ? » Si vous examinez vos propres croyances, la réponse est claire. Vous faites un tel effort justement parce que vous croyez que vous êtes mauvais et indigne.

 

Les démons de toutes espèces viennent de vos croyances. Ils sont nés de la croyance en une culpabilité « dénaturée ». Il vous arrivera de les personnifier. Vous pouvez même les rencontrer, mais si tel est le cas, ils sont toujours le fruit de votre incommensurable créativité, bien qu'ils soient créés par votre culpabilité et votre croyance en eux.

 

Si vous rejetiez ces concepts biaisés de la culpabilité et écoutiez l'ancien et sage conseil de la culpabilité naturelle, il n'y aurait pas de guerre. Vous ne vous tueriez pas inconsidérément. Vous comprendriez l'intégrité de la vie de chaque organe de votre corps et vous n'auriez aucun besoin d'en affecter le fonctionnement.

 

Cela ne veut pas dire que le corps ne doive pas mourir. Mais les cycles du corps seraient compris comme devant suivre les cycles de la pensée ; celle-ci, changeante et mouvante, irait et viendrait selon les situations, et maintiendrait la splendide unité de la forme corporelle. Vous ne souffririez pas de maladies chroniques. Règle générale et idéalement, le corps s'userait graduellement mais montrerait beaucoup plus d'endurance qu'actuellement.

 

Il existe cependant beaucoup d'autres éléments déterminants, tous liés à vos croyances conscientes. Par exemple, vous pourriez penser qu'il est mieux de mourir rapidement d'une attaque cardiaque. Les choix seront bien différents d'un individu à l'autre, et les expériences corporelles varieront donc aussi.

 

D'une manière générale, vous êtes ici pour étendre votre champ de conscience, pour comprendre la créativité relevant de la pensée consciente. L'esprit conscient peut changer ses croyances et, dans une grande mesure, modifier l'expérience du corps…

 

Jane Roberts, La réalité personnelle, T-1, pp. 210-212.