Mon expérience
à Delphes

Lors d'un voyage au Moyen-Orient en mars 1967, j'ai eu l'occasion de visiter le temple de Delphes, en Grèce, où nous arrivions vers 11h 45, le 13 mars 1967. Maria, notre guide, nous avait convaincus d'en faire la visite avant le déjeuner.

Nous nous rendons d'abord à l'ancien stade où Maria nous fait revivre, avec beaucoup d'habileté et de culture, les légendes grecques attachées à ces lieux. Le stade servait aux jeux et était à la disposition des gens qui venaient consulter la Pythie; ces gens devaient parfois attendre de longs jours avant d'obtenir les oracles attendus. Ils passaient donc ce temps à s'amuser dans le stade. On ne peut indiquer avec précision la faille du rocher où, selon la tradition, s'asseyait la Pythie et d'où montaient les vapeurs enivrantes qui provoquaient ses oracles. J'ai rapporté quelques photos de cette visite.

C'est ici, au stade, que se produisit un curieux phénomène qui me combla de bien-être durant tout le temps de la visite. Je dois, pour l'expliquer, faire un retour en arrière. Le 7 mars, à Paris, en descendant du bus pour me rendre à mes cours, j'allongeai la jambe pour atteindre la chaîne du trottoir. Ce faisant, je ressentis une vive douleur au niveau lombaire: cela s'avéra, par la suite, être une hernie discale. Le médecin qui m'examina et en fit le diagnostic me mit au lit pour quatre jours. Je l'informai que je devais participer, le dimanche suivant, à un voyage-pèlerinage en Terre-Sainte et je tenais à y aller. Il répondit que je pouvais faire le voyage, mais que je ne devais pas porter mes bagages. Il me prescrivit simplement des "Aspirines" pour calmer la douleur.

Heureusement, un ami s'offrit pour s'occuper de mes bagages durant le voyage. J'arrivai donc à Delphes avec cette sourde douleur au bas du dos que je combattais tant bien que mal avec des analgésiques. En descendant la pente qui mène du stade au temple d'Apollon que l'on voyait en bas, toute douleur dorsale disparut soudainement et je me mis à gambader allègrement en alertant mes compagnons de mon état euphorique. Ceux-ci ne manquèrent pas de calmer mon enthousiasme et me conseiller la prudence dans mes mouvements. Ce bien-être se maintint durant toute la visite à Delphes et ne reparut que durant le trajet qui nous ramenait à Athènes.

Le temple de Delphes, dédié à Apollon, dieu de la lumière, était-il un lieu de guérison? Ce n'est que plusieurs années plus tard en étudiant ces hauts-lieux de l'antiquité, dans le cadre de mes recherches en Parapsychologie, que j'ai fait le rapprochement avec l'expérience que j'avais vécue à Delphes ce 13 mars 1967. Rien de surprenant à cela, car ce site enchanteur entouré de hautes falaises qui s'élèvent vers un ciel toujours bleu, constitue, à n'en pas douter, un centre d'énergies bénéfiques à l'instar de ceux de notre monde moderne, tel Lourdes dans la Pyrénées. D'ailleurs les nombreux ex-voto qui bordent la route conduisant au temple du Trésor des Athéniens, témoignent des faveurs obtenues par les pèlerins. Mais un autre lieu que nous avons visité deux jours plus tard était plus spécifiquement consacré à la guérison: le temple d'Épidaure dédié au dieu de la médecine Asclépios (Esculape).

Chose curieuse, cet événement, qui pourtant m'avait affecté personnellement, ne m'avait pas trop frappé au cours de ce voyage. Certes, j'avais bénéficié d'un sursis de douleur pendant quelques heures. Mais ce fait m'apparaissait alors secondaire, mon intérêt était concentré sur l'histoire de l'art de la Grèce antique. Après les nombreuses années que j'ai consacrées, par la suite, au phénomène des guérisons psi, je peux maintenant expliquer pourquoi ce bien-être ressenti à Delphes n'a pas duré et ne s'est pas transformé en guérison définitive. Les énergies thérapeutiques du lieu ont pallié un temps mon hernie discale. Mais une fois hors de ce lieu, elle se dispersèrent, car je ne les avais pas assimilées consciemment et dirigées vers ma propre guérison. D'ailleurs, l'idée de me guérir ne m'habitait pas alors, je "subissais" tout simplement une hernie discale contractée à Paris et que seule la médecine pourrait guérir. Telle était ma croyance d'alors. Mais il reste tout de même que cette hernie discale fut, par la suite, pour moi, l'occasion de m'intéresser à la Parapsychologie et de découvrir les énergies guérisseuses et l'art de les manipuler. (Voir mon ouvrage: L'énergie et le pouvoir des mains publié aux Éditions de Mortagne).

Je reprends mon récit, interrompu par cette digression. Nous descendons vers le temple dont seules quelques colonnes sont encore debout. À l'intérieur s'élevait la colonne sur laquelle se tenait le Sphinx qu'Oedipe vint consulter. Les bases du temple tiennent par la seule pesanteur des pierres de diverses formes géométriques parfaitement agencées et sans ciment. Elles portent le double intérêt de leurs formes et des inscriptions qui les recouvrent. Même s'il manque des tambours aux colonnes que l'on a remises en place, elles n'en donnent pas moins une impression de robustesse et de puissance. Le fronton a disparu,qui, selon la tradition, portait l'inscription:"Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux". formule que, par la suite, Socrate adopta comme devise personnelle et qui a inspiré et inspire encore beaucoup de chercheurs en métaphysique et en spiritualité.