Les derniers tableaux de Michel-Ange
Les
dernières fresques de Michel-Ange sont au nombre de deux et ornent deux murs
opposés de
Avant
de répondre à la demande du Pape, Michel-Ange a demandé à ce dernier
d’intervenir auprès des héritiers Della Rovere, pour mettre un terme à son
contrat concernant le tombeau de Jules II entrepris depuis 30 ans. Il a dû
remettre cet ouvrage plusieurs fois, d’abord pour répondre au pape Jules II
lui-même qui lui commanda les fresques du plafond de
Dans
une lettre à son ami Del Riccio il confie ceci, qui en dit long sur ses
dispositions physiques et psychologiques, alors qu’il se sentait vieux et
malade : «Je ne peux vivre qu’en peignant, on peint avec son cerveau et
non avec ses mains et qui ne peut avoir son cerveau avec lui se déshonore. Mais
pour revenir à la peinture, je ne peux rien refuser au pape Paul: je peindrai
mal content, et je ferai des choses mal contentes». Voulait-il signifier par là
qu’il ne se sentait plus à la hauteur de son génie ? Il est de fait que ces
deux fresques n’ont pas la vigueur et le « fini » des fresques de

Michel-Ange commença à
travailler, avant la fin de cette même année 1549, sur les deux parois de six
mètres sur six qui lui avaient été réservées. En dépit de son âge et bien qu’il
sentît qu’il n’avait pas «son cerveau avec lui», c’était encore un homme plein
d’énergie. La reconstitution de ses journées de travail, rendue possible par
les techniques modernes de restauration, nous révèle une personne capable
d’affronter une grande quantité de travail en une seule journée. Au terme de
l’œuvre, on comptera en tout 172 journées (85 pour


Après la récente restauration, Benoît XVI a avancé une hypothèse profonde et convaincante pour expliquer ces deux tableaux. «On y voit comme un égarement, un regard aigu, tendu, qui semble chercher quelque chose ou quelqu’un, à sa dernière heure», a relevé le Pape qui poursuit: «Les deux visages [de Pierre et de Paul] se trouvent l’un face à l’autre. On pourrait même penser que celui de Pierre est précisément tourné vers le visage de Paul, qui, à son tour, ne voit pas, mais porte en lui la lumière du Christ ressuscité. C’est comme si Pierre, à l’heure de l’épreuve suprême, cherchait cette lumière qui a donné la vraie foi à Paul». Wikipedia
Cette
hypothèse est vraisemblable, si l’on se souvient que Michel-Ange tenait compte
d’un point focal situé au plancher de
[1] Voir Benjamin Blech et Roy Doliner, Les secrets de la chapelle Sixtine, Michel Lafon, 2008, p. 155.