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Tout Ce Qui Est


Dieu est plus que la somme de tous les systèmes de réalité qu’Il a créés, et pourtant Il est dans chacun d’entre eux sans exception. Il est donc dans chaque homme et dans chaque femme. Il est aussi dans chaque araignée, ombre, grenouille, et c’est ce que l’homme répugne à admettre. Jane Roberts, L’enseignement de Seth, p. 269.

 

Dans son enseignement, Seth emploie avec parcimonie le vocable Dieu pour désigner l’Être Suprême ou le Créateur. Il lui préfère l’expression Tout Ce Qui Est, comme étant la Conscience de toutes les consciences à quelque niveau d’existence que ce soit ou encore l’Énergie-Source d’où émanent toutes les énergies qui animent les êtres créés. À ce titre, Il est Tout en toutes choses et nulle créature ne peut exister hors de Lui : « Ce que vous appelez Dieu est la somme de toute conscience. De plus, la totalité est plus que la somme de ses parties et, pourtant, toutes les personnalités sont ce qu’Il est (1)». Il est donc en chacun des êtres qui existent à tous les niveaux de réalité. Tous les êtres conscients doués du libre-arbitre sont donc Ses manifestations et peuvent être appelés co-créateurs, comme l’affirme également Edgar Cayce (2).

 

            Seth précise la définition de Tout Ce Qui Est en disant qu’il est une idée (3) mais ajoute que nous ne pouvons le comprendre « parce que, explique-t-il, vous n’avez aucun moyen d’appréhender les dimensions où l’idée a sa propre réalité ni l’énergie qu’elle peut produire et projeter. Vous ne croyez pas aux idées, vous vous méprenez et pensez aussitôt qu’Il est moins que réel, nébuleux, sans réalité, sans action effective ». Pourtant notre image physique corporelle est la matérialisation de l’idée que nous nous faisons de nous-même. Sans elle, notre image n’existerait pas : « Le pouvoir et l’énergie première de cette idée permettent à votre image de se perpétuer. Les idées sont beaucoup plus importantes que vous ne le croyez ». « Au commencement était le Verbe […] Tout fut par lui. » (Jean, Prologue).

 

 Il faut accepter le fait que nous existons dans plusieurs dimensions à la fois, que nous habitons dans un milieu comportant des probabilités infinies : nos rêves en sont la preuve. « Partant de là, vous pouvez imaginer la réalité qui est derrière le concept de Dieu et en déduire qu’il est presque impossible de la saisir avec des mots (4)». Il affirme qu’une telle réalité ne peut qu’être expérimentée, car aucun fait ne peut représenter avec fidélité ses attributs (5).

Dieu peut seulement être expérimenté, et vous le faites, que vous en ayez conscience ou non, à travers votre propre existence. Il n’est ni mâle ni femelle, et j’utilise ces termes en liaison avec vos conventions. Dans son incontournable vérité, Il n’est pas du tout humain au sens où vous l’entendez, pas plus qu’Il n’est une personnalité. Vos idées concernant la personnalité sont trop limitées pour contenir les multiples facettes de Son existence multidimensionnelle.

 

D’un autre côté, Il est humain, en ce sens qu’Il fait partie de chaque individualité; et dans l’immensité de Son expérience, Il possède une image de Lui-même en tant qu’humain avec laquelle vous pouvez entrer en relation. Il s’est littéralement fait chair pour habiter parmi vous (6). »

 

La Conscience de toute conscience exprime l’Idée d’elle-même, son Verbe d’où émanent tous les êtres (Jean. 1), dont la conscience, à l’image de la Conscience divine (Genèse 1), devient également créatrice.

 

Selon Seth, il n’y a pas de Dieu personnel comme l’entendent les chrétiens, mais nous sommes tout de même en symbiose avec Lui dont une part existe dans chaque individu, dans chaque conscience. Car une « personnalité » est une individualité, c’est-à-dire quelque chose  de séparé et de distinct, donc limité. Or Dieu est infini c’est-à-dire sans limite, étant Tout en tout. « Chaque conscience est donc chérie et individuellement protégée. (7) » Comme cette partie divine en nous est, à la fois, consciente d’elle-même et de chacun de nous, elle est donc concentrée sur notre existence et « peut être appelée à l’aide si nécessaire ». Cette entité, supérieure à nous, est également nous et plus que nous : étant en nous, on peut la considérer comme notre Dieu personnel. Elle porte attention à nos intérêts et  peut donc être sollicitée d’une manière personnelle (8). Et comme cet Être des êtres est au-delà du temps, nous vivons, comme parties de Dieu, dans un présent intemporel ou dans l’éternité. Mais notre ego (voir ci-après), focalisé sur la réalité tridimensionnelle, nous empêche d’en être conscient.

 

2

L’Homme

 

 

Vous êtes une âme ; vous êtes une manifestation particulière de l’âme, et c’est un pur non-sens que vous devez rester ignorants de la nature de votre être. Jane Roberts, L’enseignement de Seth, p. 123.

 

L’homme est avant tout (et avant de naître dans la matière physique), une âme ou une entité : « quelque chose » qui existe, qui a une identité ou une individualité le distinguant des autres entités, car elle est unique. C’est un Moi, une personnalité d’essence énergétique issue de Tout Ce Qui Est.  « Vous êtes Lui se manifestant par votre individualité. Vous êtes aussi légitime que Lui. Si vous êtes une partie de Dieu, Il est aussi une partie de vous et lorsque vous niez votre propre valeur vous finissez par nier la Sienne (9) » Seth affirme aussi que les conceptions du Bouddhisme sur la réalité sont les plus exactes, sauf en ce qui concerne l’identité des âmes ; les Bouddhistes « n’ont pourtant pas compris la permanence de l’âme, relativement à son invulnérabilité. Ils n’ont pas non plus été capables de ressentir son caractère unique » (10). Car Tout Ce Qui Est est conscient de lui-même dans sa globalité et de chaque personnalité dans son individualité. Il n’est donc pas question de perdre notre identité en nous diluant dans le nirvana. « Vous n’êtes pas destinés à vous dissoudre dans Tout Ce Qui Est. Les aspects de votre personnalité tels que vous les connaissez actuellement seront conservés. Tout Ce Qui Est est le Créateur de l’individualité et ne possède pas les moyens de sa destruction (11). » Car ce serait se contredire Lui-même : détruire ce qu’il a créé dans un geste d’amour équivaudrait à regretter ce qu’il a fait à son image. Ce qu’il a créé est éternel comme Lui est éternel.  Et Dieu contempla ce qu’il avait fait et vit que c’était bon (Genèse 1, 31).

 

Chaque personnalité d’essence énergétique est douée d’une conscience par laquelle elle exerce sa créativité dans le monde physique en créant son corps et son environnement. Cayce  exprime la même chose par sa fameuse formule : Mind is the builder (l’esprit est le créateur) (12). Cette conscience est la source des croyances, de l’imagination, des émotions, des attentes et des actions. Nos émotions qui naissent de nos croyances sont le moteur de nos actions pour réaliser nos attentes. Ces différentes fonctions de la conscience sont divers aspects du Moi s’exprimant dans la réalité tridimensionnelle.

 

Âme, entité, soi ou moi intérieur désignent la même réalité qui s’exprime dans un corps matériel au niveau physique. Cette âme « est constituée d’une énergie spirituelle hautement individualisée. Elle élabore le corps qui est actuellement le vôtre et constitue le pouvoir moteur qui assure votre survie physique. C’est d’elle que vous tirez votre vitalité. La conscience ne connaît pas le repos mais recherche un surcroît de vitalité (13). »

 

            Mais le Moi c’est-à-dire l’entité, l’individualité, ne peut s’exprimer totalement dans la réalité physique : il n’envoie, pour ainsi dire, qu’une partie ou un fragment de lui-même qui se focalise dans l’univers physique sous la forme d’un ego. Celui-ci, relié aux sens, est un faisceau limité de conscience qu’il projette pour créer et percevoir l’univers tridimensionnel et s’y exprimer par l’action. Il y a donc la possibilité pour d’autres fragments du Moi global de s’incarner aussi dans la réalité physique pour exprimer un autre aspect de lui-même. D’où la vraisemblance d’ «incarnations multiples simultanées».

 

Ainsi, mon ego crée le temps pour percevoir, bribe par bribe, la réalité incommensurable que mon Moi profond crée en la matérialisant. Mais ma perception de la réalité et mon action existent dans le présent, là où réside mon pouvoir d’agir. « Le temps tel que vous le pensez n’existe pas. Il n’y a qu’un présent dans lequel tout arrive. (14) ». «  Si vous comprenez parfaitement votre pouvoir dans le présent, vous vous rendrez compte qu’en ce point, l’action transforme aussi le passé, ses croyances et vos réactions (15). »

 

            Mais mon Moi qui s’exprime par mon ego dans la réalité tridimensionnelle, s’exprime aussi dans d’autres dimensions de la réalité. Il est donc multidimensionnel. « Vous êtes réellement des personnalités multidimensionnelles […] À un certain point de votre développement vous deviendrez de plus en plus conscients de la vraie nature de votre identité. […] La personnalité totale structure des habitacles dans de nombreuses dimensions et, cela, simultanément (16). »

 

        Quant à l’évolution de la personnalité, de sa croissance, elle est tributaire de l’exercice de la créativité, attribut de la conscience.  Elle ne tend pas vers un but ou une fin qui serait la perfection de mon être, car, en fait, celle-ci n’existe pas ; « Le mot ‘ parfait ‘ cache de nombreux pièges. Il sous-entend un parachèvement, quelque chose de terminé qui ne supporte plus aucun changement ; il exclut donc le mouvement, le développement et la créativité (17). » Cette idée de perfection ressortit à notre structure mentale et à la notion du temps linéaire (voir ci-après). Mais la conscience est un exercice sans fin de créativité. « L’esprit est en perpétuel devenir, il est souple et change continuellement ; il est sans commencement ni fin, selon vos termes. […] Mais dans la même acception du terme, l’esprit n’est pas parfait. Si tel était le cas, il resterait figé dans un état de complétude au-delà duquel aucun accomplissement et nulle créativité ne seraient possibles (18). »

 

 

Notes

 

(1) Jane Roberts, L’enseignement de Seth, p. 337.<

(2) Lectures 307-10; 622-6; 805-4; 1549-1; 5124-1

(3) Voir Jane Roberts, La réalité personnelle, T-1, p. 75 : Les idées ont une réalité électromagnétique.

(4) Jane Roberts,  L’enseignement de Seth, p. 265.

(5) Ibidem, p. 271.

(6) Ibidem, pp. 269-270.

(7) Jane Roberts, Le Livre de Seth, p. 336.

(8) Ibidem.

(9) Jane Roberts, La réalité personnelle, T-2, p. 271.

(10) L’enseignement de Seth, p. 309.

(11) Ibidem, p. 463.

(12) Lecture 349-4.

(13) L’enseignement de Seth, p. 85.

(14) La réalité personnelle, T-2, p. 239.

(15) Ibidem, p. 152.

(16) Jane Roberts, L’enseignement de Seth, pp. 510-511.

(17) Jane Roberts, La réalité personnelle, p. 203.

(18) Jane Roberts, La réalité personnelle, T-1, p. 203.