Échanges entre deux amis octogénaires (2)

 

Jeudi le 23 Sep 2010 09:33:01

 

Bonjour Marcel,

 

J`ai lu et relu les extraits que tu m`as envoyés. J`ai été lire aussi sur Google l`évolution de la carrière de Jung. Il est bien possible que mon commentaire te déçoive un peu. C`est que j`y trouve beaucoup, beaucoup pour la tête et très peu pour le cœur, alors qu` on ne voit bien qu`avec le cœur. Je regrette que Yung ait réduit Jésus à un archétype comme tous les autres archétypes, si c`est bien ce qu`il a fait. Dans Ouverture d`esprit et foi aveugle, Il y va allègrement dans sa critique du "chrétien d`aujourd`hui" et de sa " croyance aveugle"... "confiance aveugle"... "qui conduit à la perte". On serait tous des "dupes" dans l`Église. La calliditas qu`il recommande, à mon avis, n`est pas celle que Jésus voulait pour ses disciples. Jésus voulait que ses disciples soient astucieux pour le Royaume.

 

Voilà pour mon grain de sel dans le gruau, ce matin. Je te laisse répondre comme tu l`entends, comme tu le goûtes.

 

Laurent

 

Jeudi le 23 Sep 2010 8:10 PM

RE: Une pensée

 

Bonjour Laurent,

                        Je ne m'attendais pas à recevoir une approbation sans résistance de ta part des textes que j'ai soumis à ta réflexion. Je n'ai pas à être ou pas déçu de tes commentaires. Comme toi, je recherche la vérité. Je suis en désaccord avec toi lorsque tu dis que Jung réduit le Christ à un archétype comme les autres archétypes. Mais il y a des archétypes plus importants que d'autres, selon l'expérience que l'humanité en a faite au cours des âges. Loin de réduire le Christ à un archétype, il ne fait que montrer l'influence du Christ (qui est au-delà de la psychologie) inscrite sur le plan du psychisme. Tout comme l'imago Dei est un archétype inscrit dans la nature humaine, de par sa création comme homme et femme (image de Dieu Genèse 1). Ce qui ne remet pas en cause la nature même de Dieu au-delà de sa création. "C'est pourquoi quand nous appliquons à « Dieu » la dénomination « d’archétype », nous n’exprimons rien sur sa nature propre. Mais ce faisant, nous reconnaissons que « Dieu » est inscrit dans cette partie de notre âme préexistante à notre conscience  et qu’il ne peut donc nullement passer pour une invention de celle-ci. Dieu, ainsi, n’est non seulement ni écarté, ni annihilé, mais il est au contraire placé dans la proximité de ce dont on peut faire l’expérience. Or cette dernière circonstance n’est pas sans être essentielle : dans la mesure où une chose n’est pas expérimentable, on suppose aisément qu’elle est inexistante. " (Jung, Ma vie, p. 395)

 

             Voilà mes premiers commentaires. Je t'enverrai d'autres textes susceptibles de stimuler notre recherche de la vérité. Amicalement.

 

Marcel

 

Vendredi le 24 Sep 2010 08:44:40

RE : Une pensée

 

Bonjour Marcel.

        Autre jour, autre pensée; ou plutôt même pensée, mais plus mûre. Je comprends et accepte bien ta mise au point. C`est mon verbe "réduire" qui faisait problème. Je comprends que l`appropriation d`archétype à Jésus ne réfère qu`au personnage, non à la personne divine. Maintenant j`attends ta réaction sur le deuxième point de mon commentaire qui pourrait se résumer ainsi: peut-être bien que notre auteur se permet de critiquer ce qu`il ne connaît pas vraiment.... Est-ce possible?

        Bonne journée à toi!

        Laurent

   

Vendredi le 24 Sep 2010 3:28 PM

Subject: RE: Une pensée

 

Salut Laurent,

                    Ce n'est pas dans le caractère de Jung de critiquer ce qu'il ne connaît pas. Homme de science et chercheur pragmatique, il s'en tient aux faits et à ses propres observations pour parler d'un sujet. La religion l'intéressait du fait qu'il était fils de pasteur et qu'il considérait l'instinct religieux comme une donnée essentielle du psychisme humain. D'ailleurs cela constituait un élément qui explique sa séparation d'avec Freud qui voyait tout uniquement par le prisme de la sexualité.

                    Si Jung t'intéresse, à défaut de lire ses œuvres, je te suggère son autobiographie (Ma vie). Tu y trouveras le récit de son cheminement personnel et la genèse de son œuvre.

 

Amicalement,

Marcel