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Conclusion
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Comme je l'ai dit dans l'Introduction, l'interprétation psychologique et
parapsychologique du Mythe de l'Éden ou du Paradis terrestre que je viens de
présenter n'infirme ni ne prétend remplacer les explications pastorales ou
catéchétiques que peuvent en faire les diverses dénominations chrétiennes,
juives ou musulmanes. Mon but consistait uniquement à en présenter une lecture
qui, sans nier la valeur d'autres explications possibles, ajouterait une
dimension, à mes yeux, plus profonde et plus intérieure de l'origine dramatique
de l'humanité telle que racontée dans
Le langage mythique permet une
lecture à plusieurs niveaux des expériences qui appartiennent, en fait, à
l’humanité et qui ont été archivées dans ce réservoir mémoriel que Jung appelle
l’inconscient collectif. L’intérêt et l’utilité de cette interprétation
psychologique ressortent du fait qu’elle colore d’une manière plus vivante
cette histoire imagée des débuts de l’humanité décrite dans
Au niveau de l’interprétation, nous retiendrons donc, de cette analyse, la signification des symboles suivants : le serpent qui représente la connaissance dévolue à l’humanité; Ève, l’anima et la faculté intuitive de l’homme; le fruit défendu, la connaissance et le discernement, obtenus de haute lutte; Yahvé, le Soi de l’homme qui s’oppose à lui-même pour exercer son libre arbitre et, plus spécifiquement, la projection de son instinct de survie; la désobéissance, le doute et le dépassement de soi; l’expulsion de l’Éden, la séparation de l’inconscient et la naissance de l’ego ou du Moi conscient.
Le Mythe de l’Éden, selon Genèse 1, expose la création de l’Homme comme un être androgyne, archétype de l’Humanité, alors que Genèse 2 et 3 raconte une histoire à saveur d’un conte de fée, mais qui tourne à la catastrophe : le récit nous ramène donc du rêve, de la vie inconsciente, à la dure réalité de la vie physique. Car ce récit décrit des comportements humains, des gestes et des actions empruntés à la vie ordinaire des individus. Dans son enfance, chacun de nous se sent heureux et protégé par ses parents (Yahvé) dont les ordres assurent la paix et le bonheur et servent de barèmes pour apprendre à agir correctement. L’enfant projette sur eux l’archétype du Soi, dont provient sa fragile conscience qu’ils guident et que l’enfant développe en imitant les comportements parentaux. Mais en grandissant, le garçon et la fille (Adam et Ève), puis l’adolescent(e), ayant dépassé l’instinct d’imitation propre à l’enfance pour exercer sa capacité de projeter plus ou moins clairement leurs désirs et leurs projets, veulent se démarquer des images parentales pour apprendre et agir par eux-mêmes (tentation du serpent). Mais ce faisant, l’individu s’aliène l’autorité des parents (Yahvé) et, parce qu’encore démuni face aux exigences de la vie, il expérimente durement cette sortie de l’ambiance sécuritaire que lui procurait l’enfance à l’ombre des parents protecteurs considérés comme des dieux (expulsion de l’Éden). Mais cette séparation est nécessaire pour devenir soi-même
Nous revivons donc ce mythe chaque fois que nous sommes mis en présence d’un incident ou d’une situation qui nous incite à faire un choix déterminant qui engage l’évolution ou la régression de notre vie humaine, dans l’alternance des états d’inflation et d’aliénation, puis d’autoresponsabilité par la prise en charge de sa propre vie. Genèse 4, reprend le même enseignement sous le thème de la rivalité fraternelle entre Caïn et Abel Ce mythe prend alors, à nos yeux, une valeur universelle se manifestant dans le comportement psychologique de l’être humain.
Le Mythe de l’Éden, c’est-à-dire le
Mythe de
Mais l’humanité continuera à croire
au mythe du péché originel aussi longtemps que cette idée habitera son
inconscient collectif en dépit de sa propre nature fondamentale. Et tant que
les institutions religieuses ou métaphysiques continueront d’enseigner ce
mythe, de l’inculquer dans les esprits qui leur sont soumis, l’esprit de
l’homme en restera infesté et continuera à oublier ou à nier sa véritable
nature de fils de Dieu. Le véritable salut est entre les mains de chaque
individu qui saura évacuer de son esprit cette idée du péché, et cette peur de
la punition, pour utiliser à bon escient sa connaissance du bien et du mal,
c’est-à-dire son pouvoir de choisir entre la vérité et l’erreur.
Certains lecteurs, surtout les adeptes du créationnisme, s’étonneront
peut-être de ce que Dieu n’intervient pas directement dans mon interprétation
psychologique du récit biblique. Mais, c’est une illusion. En fait, il y est
toujours présent, car Dieu est partout, étant Tout ce qui est (3). Il est dans
le Jardin sous le symbole de Yahvé, mais aussi sous la forme d’Adam, sous la
forme d’Ève, sous la forme du Serpent, sous la forme de l’arbre de
Ce que vous appelez Dieu est la somme de toute conscience. De plus, la totalité est plus que la somme de ses parties. Dieu est plus que la somme de toutes les personnalités et, pourtant, toutes les personnalités sont ce qu’Il est. (4)
[…] Dieu est habilement caché dans Ses créations, de telle sorte qu’Il est ce qu’elles sont et qu’elles sont ce qu’Il est; et en le connaissant, vous Le connaissez. (5)
Le philosophe et orientaliste Alan Watts affirme que Cela (terme désignant Dieu dans sa philosophie) englobe tout ce qui existe ou mieux l’existence même qui joue à cache-cache à travers toutes les formes apparentes (maya).
Dieu est le Moi du monde. Si tu ne peux pas le voir, c’est simplement pour une raison analogue qui t’empêche de voir tes propres yeux sans miroir, de te mordre toi-même les dents ou de regarder à l’intérieur de ta tête. Ton moi est bien caché parce que c’est Dieu qui se cache. (6)
Ainsi, si Dieu est partout parce qu’il est Tout Ce Qui Est, l’Éden, Adam
et Ève, le serpent, l’arbre du bien et du mal et l’arbre de vie sont autant
d’expressions de lui-même, divers rôles qu’il assume pour créer le scénario qui
marque l’accession de l’Homme à la conscience et à sa réalisation personnelle
comme image de Dieu. Au lieu de voir en Yahvé un Dieu courroucé qui punit les
désobéissances, ne faudrait-il pas, en se souvenant qu’il est Amour, partager
son humour divin, un peu comme le père de famille, faisant semblant d’être
fâché, tout en souriant, devant les facéties de son fils…ou jouant à
cache-cache à travers toutes ces formes de lui-même. Pour comprendre le récit
de
Seuls, ceux qui ignorent ou refusent de reconnaître leur divinité
fondamentale, l’image de Dieu en eux, en font un Dieu à leur image limitée
qu’ils projettent sur un personnage détaché d’eux-mêmes. L’adage écrit au
fronton du temple de Delphes trouve ici tout son sens et sa place : Connais-toi toi-même et tu connaîtras
l’univers et les dieux.
Notes
(2) Genèse, 1
(3)Voir Le Document D: Dieu ou Tout-Ce-Qui-Est.
(4) Jane Roberts, Le Livre de Seth, p. 337.
(5) Jane Roberts, L’enseignement de Seth, p. 512.
(6) Alan Watts, Le livre de la sagesse, p. 152.