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I. Adam et Ève
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ieu dit : « Faisons l’homme à
notre image, comme notre ressemblance, et qu’ils dominent sur les poissons de
la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes
les bestioles qui rampent sur la terre. »
Dieu créa l’homme à son image,
à l’image de Dieu il le créa,
homme et femme il les créa.


Dieu
les bénit et leur dit : « Soyez féconds, multipliez, emplissez
la terre et soumettez-la; dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du
ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre. »
Dieu dit : « Je vous donne toutes les herbes portant semence, qui sont sur toute la surface de la terre, et tous les arbres qui ont des fruits portant semence : ce sera votre nourriture. À toutes les bêtes sauvages, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui rampe sur la terre et qui est animé de vie, je donne pour nourriture toute la verdure des plantes » et il en fut ainsi. Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon. Genèse, 1, 26-31.
Alors
Yahvé Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines
une haleine de vie et l’homme devint un être vivant.
Yahvé
Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient. Et il y mit l’homme qu’il avait
modelé. Yahvé Dieu fit pousser du sol toute espèce d’arbres séduisants à voir
et bons à manger, et l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la
connaissance du bien et du mal. Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin
et de là se divisait pour former quatre bras […]
Yahvé Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder. Et Yahvé Dieu fit à l’homme ce commandement : « Tu peux manger de tous les arbres du jardin. Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car le jour où tu en mangeras, tu deviendras passible de mort. » Genèse, 2, 7-17.


Psycho-analyse (2) du texte
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ous analyserons maintenant ces deux récits complémentaires (Genèse, 1 et 2) selon leur signification psychologique. Ce Mythe de l’Éden nous livre, en effet, un enseignement profond et mystérieux des origines et de l’évolution de l’Humanité qu’il nous faut maintenant tâcher de comprendre, car c’est une condition indispensable à la bonne gouverne de notre vie personnelle et collective.
Que nous enseigne donc ce
mythe du point de vue de la psychologie humaine ? La description biblique
de l’ « événement » fait ressortir clairement la prééminence de
l’Homme sur toutes les créatures vivantes, car il est fait à l’image de Dieu, qui domine sa création (Genèse 1). Cet archétype de l’imago Dei, il le porte en lui puisqu’il
fait partie intégrante de l’inconscient collectif de l’humanité. « On
pourrait aussi bien dire du Soi qu’il est ‘Dieu en nous’. C’est de lui que
semble jaillir depuis ses premiers débuts toute notre vie psychique, et c’est
vers lui que semblent tendre tous les buts suprêmes et derniers d’une
vie. » (3) C’est aussi un indice de sa nature divine (le Verbe s’est fait chair) (4), que l’Homme a oubliée depuis
son expulsion de l’Éden (Genèse 2),
après s’être senti « coupable » d’avoir désobéi en mangeant du fruit
« défendu » de l’arbre de la connaissance du bien et du mal (5).


Notes
(1) Traduction de
(2) Ce terme ne doit pas être confondu avec Psychanalyse (Freud). Il s’agit d’une approche et d’une explication psychologique d’un « événement ».
(3) Carl Gustav Jung, Dialectique du moi et de l’inconscient, p. 255.
(4) La venue en l’homme du Créateur (Cayce, Lecture 294-8).
(5) Voir plus loin : 3.