3

La Chute

Le Serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que Yahvé Dieu avait faits. Il dit à la femme: Alors, Dieu a dit: Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin» La femme répondit au serpent: «Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin. Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit: Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sous peine de mort.» Le serpent répliqua à la femme:Pas du tout! Vous ne mourrez pas! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal.» La femme vit que l’arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu’il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea. Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea. Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes. Genèse, 3, 1-7.

Psycho-analyse du texte

 

S

ous le symbolisme d’un dialogue entre le serpent et la femme, se produisit chez l’homme le passage de l’inconscience à la conscience. Pour conserver leur innocence enfantine, Adam et Ève, c’est-à-dire l’humanité à ses débuts, se laissait guider par la voix de Yahvé, représentant l’instinct de survie et de conservation, qui leur indiquait ce qui était permis et ce qui était défendu, car leur ignorance pouvait leur attirer des ennuis et menacer leur existence. Mais en passant de la naïveté enfantine à la maturité, leur raison s’est développée grâce à la dialectique* se manifestant, dans le récit, par une projection de leur pensée sous la forme d’un interlocuteur, d’un adversaire (Satan* : celui qui s’oppose).

 

 Le serpent qui se déplace de façon invisible dans la nature, n’est-il pas aussi le symbole de l’évolution physique et mentale des premiers humains se manifestant imperceptiblement et par tâtonnement? C’est pourquoi ce dernier les convainquit assez facilement d’enfreindre la défense imposée par Yahvé : ne pas obéir à cette défense leur apporterait, au contraire, une connaissance qui les rendrait semblables aux dieux. Leurs yeux allaient s'ouvrir et ils pourraient user de discernement pour apprendre par eux-mêmes ce qui est bien et ce qui est mal et donc jouir de la liberté de choisir. Par ses propos, le serpent leur révèle leur nature divine (imago Dei). La véracité de ce discours du serpent est d’ailleurs confirmée par Yahvé lui-même : Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal (Genèse, 3, 22).

 

 L’opposition entre Yahvé et le Serpent symbolise aussi cette dialectique qui conduit au libre choix. De plus, en créant l’Homme à son image, Yahvé ne poussait-il pas ce dernier à enfreindre son commandement pour user, comme lui, du libre arbitre? Et en créant le serpent comme « le plus rusé de tous les animaux des champs », Yahvé n’a-t-il pas utilisé ce subterfuge pour induire l’homme à lui désobéir afin d’exercer sa liberté pour acquérir la connaissance? Une autre interprétation de cette opposition se trouve dans le livre de Job, qui nous montre Dieu et Satan dialoguant comme deux amis au sujet de Job. « Puisque Yahvé et Satan opèrent ensemble, on peut les considérer comme deux aspects de la même chose, c’est-à-dire le Soi. Satan fournit l’initiative et le dynamisme pour mettre sur pied l’épreuve de Job et par là représente le désir de l’individuation qui doit briser le statu quo afin d’amorcer  un autre niveau de développement. (1)» Satan joue ici le même rôle que le serpent pour Adam et Ève.

 

Cette connaissance, ce discernement est une prérogative du Soi, son Moi profond ou son entité, symbolisé ici par Yahvé.  Sa naissance dans la chair sous la forme d’un ego limité, a séparé l’homme de la conscience globale de son Soi, son entité, et il a dû se créer une conscience liée à la connaissance sensorielle, qui lui permettra, par l’usage de la raison et de ses expériences répétées dans le monde physique, de retrouver sa conscience globale.

 

 L’ « ouverture de leurs yeux » après qu’Adam et Ève eurent goûté au fruit défendu de la connaissance (voir plus loin), a permis au doute, levé par le serpent, de s’installer dans leur esprit. En fait, le doute précède l’acte de comprendre ou de discerner : ce qui ajoute à la fois une difficulté et un incitatif à leur quête de la connaissance. La prise de conscience de cet élément nouveau, le doute, n’aurait-il pas suscité un sentiment de culpabilité chez l’homme historique et suggéré à son esprit l’idée d’une chute, d’un péché « originel » (2); le passage d’un état innocent de béatitude dans l’inconscience au domaine limité et ardu de la matière qui semble menacer la vie du couple adamique ? Dans cette optique, le discours du serpent est le symbole du questionnement qui leur vint à l’esprit après la défense de Yahvé, donnant  naissance à la raison et l’accès à l’arbre de vie.

Une légende juive explique de la manière suivante la quête de l’arbre de vie :

Dans le Paradis se tient l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance, ce dernier formant une haie autour du premier. Seul celui qui s’est frayé un chemin à travers l’arbre de la connaissance peut s’approcher de l’arbre de vie qui est si vaste qu’il faudrait cinq cent ans à un homme pour traverser une distance équivalant au diamètre de son tronc, et non moins grande est l’espace de l’ombre projetée par sa couronne de branches (3).

 

Cette légende nous montre la difficulté et la longueur du temps nécessaire pour acquérir la connaissance. Pour se connaître, l’homme devra donc prendre conscience peu à peu du Soi qui est le centre de sa personnalité totale, dont il dépend sous son aspect physique (ego), et qui doit le guider dans l’acquisition de la Connaissance. «  La conscience de l’homme a été créée pour qu’il puisse (1) reconnaître son émanation d’une plus haute unité; (2) apporter respect et attention dus à cette source; (3) exécuter ses ordres de façon intelligente et responsable; et (4) ainsi assurer à la psyché dans sa totalité un degré optimal de vie et de développement. » (4) Cette démarche peut durer toute sa vie, et son destin est donc de retrouver la conscience de sa divinité, son unité avec le Tout, la Conscience universelle. C’est le but final de l’individuation. Alors l’ego, le Moi conscient, réconcilié avec lui-même, se percevra comme une planète tournant autour du Soi, comme la Terre autour du Soleil (5).

 

            Dans l’optique d’une exégèse qui voit dans le premier chapitre de la Genèse, la création de l’Anthropos, l’idée platonicienne de l’Homme, il est alors question de l’archétype de l’Humanité, exprimée par l’Androgyne : « mâle et femelle il les créa ».

 

Sur le plan psychologique, la femme (Ève) représente l’anima qui joue le rôle d’intermédiaire entre l’ego (le Moi conscient) et l’inconscient et ses archétypes, dont le Soi est représenté par Yahvé, qui doit être obéi, c’est-à-dire intégré au Moi conscient pour réaliser son individuation, pour retrouver sa divinité (imago Dei) qu’il a oubliée en s’incarnant et qui a été reléguée dans son inconscient sous forme d’archétype. Yahvé est aussi la projection et la personnification de l’instinct de conservation et de survie, dont la violation engendre la culpabilité. Adam, c’est l’ego qui écoute l’anima aveuglément et sans discernement et se réjouit, par la suite, de son pouvoir de connaître toutes choses sans devoir recourir à Yahvé, c’est-à-dire en dépassant l’instinct: c’est la réaction de l’enfant qui veut imiter les adultes en toute indépendance de l’autorité parentale.

 

La femme, en tant qu’anima, symbolise aussi l’intuition et initie l’homme au savoir. Mais imbu du pouvoir que donne la connaissance nouvellement acquise, l’ego de l’homme se croit tout-puissant et souffre d’inflation*(6) psychique (« il s’enfle la tête ! »), en s’arrogeant, sans l’avoir vraiment intégrée, une prérogative de l’inconscient, du Soi auquel il s’identifie comme à un dieu. Mais, se rendant compte, au contact de la réalité, que cette connaissance ne remplit pas les promesses escomptées, mais lui apporte plus d’inconvénients que de satisfaction, il mesure alors le hiatus existant entre ses prétentions (jouer au héros ou au dieu) et la réalité en découvrant, son ignorance initiale, sa propre nudité : Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus. Après l’inflation vient la dépression (7), symbolisée par le sentiment de culpabilité (voir plus loin : 6. Le sentiment de culpabilité).

 

Alors l’homme et la femme, laissant tomber leur orgueil (hybris/démesure) que nourrit le pouvoir de la connaissance (inflation psychique), expérimentèrent alors la honte d’avoir « péché » et se sentirent coupables. Ils furent chassés du Paradis, c’est-à-dire ils perdirent l’innocence et l’insouciance des enfants, mais ils acquirent en même temps une connaissance expérimentale et pratique pour améliorer leur existence: « ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagne (8), usant de leur liberté pour prendre en main la responsabilité de leur vie. L’ego naquit ainsi du Soi (inconscient). Le Midrach, document interprétatif juif de la Bible affirme que l’arbre de la Connaissance était un figuier. Adam et Ève ont donc utilisé les connaissances nouvellement acquises de l’arbre pour régler leur problème de honte et de nudité. (9)

 

La polyvalence du mythe nous suggère de considérer également l’arbre au milieu du Jardin comme un autre symbole du Soi, source de l’ego. Manger du fruit de l’arbre signifie accaparer la connaissance du bien et du mal, le discernement, prérogative du Soi. Yahvé a menacé de mort le couple adamique, s’il désobéissait à son injonction. Aussi, « l’expérience du Soi représente une défaite de l’ego » (10), ce qui se manifeste dans la dépression subséquente à l’inflation psychique : la menace de mort signifie donc pour l’homme la prise de  conscience de sa mortalité et non pas une mort suivant immédiatement la désobéissance. En fait, à cause de sa nature charnelle, l’homme .était mortel, mais il n’en était pas conscient avant d’acquérir la connaissance.

 

Dans le mythe grec de la création de Pandore, il n’y a pas trace de culpabilité qui exclurait les hommes de l’âge d’or (Éden). Ces deux variantes, biblique et grecque, du récit de la création de la femme, ont rendu l’exégèse difficile pour les Pères de l’Église qui tentaient de les concilier. Ils se sont toutefois accordés, en minimisant la signification du mythe, pour rejeter l’androgyne originel, déclarer l’infériorité chronologique et hiérarchique de la femme par rapport à l’homme, conclure que la différenciation sexuelle était liée à la chute (péché) et justifier la domination masculine dans le mariage. (11) De là, découlent toutes les conceptions négatives concernant la femme (12) et la sexualité, qui est pourtant la force de l’instinct qui pousse l’homme et la femme à retrouver leur unité divine. Cette vision patristique n’est qu’une construction rationnelle et culturelle élaborée pour justifier la domination du mâle selon la description littérale du texte biblique : elle ne correspond pas, pour autant, à la réalité de l’anthropogenèse*. Par une interprétation abusive d’un instinct naturel créé par Dieu, ils ont associé la sexualité au péché, s’appuyant sur le fait qu’elle échappe au contrôle de la raison sous la force de la pulsion de vie et l’attraction incoercible des sexes.

 

La curiosité naturelle d’un être intelligent, succédant au doute, pousse ce dernier à tenter de comprendre sa propre vie et les choses qui l’entourent. Chez Ève, la curiosité l’amène à manger du fruit défendu et à passer de l’inconscience à la conscience. Quant à Pandore, c’est aussi par curiosité qu’elle ouvre la boîte, que lui a remise Zeus, le maître des dieux, libérant ainsi  tous les maux qui atteignent l’humanité : la vieillesse, la souffrance et la mort, tout en y laissant l’espoir (elpis). C’est une autre façon de prendre conscience de la réalité et de la fragilité de la vie humaine.

 

Aperçu parapsychologique

 

L

a vision médiumnique d’Edgar Cayce* sur le début de l’humanité, présente une autre version du mythe de l’Éden biblique ou de la Pandore grecque. Il affirme que l’androgyne a vraiment existé avant la séparation des sexes. Ceci se passait en 103,000 av. J.-C. (13) alors qu’il y eut une première transmigration d’âmes en Atlantide. Ces âmes vinrent sur terre en tant que formes mentales, sous la direction d’Amilius, « le premier-né de Dieu, l'Adam supérieur, l'Homme archétypal, identifié comme Esprit, Lumière et Parole (Verbe) ». Ceci correspondrait à Genèse 1 : « Au commencement, dit-il, se présentèrent ceux qui devinrent comme les Fils de Dieu, en ce que mâle et femelle faisaient un  » (14). C’est ce que l’Évangile de Thomas* affirme aussi en raccourci : « Jésus dit : Le jour où vous étiez un, vous êtes devenus deux ». (15) « Quand furent donnés les premiers éléments et les puissances qui ont graduellement engendré la sphère appelé Terre… les murmures du vent annonçaient la nouvelle venue en l’homme du Créateur, et […] l’homme, lui, devint une âme vivante. (16)»

 

            En venant en l’homme, le Créateur prit le nom d’Amilius. Il vint avec une multitude d’âmes sous une forme mentale, qui pouvait se créer des doubles i.e. se matérialiser et se dématérialiser à volonté. Ces âmes ou entités étaient constamment conscientes de leur nature spirituelle. Mais peu à peu certaines d’entre elles s’attachèrent davantage à leurs doubles matériels qui les apparentaient aux animaux apparus sur Terre avant leur venue. « À mesure que ces pensées prenaient forme, en satisfaisant leurs propres désirs de ce qui était matériel ou de ce qui s’ajoutait à la condition matérielle, elles se durcirent, se fixèrent sur une forme corporelle… » C’est alors que se produisit la séparation des sexes. Ils s’immiscèrent peu à peu dans cette vie physique au point d’en oublier leur nature divine d’origine. Ces âmes se mêlèrent donc aux espèces animales et engendrèrent des êtres monstrueux connus sous le nom de Styx, Satyre, Sirène, Licorne, etc. qui donnèrent naissance à tant de légendes.

 

            Devant cette dégradation des Fils de Dieu devenus Fils de l’homme, Amilius, responsable de leur venue sur Terre, décida de revenir, lors d’une deuxième migration d’âmes (Genèse 2), pour s’incarner en tant qu’Adam afin que, par son exemple, il puisse ramener ces âmes égarées dans la matière vers la conscience de leur nature divine. D’êtres célestes qu’elles étaient lors de la première migration, elles arrivaient maintenant  en homme terrestre – en tant qu’âme ayant une forme charnelle (17). Aussi, ajoute Cayce, « Ceux qui sont entrés ainsi doivent continuer sur la terre jusqu'à ce que l'esprit-corps soit de nouveau redevenu parfait pour l'âme ou le corps céleste. (18) »

            Nulle doute que la descente ou la « chute » de ces âmes dans la matière était motivée par le désir de la connaissance : ceci nous ramène à la tentation de l’Éden que Cayce nous explique de la façon suivante : « La connaissance, dit-il, l’entendement, le fait de comprendre, nécessitaient ensuite l’incarnation parce que l’Esprit alors participait à ce qui était manifesté. Ainsi le corps parfait, le corps céleste, devint un corps terrestre et revêtit la chair. (19)

            Devenir Fils de Dieu, c’est donc réaliser l’intégration des deux composantes de l’humanité (mâle et femelle)  séparée lors de l’incarnation. Ce désir d’unité est inscrit dans la chair et s’exprime par la pulsion sexuelle. Au commencement, se présentèrent ceux qui devinrent comme les Fils de Dieu, en ce que mâle et femelle faisaient un (20). Et curieusement, Genèse 6, 2 signale la rencontre des fils de Dieu avec les filles des hommes : « Les fils de Dieu trouvèrent que les filles des hommes leur convenaient et ils prirent pour femmes celles qu’il leur plut. » Ne pourrait-on pas interpréter ce verset de la Bible comme le passage des formes-pensées (les fils de Dieu) aux formes charnelles (les filles des hommes)? Ce qui suggèrerait une certaine évolution physique : « À mesure que ces pensées prenaient forme, en satisfaisant leurs propres désirs de ce qui était matériel ou de ce qui s'ajoutait à la condition matérielle, elles se durcirent, se fixèrent en une forme corporelle assez semblable à celle qui existe actuellement ».

 

De plus, Cayce ajoute, en parlant du Christ que Jésus et Marie étaient une seule âme au commencement dans l’androgyne Amilius en Atlantide, puis âmes sœurs séparées dans Adam et Ève en Éden. Et, il ajoute que ni l’un ni l’autre n’eurent de père humain, « ils furent une seule âme depuis que la Terre est Terre » (21). On demanda alors à Cayce d’expliquer ce qu’était l’immaculée conception. La chair, dit-il, est le résultat de l’activité de l’être mental qui se propulse lui-même dans la matière : comme l’Esprit n’est ni mâle ni femelle, mais les deux à la fois, l’immaculée conception est donc possible : « lorsque le physique et le mental vibrent totalement avec l’esprit; celui-ci peut agir rapidement sur les mécanismes de la chair » (22). Il nous faut maintenant approfondir le mythe de l’Androgyne.

 


Glossaire


Notes


1. Edward F. Edinger, Ego and Archetype, p. 80 (Traduction de l'auteur). Voir aussi Document H: La création d'Adam et Ève.


2. Voir le Document F: Le péché originel et le Document G: L'état de grâce.

3. Edward F. Edinger, Ego and Archetype, Penguin Books, 1972 (Traduction française de l'auteur).

4. Dans C.G.Jung, Aion (Traduction française de l'auteur).

5. Voir C.G.Jung, Dialectique du Moi et de l'Inconscient, pp. 258-259.

6. Edward F. Edinger, Op. cit., p. 41.

7. Ibidem.

8. Genèse, 2, 7.

9. Benjamin Blech et Roy Doliner, Les secrets de la chapelle Sixtine, p. 83.

10. C.G.Jung, Mysterium conjunctionis, T-2, p. 351.

11. Ibidem.

12. Au moyen page, certains philosophes se demandaient même si la femme avait une âme !

13. W.H.Church,Les retours d'Edgar Cayce, p. 53.

14. Lecture d'Edgar Cayce 364-7.

15. Évangile de Thomas, verset 11,

16. Lecture 294-8.

17. W.H.Church, Op. Cit., p. 46.

18. Lecture 262-99.

19. Ibidem.

20. Lecture 364-7.

21. Lecture 5748-8.

22. Lecture 5748-9.


Illustration