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4Mythe et mystère de l'Androgyne
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L’Androgyne est à la
fois le symbole de l’indistinction primordiale et divine et de toute expérience
tendant pour l’homme à la réintégrer. Suzanne Lilar (1).
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L |
’aventure des amants appartient au mythe de
l'Androgyne, image archétypique générant des désirs de fusion, d'unification,
de perfection, d'achèvement, de complétude et de plénitude. Ces désirs
s'expriment d’abord sur le plan primitif et inconscient dans le besoin ou
l'instinct sexuel, puis, sur le plan psychique, dans l'émotion amoureuse en vue
de la complémentarité du masculin et du féminin, pour évoluer enfin, au plan
spirituel, dans les noces mystiques et les retrouvailles de deux âmes-sœurs qui
se sont séparées en s’incarnant. C'est pourquoi ce drame, déjà figuré dans le
mariage alchimique*, se joue autour du symbole de l'union sexuelle.
L'Androgyne
constitue un juste équilibre entre la féminité, toute en intériorité et en
continuité et la masculinité, toute en extériorité et en action dispersée.
Parce que l'être humain est bisexuel, portant en lui ces deux tendances, le
symbole de l’Androgyne signifie la réalisation d'un état intérieur se
traduisant par un parfait équilibre des qualités féminines (telles que l'intuition
et la créativité) et les qualités masculines (comme la raison et l’agressivité).
C'est le but ultime que vise l'Humanité dans son évolution par la transmutation
de l'énergie sexuelle ou l'accession au Supra-sexe. L'hermaphrodisme*, qui est
une bisexualité anatomique, appartient à l'Infra-sexe, étant un signe de
dégénérescence (2).
Dans
cette perspective, l'amour physique entre un homme et une femme, parés de tous
les attraits de la vie et de tous les dynamismes sensoriels, émotionnels et
spirituels, devient le véhicule d'une action créatrice vers le plus-être. Ainsi
l'accouplement constitue le temple d'une liturgie intérieure dont l'apothéose
culmine dans le retour de deux esprits qui se retrouvent après l'involution
dans la fragmentation matérielle. Ceci est au cœur du tantrisme hindou.
L'Archétype de
Cette fonction vitale de
La
femme est également un être de ce monde physique qui a besoin de la présence
masculine pour exister en tant que Femme, c'est-à-dire pour prendre conscience
de son rôle complémentaire dans le Jeu de
En
ce sens, l'égalité des sexes se retrouve dans leur essence, car ils sont les deux
pôles de la réalité humaine, et dans leur besoin d'unité, car ils sont à la recherche
de leur commune origine. Le mot SEXE viendrait du latin SECARE (couper, séparer):
deux aspects de l'être total divisé dans et par la matière qui est incapable,
dans ses limites essentielles, d'en exprimer toute la richesse. L'Androgyne est
donc l'image de cet être total dont l'attrait de l'Homme vers
Ici
les Archétypes de l'anima et de l'animus, mis en lumière par C.G.
Jung, prennent toute leur signification. L'anima, chez l'Homme, est
cette part féminine de son être qui cherche à se réaliser, comme l'animus,
chez
L'instinct
sexuel apparaît donc comme la réponse de la matière à l’attraction de l'Esprit
qui tous deux trouvent leur équilibre et leur harmonie dans l'amour humain.
L'érotisme, qui naît de la réflexion de l'esprit sur les désirs de la chair,
constitue la condition essentielle du dialogue amoureux. ÉROS se transmue en
AGAPÈ, l'amour sensuel et sentimental évolue vers l'Amour mystique. C'est
l'itinéraire du Tantrisme* (4) et la signification du Cantique des Cantiques,
mais aussi le sens profond de tous les rites des anciennes religions, comme
l'exprime Joseph-Marie Lo Duca:
« Tout érotisme ancien est une référence continuelle aux mythes de la vie religieuse, à une liturgie secrète qui permet de le représenter, d'en faire la scène ouverte sur l'univers et de voir dans l'extension des plaisirs charnels un moyen de progression de l'âme (Vâtayâma). C'est un univers chaud et fertile où l'acte sexuel offre une profonde expérience du mystère de l'entité unique qui s'est doublée en se manifestant (Kama-Sutra). » (5)
Le comportement sexuel, échappant en grande partie au contrôle de la raison, demeure un phénomène toujours mystérieux. Aussi, est-il pertinent d’approfondir la signification du mystère de la sexualité.
Notes
1. Suzanne Lilar, L’androgyne : un mystère confirmé par la biologie, dans PLANÈTE No 12, p. 111.
2.
Ouspensky, P. D., A new Model of the
Universe, Chapter XII: Sex and Evolution, Vintage
3. Voir Jane Roberts, L’enseignement de Seth, p. 245.
4. Voir Le Document J : Le Tantrisme.
5. Joseph-Marie Lo Duca, Pourquoi le sexe ?, dans PLANÈTE No 26, p. 76.