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État de grâce

Vous êtes donc né en état de grâce. […] Vous mourrez en état de grâce. Jane Roberts, La réalité personnelle, T-1, p. 222.

 

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n définit l’état de grâce (1) comme celui où l’on se développe sans effort. Il est signe d’une acceptation joyeuse et transparente de notre existence. L’exemple le plus clair et le plus proche de nous, c’est la croissance et le développement de notre corps physique. « Votre corps croît naturellement et facilement depuis sa naissance ; il ne s’attend à aucune résistance, il tient son miraculeux déploiement pour acquis. Il exploite ses capacités avec un immense et gracieux abandon, mais avec une agressivité créatrice. » (2)

 

 

            Seth affirme qu’il est impossible d’ « échapper » à cet état ou de « tomber en dehors ». Mais, nous pouvons l’ignorer, nos croyances peuvent nous en cacher l’existence, cependant nous aurons toujours la grâce : mais en l’ignorant « vous serez incapable de percevoir votre propre intégrité et votre unicité et vous ne discernerez pas certains autres attributs qui vous sont automatiquement donnés. » (3)

 

            Chez les animaux, l’état de grâce est inconscient tout comme la culpabilité naturelle qui lui est tributaire. « L’homme peut cependant s’éloigner de cette grande joie de vivre, justement à cause de l’immense liberté de sa pensée consciente ; il peut l’oublier, ne pas y croire, ou utiliser sa volonté pour en nier l’existence. » (4) Et alors émerge avec sa conscience la culpabilité artificielle qui est apparue « au moment où l’homme se mit à jongler avec la culpabilité naturelle, innocente et dissociée de toute idée de punition. » (5)

 

            La grâce et la culpabilité naturelle nous sont données pour s’épanouir dans notre conscience éveillée.

Si vous pouviez vous asseoir calmement et prendre conscience que les parties de votre corps se remplacent continuellement, porter attention à cette transformation, vous pourriez alors toucher du doigt votre propre état de grâce. Si vous perceviez cette permutation constante de vos propres pensées, vous pourriez d’ores et déjà pressentir votre propre excellence. Cependant vous ne pouvez à la fois vous sentir coupables et goûter cet état de grâce. Si vous vous dépréciez pour une action de la veille ou d’il y a dix ans, vous n’êtes pas vertueux. Vous êtes vraisemblablement rongé par une culpabilité artificielle. Même s’il y eut violation, la culpabilité naturelle n’entraîne pas de punition. Ella a été voulue comme mesure préventive, un rappel avant l’acte. « Ne recommence plus » est le seul message après coup. (6)

 

            Le sens de la grâce est donc « l’appréciation innée de votre rectitude et de votre place dans l’existence ; c’est la reconnaissance émotionnelle de votre raison d’être et de votre liberté. » (7) C’est une illumination qui se produit lorsqu’il y a parfait équilibre entre la conscience et autres niveaux de la psyché et le corps ; « c’est une reconnaissance biologique et spirituelle de l’unicité de l’individu et de sa relation avec l’univers. » (8) Si nous l’affirmons et nous y croyons comme à notre réalité profonde, les croyances contraires s’amenuiseront et nous pourrons conserver la vision d’un moi idéal tout en comprenant « les écarts naturels entre celui-ci et la réalité. » (9)

 

            Et voici la touche finale de cet exposé sur l’état de grâce : « Lorsque le corps et l’âme travaillent dans la même direction, leur relation est harmonieuse et leurs systèmes d’équilibre respectif vous gardent en état de grâce et en bonne santé. » (10) Mais, si l’on se méprend sur la signification des mythes, l’on pourra croire « que l’homme a perdu la grâce et que son humanité même est maudite ; dans ce cas vous ne ferez pas confiance à votre corps ou vous freinerez sa capacité « naturelle » d’autoguérison. » (11)

 

            Dans des termes semblables Cayce parle de l’harmonie entre les trois parties de l’être humain : « On considère si rarement que la spiritualité, l’activité mentale et le corps physique, sont UN – bien qu’ils puissent se séparer et fonctionner l’un sans l’autre. Faites-les coopérer, réunissez-les dans leur programme. Et ainsi, vous aurez une plus grande énergie dans vos activités» (12) Puis, parlant des supposées dettes karmiques, tributaires de la culpabilité artificielle, il affirme « qu’avec la Loi de Grâce, elles peuvent se réduire à une simple impulsion intérieure. Et si l’on accorde sa volonté avec la Voie du Christ, on peut par là empêcher le malheur d’arriver ; on peut surmonter les difficultés, et faire les bons choix, ceux qui donnent joie, amour et bonheur pour toute la vie. C’est préférable, plutôt que de choisir la Loi de Cause à Effet, qui oblige à une confrontation de soi-même avec tout, sur le mode le plus dur. » (13) On ne peut plus justement expliquer les méandres où conduisent nos fausses croyances qui nous éloignent de notre état de grâce initial. Suivre la Voie du Christ, c’est changer nos croyances en raison de la nature profonde de notre être dont le Christ est le prototype, c’est revenir à la simplicité des enfants de Dieu.

            L’état de grâce dont nous parlons ici, n’est pas ce que le dogme de la Religion attribue à l’âme qui n’a plus de « péché » sur la conscience. Car  l’« état de grâce », dont parle le christianisme, est un terme légaliste qui ne change rien dans la conscience du chrétien, car ce dernier, sous l’impact de la croyance au ciel et à l’enfer, continue à nourrir ses peurs et ses craintes de la punition jusqu’à la prochaine confession de ses « fautes » qui lui apportera « temporairement » un certain soulagement psychologique.

            Pour bien comprendre ce dont il s’agit ici, il faut changer ses pensées et ses croyances concernant le mythe du péché originel et de ses corollaires : sentiment de culpabilité artificielle (c’est-à-dire créée par l’homme), et punition que mérite  le « mal » perpétré. On ne peut pas être plus masochiste! Mais fondamentalement, le mal n’existe pas, sauf dans l’esprit de celui qui y croit (14), car ses croyances créent sa vision de la réalité et son environnement. Puisque l’homme est fondamentalement bon (15), il faut croire en la bonté de notre être. Autrement, nous ne pourrons jamais explorer les autres états de notre propre réalité (16), car nos croyances limiteront alors aux trois dimensions le champ de nos expériences.

Mais quelle est donc la nature véritable de l’état de grâce dont nous parlons ? D’abord, comprenons qu’il résulte d’un parfait équilibre entre la conscience et les autres aspects de la psyché, d’une part et le corps, d’autre part : « c’est une reconnaissance biologique et spirituelle de l’unicité de l’individu et de sa relation avec l’univers au sens large du terme. » (17) Le corps et l’âme travaillent alors dans la même direction : « leur relation est harmonieuse et leurs systèmes d’équilibre respectifs vous gardent en état de grâce et en bonne santé (18). »

            On pourrait définir la grâce comme l’appréciation innée de notre rectitude fondamentale et de notre place dans l’univers, en d’autres mots, c’est la reconnaissance émotionnellement sentie de notre raison d’être et de notre liberté (19). C’est la sensation joyeuse et mystérieuse d’un support intérieur (20) et une acceptation joyeuse et transparente de notre existence, comme l’exprime instinctivement notre corps. (21)

Nous sommes donc nés en « état de grâce » et nous mourrons en « état de grâce » : il est impossible pour nous d’en échapper. Ne pouvant nous être ravie, nous ne pouvons donc pas « tomber en dehors » de la grâce. Mais nous pouvons l’ignorer : car l’homme peut refuser « cette grande joie de vivre » à cause de « l’immense liberté de sa pensée consciente », l’oublier, ne pas y croire et même utiliser sa volonté pour en nier l’existence (22). Ne serait-ce pas là le véritable sens du péché que de refuser sa propre dignité découlant de cet état de grâce innée?




Glossaire


Notes