Les énergies Yin et Yang
Pourquoi ai-je choisi de m’exprimer au travers de l’énergie féminine « yin »? Elle se manifeste surtout de l’intérieur. L’énergie yang, masculine, se manifeste surtout de l’extérieur : le yin est intuitif, le yang est puissant. L’énergie yin régit l’invisible, le non-dimensionnel. Le yang est l’invisible exprimé dans le visible, c’est l’énergie active. Une fois que l’énergie yin est exprimée de l’invisible au visible, elle devient du yang. Les femmes qui expriment leur énergie yin le font donc d’une manière yang. Quand un homme rentre en lui-même pour contempler l’invisible, il se sert de son énergie yin. Les deux sont donc utiles.
Pour être parfaitement équilibré, chaque individu a besoin de reconnaître sur le même plan les deux énergies, au sein de son corps. Pour que le monde connaisse la paix, il semble nécessaire que les individus connaissent aussi une paix équilibrée entre eux, ce qui implique de reconnaître, à rang égal, l’énergie yin de l’intérieur et l’énergie yang extérieur.
Je me demandais pourquoi tous les prophètes et les maîtres avaient été des hommes? Puis, je me souvins que les prophètes sont ceux qui manifestent. Ils s’étaient exprimés à l’extérieur, ouvertement. Les femmes possèdent le savoir de l’invisible, les secrets cosmiques en quelque sorte. L’homme utilise toujours la femme parce qu’elle possède une intuition de bon conseil. Chacun des deux est nécessaire à l’autre : la femme détient la vérité invisible de ce qu’il faut faire. L’homme fournit la puissance pour le mener à bien.
Nous venons d’entrer dans l’ère du Verseau, c’est-à-dire l’âge de l’expression féminine. Il y a plus d’hommes qui s’efforcent de comprendre leurs capacités d’intuition, plus de femmes qui essaient d’exprimer leurs propres capacités, et cela de manière ouverte. Nous semblons travailler à l’harmonisation du visible et de l’invisible.
Les scientifiques luttent, de leur côté, pour les mêmes principes, en « sentant » de plus en plus d’éléments invisibles, qui ne peuvent être mesurés réellement. On peut se contenter d’accepter leur existence, comme on le fait pour les énergies invisibles du yin et du yang. On ne peut pas les mesurer, certes, mais à l’évidence, elles sont là! Ces énergies n’ont pas de périmètre déterminé, dimensionnel et scientifiquement vérifié. Or ce qui est vrai en science pourrait bien se révéler exact en termes d’expérience humaine.
La science le proclame haut et fort : l’énergie ne meurt jamais, elle se contente de changer de forme. La vie, qui est aussi de l’énergie, ne meurt donc pas. Elle se contente, elle aussi, de changer de forme. Puisque l’énergie n’est jamais immobile, puisque rien ne demeure inerte, l’énergie doit sans cesse se transformer. Aucun doute ne subsiste plus dans mon cerveau : l’énergie change de forme d’une vie à l’autre, tout comme la nature de modifie d’un printemps à l’autre.
Pourtant, la seule manière de donner un sens à tout ceci est de le rapporter à notre propre expérience. À moins de le ressentir, on ne peut savoir : la connaissance, c’est l’expérience. Einstein lui-même, vers la fin de sa vie, affirmait que « les propositions auxquelles on parvient seulement grâce à des moyens logiques sont dénués de toute réalité ». Il ajoutait encore : « Il est très difficile d’expliquer ce sentiment à quelqu’un qui n’en possède pas la moindre bribe. Je maintiens, pour ma part, que le sentiment religieux cosmique est le plus noble et la plus importante incitation à la recherche scientifique. »
Shirley MacLaine, Danser dans la lumière, pp. 312-313