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Ce que Jésus dit de lui-même dans l’évangile de Jean

 

        Si nous acceptons les explications de Seth au sujet de la composition des évangiles et du récit des événements de la Passion (et il n’y a pas de raison sérieuse de les écarter), il faut élaguer l’évangile de Jean de toutes les modifications qu’on a ajoutées à ce récit pour y inclure le mythe de la Crucifixion. Ces ajustements sont, croit-on, le fait de nombreux copistes qui, au fil des ans, voulaient rendre les manuscrits conformes aux croyances de leur temps, concernant le Christ. Voici, à mon avis, les  textes qui ont été retouchés ou ajoutés[1] dans les chapitres jusqu’au récit de la Passion : 2, 21-22; 6,70-71; 12, 4b, 6, 33; 13, 21-31a, 36-38; 18-20, 1-10. Le texte original de l’évangile de Jean se terminerait alors avec le 17e chapitre et plus précisément avec la prière sacerdotale, au cours de laquelle Jésus résume les résultats de sa mission avant de retourner vers le Père. Des appendices auraient été rajoutés plus tard par les disciples de l’Apôtre.

 

            Ainsi, le récit expose de façon plus cohérente la mission de Jésus, Christ incarné venu nous révéler qui nous sommes, c’est-à-dire des entités spirituelles dont la nature fondamentale a été voilée par leur recherche de la connaissance sensible : en d’autres mots, notre nature de fils de Dieu dont il est le Premier-né. Nous pouvons maintenant aborder l’évangile de Jean pour découvrir qui est réellement Jésus de Nazareth, dit Jésus le Christ.

 

            Dans un Prologue d’un style hellénisant, Jean trace une grande fresque de l’aventure de l’entité Christ (Logos ou Verbe) sortant de Dieu (Père) et s’incarnant pour venir nous révéler qui est Dieu dont nous sommes les Fils.

 

 

                        Au commencement était le Verbe

                        et le Verbe était tourné vers Dieu,

                        et le Verbe était Dieu

                        Il était au commencement tourné vers Dieu.

                        Tout fut par lui,

                        et rien de ce qui fut, fut sans lui.

                        En lui était la vie

                        et la vie était la lumière des hommes,

                        et la lumière brille dans les ténèbres,

                        et les ténèbres ne l'ont point comprise.

                        Il y eut un homme envoyé de Dieu; son nom était Jean.

Il vint en témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui.

                        Il n'était pas la lumière mais il devait rendre témoignage à la lumière.

Le Verbe était la vraie lumière qui, en venant dans le monde, illumine tout homme.

                        Il était dans le monde,

                        et le monde fut par lui,

                        et le monde ne l'a pas reconnu.

                        Il est venu dans son propre bien

                        et les siens ne l'ont pas accueilli.

Mais à ceux qui l'ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Ceux-là ne sont pas nés du sang, ni d'un vouloir de chair ni d'un vouloir d'homme, mais de Dieu.

                        Et le Verbe fut chair

                        et il a habité parmi nous

                        et nous avons vu sa gloire

                        cette gloire que, Fils unique plein de grâce et de vérité, il tient du Père.

Jean lui rend témoignage et proclame: "Voici celui dont j'ai dit: après moi vient un homme qui m'a devancé, parce que, avant moi, il était."

                        De sa plénitude en effet, tous, nous avons reçu, et grâce sur grâce.

Si la loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.

Personne n'a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l'a dévoilé. (Jean, 1, 1-18).

 

            Ce Prologue révèle le Christ comme la lumière qui vient éclairer tout homme sur sa nature de fils de Dieu. La Lumière est un symbole qui a trait à la connaissance, le Christ va se l’appliquer tout au long de l’évangile avec d’autres symboles tels que Vie, Chemin, Porte, Eau vive, Pain de vie, Berger, Vérité, etc. pour signifier que le sens profond ou les réalités qu’expriment ces mots s’appliquent formellement à lui, puisqu’il est la Révélation de Dieu : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean, 14,9).

 

            Pour bien se faire comprendre des gens ordinaires, il utilise des symboles et des paraboles :

1. Il est le Pain de vie, faisant allusion à la manne qui tombait du ciel pour nourrir les Hébreux dans le désert.

Jésus leur dit: "C'est moi qui suis le pain de vie; celui qui vient à moi, n'aura pas faim; celui qui croit en moi jamais n'aura soif. (Jean, 6, 35).

Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra pour l'éternité. Et le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. (Jean, 6,51).

En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas en vous la vie. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraie nourriture et mon sang vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. (Jean, 6, 53-56).

2. Il est la Lumière du monde qui éclaire tout homme.

Jésus, à nouveau leur adressa la parole: "Je suis la lumière du monde. Celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres; il aura la lumière qui conduit à la vie." (Jean, 8, 12).

Moi, la lumière, je suis venu dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. (Jean, 12, 46).

3. Il est le bon Berger qui défend ses brebis.

Je suis le bon berger, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît et que je connais mon Père (Jean, 10, 14-15).

4. Il est la vraie Vigne, dont nous faisons tous partie comme les sarments.

Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron... Je suis la vigne, vous êtes les sarments: celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là produira du fruit en abondance car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. (Jean, 15, 1,5).

5. Il est la Porte qui nous conduit au salut.

Je suis la porte; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, il ira et viendra et trouvera de quoi se nourrir. (Jean, 10, 9).

6. Il est le Chemin qui mène à la Vérité et à la Vie, celui qui donne l’eau vive.

Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : « donne-moi à boire »,  c’est toi qui aurais demandé et il t’aurait donné de l’eau vive […] Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif`au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle. (Jean, 4, 10; 13-14).

Je suis le chemin et la vérité et la vie. Personne ne va au Père si ce n’est par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. (Jean, 14, 6-7)

Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. (Jean, 10, 10)

Je suis la Résurrection et la Vie : celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra; et quiconque croit en moi ne mourra jamais. (Jean, 11, 25-26).

7. Il est le Fils de Dieu envoyé dans le monde.

À celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous dites : « Tu blasphèmes », parce que j’ai affirmé que je suis le Fils de Dieu. (Jean, 10, 36).

8. Il est le Roi d’Israël.

            …ils prirent des branches de palmiers et sortirent à sa rencontre. Ils criaient : « Hosanna! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient, le Roi d’Israël. (Jean, 12, 13).

9. Il est le Sauveur du monde.

            … nous l’avons entendu nous-mêmes et nous savons qu’il est le Sauveur du monde. (Jean, 4, 42).

            … je ne suis pas venu juger le monde, je suis venu sauver le monde. (Jean, 12, 47).

10. Il est l’envoyé de Dieu.

            L’œuvre de Dieu c’est de croire en celui qu’Il a envoyé. (Jean, 6, 29).

Car je suis descendu du ciel pour faire, non pas ma propre volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. (Jean, 6, 28).

11. Il est le Messie.

La femme lui dit : « Je sais qu’un Messie doit venir – celui qu’on appelle Christ. Lorsqu’il viendra, il nous annoncera toutes choses. » Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. » (Jean, 4, 25-26).

12. Il est intemporel.

            Avant qu’Abraham fût, Je Suis. (Jean, 8, 58).

 

13. Tous ces attributs sont inclus et culminent dans l’événement de la Transfiguration.

 

Jésus montre son vrai visage

            (Un jour) Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène seuls à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux, et ses vêtements devinrent éblouissants, si blancs qu’aucun foulon sur terre ne saurait blanchir ainsi. Élie leur apparut avec Moïse; ils s’entretenaient avec Jésus. Intervenant, Pierre dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici; dressons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, une pour Élie. » Il ne savait que dire car ils étaient saisis de crainte. Une nuée vint les recouvrir et il y eut une voix venant de la nuée : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le! » Aussitôt, regardant autour d’eux, ils ne virent plus personne d’autre que Jésus, seul avec eux.[2]

Même après le départ de Jésus, Pierre se souvenait très bien de cet événement :

En effet, ce n’est pas en nous mettant à la traîne de fables tarabiscotées que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ, mais pour l’avoir vu de nos yeux dans tout son éclat. Car il reçut de Dieu le Père honneur et gloire quand la voix venue de la splendeur magnifique de Dieu lui dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qui m’a plu de choisir ». Et cette voix, nous-mêmes nous l’avons entendue venant du ciel quand nous étions avec lui sur la montagne sainte.[3]

 

Jésus explique sa venue dans le monde

Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde. (Jean, 16,28).

            C’est dans ses discussions avec les Pharisiens et les prêtres du Temple que Jésus explique le but de sa mission sur terre : révéler le Père, révéler Dieu.

Jésus leur répondit: "Vous êtes d'en bas; moi, je suis d'en haut; vous êtes de ce monde, moi, je ne suis pas de ce monde. C'est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. Si, en effet, vous ne croyez pas que Je Suis, vous mourrez dans vos péchés." Ils dirent alors: "Toi, qui es-tu?" Jésus leur répondit: "Ce que je ne cesse de vous dire depuis le commencement. En ce qui vous concerne, j'ai beaucoup à dire et à juger; mais celui qui m'a envoyé est véridique et ce que j'ai entendu auprès de lui, c'est cela que je déclare au monde." Ils ne comprirent pas qu'il leur avait parlé du Père. Jésus leur dit alors: "Lorsque vous aurez élevé le Fils de l'homme, vous connaîtrez que 'Je Suis' et que je ne fais rien de moi-même: je dis ce que le Père m'a enseigné. Celui qui m'a envoyé est avec moi: il ne m'a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît." (Jean, 8, 23-29).

"En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort." Les Juifs lui dirent alors: "Nous savons maintenant que tu es un possédé! Abraham est mort et les prophètes aussi, et toi, tu viens dire: 'Si quelqu'un garde ma parole, il ne fera jamais l'expérience de la mort'. Serais-tu plus grand que notre père Abraham qui est mort? Et les prophètes aussi sont morts! Pour qui te prends-tu donc?" Jésus leur répondit: "Si je me glorifiais moi-même, ma gloire ne signifierait rien. C'est mon Père qui me glorifie, lui dont vous affirmez qu'il est votre Dieu. Vous ne l'avez pas connu tandis que moi, je le connais. Si je disais que je ne le connais pas, je serais, tout comme vous, un menteur; mais je le connais et je garde sa parole. Abraham, votre père, a exulté dans l'espoir de voir mon Jour: il l'a vu et il a été transporté de joie." Sur quoi, les Juifs lui dirent: "Tu n'as même pas cinquante ans et tu as vu Abraham!" Jésus leur répondit: "En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, Je Suis." Alors ils ramassèrent des pierres pour les lancer contre lui, mais Jésus se déroba et sortit du Temple. (Jean, 8, 51-59).

            Voyant que ses interlocuteurs ne comprennent pas son message (ou ne veulent pas le comprendre), il ajoute des explications plus claires, au risque de passer, à leurs yeux, pour un blasphémateur.

Les Juifs firent cercle autour de lui et lui dirent: "Jusqu'à quand vas-tu nous tenir en suspens? Si tu es le Christ, dis-le nous ouvertement!" Jésus leur répondit: "Je vous l'ai dit et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père me rendent témoignage, mais vous ne me croyez pas parce que vous n'êtes pas de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix et je les connais, et elles viennent à ma suite. Et moi je leur donne la vie éternelle; elles ne périront jamais et personne ne pourra les arracher de ma main. Mon père qui me les a données est plus grand que tout, et nul n'a le pouvoir d'arracher quelque chose de la main de mon Père. Moi et le Père nous sommes un."

Les Juifs, à nouveau ramassèrent des pierres pour le lapider. Mais Jésus reprit: "Je vous ai fait voir tant d'œuvres belles qui venaient de mon Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider?" Les Juifs lui répondirent: "Ce n'est pas pour une belle œuvre que nous voulons te lapider, mais pour un blasphème, parce que toi qui es un homme, tu te fais Dieu." Jésus leur répondit: "N'a-t-il pas été écrit dans votre loi: J'ai dit: vous êtes des dieux? Il arrive donc à la loi d'appeler dieux ceux auxquels la parole de Dieu est adressée. Or nul ne peut abolir l'Écriture. À celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous dites: 'Tu blasphèmes', parce que j'ai affirmé que je suis le Fils de Dieu. Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire! Mais si je les fais, quand bien même vous ne me croiriez pas, croyez en mes œuvres. Et ainsi vous connaîtrez de mieux en mieux que le Père est en moi comme je suis dans le Père". Alors, une fois de plus, ils cherchèrent à l'arrêter, mais il échappa de leurs mains. (Jean, 10, 24-39).

Le salut accordé à ceux qui croient en lui

            Et ceux qui croient en cette révélation du Père qui l’a envoyé, à ceux-là le salut est accordé. Mais que signifie le salut? C’est la connaissance et l’acceptation de notre propre nature spirituelle de fils de Dieu; c’est donc vaincre l’ignorance de notre propre identité qui crée constamment  notre santé physique et psychique.

Et cependant nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. Et comme Moïse a élevé le serpent d’airain dans le désert, il faut que le Fils de l’Homme soit élevé afin que quiconque croit, ait en lui la vie éternelle. Dieu en effet,  a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Jean, 3, 13-17.

            Ceci est concrètement accordé à l’aveugle physique qu’il vient de guérir, symbolisant ainsi la guérison des aveugles spirituels.

Jésus apprit qu’ils l’avaient chassé, il vint alors le trouver et lui dit : « Cris-tu au Fils de l’homme? » Et lui de répondre : « Qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui? »Jésus lui dit : « Eh bien! Tu l’as vu, c’est celui qui te parle. » L’homme dit : «  Je crois, Seigneur » et il se prosterna devant lui. Et Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour une remise en question, afin que ceux qui ne voyaient pas voient, et que ceux qui voyaient deviennent aveugles. » Jean, 9, 35-39.

            Cette révélation du Père, c’est lui-même, la lumière du monde, qui doit bientôt retourner vers le Père

Jésus leur répondit : « La lumière est encore parmi vous pour un peu de temps. Marchez tandis que vous avez la lumière, pour que les ténèbres ne s’emparent pas de vous : car celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va. Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, pour devenir des fils de lumière. Jean, 12, 35-36.

Que veut dire : croire en lui?

            Croire en lui, c’est croire en Dieu, croire au Père avec qui il ne fait qu’un (Qui me voit voit le Père), c’est croire qu’il est sorti du Père et qu’il est venu en ce monde pour nous montrer la voie de retour vers le Père.

Cependant Jésus avait proclamé : « Qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en Celui qui m’a envoyé, et celui qui me voit, croit Celui qui m’a envoyé. Moi, la lumière, je suis venu dans le monde afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde pas, ce n’est pas moi qui le juge : car je ne suis pas venu pour juger le monde, je suis venu pour sauver le monde. Jean, 12, 44-47.

Son retour vers le Père

À présent je quitte le monde et je vais au Père. (Jean, 16,28)

            Avant de quitter ce monde physique pour retourner vers son Père, Jésus eut un entretien très particulier avec ses disciples dans lequel il leur expliqua sa mission sur terre, mission qu’ils devront continuer désormais sans sa présence visible. En fait, il reprend, avec plus de détails, ce qu’il a déjà dit aux autorités juives. Voici les principaux passages de ce dernier entretien de Jésus avec ses disciples :

Mes petits enfants, je ne suis plus avec vous que pour peu de temps. Vous me chercherez et comme j’ai dit aux Juifs : Là où je vais vous ne pouvez venir, à vous aussi maintenant je le dis.

Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous devez vous aussi vous aimez les uns les autres. Si vous avez de l’amour les uns pour les autres, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples. (Jean, 13, 33-35)

Que votre cœur ne se trouble pas : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures; sinon vous aurais-je dit que j’allais vous préparer le lieu où vous serez? Lorsque je serai allé vous le préparer, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, si bien que là où je suis, vous serez vous aussi. Quant au lieu où je vais, vous en savez le chemin […] je suis le chemin et la vérité et la vie. Personne ne va au Père si ce n’est pas moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. […] Celui qui m’a vu  a vu le Père. […] Croyez-moi, je suis dans le Père et le Père est en moi; et si vous ne croyez pas ma parole, croyez pourtant à cause de ces œuvres. En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera lui aussi les œuvres que je fais : il en fera même de plus grandes, parce que je vais au Père. Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, de sorte que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. (Jean, 14, 1-14)

Si vous m’aimez, vous vous appliquerez à observer mes commandements; moi, je prierai le Père : il vous donnera un autre Paraclet qui restera avec vous pour toujours. C’est lui l’Esprit de vérité, celui que le monde est incapable d’accueillir parce qu’il ne le voit pas. Vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous et il est en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je viens à vous. Encore un peu de temps et le monde ne me verra plus; vous, vous me verrez vivant et vous vivrez vous aussi. En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père et que vous êtes en moi et moi en vous. (Jean, 14, 15-20)

Si quelqu’un m’aime, il observera ma parole, et mon Père l’aimera; nous viendrons à lui et nous établirons chez lui notre demeure. […] Je vous ai dit ces choses tandis que je demeurais auprès de vous; le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n’est pas à la manière du monde que je vous donne. Que votre cœur cesse de se troubler et de craindre. Vous l’avez entendu, je vous ai dit : « Je m’en vais et je viens à vous ». Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père, car le Père est plus grand que moi. (Jean, 14, 23-28)

Je suis la vigne, vous êtes les sarments : celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là produira du fruit en abondance car, en dehors de moi vous ne pouvez rien faire. […] Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez et cela vous arrivera. (Jean, 15, 5)

Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés : demeurez dans mon amour. Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme en observant les commandements de mon Père, je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soir en vous et que votre joie soit parfaite. Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. […] Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. […] Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. (Jean, 15, 9-17)

J’ai encore bien des choses à vous dire, mais actuellement, vous n’êtes pas à même de les supporter; lorsque viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière. […] Encore un peu et vous ne m’aurez plus sous les yeux, et puis encore un peu et vous me verrez. […] En vérité, en vérité, je vous le dis, vous allez gémir et vous lamenter  tandis que le monde se réjouira; vous serez affligés mais votre affliction tournera en joie. […] C’est ainsi que vous êtes maintenant dans l’affliction; mais je vous verrai à nouveau, votre cœur alors se réjouira et cette joie nul ne vous la ravira. (Jean, 16, 12-22)

Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde; tandis qu’à présent je quitte le monde et je vais au Père. […] En ce monde vous faites l’expérience de l’adversité, mais soyez plein d’assurance, j’ai vaincu le monde. (Jean, 16, 28, 33)

            Ainsi prit fin l’entretien de Jésus avec ses disciples. Puis, dans une prière, il s’adressa au Père pour lui recommander ses disciples : qu’il leur accorde toute l’aide et l’inspiration nécessaires dans l’accomplissement de leur mission évangélique.

            Voici le texte intégral de cette prière sacerdotale de Jésus :

Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel et dit: "Père, l'heure est venue, glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie et que, selon le pouvoir sur toute chair que tu lui a donné, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui a donnés. Or la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Je t'ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l'œuvre que tu m'as donnée à faire. Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de cette gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût.

J'ai manifesté ton nom aux hommes que tu m'as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, tu me les as donnés et ils ont observé ta parole. Ils savent maintenant que tout ce que tu m'as donné vient de toi, que les paroles que je leur ai données sont celles que tu m'as données. Ils les ont reçues, ils ont véritablement connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m'as envoyé. Je prie pour eux; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés: ils sont à toi et tout ce qui est à moi est à toi comme tout ce qui est à toi est à moi, et c'est ainsi que j'ai été glorifié en eux.

Désormais, je ne suis plus dans le monde; eux restent dans le monde, tandis que moi, je vais à toi. Père saint, gardes-les en ton nom que tu m'as donné, pour qu'ils soient un comme nous nous sommes un. Lorsque j'étais avec eux, je les gardais en ton nom que tu m'as donné: je les ai protégés et aucun d'eux ne s'est perdu, (sinon le fils de perdition, de sorte que l'Écriture est accomplie.) Maintenant je vais à toi et cependant je continue, en ce monde, à dire ces choses pour qu'ils aient en eux ma joie dans sa plénitude.

Je leur ai donné ta parole et le monde les a pris en haine, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde. Je ne te demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du mauvais. Ils ne sont pas du monde comme je ne suis pas du monde. Consacre-les par la vérité: ta parole est vérité. Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les envoie dans le monde. Et pour eux je me consacre moi-même, afin qu'ils soient eux aussi consacrés dans la vérité.

Je ne prie pas seulement pour eux, je prie aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croient en moi: que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu'ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m'as envoyé; et moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un, moi en eux comme toi en moi, pour qu'ils parviennent à l'unité parfaite et qu'ainsi le monde puisse connaître que c'est toi qui m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m'as donnés soient eux aussi avec moi, et qu'ils contemplent la gloire que tu m'as donnée, car tu m'as aimé dès avant la fondation du monde.

 Père juste, tandis que le monde ne t'a pas connu, je t'ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m'as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître encore, afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, et moi en eux." (Jean, 17, 1-26)

 

Les textes de ce dernier entretien et de la prière de Jésus ne suppose ni n’entrevoit son départ de ce monde par la crucifixion, mais par une simple disparition physique. Il apparaîtra pendant quelque temps encore à ses apôtres pour continuer à les instruire avant de disparaître définitivement pour retourner vers le Père. Et ce départ de Jésus vers son Père ne s’est pas fait ostensiblement, mais par le fait qu’il n’apparaissait plus à ses disciples peu après l’exécution de son substitut comme l’explique Seth. Les textes actuels des évangiles ont symbolisé cette disparition physique de Jésus par le mythe de l’ascension.

            Voici le récit qu’en fait Luc (ou Lucius) dans les Actes des Apôtres :

Au cours d’un repas avec eux, il leur commanda de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre la promesse du Père, « celle, dit-il, que vous avez entendue de ma bouche : Jean  a bien donné le baptême d’eau, mais vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici quelques jours.

Ils étaient tous réunis et lui avaient posé cette question : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le Royaume pour Israël? » Il leur dit : « Vous n’avez pas à connaître les temps et les moments que le Père à fixés de sa propre autorité; mais vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ».

À ces mots, sous leurs yeux, il s’éleva et une nuée vint le soustraire à leurs regards. (Actes, 1, 4-9).

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Sauf l’inclusion de phrases-liens pour relier tout l’évangile au récit mythique de la Crucifixion.

[2] Marc, 9, 2-8.

[3] 1 Pierre, 1, 16-18.