Giorgione et Le Titien

Giogione. Autoportrait en David 1500-1510

Giorgione est connu pour la qualité romantique de son travail, et pour le fait que très peu de peintures (autour de six) soient reconnues comme étant de sa main. Il ne signait pas ses œuvres. À sa mort soudaine de la peste, il a probablement laissé quelques travaux non finis, qui ont pu avoir été terminés par ses élèves Titien ou Sebastiano del Piombo, comme Le Concert champêtre (mais cela a été l'objet d'âpres débats). L'incertitude résultant de la difficulté à identifier ses œuvres et de la signification de son art a fait de Giorgione la figure la plus mystérieuse dans la peinture occidentale.

 

Le Titien. Autoportrait 1550-1562

Tiziano Vecellio ou Tiziano Vecelli ou Tiziano da Cador, plus communément appelé Titien ou Le Titien en français, né vers 1490 à Pieve di Cadore, mort le 27 août2 1576 à Venise, est un peintre italien de l'école vénitienne, auteur d'une œuvre picturale considérable. Il est considéré comme un des plus grands portraitistes de cette époque, notamment grâce à son habileté à faire ressortir les traits de caractère des personnages.  « Il libère aussi la peinture des contraintes de la ligne et de la forme où elle était emprisonnée depuis le Moyen Âge finissant, et cela pour donner tout pouvoir à la couleur. » (Wikipedia)

 

Giorgione et Titien (?). Le concert champêtre

Certains critiques pensent que le Titien serait intervenu dans Le Concert champêtre. Ce concert musical est un thème venu de l'humanisme de la première Renaissance ; la musique est assimilée à l'harmonie universelle. L'Homme n'y joue que sa propre partition, au milieu de la nature exubérante. La composition est assez mystérieuse : une femme à gauche puise de l'eau dans une carafe en verre, deux hommes se concertent, l'un jouant de la mandoline, une femme nue de dos souffle dans une tige percée. Derrière, un berger s'occupe de ses moutons, dans un plan encore davantage reculé se tient une bâtisse, et au loin, des montagnes reprennent l'idée d'une représentation de la totalité du monde en perspective atmosphérique telle que La Vierge aux rochers (1483) de Léonard de Vinci.

 

Giorgione. Vénus endormie 1510

Après la mort de Giorgione en 1510, des témoignages de contemporains laissent entendre une intervention de Titien dans l'achèvement de la Vénus endormie. Il semble évident qu’il s’en est inspiré pour son tableau de la Vénus d’Urbin. (D’après Wikipedia).

Le Titien. Vénus d’Urbin 1538-1539

La Vénus d'Urbin (en italien Venere di Urbino et donc quelquefois Vénus d'Urbino en français) est une peinture de la Renaissance réalisée par Titien en 1538 ou 1539. Le peintre a alors 50 ans et c'est la première fois qu'on lui passe commande d'un tel nu. La toile, exposée à la Galerie des Offices de Florence, fut au départ conçue pour être transportable, selon les vœux d'un noble italien de l'époque (dimensions 119 cm x 165 cm). (Wikipedia)

Mais le tableau le plus controversé du Titien quant à son interprétation est celui représentant, semble-t-il, l’amour sacré et l’amour profane. Les critiques moralisateurs y voient l’opposition entre l’amour sacré, spirituel, représenté à gauche par la femme vêtue, et l’amour profane représentée par la femme quasi nue à droite

Le Titien. L’amour sacré et l’amour profane

Mais cette interprétation est contestée par plusieurs qui se fondent sur les circonstances de son exécution. D’abord, il avait été commandé pour un mariage; puis le peintre aurait puisé son inspiration dans un événement mythologique en vogue à son époque..

« Pour Erwin Panofsky (Hercules am Scheideweg, Berlin, 1930) l'œuvre du Titien est un tableau emblématique. L'historien de l'art recherche tout d'abord les représentations de l'amour courantes dans la philosophie humaniste à l'époque du Titien. Il trouve dans les écrits de Marcel Ficin, le néoplatonicien de l'Académie des Médicis, l'idée des deux Vénus, des Geminae Veneres, des Vénus jumelles personnifiant, l'une, la beauté éternelle, inaccessible, l'autre, la beauté visible et périssable. On trouvera encore dans le célèbre recueil d'emblèmes de Cesare Ripa, à la fin de la Renaissance, deux personnages féminins, deux allégories qui auraient la plus grande ressemblance avec les deux très belles femmes du Titien, en particulier pour ce qui relève des attributs : la flamme, symbole de l'amour de Dieu, dans la main droite de la jeune femme nue, et le somptueux costume profane de la seconde, même si ces deux figures ont des valeurs morales différentes et désignent, dans ce cas, le Bonheur éternel (Felicita eterna) et le Bonheur fugitif (Felicita breve). La confrontation entre une Vénus nue et une Vénus habillée aurait été au demeurant familière aux cercles d'artistes humanistes de l'Italie du Nord, comme il ressort d'une commande d'Isabelle d'Este à Mantegna. »

D’autres critiques affirment le contraire, de sorte que Moritz Thausing s’exclame : "impossible de déterminer celle qui doit incarner l'amour céleste". D’après Wikipedia.

Et vous, qu’en pensez-vous ?