Giorgione et Le Titien

Giogione.
Autoportrait en David 1500-1510
Giorgione est connu pour la
qualité romantique de son travail, et pour le fait que très peu de peintures
(autour de six) soient reconnues comme étant de sa main. Il ne signait pas ses
œuvres. À sa mort soudaine de la peste, il a probablement laissé quelques
travaux non finis, qui ont pu avoir été terminés par ses élèves Titien ou Sebastiano del Piombo, comme Le Concert champêtre (mais cela a été
l'objet d'âpres débats). L'incertitude résultant de la difficulté à identifier
ses œuvres et de la signification de son art a fait de Giorgione la figure la
plus mystérieuse dans la peinture occidentale.

Le Titien. Autoportrait 1550-1562

Giorgione et Titien (?). Le concert champêtre
Certains critiques pensent que le Titien serait intervenu dans Le Concert champêtre. Ce concert musical est un thème venu de l'humanisme de la première Renaissance ; la musique est assimilée à l'harmonie universelle. L'Homme n'y joue que sa propre partition, au milieu de la nature exubérante. La composition est assez mystérieuse : une femme à gauche puise de l'eau dans une carafe en verre, deux hommes se concertent, l'un jouant de la mandoline, une femme nue de dos souffle dans une tige percée. Derrière, un berger s'occupe de ses moutons, dans un plan encore davantage reculé se tient une bâtisse, et au loin, des montagnes reprennent l'idée d'une représentation de la totalité du monde en perspective atmosphérique telle que La Vierge aux rochers (1483) de Léonard de Vinci.

Giorgione. Vénus endormie 1510
Après la mort de Giorgione en 1510, des témoignages de contemporains laissent entendre une intervention de Titien dans l'achèvement de la Vénus endormie. Il semble évident qu’il s’en est inspiré pour son tableau de la Vénus d’Urbin. (D’après Wikipedia).

Le Titien. Vénus d’Urbin
1538-1539
La Vénus d'Urbin (en italien Venere di Urbino et
donc quelquefois Vénus d'Urbino en français) est une peinture de la Renaissance
réalisée par Titien en 1538 ou 1539. Le peintre a alors 50 ans et c'est la
première fois qu'on lui passe commande d'un tel nu. La toile, exposée à la
Galerie des Offices de Florence, fut au départ conçue pour être transportable,
selon les vœux d'un noble italien de l'époque (dimensions
Mais le tableau le plus controversé du Titien quant à son interprétation
est celui représentant, semble-t-il, l’amour
sacré et l’amour profane. Les critiques moralisateurs y voient l’opposition
entre l’amour sacré, spirituel, représenté à gauche par la femme vêtue, et
l’amour profane représentée par la femme quasi nue à droite

Le Titien. L’amour sacré et l’amour profane
Mais cette interprétation est contestée par plusieurs qui se fondent sur les circonstances de son exécution. D’abord, il avait été commandé pour un mariage; puis le peintre aurait puisé son inspiration dans un événement mythologique en vogue à son époque..
« Pour
Erwin Panofsky (Hercules am Scheideweg,
Berlin, 1930) l'œuvre du Titien est un tableau
emblématique. L'historien de l'art recherche tout d'abord les représentations
de l'amour courantes dans la philosophie humaniste à l'époque du Titien. Il
trouve dans les écrits de Marcel Ficin, le néoplatonicien de l'Académie des
Médicis, l'idée des deux Vénus, des Geminae
Veneres, des Vénus jumelles personnifiant, l'une,
la beauté éternelle, inaccessible, l'autre, la beauté visible et périssable. On
trouvera encore dans le célèbre recueil d'emblèmes de Cesare Ripa, à la fin de
la Renaissance, deux personnages féminins, deux allégories qui auraient la plus
grande ressemblance avec les deux très belles femmes du Titien, en particulier
pour ce qui relève des attributs : la flamme, symbole de l'amour de Dieu, dans
la main droite de la jeune femme nue, et le somptueux costume profane de la
seconde, même si ces deux figures ont des valeurs morales différentes et
désignent, dans ce cas, le Bonheur éternel (Felicita
eterna) et le Bonheur fugitif (Felicita breve). La
confrontation entre une Vénus nue et une Vénus habillée aurait été au demeurant
familière aux cercles d'artistes humanistes de l'Italie du Nord, comme il
ressort d'une commande d'Isabelle d'Este à Mantegna. »
D’autres
critiques affirment le contraire, de sorte que Moritz Thausing
s’exclame : "impossible de déterminer celle qui doit incarner l'amour
céleste". D’après Wikipedia.
Et
vous, qu’en pensez-vous ?