Identité
et action
« L’identité
peut être considérée comme une action consciente d’elle-même, dit-il. Pour les
objectifs de notre exposé, les termes ‘’action’’ et ‘’identité’’ doivent être
distingués mais à la base, une telle distinction n’existe pas. Une identité
constitue également une dimension de l’existence, l’action dans l’action, une
ouverture de l’action sur elle-même – à travers l’intégration de ses fonctions
à travers cette réaction, une identité est formée.
« L’énergie
de l’action, les travaux de l’action en elle-même et sur elle-même forment
l’identité. L’identité donc, est l’effet de l’action sur elle-même. Sans
identité l’action serait sans signification, car il n’y aurait rien sur quoi
l’action pourrait agir. L’action doit, de par sa vraie nature, par elle-même et
par ses œuvres, créer des identités. Ceci s’applique au plus simple comme au
plus complexe.
« Encore
une fois, l’action n’est pas une force qui vient de loin pour agir sur la
matière. L’action est, au contraire,
vitalité intérieure de l’univers interne – elle est le dilemme entre cette
force intérieure et son désir de se matérialiser elle-même, d’une part, et son
inaptitude à y parvenir complètement, d’autre part.
« Ce
premier dilemme aboutit à l’action. Celle-ci, grâce à des échanges
énergétiques, permet à l’identité d’acquérir sa structure. Les deux sont
inséparables. L’action, donc, fait partie de toute structure mais, compte tenu
de sa nature, elle semblerait vouloir détruire l’identité, car toute action
implique changement et tout changement menace l’identité.
« Ce
serait pourtant une idée fausse que de considérer l’identité comme dépendante
de la stabilité. L’identité, du fait de ses caractéristiques, cherche
constamment la stabilité, alors que celle-ci est impossible. C’est notre second
dilemme.
« C’est
le dilemme entre la recherche constante du maintien de la stabilité par
l’identité et la tendance au changement inhérente à l’action; ce dilemme
aboutit au déséquilibre, au subtil produit qu’est la conscience de soi. Car
la conscience et l’existence ne résultent pas tant d’équilibres délicats que de
pertes d’équilibre si richement créatrices qu’il n’y aurait pas de réalité si
l’équilibre était toujours maintenu.
« Nous
avons une série de tensions créatives. L’identité doit tendre à la stabilité
tandis que l’action doit chercher le changement; pourtant, l’identité n’existerait
pas sans le changement, car elle est la résultante de l’action et fait partie
intégrante de celle-ci. Les identités ne sont jamais constantes, comme
vous-mêmes n’êtes pas les mêmes, consciemment ou inconsciemment, d’un moment à
l’autre. Chaque action est un aboutissement ainsi que nous l’avons déjà dit. Et
pourtant sans aboutissement, l’identité cesserait d’exister, car la conscience
sans l’action cesserait d’être consciente.
« La
conscience, donc, n’est pas une ‘’chose’’ en soi. C’est une dimension de
l’action, un état presque miraculeux, rendu possible par ce que je choisis
d’appeler une série de dilemmes créateurs.
« Il
serait assez aisé de voir comment le second dilemme procède du premier. J’ai
dit que le second aboutit – et aboutit constamment – à la conscience de soi. Ce
n’est pas la conscience de l’ego. La conscience de soi est encore la conscience
directement reliée à l’action. La conscience de l’ego est un état résultant du
troisième dilemme créateur, qui surgit lorsque La conscience de soi cherche à
se séparer de l’action. Comme c’est évidemment impossible, puisque aucune
conscience ou identité ne peut exister sans action, nous avons le troisième
dilemme. »
Seth
dit encore : « La conscience de soi implique une conscience de soi
dans – et comme partie de – l’action. La conscience de l’ego, d’un autre côté,
implique un état dans lequel la conscience de soi cherche à faire divorcer le
soi de l’action – une tentative de la conscience pour percevoir l’action comme
un objet… ou comme un produit de l’ego, considéré comme résultat plutôt que
comme cause de l’existence de l’ego.
« Ces
trois dilemmes représentent trois sphères de réalité dans lesquelles la
vitalité interne peut s’exprimer. C’est la raison pour laquelle elle ne peut
jamais aboutir à la matérialisation complète. La véritable action en cause dans
la tentative de la vitalité pour se matérialiser elle-même ajoute à la
dimension intérieure de la vitalité elle-même.
« L’action
ne peut jamais s’achever. En se matérialisant sous quelque forme que ce soit,
elle multiplie aussitôt les possibilités de matérialisations ultérieures. En
même temps, parce que la vitalité intérieure se génère elle-même, toute
fraction d’elle-même, si petite soit-elle, suffit pour créer un univers.
« […]
J’ai souvent parlé de la conscience comme de la direction dans laquelle l’être
s’oriente. L’action implique d’infinies possibilités d’orientation. »
[…]
Alors que cette information était donnée verbalement à Rob (Robert Butts, mari
de Jane Roberts), elle m’était également prodiguée, mais d’une manière
différente. J’avais l’impression d’être au sein même de « l’action »,
entraînée dans différentes dimensions.
Je
sentais ce que Seth disait. Comme si
les mots étaient traduits en expérience subjective. Loin d’être annihilée,
j’étais comme emportée vers autre chose. Mon ego perdurait et devenait partie
intégrante des concepts dont Seth parlait. J’existais à travers eux.
Jane Roberts, Le livre de Seth, pp. 292-295.