Interprétation des
communications médiumniques
Quand les « esprits » des défunts ou les entités spirituelles communiquent avec des humains sur Terre, ils doivent « couler » leurs messages dans les capacités intellectuelles et émotionnelles du médium, qui leur sert de véhicule. On devine sans peine que, sous ces conditions, leur message puisse être interprété différemment selon les qualités de l’instrument. Une grande part de symbolisme sera souvent utilisée par le communicateur pour que son message soit rendu le plus fidèlement possible : mais dans ce cas, ce dernier sera moins clair et on devra l’interpréter avec soin, en suivant les mêmes règles que pour l’analyse des rêves. Dans l’interprétation, on tiendra donc compte du contexte individuel et social du médium i.e. ses capacités individuelles, ses aptitudes psychiques, surtout intuitives, les buts qu’il poursuit (ou non) dans cette activité.
Ces considérations découlent de l’analyse que j’ai faite de trois médiums qui ont vécu au siècle dernier et qui ont exercé une influence importante dans le mouvement dit du Nouvel âge, qui malheureusement n’a pas toujours présenté des enseignements aussi valables que ceux d’Edgar Cayce, de Jane Roberts (Seth) ou de Ruth Montgomery (Guides et Arthur Ford). Même si les mêmes vérités fondamentales ont été communiquées par ces trois médiums, elles ne l’ont pas été de la même façon compte tenu, par exemple, de l’attitude et des convictions de chacun vis-à-vis de la religion.
Edgar Cayce (1877-1945) était membre d’une secte protestante (Les
Disciples du Christ). Depuis son enfance, il lisait
Jane Roberts (1928-1984), née catholique, délaissa la pratique religieuse durant son adolescence pour se consacrer à l’écriture : romans, histoires, poésie. Esprit très critique, elle n’était pas attirée par les communications médiumniques jusqu’au jour où elle tomba elle-même en transe et rédigea dans cet état un texte sur le monde comme construction de l’idée. Avec son mari, Roberts Butts, artiste-peintre, elle entreprit alors une recherche sur les communications avec des entités au moyen d’un Ouija, prêtée par leur propriétaire. Après quelques semaines de pratique infructueuses, ils reçurent un jour un message significatif de la part d’une entité qui se nommait Seth. Ainsi commença plusieurs années de sessions au cours desquelles Seth communiquait son enseignement par le truchement de Jane Roberts et que son mari prenait en notes au fur et à mesure. Ainsi parurent peu après Le Livre de Seth, L’enseignement de Seth, La nature de la réalité personnelle et d’autres. À son corps défendant, Jane repoussa longuement l’idée de la réincarnation que Seth affirmait être dans la nature même de l’être incarné. Parallèlement à ces sessions nocturnes bi-hebdomadaires avec Seth, elle continuait à produire ses propres livres de poésie ou de recherche psychique et à tenir des cours du soir sur le sujet. Et Seth ne se gênait pas pour intervenir au cours de ces soirées et expliquer certains thèmes qui pouvaient aider les participants dans leur évolution personnelle. Le texte qu’elle avait écrit en transe constituait le résumé de tout l’enseignement ultérieur de Seth : l’univers physique comme construction de l’idée. Son scepticisme devant certaines affirmations de Seth, comme l’idée de la réincarnation et la vie après la mort, la poussa à s’adresser à des psychologues et des parapsychologues pour savoir si ces communications provenaient ou non de son subconscient. Convaincue par la suite, que ces « idées » étaient totalement étrangères à ses préoccupations, elle accepta bientôt ce rôle de médium pour l’enseignement de Seth, rôle que, selon ce dernier, elle avait accepté de jouer avant sa dernière incarnation.
Ruth Montgomery (1912-2001). Ruth Shick mariée à Robert Montgomery, ingénieur, était une journaliste américaine de réputation internationale. Sa probité personnelle en matière de reportage l’incitait à toujours vérifier ses sources pour rapporter dans ses articles des faits objectifs concernant soit la politique, soit les problèmes internationaux. Dans cette lancée, elle fut amenée à s’intéresser aux communications médiumniques pour les démystifier s’il y avait lieu. Sa recherche l’a mise en contact avec Arthur Ford, un des plus sérieux médiums de ce temps, jouissant d’une réputation internationale. C’est lui qui lui suggéra de développer ses propres capacités psychiques en pratiquant l’écriture automatique. Ford est devenu un ami intime des Montgomery et un excellent conseiller pour Ruth dans sa recherche. Elle apprit par les révélations de ce médium hors pair que tous les deux avaient vécu en commun certaines vies antérieures. En plus de la vie après la mort, Ruth découvrit le fait de la réincarnation.
Elle appartient à la tradition des médiums dans le sillage de Jane Dixon et d’Edgard Cayce. Comme ce dernier, Ford avait accès, en transe, aux annales akashiques de l’Univers. Chaque matin, elle recevait de ses Guides spirituels des messages via sa machine à écrire. Elle fonda, avec d’autres spiritualistes, l’Association pour la recherche des vies antérieures et la thérapie. Elle fut une pionnière du Nouvel Age. Elle se caractérisa par sa rigueur scientifique et son esprit critique qui lui assurait toujours une vision objective des faits psychiques. Comme Cayce, elle donna des informations sur d’anciennes civilisations comme celle de Mu et de l’Atlantide. Elle popularisa l’expression de « Walk-ins » et affirma la présence de ce phénomène dans notre société contemporaine, un walk-in étant une entité qui a pris la place d’une âme qui ne pouvait plus maintenir son corps en vie pour des raisons physiques ou psychologiques. Elle empruntait donc ce corps disponible pour accomplir une mission spéciale urgente pour notre temps. Après sa mort, Arthur Ford se joignit à ses Guides pour lui communiquer d’autres informations concernant la vie psychique, les vies antérieures et l’histoire du monde.
(à suivre)
Marcel Mercier (28 mars 2009)