Karma : notre vie sur terre
Vivre sur Terre c’est se trouvé placé dans des combinaisons d’objets et de circonstances imposées par le plan physique mais qui comportent toutes un enseignement spirituel. C’est faire des exercices pratiques de spiritualité.
Comme le monde physique se rapporte aux imperfections de l’être en voie d’évolution, ce monde ne peut être parfait. Donc, dans tout ce qu’on trouve sur Terre il y a dualité : d’une part ce qu’on a, d’autre part ce qu’on aurait dans un monde idéal. En tournant ses regards vers ce qu’on aimerait avoir et en faisant de son mieux pour y conformer sa conduite, on finit par se dégager des imperfections du présent. Chaque mauvaise chose est une bonne chose inversée, tout comme chaque nombre négatif correspond à un nombre positif.
L’incarné est emprisonné dans des séries de conflits entre le plan physique et le plan de l’esprit qui se présentent de telle sorte que chacun apprenne à se développer mentalement de la manière qui lui correspond le mieux. C’est cela le « Karma » de chacun. Rien ne se fait au hasard dans l’univers, tout y est strictement organisé. Au moment de la naissance on ne choisit pas le milieu dans lequel on va renaître; on est mis là par son Karma. Changeons notre mentalité, et notre Karma changera.
On progresserait vite si l’on appliquait l’enseignement de Jésus qui, lui, a vécu sur Terre pour montrer à l’humanité comment il fallait vivre et, surtout, comment il fallait penser. Mais qui se soucie vraiment de mettre cet enseignement en pratique ? Depuis deux mille ans ou presque qu’on se dit chrétien, on en parle dans les églises; cependant est-ce l’or ou l’Amour qui gouverne les peuples ? L’humanité se perd dans son inconscience et souffre de son manque de vision; et elle continuera de souffrir et d’être harcelée par des maux de toutes sortes tant qu’elle ne comprendra pas mieux. Elle se dégage lentement, mais elle pourrait le faire beaucoup plus vite et sans acheter si chèrement ses progrès.
En attendant, il est bon de ne pas perdre de vue que rien de ce qui nous arrive à nous en particulier n’est inutile en soi. Lorsqu’on n’en comprend pas la portée spirituelle, un événement peut sembler absurde; mais tant qu’on n’a pas appris sa leçon, qui est invariablement une leçon de spiritualité, ce même événement se reproduit sous une apparence plus ou moins variée. Il nous semble parfois curieux de retrouver ainsi, au cours de la vie, des combinaisons de circonstances presque identiques : c’est la même leçon présentée à nouveau, tout comme on redouble une classe à l’école quand on n’a pas appris ce qu’il fallait apprendre la première fois.
New-York, Octobre 1955.
Extrait de Marie-Louise Morton, Où et comment retrouverons-nous nos disparus, pp. 173-175.