La Création d’Adam

(Michelange)

 

 

 

La Création d'Adam est une fresque située sur la voûte de la chapelle Sixtine, peinte par Michel-Ange de 1508 à 1512. Elle illustre l'histoire biblique tirée de la Genèse dans laquelle Dieu infuse la vie dans Adam, le premier homme.

 

Chronologiquement c'est le quatrième panneau de la série illustrant les épisodes de la Genèse sur le plafond de la chapelle, et il fut l'un des derniers à être achevé.

 

 

Dieu est représenté comme un vieil homme barbu enveloppé dans une cape virevoltante, qui peut faire penser par sa forme à un cerveau humain, ce qui voudrait dire que Dieu apporte la conscience à Adam. Nous pouvons aussi remarquer que cette forme rouge pourrait représenter un utérus où c'est Dieu qui donne la vie accompagné de ses anges. Il partage la cape avec des chérubins. Son bras gauche est enroulé autour d'une figure féminine, normalement interprétée comme Ève, qui n'est pas encore crée et, de manière figurative, attend au Paradis de recevoir une forme terrestre. Le bras droit de Dieu est tendu pour donner l'étincelle de vie, du bout de son propre doigt vers celui d'Adam, dont le bras gauche est prolongé dans une pose comparable à celle de Dieu. Détail célèbre, l'index d'Adam et celui de Dieu sont séparés par une courte distance, ce qui laisse penser que c'est une séparation entre Dieu et Adam. Ce tableau représente une idée humaniste dans la mesure où l'Homme est à l'image de Dieu.

(Extrait de Wikipedia)

 

Autre interprétation du tableau.

 

            Nous voyons également ici Dieu, non pas comme le Tout-Puissant, mais dans Son rôle de Créateur, Celui qui en créant Adam, crée chacun de nous. La représentation picturale de Dieu par Michel-Ange a suscité de nombreux débats Au fil des siècles : qui est la jeune femme sous le bras gauche de Dieu? Qui est l’enfant sous sa main gauche? Pourquoi Dieu est-Il entouré de Tant d’anges, qui paraissent même Le tenir en l’air?

 

   

 

Pourquoi l’artiste a-t-il autant « peuplé » son image avec tant de personnages secondaires autour de Dieu, puis ajouté une immense cape d’ombre et de pourpre qui enveloppe le groupe, ainsi qu’une longue bande d’étoffe qui flotte comme un cerf-volant?

 

            Deux thèses prédominent sur l’identité de la mystérieuse jeune femme. Selon la première, elle serait Ève, ou l’âme d’Ève, attendant son âme sœur, Adam. L’autre interprétation est qu’elle est Sophia, la déesse grecque de la Sagesse, chère aux néoplatoniciens. Cette seconde thèse se rapproche de la conception kabbalistique selon laquelle l’homme fut créé grâce à la séphirah Chokmah, la Sagesse, Sophia en grec – idée même que Michel-Ange a sans doute voulu exprimer.

 

            L’enfant sous la main gauche de Dieu est très probablement l’âme d’Adam, sur le point d’être transmise à Adam à travers sa main gauche. La position corporelle de l’enfant imite celle d’Adam. Selon la tradition, la main gauche est celle par laquelle nous recevons les bénédictions, car ses vaisseaux sanguins conduisent directement au cœur. Aujourd’hui encore, d’innombrables croyants dans le monde s’attachent traditionnellement un fil rouge au poignet gauche. Michel-Ange savait lui aussi que son talent était un don de Dieu. Est-ce simplement une coïncidence si l’artiste, qui a dépeint Adam recevant son âme du Créateur à travers sa main gauche, était lui-même gaucher?

 

            Les autres questions concernant la représentation si compliquée de Dieu dans ce panneau, avec tant de figures apparemment superflues, sans oublier l’immense cape et l’étoffe flottante, furent résolues par hasard en 1975. Un chirurgien de Chicago, le Dr Mershberger, qui visitait la Sixtine, fut soudainement saisi par une impression de déjà-vu en contemplant la forme de la cape et de la bande d’étoffe sur le panneau de la Création. Il s’efforça de faire abstraction des couleurs et des nombreux personnages, et revit en pensée les diagrammes qu’il avait étudiés autrefois à la faculté de médecine. Le cerveau, le cervelet, le lobe occipital, le cortex, le pédoncule cérébral…. Ils étaient tous là. Michel-Ange avait dissimulé dans sa fresque une coupe parfaite du cerveau humain. Mais pour quelle raison?

 

            Là encore, il indiquait à d’autres « initiés » ce qu’il avait appris clandestinement à l’occasion de dissections illégales. Les seules personnes susceptibles de reconnaître des organes internes cachés dans la fresque ne pouvaient être que d’autres assoiffés de savoir qui s’étaient adonnés aux mêmes activités interdites.

 

            Ceux qui connaissaient le secret gardèrent le silence et, pendant des générations, ce secret fut perdu ou oublié. Qu’il ait fallu attendre un chirurgien du XXe siècle pour le redécouvrir est une preuve des connaissances anatomiques de Michel-Ange et de son génie pour déguiser ses messages.

 

L’artiste a voulu exprimer le concept de création enraciné dans la sagesse; le « cerveau » de Dieu, pour ainsi dire, est la source de l’apparition de l’homme sur la Terre. Il s’agit d’une autre illustration d’une idée mise en exergue dans la Kabbale, le lien mystique entre l’organe du cerveau et la séphirah Chokmah, la Sagesse. Chose étonnante, Michel-Ange connaissait une vérité encore plus profonde, enracinée dans la pensée kabbalistique : ce n’est pas le cerveau dans sa totalité qui est lié à Chokmah, la Sagesse, mais seulement son hémisphère droit… ce même hémisphère que Michel-Ange a peint dans son panneau.

 

Extrait de Benjamin Blech et Roy Doliner, Les secrets de la chapelle Sixtine, Michel Lafon, 2008.