La peur et la maladie

 

            Les épidémies sont, comme la guerre, des fléaux que l’humanité se met en réserve en ne comprenant pas la loi de l’Esprit. On vit dans l’injustice et les abus. On craint de ne pas obtenir ce qu’on voudrait posséder. On cherche à approprier ce qui est pour tous; on a des concurrents, des rivaux, des antagonistes, des ennemis. Ou bien même on a peur, tout simplement peur : peur de la pauvreté, peur de la maladie, peur du prochain, peur de la souffrance. On reste dans un état constant d’inquiétude jusqu’au moment où tout ce mal accumulé dans l’éther prend forme, et on en subit les conséquences.

 

            Si l’homme était parfait, il serait toujours heureux, mais il se crée bien des complications, et la félicité du juste n’est pas pour lui, car s’il savait se conduire en tous points selon la Vérité spirituelle, il n’aurait plus à revenir sur la Terre pour y subir les épreuves qui l’acheminent vers cette Vérité.

 

            Les microbes? Oui, certains vivent dans les tissus humains; ce sont des parasites plus ou moins virulents, mais n’y a-t-il pas toutes sortes de parasites parmi les hommes? Tout ce qu’on constate sur le plan physique est symbolique de quelque vérité à connaître. Si l’on n’avait que des idées saines, les microbes resteraient impuissants, car on peut toujours se protéger en gouvernant sa vie mentale. Quand ils attaquent un organisme, ils ne sont qu’un moyen interne, tout comme il y a des moyens externes de manifester l’erreur accumulée. La peur, répétons-le, joue un rôle désastreux; elle empêche de comprendre que sur le plan spirituel dont chacun dépend, tout est amour et que c’est de cela qu’il faut être avant tout conscient.

 

            Les sérums? Oui, ils peuvent empêcher le malade de mourir, mais son destin n’en est pas pour cela radicalement changé. Il y a, au cours de la vie de chaque incarné, certaines dates critiques arrêtées d’avance. À chacune de ces dates ses jours sont menacés, mais s’il ne perd pas la vie à l’une d’elles, il retrouve la sécurité jusqu’à ce qu’il en vienne à la suivante. Il y a enfin une date ultime au-delà de laquelle il ne pourrait plus garder son corps physique – sérum ou non sérum. S’il meurt à l’une des dates en cours de route, il doit rester attaché à la Terre jusqu’à ce qu’il y ait terminé son cycle, ce que nous croyons t’avoir déjà expliqué.

 

New-York, avril 1955.

Morton. Marie-Louise, Où et comment retrouverons-nous nos disparus, pp. 237-238.