
Introduction
Cette fresque du Jugement dernier, peinte par Michel-Ange se distingue par l’inspiration originale de l’auteur. La commande du pape Clément VII était à l’effet de peindre sur le mur oriental de la chapelle Sixtine, au-dessus de l’autel, une immense fresque (dix-sept mètres de haut, treize de large) représentant le Jugement dernier, tel que le concevait la doctrine catholique d’après Matthieu, 25, 31-46. Commencée en 1536, Michel-Ange, alors agé de 60 ans, la termina en 1541 sous le règne de Paul III. Comme dans les fresques du plafond de la Sixtine, où il associe aux prophètes de la Bible les sibylles de la tradition gréco-romaine, il introduit également ici des apports mythologiques dans les personnages de Charon et de Minos qui reçoivent les damnés en enfer.
Cette fresque rassemble plus de quatre cents personnages en mouvement, tous initialement nus, même le Christ. Ce qui souleva bien des critiques et des réactions négatives (voir en Conclusion). Elle a été commandée par Clément VII, puis par Paul III, le pape de la contre-réforme, à un moment où Michel-Ange semblait traverser une crise de mysticisme et préoccupé par le salut de l'âme après la mort. La composition est divisée en bandes horizontales qui deviennent de plus en plus serrées du bas vers le haut. A gauche, le mouvement vers le haut concerne les élus, à droite le mouvement descendant représente la chute destructrice des damnés. Il va sans dire que cet article illustré ne donne qu'un aperçu de ce chef-d'oeuvre.
Un
des traits originaux de l'auteur fut d’encadrer la scène dans une forme rappelant les
Tables de



« Voici le Christ justicier : On ne sait s’il est assis ou s’il marche. Il lève le bras et se tourne d’un geste péremptoire vers la gauche, où les anges luttent farouchement avec les damnés qui sombrent dans l’abîme et tentent en vain de s’élever vers le ciel. D’un geste paisible de la main droite il attire dans un élan puissant les élus vers lui. Michel-Ange choisit de représenter le Jugement Dernier dans son plein déroulement alors que jusqu’ici on se limitait à représenter la punition des damnés, les anges vers le lieu de la béatitude. Voir Jugement dernier(Van des Weyden) et Jugement dernier (Memling) Le peintre a voulu représenter la grâce divine aussi terrible et fatale que le châtiment divin. » D'après Wikipedia.

« C’est un monde en tourbillon autour du Christ justicier, levant la main droite. Cette œuvre manque de tout élément perspectif ou géométrique. Les personnages dans les différentes parties ont leur propre perspective mais le tout est entraîné par ce tourbillon.
« Le
corps du Christ a la force d’un Hercule et son visage la beauté d’un Apollon.
Prés de lui, se découpant sur la lumineuse clarté sulfureuse, est assise
« À l'idée médiévale du salut éternel, de la providence, du paradis et de ses délices succède chez Michel Ange celle du « fatum », de la fatalité antique, pleine d'incertitudes et de frayeurs. Il abolit toute hiérarchie et réunit élus et damnés dans un seul espace plat, ascensionnel. Occupant toute l'étendue du grand mur, il ne laisse aucune place aux encadrements, pour mieux plonger le visiteur dans le fourmillement humain dominé par la force énergétique du Christ.
« Autour
de la figure du Christ et de
La fresque se divise nettement en quatre parties: Tout en haut, les anges rappellent l'oeuvre de la rédemption par la mort du Christ crucifié, en présentant les instruments de tortures: la colonne de la flagellation, la couronne d'épines et la croix. Cette section ne fait pas partie, à proprement parler, du Jugement dernier qu'elle chapeaute sous la forme des tables de la Loi. La deuxième section, au niveau du Christ et de la Vierge, montre l'arrivée des élus dans la lumière (ciel), alors qu'à la troisième, s'opère, de façon dynamique, la séparation entre les élus et les damnés, sous l'intervention des anges: « Un grand nombre de ceux qui dorment au pays de la poussière s'éveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour l'opprobre, pour l'horreur éternelle ». (Daniel XII, 2). Enfin, la dernière section présente la damnation des pécheurs dans les ténèbres (l'Hadès où règne Minos) sous la conduite de Charon, le nautonnier infernal.

Présentation par Jean-Paul II
« Nous
entrons aujourd'hui dans
« Il
semble que Michel-Ange, à sa manière, se soit laissé guider par les paroles
suggestives du livre de
« Si, devant le jugement Dernier, nous restons ébaubis par la splendeur et par la terreur, en admirant d'un côté les corps glorifiés et de l'autre ceux qui sont soumis à la condamnation éternelle, nous comprenons aussi que la vision tout entière est profondément parcourue par une unique lumière et une unique logique artistique: la lumière et la logique de la foi que proclame l'Église lorsqu'elle confesse: « Je crois en un seul Dieu... Créateur du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible ». Sur la base de cette logique, en ce qui concerne la lumière qui vient de Dieu, le corps humain conserve lui aussi sa splendeur et sa dignité. Si on le sépare de cette dimension, il devient d'une certaine manière un objet, facilement avili, puisque ce n'est qu'aux yeux de Dieu que le corps humain peut rester nu et découvert et conserver intactes sa splendeur et sa beauté. […]
« C'est précisément ce Fils éternel, auquel le Père a confié la cause de l'humaine Rédemption, qui nous parle dans cette dramatique scène du Jugement Dernier. Nous nous trouvons devant un Christ insolite. Il possède en soi une antique beauté, qui se détache en un certain sens des représentations picturales traditionnelles. Depuis la grande fresque, il nous révèle avant tout le mystère de sa gloire, lié à la résurrection. Le fait que nous soyons rassemblés ici, pendant l'Octave de Pâques, doit être vu comme une circonstance on ne peut plus propice. Nous nous trouvons tout d'abord face à la gloire de l'humanité du Christ. Il viendra en effet dans son humanité pour juger les vivants et les morts, pénétrant dans les profondeurs des consciences humaines et révélant la puissance de sa rédemption.
« C'est
pourquoi, à côté de lui, nous trouvons
Autre traitement original de la scène
« Les Anges portent apparemment les instruments de la passion (voir ci-dessus). Deux groupes d’anges sans ailes : mais ces anges athlétiques ne semblent pas porter réellement les instruments de la passion, ils semblent davantage entraînés par ces instruments comme dans un tourbillon. Ces figures surviennent en volant, comme aspirées par le vide avec des effets surprenants de raccourci ; à donner le vertige. Elles font voyager à travers le ciel orageux les symboles sacrés ; et serrent la croix et la colonne telles de grandes reliques. Situées au niveau supérieur de la fresque ; et séparées du reste de la composition par de magnifiques nuages, elles n’appartiennent pas totalement à la scène tragique, Michel-Ange a-t-il voulu en les séparant de la foule agitée, accentuer leur surnaturel ? Wikipedia.

Les élus tirés vers le haut
« L’ascension des élus : Ils s’élèvent différemment vers le ciel suivant la qualité de leur âme. Un Arabe et un Noir s’agrippent désespérément au chapelet tiré vers le ciel par un ange. Tandis qu’un autre élu, comme un somnambule, s’élève pesamment, soutenu par un de ses pairs. Appuyé sur un nuage, un ange tend une main secourable vers un élu qui la saisit en un puissant mouvement ascendant. Wikipedia.

Les damnés aspirés vers le bas
« La chute des damnés : Pour exécuter la sentence, les anges, entre ciel et terre, accourent, à droite, pour aider les élus dont les esprits malins tentent d’entraver l’envol. A gauche, ils rejettent à terre les damnés qui, par leur audace, étaient parvenus à s’élever. Ces derniers sont entraînés par les esprits malins vers le bas. Les orgueilleux par les cheveux, les licencieux par les parties honteuses, et de même chaque pêcheur par l’instrument de son péché.
C’est à
l’Énéide que Dante emprunta l’épisode de la barque de Charon : Michel-Ange l’emprunta à "
« Dans le registre inférieur droit, les damnés, rejetés par les anges et tirés vers le bas par les démons, sont comme aspirés par l’enfer et s’entassent pêle-mêle sur la barque du nautonier Charon, menaçant dans son esquif instable : il a le regard fou et fait tourbillonner sa rame au dessus des damnés. Sur la rive les attend, devant la gueule béante de l’enfer, Minos, prince de l’Hadès, le corps ceint d’un reptile. Une figure remarquable se dégage du groupe des damnés : celle de l’homme entraîné vers l’enfer juste à côté des anges aux trompettes : anéanti par le jugement, il ne se débat pas mais accepte son sort et exprime le tourment intérieur où se devinent, sans doute comme chez l’artiste, le désespoir, le remords, et la crainte de l'anéantissement physique et spirituel. »
« L’expression de l’émotion toujours vive tourne à l’horreur et au désespoir dans la foule des damnés, entraînés vers l’abîme, en un enchevêtrement frénétique des corps, par des monstrueux et bestiales démons sans toutefois que soient jamais représenté les tortures physiques.

Charon transportant les damnés en enfer


Visage
de Charon en diable
Regard effaré d’un damné
« L’un des damnés ; Image la plus impressionnante du désespoir : il est difficile d’oublier ce damné irrésistiblement entraîné vers le bas par un groupe de démons attaché à ses pieds, à ses cuisses, et qui dans sa chute inéluctable se cache la moitié du visage, avec un regard de terreur vers les profondeurs de l’enfer. » Wikipedia


Comme il l’avait fait auparavant dans les fresques du plafond, Michel-Ange ne manqua pas de caractériser certains personnages haut-placés du Vatican dont les mœurs étaient moins qu’exemplaires, sous les traits de certains damnés. Deux de ces personnages ressortent clairement.

Voici Minos, le juge des enfers, au milieu des démons, entouré d’un serpent. Selon Vasari, il est représenté sous les traits du maître des cérémonies du pape, Biagio da Cesena, qui n’aimait pas Michel-Ange et ne cessait de se plaindre de la nudité des personnages de la fresque… Michel-Ange le lui a bien rendu ! Wikipedia.

Ce visage rappelle celui du moine Savonarole.
Et
ce personnage au bas de ce détail, ne ressemble-t-il pas à Savonarole ? Le
moine maudit qui s’élevait contre les turpitudes et scandales de
La signature de Michel-Ange

« Saint
Barthélemy est celui qui dénonça la divinité du Christ et garda ce sombre
regard de rancune avant d’obtenir la révélation et la foi. Il tient sa peau
comme une dépouille maintenant inutile et montre au Christ le poignard avec
lequel il fut écorché. On a découvert que le visage de
la dépouille de Saint-Barthélemy (c’est le docteur
Conclusion
« A côté de son intensité expressive, l’unité structurelle de l’immense fresque a toujours frappé le spectateur non prévenu, ainsi que l’étonnante homogénéité d’exécution. Cette extraordinaire beauté est peinte et menée uniment qu’elle semble avoir été faite en un jour et de manière à ce que jamais personne ne puisse en faire autant ; et, à dire vrai, la multitude des figures, le caractère terrible et la grandeur de l’œuvre sont telles qu’on ne peut la décrire car elle est pleine de tous les sentiments que peut éprouver l’homme et qu’elle exprime tous admirablement.
« C’est une imbrication extraordinaire de postures et de mouvements : grappes humaines mêlées, êtres effrayés ou sereins, corps intacts ou chairs décomposées, horribles masques… « La première impression qui se dégage de cette immense
œuvre réalisée par Michel-Ange entre 1536 et 1541 et qui comporte plus de 400
personnages est celle d'un événement véritablement universel, au centre duquel se
tient la figure puissante et athlétique du Christ, représenté juste avant que
ne soit prononcé le Jugement Dernier (Matthieu XXV, 31-46) ». Wikipedia.
Les critiques