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Je
dédie cet ouvrage à tous les couples qui cherchent leur réalisation personnelle
dans l'union charnelle et spirituelle, en rejetant les fausses conceptions
concernant
Préface
Au commencement était le Verbe
Et le Verbe était avec Dieu
Et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement avec Dieu.
Tout fut par lui,
Et sans lui rien ne fut.
Ce qui fut en lui était la vie,
Et la vie était la lumière des hommes.
[…]
Et le Verbe s'est fait chair
Et il a habité parmi nous.
Jean, 1, 1-4, 14 (1).

Cet acte créateur de la pensée divine, exprimée par son Verbe (Logos), la science astrophysique moderne l'explique par la théorie du Big Bang initial dont l'expansion se manifeste encore selon les explorations astronomiques contemporaines. Comparons cette explosion d'énergie, créant le temps et l'espace, à l'explosion d'un immense feu grégeois qu'on peut décrire comme un
Jeu de formes et de couleurs


Les chrétiens fondamentalistes et évangélistes se diront sans doute choqués, ou, du moins, agacés par le titre de cet essai sur le début de la Genèse,1. Et encore plus, sans doute, par l'interprétation psychologique et parapsychologique que j'en donne ci-après. Mais cette étude ne vient nullement remplacer ou supplanter la lecture qu'en font les diverses dénominations religieuses. Mon seul but est de présenter une autre façon d'aborder ce Mythe, car, comme tous les mythes, il est issu de l'esprit humain, de l'expérience existentielle et collective de l'humanité. À ce titre, on est en droit de l'interpréter comme une expérience psychologique. C'est cette lecture que je présente et analyse dans cet écrit.
Mais d'abord, qu'est-ce qu'un mythe? C'est une façon de raconter un événement marquant de l'histoire humaine. C'est aussi, pourrait-on dire, la projection et la narration vivante et émotionnelle de cet événement.
Les symboles*(4) archétypiques se réfèrent à une réalité beaucoup plus vaste. Ils n'appartiennent pas à des individus particuliers, mais à l'humanité dans son ensemble. Le phénix, par exemple, avec ses connotations de mort et de renaissance, est caractéristique des symboles archétypiques. C'est également le cas de la licorne, traditionnellement associée à la pureté virginale et à l'initiation mystique. Le Paradis de la tradition chrétienne, le Valhalla des anciennes tribus teutoniques, l'Île des Bienheureux des légendes celtiques et les Champs Élysées des Grecs sont les symboles d'un seul et même archétype (5)*, d'un seul et même désir archétypique. […]
Le mot « mythe » ne doit pas être entendu au sens de « fiction » ou de « récit fantastique ». Bien au contraire, il dénote quelque chose de beaucoup plus complexe, de beaucoup plus profond. Les mythes n'ont pas été élaborés dans le seul but de distraire ou d'amuser, mais dans celui d'expliquer les choses, de rendre compte de la réalité. Pour les peuples antiques - les Babyloniens, les Égyptiens, les Celtes, les Teutons, les Grecs et les Romains - le mythe était synonyme de religion; tout comme l'Église catholique du Moyen Âge, il englobait ce que nous appelons aujourd'hui la science, la psychologie, la philosophie, l'histoire et la totalité des connaissances humaines. […]
Un mythe archétypique tout comme les symboles archétypiques qu'il met en œuvre, illustre les constantes universelles de l'expérience humaine (6).
Le mythe est donc un mode différent de connaissance tout aussi valable
que la science, telle qu'on l'entend aujourd'hui. Dans son autobiographie, Carl
G. Jung* en définit ainsi la
notion :
« Le mythe est le degré intermédiaire inévitable et indispensable entre
l'inconscient* et la connaissance consciente » (7). Seth l'explique ainsi :
L'imagination fit de l'homme un grand créateur de mythes. Les mythes sont
pour vous des ponts psychologiques. Ils représentent les types de perception et
de comportement que connut la race jusqu'à son stade actuel. La mythologie
comble le fossé entre la connaissance instinctive et l'individuation de l'idée.
(8)
C'est au moyen du mythe et de la
science que l'homme, au cours de son histoire, a tenté de connaître et
d'expliquer le monde et lui-même. Pour être rigoureuse, la science ne doit se
fier qu'aux informations apparentes (superficielles)
que les sens lui apportent de la réalité extérieure. Le mythe, quant à lui,
pénètre dans le clair-obscur de l'inconscient. Comme dans le rêve, il en
rapporte, sous forme de contes et de légendes, des échos de la vie mystérieuse
et fascinante qui se joue dans les profondeurs de la psyché*. (9)
C'est ce qu'a voulu exprimer l'auteur de l'enluminure du 15e
siècle (10) qui sert de frontispice à cette monographie. Le Mythe de l'Éden y
est représenté dans un cercle contenant toutes les phases de



Selon la psychologie
jungienne, le cercle est un mandala* représentant l'inconscient qui contient,
sous forme d'archétypes, la matrice des expériences, des rôles et des
personnalités vécus par les hommes depuis leur origine. Les plus connus et les
plus actifs de ces archétypes sont : l'anima* (chez l'homme) et l'animus* (chez la femme) ;
L'ego* ou le Moi conscient, pour devenir un individu à part entière, c'est-à-dire se libérer de l'emprise de l'inconscient collectif* (en termes plus simples : émerger et se distinguer de la foule), doit reconnaître et intégrer son Soi, son vrai Moi, c'est-à-dire son entité* dont il émane et dépend et dont il est une expression entre beaucoup d'autres, créées lors de ses différentes incarnations. L'intégration plus ou moins totale du Soi dans la conscience de l'individu apparaît nettement dans les expériences de mort imminente (EMI) de personnes plongées dans le coma, comme je l'ai montré dans un de mes ouvrages : Jugement ou ressouvenance (11) par le récit de quatre témoins dignes de foi.

Chez le premier témoin, une femme (12), qui, après la traversée d'une sorte de tunnel, rencontre un être de lumière lui faisant revivre toute sa vie pour lui révéler qui elle est, l'intégration du Soi est à peine commencée; aussi devra-t-elle continuer à apprendre. Le 2e, le Dr John Lily (13), dont le Soi est partiellement intégré à son Moi conscient, voit, non pas un être de lumière, mais deux gardiens, qui, en réalité, n'en font qu'un, qui lui sont supérieurs et qui le guident. Et chez les 3e et 4e témoins, le Dr Carl Gustav Jung et Patsy Davis, la rencontre avec un être de lumière cède la place à une prise de conscience totale de leur être unifié. C'est l'intégration complète du Soi et de l'ego: Ma vie est l'histoire d'un inconscient qui a accompli sa réalisation (14).
Les théories tendant à expliquer
l'origine des êtres vivants peuvent se réduire à deux hypothèses : le créationnisme
(qui prône le fixisme) soutenu par plusieurs religions chrétiennes
qui s'appuient sur
Aujourd'hui, l'Église catholique
admet l'hypothèse évolutionniste et considère le récit biblique de la création
comme une allégorie, un récit symbolique : elle reconnaît ainsi le
caractère mythique de Genèse 1-4. Pie
XII est, sans doute, le Pape qui a su infléchir la pensée traditionnelle
catholique pour l'ouvrir aux données contemporaines de la science. Et
l'exégèse* catholique de
Quant à l'être humain toutefois,
en plus du problème du chaînon manquant
(théorie que plusieurs savants rejettent aujourd'hui), une récente découverte
fossile (15) faite au Tchad semble infirmer, selon certains, l'hypothèse de
l'évolution de l'espèce humaine, telle que présentée depuis ses supposés
ancêtres animaux : les primates. Si on se fie à la datation par le carbone
des fossiles anthropoïdes, on aurait en effet découvert, au cours de la
dernière décennie, un fossile qui présenterait un degré d'évolution comparable
à celui de l'homme moderne (homo sapiens)
mais qui serait plus ancien que l'homme de Cro-Magnon ou même de
l'australopithèque. D'autre part, plusieurs archéologues soutiennent qu'on ne
peut établir de lien évolutionnaire entre les diverses couches du sol lors des
fouilles archéologiques. Ce qui semble affaiblir la position du darwinisme.
Plusieurs savants remettent même en question la théorie de l'évolution telle
qu'elle est présentée de nos jours. Ceci étant, on serait en droit d'avancer
une troisième théorie faisant état de la colonisation de
De plus, ces faits et découvertes
scientifiques, s'ils s'avèrent fondés, semblent cautionner certaines
communications médiumniques concernant les origines du monde et de l'homme,
notamment celles d'Edgar Cayce* et de Jane Roberts* (Seth*). Cayce parle de
migrations d'âmes qui seraient descendues sur la terre en deux phases : la
première présentant la venue de ces âmes, en Atlantide*, sous l'aspect de
formes-pensées androgynes (Amilius-Lilith) et la deuxième sous formes
d'incarnations charnelles séparées (Adam et Ève) (18) Cayce parle aussi d'un
certain type d'évolution de la forme-pensée, de la forme éthérée, vers une
matérialité de plus en plus dense de l'homme aboutissant à la séparation des
sexes (19). L'enseignement de Seth, transmis par le médium américain Jane
Roberts, affirme, de son côté, que des civilisations extraterrestres
techniquement très évoluées seraient venues sur terre avant même la création de
l'Atlantide et auraient essaimé ensuite ailleurs à trois reprises, y laissant
des colonies qui seraient à l'origine des races humaines actuelles. Parmi les
descendants de ces premières civilisations extraterrestres, il signale la
présence de mutants* (20), ce qui cautionnerait l'évolutionnisme.
Le concept du mythe englobe toutes ces
hypothèses, puisqu'il s'agit d'événements vécus par l'humanité quoique
différemment expliqués. Mon analyse du Mythe de l'Éden se fera sous l'éclairage
des données majeures de la psychologie analytique de Jung et des apports
fournis par la parapsychologie, dont l'objet concerne toute connaissance perçue
par les facultés intuitives et médiumniques, comme le channeling*. Ce genre de communications a été abondamment étudié
par les Sociétés de recherche psychiques (21) depuis plus de cent ans et leur
existence objective a été confirmée dans les années 1930-1950 par les
recherches scientifiques de Rhine*.
Maintenant que j'ai clairement
montré mes couleurs, j'invite le lecteur à user d'une ouverture d'esprit
suffisante pour considérer sérieusement mon interprétation du Mythe de l'Éden quelle que soit
l'origine de mes sources. À cet effet, il trouvera, à la fin de cet ouvrage,
des Documents qui ont servi de base à cette étude et qui, je l'espère,
sauront corroborer à ses yeux le sérieux de mon analyse psychologique et lui
permettront de se faire, sur ce sujet, une opinion des plus éclairées. De plus,
les nombreuses illustrations qui parsèment ces pages, viendront concrétiser en
s'y harmonisant le caractère mythique du sujet.
Quant au débat entre les tenants
des deux théories, créationnisme et évolutionnisme, il reste donc ouvert.
Prendre position à leur sujet n'ajouterait rien à mon analyse du Mythe, car mon
objectif n'est pas de départager les assises plus ou moins solides de l'une ou
de l'autre hypothèse, mais de les concilier, d'une certaine manière, en montrant leur signification commune sur le
plan intérieur et psychologique au-delà de leur expression rationnelle ou
physique.

(1)Traduction de La Bible de Jérusalem, Éditions du Cerf, 1973.
(2) Poème du Big Bang dans www.marcel-mercier.com\artet poesie.htm.
(3) Jane Roberts, La réalité personnelle, T-II, p.94.
(4) Voir le Document J: Signe et symbole.
(5) Les mots suivis d'un astérisque renvoient au Glossaire à la fin de l'ouvrage.
(6) Michael Baigent, Richard Leigh, Henry Lincoln, Le Message, l'énigme sacrée, France Loisirs, 1987, pp. 181-184. Voir aussi le Document: Les mythes religieux.
Ma vie, Gallimard, Paris, 1973, p. 355.
(8) Jane Roberts, La réalité personnelle T-II, p. 93.
(9) Marcel Mercier, La santé psycho-spirituelle, Louise Courteau Éditrice, 2006, p. 145.
(10) Folio 25v- Le Jardin d'Éden, Les Très Riches Heures du Duc de Berry.
(11) Chapitre 8.
(12) Raymond Moody, La vie après la vie, Robert Laffont, France Loisirs, 1973, pp. 85-87.
(13) Extraits de John Lilly Dr, L'oeil du cyclone(The Center of the Cyclone), cité dans Kenneth Ring, Sur les frontières de la vie, Robert Laffont, 1982 et dans Pierre Jovanovic, Enquête sur l'existence des anges gardiens, Éditions Filipacchi, 1993, p. 97.
(14) Carl Jung, Ma vie, Prologue, p. 21.
(15) John Whitfield, Oldest member of human family found, in Nature, 11 juillet 2002.
(16) Voir Document C: Évolution et civilisations.
(17) Voir plus loin: Aperçu parapsychologique.
(18) W.H.Church, Les retours d'Edgar Cayce, Éditions de Mortagne, 1994.
(19) Voir plus loin.
(20) Jane Roberts, L'enseignement de Seth, Éd. J'ai Lu New Age, 1991, p. 279,
(21) The Society of Psychical Research fondée à Londres en 1882 et aux USA peu après.
Adam et Ève en Éden.