Les cinq sens
Jouir physiquement est logique lorsqu’on a des sens qui y engagent; cependant cette jouissance ne devrait pas être une fin en soi mais servir un but : subsister ou procréer. Si l’on en abuse pour se perdre dans le plaisir, la jouissance tourne au vice et l’on devrait se méfier car les abus vont fournir leur équivalent de peine en maux physiques.
Il est évident
que la sensualité sous toutes ses formes est chose dangereuse car c’est elle
qui nous égare sur
La vie terrestre, pourtant, n’est pas sans charme; elle serait même une aventure merveilleuse si l’on était un peu mieux conscient de ce qu’on est venu faire sur Terre. Mais, si on le savait, en termes trop spécifiques, on n’aurait plus guère qu’à se conduire comme des mécanismes d’horlogerie. On perd donc, à chaque incarnation, la mémoire consciente du passé, et l’on se retrouve plongé dans un monde physique qui contraint à agir, mais qui bloque l’horizon de toutes parts.
Il nous semble
absurde de prétendre vivre dans le monde à trois dimensions en évitant de jouir
des sens que l’on a pour s’y orienter. Qui peut se vanter d’y réussir parmi
ceux qui se réincarnent et qui par conséquent ne sont pas supérieurs à
Manger avec
sobriété mais en y prenant plaisir, c’est remercier
Dormir autant
qu’on en ressent le besoin, c’est faire confiance à
Se retrouver de sexe à sexe, c’est profiter de l’objectivité du monde terrestre pour compléter sa propre nature en marquant l’union des êtres.
Certains sens, plus terre à terre que les autres, sont les premiers à se modifier au cours de l’évolution. Le toucher, dans l’Au-delà, finit par être le sens des limites toutes mentales que l’on met autour des choses; il devient le sens des proportions; quant à l’odorat, il se rapporte de plus en plus à la pureté des formes et des concepts. Ces deux sens s’associent graduellement aux perceptions esthétiques et morales.
Par contre le
vue et l’ouïe ne changent pas, et l’aveugle et le sourd de
New-York, Septembre 1955.