Magicienne
O Femme, dont les formes envoûtantes
De la psyché humaine sont l'expression physique,
Mandala efficace de la force cosmique,
Tu crées la Vie en ton divin corps
Comme opère l'Alchimie dans l'Athanor.
(Bronzino: La Fortune)
Ta chevelure ondulante atteint les nébuleuses
Captant de l'Univers les ondes voyageuses;
Tes pieds effleurant le sol compact
Tirent les énergies profondes de la Terre
Pour unir les Ténèbres à la Lumière.
(Vinci: Léda)
Isis, Isthar ou Astartée,
Tu diriges des hommes la Destinée:
Fée des Étoiles ou Déesse des Moissons,
Dame blanche ou Sorcière malicieuse,
Prêtresse efficace ou Vestale toute-puissante.
(Rubens: La Terre)
Tes seins où s'accumule la sève de Vie,
Ton ventre où s'élabore la race humaine
Charment tes enfants curieux de tes mystères,
Cherchant sans trève la porte secrète
Cachée sous le duvet de ta colline vénusienne.
(Vinci: Visage de la Vierge)
Ta douce caresse comme un onguent magique
Guérit la nostalgie de l'amant esseulé;
Tes lèvres distillent le philtre d'amour
Qui l'enivre à jamais de tes arômes bénéfiques
Et le jette éperdu dans l'union sans retour.
Poème dédié à mon épouse, Paulette Giroux.
Marcel Mercier, 1981