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MESMER

1734-1815

Au siècle de Mesmer, la conception de l'univers avait changé. Les grandes découvertes faites en physique et en chimie avaient servi de base à l'élaboration de la science moderne. L'expérimentation, contrairement à ce qui se faisait au temps de Paracelse, se limitait au visible, à l'observable. Et les lois de la nature se manifestaient peu à peu à la suite de nombreuses vérifications des mêmes effets. Sans doute, la méthode scientifique n'avait pas encore atteint la rigueur qu'on lui connaît aujourd'hui. Mais son caractère était déjà bien déterminé.

Aussi Mesmer tenta-t-il de prouver sa fameuse découverte du " magnétisme animal " par la méthode scientifique. Comme Paracelse, il croyait à l'existence d'un fluide universel dont était dotée la nature et dont le magnétisme animal était la manifestation au niveau humain. Il affirmait que sa découverte portait sur la cause de la gravitation universelle prouvée par Newton. Médecin lui aussi, il présentait, sous une forme différente de l'explication de Paracelse, cette notion du fluide universel comme base d'une théorie susceptible de révéler aux médecins le secret de guérir toutes les maladies.

Aux yeux de la science, son erreur fut de vouloir prouver, sur le plan physique, des phénomènes qui relevaient en grande partie du psychisme. Ses démonstrations furent rejetées comme non conformes à la méthode scientifique. Les efforts qu'il déploya pour faire accepter sa découverte sur le plan médical ne furent pas davantage couronnés de succès. Les condamnations officielles dont sa doctrine fut l'objet, raya longtemps du tableau de la Science la réalité du fluide magnétique.

Les phénomènes provoqués supposément par le magnétisme animal ne pouvaient être niés, puisqu'ils étaient réels et observable, Leur étude poursuivie par d'autres chercheurs, conduisirent à la découverte du somnambulisme et de l'hypnotisme, et donnèrent un essor immense à la science du psychisme humain.

Marcel Mercier, Du Fluide magnétique à la science des influences cosmiques, Thèse pour la Maîtrise en Psychologie, Université Laval, 1974, Conclusion (extrait).