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Si le concept d'influence physique ne recouvrait pas, chez Paracelse, celui de la science moderne, ce dernier attribuait quand même au corps " invisible " du macrocosme et du microcosme la possibilité de produire des effets physiques sur les " corps visibles " du cosmos. C'était, chez lui, une conviction basée sur la loi des analogies et des correspondances universelles, qui constituent la trame invisible de la réalité. Aussi, l'art médical lui apparaissait-il comme fondé sur les quatre piliers constitués par la philosophie, l'astrologie, l'alchimie et la vertu professionnelle, c'est-à-dire les aptitudes personnelles du médecin.
Car, pour Paracelse, le médecin est " l'astral ", c'est-à-dire celui qui connaît par une " lumière " supérieure, la réalité universelle, constituée par les interdépendances des parties et du tout. C'est par cette connaissance qu'il découvre le magnétisme universel par lequel s'opèrent les évolutions et les transformations des choses et des êtres, de même que la santé, la maladie, la fabrication des remèdes et les guérisons. L'homme, lui-même un microcosme (un monde en miniature), possède, à l'instar du macrocosme (l'univers), un magnétisme humain, qui peut agir pour le bien et pour le mal, selon l'intention de l'opérateur. Ainsi s'expliquent les guérisons " miraculeuses ", les possessions diaboliques, les miracles accomplis par les momies, c'est-à-dire par les corps des saints personnages. Le médecin doit acquérir cette science par ses observations personnelles et ses expérimentations multiples.
Pour bien jouer son rôle de medium dans la répartition des forces cosmiques, il doit être à la fois philosophe, astrologue, alchimiste et moralement compétent. En vertu du dernier pilier de la médecine, il doit avoir une foi profonde, nourrir un amour et une bienveillance particulière envers ses patients et rester dans une grande humilité, car c'est Dieu qui guérit, n'étant lui-même qu'un intermédiaire.
La notion paracelsienne de fluide magnétique s'appliquait d'abord à un Agent fluidique universel (Magnale magnum) dont l'influence se manifestait dans la partie invisible de tous les êtres du Cosmos. Dans l'homme, le magnétisme devenait un pouvoir naturel d'essence spirituelle : c'était le fluide vital, qui lui permettait d'agir, par la pensée créatrice (foi et imagination, nous dirions aujourd'hui : visualisation mentale), sur le Magnale magnum ou âme du monde et sur la partie invisible des êtres. Ainsi, le médecin pouvait dégager, des végétaux et des minéraux, la force invisible, ou le magnétisme propre de ces êtres (arcane) et l'utiliser comme remède. Mais l'utilisation de ce magnétisme était soumis aux lois astrologiques, exprimant le mode d'action cosmique du Magnale magnum. Ainsi sa notion de fluide magnétique (universel et humain) était fonction de l'analogie et des correspondances macromicrocosmiques.
Marcel Mercier, Du fluide magnétique à la science des influences cosmiques, Thèse pour la Maîtrise en Psychologie, Université Laval, 1974, Conclusion (extrait).