III
Plutôt
que d'une incarnation dans ces divers pays (en France, en Angleterre et en
Amérique), il s'agissait de l'Esprit du Christ, c'est-à-dire du Maître marchant
parmi les hommes. Car, que ce soit parmi les prêtres, comme ce fut le cas en
France, ou parmi les humbles moines, comme ce fut le cas en Angleterre, ou bien
parmi les fiers guerriers en Amérique, c'était toujours l'Esprit du Dieu
unique, qui souffle de « préférer ton prochain, ton frère à
toi-même »! Cet Esprit prit possession de certains individus, ou plutôt
travailla avec eux, jusqu'à ce que leur propre personnalité en tant
qu'individus fût mise de côté. Et si tu veux qu'il marche avec toi, fais de
même: "Non pas ma volonté, Seigneur, mais la tienne, qu'elle soit faite en
moi, aujourd'hui, maintenant!" (Lecture 364-9).
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C |
e
texte d’Edgar Cayce, relativement aux réincarnations du Christ, jette un
éclairage intéressant sur le mysticisme de certains chrétiens, « possédés
par le Christ », tels Thérèse d’Avila et Jean de
1
Le mysticisme et les mystiques
Le mysticisme est la recherche de l’union avec Dieu et à la prise de conscience personnelle de cette union, car chaque individu est inconsciemment uni à la divinité, puisqu’il a été fait à Son image. L’individu humain a besoin de créer une forme exprimant l’objet de sa recherche. Mais Dieu est l’Inconnaissable, on ne peut que l’expérimenter. L’individu doit donc en imaginer des images sur lesquelles il puisse projeter sa quête d’unité.
L’expérience mystique demeure un mystère inexplicable aux yeux de la science, parce que le seul point de vue d’observation de cette dernière est le réel physique et sensible, à partir duquel elle peut élaborer des explications rationnelles. Or, l’expérience mystique transcende le monde sensible tout en incluant émotions et sentiments.
Quoiqu’il en
soit, c’est l’amour qui nous rend semblable à Dieu, car « Dieu est amour,
dit saint Jean, Ce constat, que confirment tous les mystiques, est capital.
L’extase apporte une connaissance intime de Dieu, connaissance non
intellectuelle, mais affective, comme dans l’amour humain, vrai. « Science
très savoureuse, parce qu’elle est une science toute d’amour », dit encore
Jean de
Les enseignements de Cayce et de Seth, en particulier, et ceux provenant d’autres médiums ainsi que les témoignages des rescapés de la mort (NDE) (2), nous apporte un nouvel éclairage pour comprendre ou, mieux, pour nous faire une idée plus précise de ce phénomène.
Retenant que l’Univers est multidimensionnel et que les êtres et les
niveaux qui le composent sont reliés entre eux et avec
Dans son expérience transcendante, le mystique rencontre donc des êtres spirituels ou des symboles les représentant, avec qui il partage des affinités, et, tout en premier, sa propre entité, dont il est une expression temporelle. Le pouvoir de création de sa conscience lui permet de se représenter ces personnages comme des symboles qui lui servent de langage adéquat pour communiquer avec diverses dimensions spirituelles, comme on le fait dans le rêve ou à l’état d’éveil quand on a recours à une entité pour régler quelque problème personnel. Mais cette image symbolise toujours le Soi profond de la personne. C’est ce qu’expliqua Seth à Jane Roberts au sujet d’une personne qui lui avait affirmé que Seth l’avait guérie.
Dans ce cas précis, a-t-il expliqué, Mrs Brian s’était servi de lui comme symbole de son moi intérieur, ou conscience supérieure et ce, dans l’intention de libérer une assistance et des influences curatives. (3)
Toute forme qu’imagine un mystique dans sa quête de Dieu ne peut donc
être d’abord que celle de son Entité ou Soi total, qui est une image de Dieu,
dont elle est une partie, comme toutes les créatures. Thérèse d’Avila, Jean de


« Thérèse de Jésus,
Jean de
Les symboles qu’utilisa Thérèse d’Avila étaient conditionnés par sa psychologie féminine : elle était une femme amoureuse de la vie, ferme et entière dans ses décisions. Ayant renoncé à la vie mondaine à laquelle elle avait participé dans sa jeunesse et même après son entrée au carmel (8), elle avait un besoin incoercible d’exprimer sa féminité. Ayant dépassé la crainte de l’enfer pour accéder à l’Amour de Dieu, elle ne pouvait exprimer celui-ci qu’à travers l’humanité du Christ (9), sur lequel elle pouvait focaliser les élans de son cœur.
Pour éviter de se perdre et libérer les puissances vitales qui l’assiègent, elle n’a plus qu’une issue : les investir sur le seul personnage masculin qu’il lui soit autorisé d’aimer : le Christ. Mais pas un Christ sublimé. Un Christ en sa pleine humanité. (10)
Le Dieu qu’il est, je vis qu’il est homme, qu’il ne s’étonne pas de nos faiblesses, qu’il comprend notre véritable nature. (11)
Comment aimer le Christ sans s’inspirer de celle qui l’aima durant sa vie historique : Marie-Madeleine
Reliée à ses visions, Thérèse tombe amoureuse du Christ au sens charnel et affectif du terme, comme Marie-Madeleine, et cela personne ne pourra le lui enlever. (12)
Elle prend alors pour modèle Marie-Madeleine, la grande amoureuse pardonnée de l’Évangile. « Avec elle, je me tenais aux pieds du Sauveur, avec elle je les arrosais de mes larmes. » (13)
J’avais pour la glorieuse sainte Madeleine une tendre dévotion; très souvent ma pensée s’occupait avec bonheur de sa conversion, surtout lorsque je venais de communier. Certaine alors que le divin maître était présent en moi, je me tenais à ses pieds, je les arrosais de larmes qui, ce me semble, ne devait point lui déplaire. Je ne savais ce que je disais; mais c’était de sa part trop de faveur d’agréer le tribut de mes larmes, puisque le sentiment qui en était la source devait si tôt s’effacer de mon âme. Je me recommandais à cette glorieuse sainte et la conjurais d’obtenir mon pardon. (14)
L’expérience près de la mort (EMI) qu’elle fit à l’âge de 23 ans fut déterminante pour la future réformatrice du Carmel. Affectée d’une maladie que les médecins ne pouvaient diagnostiquer, elle tomba dans le coma du 15 au 19 août 1538. Croyant qu’elle était morte, on se préparait à l’enterrer quand elle revint à elle. « Elle se mit à raconter ce qu’elle avait vu dans son sommeil léthargique : le paradis, mais aussi l’enfer. Et pourquoi on l’avait renvoyée sur terre : elle avait une mission à accomplir. Par petites phrases entrecoupées de sanglots, on arriva à discerner : « monastères, fondations, sauver les âmes. Enfin elle s’écria – Ne me croyez pas morte tant qu’on ne recouvrira pas mon corps d’un drap d’or. (15)» Cette prophétie trouva sa réalisation en 1582, lorsque la princesse d’Albe recouvrit en effet son corps défunt d’un drap d’or.
Entre cet épisode d’expérience de mort imminente, pendant laquelle elle a connu le diable et l’enfer*, il s’est passé une vingtaine d’années avant que sa conversion de la peur à l’amour se réalise définitivement. La peur du diable et de ses tentations s’est peu à peu transmuée en une profonde sécurité issue de son véritable amour mystique pour Dieu et le Christ. La peur de Satan peut nous être utile à certaine période de développement pour nous questionner sur notre origine divine.
Il s’agit d’une métaphore, d’une façon symbolique d’inciter les hommes à se tourner vers Dieu s’ils veulent se sentir en sécurité, au lieu de satisfaire leurs tragiques penchants et habitudes personnelles. Attribuer à une force extérieure tous les maux de la terre était peut-être utile à un certain stade du développement de l’humanité. Mais maintenant cela camoufle la vérité : nous évitons commodément toute responsabilité lorsque, pour nos actes répréhensibles, nous blâmons des forces qui nous sont extérieures. Nous avons tendance à utiliser l’idée de Satan afin de projeter notre souhait que certaines personnes soient intrinsèquement mauvaises; ainsi nous pouvons diaboliser ceux avec lesquels nous sommes en désaccord et les éliminer. Il est temps de comprendre la vraie nature du mal d’une façon plus raffinée et de l’affronter (16).
Notes
(1) Antier, Jean-Jacques, Thérèse d’Avila, pp. 140-141.
(2) Near Death Experience : Expérience près de la mort, vécue par des personnes revenues d’un coma profond.
(3) Jane Roberts, Le livre de Seth, p. 153. Voir Document D : Les symboles
spirituels
(4) Voir Document D :
Les symboles spirituels.
(5) Voir Document F : Le Château intérieur.
(6) Voir Document E : La transverbération.
(7) Antier, Jean-Jacques, Thérèse d’Avila, de la crainte à l’amour,
Perrin, 2003, p. 287.
(8) Le Carmel mitigé permettait aux moniales de recevoir des gens du monde
au parloir. Et Thérèse, à cause de on statut aristocratique, ne manquait pas de
visiteurs.
(9) C’est
Ignace de Loyola qui lui suggéra de faire oraison en méditant sur l’humanité du
Christ.
(10) Ibidem, p. 134.
(11) Vie, 292.
(12) Ibidem, p. 285.
(13) Ibidem, p. 135.
(14) Vie, ch.9.
(15) Antier, Jean-Jacques, Thérèse d’Avila, p.71.
(16) James Redfield, La dixième révélation de
DOCUMENT D
Les symboles
spirituels
Certaines explications de Seth concernant les visions de l’au-delà nous éclairent sur l’interprétation à donner à certaines visions dites surnaturelles ou mystiques. Par exemple, chargé d’aider, après sa mort, un arabe qui était confus de se retrouver dans l’au-delà, Seth s’est présenté à lui comme étant Moïse, qui dans l’esprit du mort luttait contre Allah. Voici, son récit.
L’Arabe avait une caractéristique très intéressante, et vous parler de lui est une occasion pour moi d’illustrer quelques-unes des difficultés propres à ces situations. Il haïssait les Juifs, mais je ne sais pourquoi il était obsédé par l’idée que Moïse était plus puissant qu’Allah. Tel fut pendant des années le secret qui hanta sa conscience. Il passa quelque temps à Constantinople au moment des croisades. Il fut capturé et tué avec un groupe de Turcs. Les chrétiens les exécutèrent tous d’une façon horrible et lui remplirent la bouche de charbons ardents. Il en appela à Allah et, en désespoir de cause, à Moïse, et
sa conscience quitta son corps.
Moïse était là.
Il croyait en Moïse plus qu’en Allah et j’ignorai jusqu’au dernier moment la forme que je devais assumer; par ailleurs il semblait attendre un combat pour son âme.
Moïse et Allah devaient lutter pour lui. Il était obsédé par cette idée probablement parce qu’il était mort par suite de violence et rien ne pouvait le persuader d’accepter la paix ou le repos avant qu’on ne lui ait rendu justice par la force.
Un ami et moi organisâmes avec d’autres la cérémonie et, du haut de nos nuages, j’échangeai avec Allah des imprécations en prenant son âme à témoin – cependant que lui, le pauvre homme, demeuré au sol, tremblait de peur entre nous. Évidemment, il y a un côté humoristique dans cette histoire; mais on voit bien ce que la croyance de l’homme peut engendrer et il est de notre devoir de le libérer en faisant aboutir ce mode de pensée. J’en appelai donc à Jéhovah, mais sans résultat parce que notre Arabe ne connaissait pas Jéhovah, mais seulement Moïse – et c’était en lui qu’il avait mis sa foi. Allah tira une épée cosmique qu’il enflamma et lâcha. Elle tomba sur la terre qui prit feu. Notre Arabe cria encore, Il vit de longues processions derrière Allah et de longues processions qui apparaissaient derrière moi. Notre ami était convaincu que l’un de nous trois devait être détruit, et il craignait beaucoup d’être la victime.
Finalement, les nuages opposés sur lesquels nous apparaissions se rapprochèrent. Je tenais dans ma main une table sur laquelle on lisait : Tu ne tueras point. Allah prit son épée. Quand nous fûmes plus près, nous échangèrent nos symboles, nos cohortes se mêlèrent. Nous avons composé ensemble l’image d’un soleil et avons proclamé : « Nous sommes un. » Le dilemme était résolu!
Les deux idées diamétralement opposées devaient se fondre, sinon l’homme n’aurait pas connu la paix, et c’est seulement quand nous fûmes réunis que nous avons pu lui expliquer sa situation.
(Jane Roberts, L’enseignement de Seth, pp. 168-169.)
Une autre fois, il vint aider une malade plongée dans le coma de l’agonie :
Je me suis présenté comme Jean, l’apôtre très attentif, et je lui ai parlé. Ce n’est pas usurper la place de cet apôtre mais utiliser son ascendant pour convaincre. Dans notre sphère il n’est pas inhabituel d’agir ainsi dès lors qu’il s’agit de secourir quelqu’un.
(Jane Roberts, Le livre de Seth, p. 197.)
Parfois, sa propre image peut être utilisée pour symboliser le Soi ou l’inconscient de la malade et ainsi recevoir des messages positifs pour se guérir. En voici un exemple raconté par Jane Roberts.
Au cours d’une lecture d’extraits du Livre de Seth parus dans un journal avec une reproduction de Seth, faite par Robert Butts, le mari de Jane Roberts, Mrs Brian « avait ressenti un terrible mal de tête. Soudain elle eut le sentiment de la présence de Seth. Une voix intérieure, qu’elle présuma être la sienne, lui dit qu’elle avait tort de s’apitoyer sur elle-même; elle devait immédiatement cesser de penser à sa santé, se lever et sortir pour faire une promenade. Son état s’améliorerait sur le champ.
Très effrayée, elle fit ce qui lui avait été dit. Au même instant, le mal de tête disparut. Elle raconta cet incident à Jane Roberts qui évidemment à interrogé Seth sur cet incident.
Dans ce cas précis, a-t-il expliqué, Mrs Brian s’était servi de lui comme symbole de son moi intérieur, ou conscience supérieure et ce, dans l’intention de libérer une assistance et des influences curatives.
(Jane Roberts, Le livre de Seth, pp. 152-153.)
DOCUMENT E
La
transverbération
Dans un poème, véritable élan de son
cœur transpercé. Thérèse a chanté
Dans les profondeurs de mon être
j’ai senti un coup soudain;
le trait était divin.
Car il a fait de grandes choses.
De ce trait je fus blessée
et bien que la blessure soit mortelle
et la douleur sans égale
c’est une mort qui donne vie.
Si cette blessure tue, comment donne-t-elle
vie
Et si elle donne la vie, comment
donne-t-elle la mort?
Comment guérit-elle en blessant?
Et comment peut-on vivre avec elle?
Divines adresses de Celui
Qui, à travers de si dures épreuves,
sort vainqueur du combat
en accomplissant ces grandes choses.[1]
Elle lui (Jean de
O nuit qui me guide !
O nuit plus douce que l’aurore !
O nuit qui sut si bien unir
l’Aimé avec la bien-aimée,
l’amante en l’Amant transformée.[2]
[…] il rejoint Thérèse dans le paradoxe de la souffrance-délice telle qu’elle l’a éprouvée autrefois. Il chante :
O flamme d’amour, vive flamme
qui me blesse si tendrement
au plus profond centre de l’âme !
Tu n’es plus amère à présent.
Achève, si tu le veux,
romps enfin le tissu de cet assaut si doux !
O brûlure suave !
O plaie délicieuse !
O douce main
touche légère
qui a la saveur de la vie éternelle;
par toi toute dette est payée.
Tu me donnes la mort; en vie elle est changée.[3]
DOCUMENT F
Le Château intérieur
Ou
Le Livre des demeures
« L’âme est un château médiéval composé de six demeures entourant le donjon central où réside le Seigneur. L’itinéraire consiste à cheminer en allers et retours ans ces demeures, avant d’accéder au donjon, si Dieu y invite, où se consomme l’union avec le Christ. Dans la première demeure, on apprend à renoncer à sa volonté propre pour réaliser en soi l’accueil de Dieu. La deuxième enseigne la persévérance, la troisième l’humilité. Dès la quatrième demeure, on accède à l’oraison de quiétude. L’Amour enfin paraît ! Dieu étend son emprise sur les facultés de l’âme, mais le mental est encore actif. Dans la cinquième, on est déjà dans l’oraison d’union et on se familiarise avec l’Amour. Ainsi comblé, on célèbre dans la sixième les fiançailles, le mariage étant la septième, la consommation dans l’extase, l’union mystique.
L’âme est un château inconnu que découvre la conscience lorsque, cessant de s’extérioriser, elle regarde en elle, comme dans l’analyse psychanalytique. Mais, alors que l’analyse moderne ne s’intéresse qu’au moi, à l’ego, l’oraison thérésienne postule la présence d’un Tout Autre au cœur de l’esprit. Il s’agit de le découvrir. L’originalité de Thérèse est là. En cherchant Dieu (démarche religieuse), on trouve (démarche humaniste) et inversement. Ayant ouvert la porte du donjon central, cœur de l’expérience mystique, on peut être saisi par Dieu. Nous découvrons alors nos propres finitudes face à la perfection divine. Cette humilité acquise favorise les grâces divines, de plus en plus élevées.
Cette œuvre est la démarche d’un esprit à la fois actif et passif, aimant et effacé, qui tend vers ce Dieu qui l’appelle au plus profond de lui-même. Cet enseignement n’a rien de dogmatique. C’est d’abord le témoignage d’une vie chrétienne poussée jusqu’à la perfection; la relation d’une expérience mystique incomparable. Thérèse a l’expérience vécue de l’humanité du Christ; elle invite à le prier, c’est-à-dire à l’aimer en lui tenant compagnie, le Christ offrant l’accès le plus sûr à Dieu-Père. On le connaît d’abord à travers l’Évangile. Thérèse aspire à devenir une sainte selon l’Évangile, en imitant le Christ qui par grâce l’élèvera quand il voudra et comme il le voudra jusqu’aux plus hauts sommets de la mystique. (Ibidem, pp. 354-355).
Maître de ses passions grâce à la pratique de l’examen de conscience et à une forte volonté, le vrai mystique se libère de ses pesanteurs charnelles, mais non le malade mental qui subit son état et demeure prisonnier de son système, soit psychiquement (c’est alors une névrose), soit physiquement, par dérèglement hormonal ou d’autres formes pathologiques. Le mystique accepte la souffrance et la transcende. Elle lui devient supportable et même désirable, comme prix de sa guérison. Il s’en sert alors de tremplin, il la maîtrise comme un cheval sauvage pour d’étonnantes conquêtes. (Ibidem, p. 73)
En cette année 1554, à l’Incarnation, elle cherche le visage de Celui qu’elle désire obscurément, parce qu’il lui révélera son propre visage, ce qu’elle est en profondeur, puisque l’homme a été créé à l’image de Dieu. « Deviens ce que tu es ! » Inconsciemment, elle s’adresse au Dieu inconnu, « à celui qui sait que je le désire, parce qu’il est lui-même au cœur de ce désir ». (Ibidem, p. 85)
Elle se sentie aussitôt accueillie. « Soudain, le sentiment de la présence de Dieu ! Impossible de douter qu’il fût en moi ou que je fusse tut abîmée en lui. » Elle se rappela alors avec intensité la pécheresse repentie Marie-Madeleine, baignant de ses larmes les pieds de Jésus, « accuei8llant son message et lui faisant l’hommage d’un cœur qui écoute ». « Il me semblait que mes larmes n’étaient pas à dédaigner. » Elle aima et admira cette femme qui avait su s’abandonner à Celui en qui elle avait reconnu la source même de la vie. Elle la prendra pour modèle. (Ibidem, p. 86)
Comprenant la mise en garde de
Diego de Cetina, Thérèse se mit aux pieds de Jésus dans son humanité la plus
bouleversante. Elle devint tout à tour
Les démons, elle n’hésita pas alors de les défier, seul moyen de les exorciser : « Quel mal peuvent-ils me faire si je suis la servante du Seigneur ? Pourquoi n’aurais-je pas la force de combattre contre tout l’enfer réuni ? Avec cette croix, je pourrais facilement les vaincre tous. Maintenant, venez, je veux voir ce que vous pouvez contre moi ! »
Désormais, toute crainte des démons et de l’Enfer était abolie en elle. « J’avais acquis un tel empire sur eux que je n’en faisais pas plus de cas que de simples mouches. Et de fustiger ses confesseurs et amis pusillanimes qui l’avaient enfoncée dans la peur et les scrupules : « Je redoute bien plus ces hommes si timides devant le démon que le démon lui-même. Surtout s.’ils sont confesseurs, ils jettent dans l’âme les plus grandes inquiétudes. J’en ai tant souffert depuis plusieurs années que je m’étonne maintenant d’avoir pu les supporter. » (Ibidem, p. 113)
Il (Jean de
[1] Antier, Op. Cit., pp. 136-137.
[2] Ibidem, p. 284.
[3] Ibidem, p. 286.
Illustrations