La nature du Christ et la personnalité de Jésus


Qui étais Jésus-Christ?


Et que vient faire, dans cette recherche de notre unité, le personnage de Jésus-Christ, Dieu fait Homme selon Jean 1, et second Adam, selon Paul de Tarse (Rom. 5) ? Il est le Fils de Dieu et aussi sa parfaite image : « Moi et le Père nous sommes un. » (Jean, 10, 30). Incarné en Jésus de Nazareth, le Christ devient le prototype humain de l’androgyne (1). Non seulement un modèle à imiter, mais une inspiration et une Source d’énergie spirituelle qui nous attire vers le Père : « Vous connaîtrez que je suis en mon Père et que vous êtes en moi et moi en vous ». (Jean, 14, 20). C’est pourquoi, parlant du Christ, Edgar Cayce* affirme qu’il a réalisé en lui l’androgynie au cours de ses nombreuses réincarnations (2).

 

On peut illustrer cela, dit Cayce, par l'exemple de cet homme qui fut appelé Jésus et dont la caractéristique était l'unité parfaite avec le Père Créateur. Il a dû passer par tous les stades de développement. Et il est devenu parfait dans Son intelligence, dans Son agressivité, dans Sa chair, dans Son amour, dans Sa mort, dans Ses facultés psi, dans Son amour mystique, dans Sa connaissance consciente. Parfait dans l'art de manier les forces les plus puissantes. C'est pourquoi il est comme le prototype, car, ayant satisfait aux lois cosmiques, Il est devenu parfait [...]. Ainsi est-Il un modèle pour les hommes, et seulement pour eux, car Il a vécu et est mort en tant qu'homme (3).

 

            Il faut bien distinguer l’entité Christ de la personnalité de Jésus de Nazareth. Cayce affirmait : « Le Christ n’est pas un homme. L’homme, c’était Jésus. Le Christ, c’est le messager, qui vit dans tous les temps. Sous le nom de Jésus à une époque, sous le nom de Josué à une autre, de Melchisédech à une autre encore (4). De son côté, Seth fait remarquer, en explicitant davantage, que le Christ « n'est pas une personnalité, […] mais une entité* hautement développée se manifestant parfois en tant que fragment d'elle-même (5)», c’est-à-dire dans différentes personnalités humaines.

 

Plus précis encore que Cayce (6), il affirme qu’en fait la dernière incarnation de l’entité Christ fut triple. Afin de manifester davantage ses caractéristiques adaptées à cette époque et réaliser plus pleinement sa mission, ce qu’une seule personnalité humaine n’aurait pu exprimer adéquatement, elle décida d’apparaître sous trois personnalités distinctes, quoique non nées à la même date. Il s’agit en l’occurrence de Jean, dit le Baptiste (le Précurseur), Jésus de Nazareth (le Messager), considéré traditionnellement comme le Christ et Saul ou Paul de Tarse (le Propagandiste et le fondateur de l’Église). Il faut se rappeler que, selon la nature du temps telle que définie par Seth, ces trois personnalités sont simultanées dans le présent intemporel. « Ainsi certains des exploits remontant aux débuts de sa (Paul) vie  ont été attribués au Christ – non au Christ lorsqu’il était jeune homme mais au Christ encore enfant ». (7)

Votre image du Christ représente symboliquement votre idée de Dieu et de Ses          relations. L’Histoire a fondu en une seule trois individualités séparées qu’on a          appelées le Christ – d’où les nombreuses divergences des récits. (Il s’agit de Jean-         Baptiste, Jésus et Paul).  C’était à chaque fois un homme parce qu’à cette période vous n’auriez pas accepté de contrepartie féminine.

 

Ces individualités faisaient partie d’une entité. Vous ne pouviez imaginer Dieu que comme un père et sous les apparences humaines. Composantes terrestres, ces trois figures résolvaient un drame hautement symbolique, projeté par une énergie puissamment concentrée. (8)

            De plus, Seth affirme que des documents, semblables aux évangiles dits canoniques, furent écrits dans d’autres pays par des hommes de cette époque, mais ils ont disparu : « ils relataient des épisodes méconnus de la vie du Christ, épisodes qui n’ont pas été consignés dans la Bible. Ils représentaient des enseignements tout à fait différents qui pouvaient être acceptés par ceux qui, à cette époque, avaient des croyances différentes de celles des Juifs. » Quoique formulés autrement, ces messages soutenaient également l’affirmation du « soi », son existence continue dans l’au-delà ainsi que l’importance de l’amour (9) Trois enseignements essentiels révélés par Jésus de Nazareth. Les textes dits « gnostiques » découverts en 1945 à Nag Hammadi en Haute Égypte présentent ces caractéristiques. (10) Le message central de ces évangiles avait trait à la Connaissance (gnosis) intérieure par laquelle l’adepte obtenait la révélation de Dieu et son salut.



 

Notes

 

(1) Voir Document K : Le point de vue de la psychologie (Jung).

(2) Voir Document A : Les réincarnations du Christ. Voir dans mon essai Le Christ la vie de Jésus racontée par Cayce et Seth.

(3) Ibidem.

(4) Lecture 991-1. Réponse à un rabbin attiré par le christianisme.

(5) Jane Robert, L’enseignement de Seth, p. 517.

(6) Cayce et Seth présentent des enseignements médiumniques qui me paraissent plus crédibles que les textes historiques sur Jésus, farcis d’extrapolations et de faux attribués à des auteurs juifs et romains. Voir à ce sujet Gérald Messadié, Jésus de Srinagar, pp.319-326.

(7) Ibidem, p. 421.

(8) Ibidem, p. 266.

(9) De nombreux textes apocryphes feraient partie de ces documents.

(10) Jane Roberts, La réalité personnelle, T-2, p. 275.

 

 

 

DOCUMENT A

 

Les réincarnations du Christ

(d’après Cayce)

 

            De l’une à l’autre des lectures concernant les réincarnations du Christ, la liste donnée par Cayce n’est pas toujours exhaustive mais varie selon qu’il répond à son groupe d’étude ou qu’il s’adresse à un consultant qui fut lui-même mêlé à l’histoire du Christ dans une de ses vies antérieures. En synthétisant toutes les lectures où il est question des incarnations de l’entité Christ, on obtient la liste suivante :

 

Il se manifesta d’abord dans l’androgyne* Amilius en Atlantide sous la forme d’un corps éthérique en voie de matérialisation. (Lecture 364-7).

Plus tard en Éden (Atlantide) dans la personnalité d’Adam, premier homme en chair et en sang avec un corps parfaitement adapté aux lois du plan terrestre. (Lecture 5749-3).

Il se manifesta ensuite en Enoch, qui échappa à la mort et serait réapparu en Égypte sous le nom d’Hermès, au temps d’un Grand-prêtre nommé Ra-Ta, incarnation antérieure de Cayce lui-même (Lectures 5749-1; 294.15 et 5748-6).

Puis, en Melchisédech, prêtre de Salem, qui se matérialisa lui-même dans un corps et se dématérialisa par le même processus. (Lecture 5749-1).

Il se réincarna ensuite en Perse, dans la personnalité de Zend, père de Zoroastre (Lecture 5749-1).

Puis en Chaldée, comme Ur (Lecture 364-7).

Puis comme Joseph en Égypte, où, vendu par ses frères, il régna ensuite comme intendant à la Cour du Pharaon (Lecture 3054-4).

Puis comme Josué de Siloé, le général d’armée qui seconda Moïse (Lecture 5749-1) et fit entrer le peuple hébreu dans la Terre promise.

Puis comme Jeshua, le Grand-Prêtre qui rebâtit Jérusalem à son retour d’exil (Lecture 364-7).

Enfin, en tant que Jésus de Nazareth, né à Bethléem de Judée (Lecture 3054-4) :

« Car, depuis les fondations du monde, Il a préparé les voies, entrant ici et là, dans l’existence des hommes de telle sorte qu’il connaisse chacune des tentations qui se dressent devant l’Homme, sur chacune des routes qu’il prend. Ensuite  Il vint en tant que Christ sur la Terre, accomplissant ce qui fait de Lui la Voie. Et cela afin que nous-mêmes fassions de nous, à notre tour, notre voie à travers Lui pour approcher, avec l’audace du Fils le trône de Bonté, de Grâce et de Pardon, et que nous sachions que tout ce qui a été fait, a été lavé, effacé, dans ce qu’Il a souffert. »Lecture 442-3.

 

            Cayce ajoute que le Maître, premier et dernier Adam a dû «  se manifester dans le monde matériel pour montrer la voie à chaque âme, et la manière d'aborder tous les problèmes et  toutes les étapes des nécessités humaines, physiques, mentales, spirituelles. (Lecture 2205-2). »

 

DOCUMENT K

Le point de vue de la psychologie

(Carl Gustav Jung)

            Dans Aïon (1951), je repris le problème du Christ. Il ne s'agissait plus pour moi de la question de ses parallèles que l'on pouvait trouver dans l'histoire de l'esprit, mais d'une confrontation de sa figure avec la psychologie. Dans cet ouvrage, je ne considérais pas le Christ comme une figure libre de toutes les contingences; je cherchais au contraire à montrer le développement à travers les siècles du contenu religieux qu'il représente. Il m'était important d'étudier de quelle façon le Christ pouvait être prédit astrologiquement et comment il fut compris dans l'esprit de son temps, et au cours des deux millénaires de notre ère. Voilà ce que je voulais exposer, en y adjoignant l'étude de toutes les gloses marginales singulières qui, au cours des temps, se sont amassées à son propos.

            Durant ce travail s'éleva également la question de la figure historique, de l'homme Jésus. Cette question est lourde de signification, car la mentalité collective de son époque - on pourrait dire: l'archétype qui était alors constellé, à savoir l'image originelle de l'anthropos - s'est précipité sur lui qui n'était qu'un  prophète juif à peu près inconnu. L'antique idée de l'anthropos, dont les racines se retrouvent d'une part dans la tradition juive et d'autre part dans le mythe égyptien d'Horus, s'était emparé des hommes au début de l'ère chrétienne; car elle correspondait à l'esprit du temps. Il s'agissait du "Fils de l'Homme", le propre Fils de Dieu, qui s'opposait au divus Augustus, souverain de ce monde. Cette pensée fit du problème originellement juif du Messie un problème universel.

            Ce serait un lourd malentendu de prétendre ne voir qu'un "simple hasard" dans le fait que ce fût Jésus, le fils du charpentier, qui ait annoncé l'Évangile et soit devenu le salvator mundi - le sauveur du monde. Pour qu'il ait été en état d'exprimer et de remplir si parfaitement l'attente générale, bien qu'inconsciente, de son temps, il faut qu'il ait possédé une personnalité dotée d'une envergure hors du commun. Nul autre que lui, l'homme Jésus précisément, n'aurait pu être le porteur d'un tel message.

        C.-G. Jung, Ma vie, Gallimard, pp. 246-47.

 

Glossaire


Illustration

Raphaël Sanzio