La réalité et les croyances personnelles (1)
Session 614 - Le mercredi 13 septembre 1972 à 21 h 36.
Vous formez le tissu de votre expérience à travers vos croyances et vos attentes. Ces idées personnelles que vous entretenez à propose de vous-même et de la nature de la réalité affecteront vos pensées et vos émotions. Vous tenez vos croyances pour vraies à propos de la réalité et vous les remettez rarement en question. C'est l'évidence même. Elles apparaissent à votre esprit comme des faits bien trop évidents pour en douter.
C'est pourquoi elles sont trop souvent acceptées sans discuter. On ne les reconnaît pas comme des croyances à propos de la réalité mais plutôt comme des caractéristiques de la réalité elle-même. (Pause) De telles idées apparaissent fréquemment comme indiscutables ; elles font partie de vous-même à un point tel qu'il ne vous viendrait pas à l'esprit d'en contester la validité. Ce sont de pures suppositions, mais elles n'en colorent pas moins votre expérience personnelle.
Certaines personnes, par exemple, ne remettent pas en question leurs croyances religieuses et les prennent comme une vérité immuable. D'autres trouvent cela relativement facile de reconnaître ces conventions dans un contexte religieux, mais ils montrent bien peu de discernement pour des croyances d'ordre différent.
(21 h 45) Il est beaucoup plus simple de reconnaître vos croyances dans la religion, la politique ou d'autres sujets du même type que de mettre le doigt sur les croyances plus profondes concernant votre identité et tout ce qui est en relation avec votre propre vie.
Plusieurs personnes ignorent complètement leurs croyances à leur propre sujet et au sujet de la réalité. Vos pensées personnelles conscientes vous en donneront d'excellents exemples. Il vous arrivera souvent de refuser certaines idées qui vous viennent à l'esprit parce qu'elles sont en contradiction avec vos conceptions habituelles.
Votre pensée consciente essaie toujours de vous donner une image claire de la situation, mais vous bloquez souvent cette vision par des idées préconçues. On a imputé au subconscient les problèmes et les difficultés de la personnalité ; on pensait alors que des événements antérieurs, chargés et mystérieux, l'avaient altéré. Dans ce pays (USA), quelques générations ont grandi avec cette notion que les portions subconscientes de la personnalité n'étaient pas fiables, qu'elles étaient remplies d'énergie négative et qu'elles ne contenaient que des épisodes déplaisantes qu'il valait mieux oublier.
(21 h 54) Ces personnes ont été élevées avec la croyance que la pensée consciente était relativement impuissante et que l'expérience adulte était déterminée par les expériences de l'enfance. Ces concepts ont eux-mêmes érigé des cloisons artificielles. Les gens ont appris qu'ils ne devaient pas être instruits du contenu « subconscient ».
Les portes du moi intérieur devaient être hermétiquement closes. Seule une psychanalyse prolongée pouvait ou devait permettre d'y pénétrer. L'individu normal sentait qu'il valait mieux ne pas s'approcher de ces zones. En se coupant ainsi de ces portions du soi, l'individu se fermait pourtant à la joie spontanée du moi intérieur. Les gens devinrent dissociés du cœur même de leur propre réalité.
Le concept du péché originel était très pauvre, limité et déformé, mais au moins les procédures qui y étaient associées s'avéraient-elles fort simples ; ainsi vous pouviez être sauvé par le baptême, ou racheté par le biais de certains mots, sacrements ou rituels.
Cependant, l'idée d'un subconscient taré ne permettait pas à l'homme de s'en tirer aussi facilement, Les quelques rituels possibles pour l'exorciser nécessitaient des années d'analyse et seuls les gens bien nantis pouvaient en profiter.
Au moment où l'idée d'un subconscient suspect prit de l'ampleur, la notion d'âme fut pour sa part reléguée aux oubliettes. Des millions de personnes adhérèrent alors à une réalité sans âme et durent vivre avec le concept d'un subconscient sujet à caution, pour ne pas dire carrément mauvais. Elles se sentirent comme un « ego » solitaire et vulnérable, voguant dangereusement et sans protection sur les vagues tumultueuses de processus involontaires.
(Pause à 22 h 05) À peu près à la même époque, plusieurs personnes perspicaces reconnurent que l'idée de Dieu, avec celles du ciel et de l'enfer des religions organisées, était fausse, injuste et digne des contes de fées enfantins. Ces concepts ne leur apportaient pas l'aide recherchée.
Dans cette conjoncture, porter son regard vers l'intérieur pouvait paraître bien téméraire, car on enseignait précisément que ce dedans était la source même de tous les problèmes. Ceux qui ne pouvaient pas s'offrir une thérapie cherchaient par tous les moyens à repousser tout message en provenance de ce moi intérieur, de crainte d'être dévorés par des émotions infantiles impossibles à dominer.
Mais le moi n'est ni limité ni divisé ; et j'utilise le mot « ego » par exemple pour favoriser votre compréhension, car vous savez ce que ça veut dire. Vous pouvez effectivement vous fier aux portions apparemment inconscientes de vous-même. Comme nous le verrons, vous pouvez élargir votre vision, et englober dans votre champ conscient de plus grandes portions de votre être.
Jane Roberts, La réalité personnelle, T-1, pp. 47-50.