Chapitre 1

 

La nature complexe de l’homme

 

U

ne synthèse de la vision jungienne. Mon intention n’est pas d’exposer in extenso la pensée de Carl G. Jung sur l’homme tel qu’il l’a défini au travers de ses nombreux écrits psychologiques. Il suffira ici d’un résumé des traits essentiels caractéristiques qu’il attribue à la nature humaine. Pour en savoir davantage, on pourra consulter mon ouvrage La santé psycho-spirituelle. (Chez Louise Courteau Éditrice.)

 

Pour Jung, l’homme possède d’abord un Moi conscient qui affleure progressivement d’un inconscient impersonnel ou collectif partagé par tous les individus et qui cherche à devenir conscient. Dans les rêves, il est souvent représenté par l’eau, élément fluide, informe et diluant qui peut se transformer en mer ou en océan : l’inconscient collectif est « comparable à une mer sur laquelle la conscience du moi voguerait, semblable à un bateau. » (C.G. Jung, L’homme à la découverte de son âme, p. 61.) Jung assimile l’inconscient aux archétypes de la mère et de l’anima qui dispensent l’eau de vie, l’eau alchimique, l’eau de transformation (C.G. Jung, Psychologie et Alchimie, pp. 97-100.)

 

 Cet inconscient est peuplé d’instances psychiques appelées archétypes* qui sont doués d’une puissance de fascination, que Jung compare au mana des sorciers et des medicine-men polynésiens, et qui peut ensorceler le Moi conscient au point que ce dernier développe une sorte d’inflation psychique le poussant à vouloir dominer l’inconscient et faire ainsi obstacle à son intégration à la conscience. L’un de ces archétypes est le Soi*, qui est la source du Moi qu’il englobe, qu’il influence et auquel il veut s’intégrer consciemment, il est aussi le centre de la personnalité totale. Les archétypes sont en relation avec les instincts vitaux de l’individu et cherchent à devenir conscients dans sa vie pour l’amener à sa pleine réalisation. Ils sont des manières d’expressions que l’humanité a développées à partir de ses multiples expériences millénaires, et qui, tout en étant des symboles universels, peuvent se manifester différemment selon les races, les civilisations et les individus. Tels sont l’anima* et l’animus*, le héros, la Grande Mère et le Sorcier, le Vieux Sage, la transformation, la quaternité, le Soi, etc.

Il s’établit donc, dans la dynamique de la vie humaine, un dialogue constant entre le Moi et le Soi par le truchement des archétypes qui peuplent la psyché de l’homme. C’est donc en prenant conscience de ces archétypes qui agissent en lui et en les acceptants comme siens propres que le Moi conscient assimilera l’inconscient.  Jung insiste sur le rôle essentiel de l’anima et de l’animus dans ce dialogue entre le Moi conscient et le Soi inconscient. C’est d’abord par l’anima chez l’homme et l’animus chez la femme que l’inconscient, surtout dans ses rêves, parle au Moi conscient sous la forme d’une personnalité féminine chez l’homme et masculine chez la femme, qui s’efface progressivement au fur et à mesure que le Moi conscient intègre l’inconscient et devient une simple fonction psychique de relation s’exprimant par des intuitions significatives.

Le Moi conscient répondra aux avances de l’inconscient selon une attitude introvertie ou extravertie et, aussi, par l’une ou l’autre de ses fonctions psychiques qu’il aura privilégiée au cours de son développement, à savoir : la sensation, l’intuition, la pensée et le sentiment. Ces fonctions qui s’opposent deux à deux, l’une dans le conscient, l’autre dans l’inconscient,  illustreront leur complémentarité dans le jeu ou dialogue du Moi et du Soi et tout particulièrement dans la vie onirique de la personne où se joue la fonction de compensation qu’exerce l’inconscient par rapport au Moi conscient. Dans les rêves, comme dans l’état d’éveil, les archétypes mènent une vie indépendante, car ils y ont leur propre existence tant qu’ils ne sont pas intégrés à la vie consciente et que le Soi n’ait pas remplacé le Moi comme centre de l’individu réalisé, ou plus précisément, selon Seth, tant que le Moi intérieur n’ait pas remplacé le Moi extérieur (l’ego*) comme centre unificateur et directeur de l’individu. Car le Moi intérieur (ou l’entité) est la source d’énergie du Moi extérieur. Ce que Jung explique en disant que, lorsque l’individu est réalisé, le Moi conscient se sent alors comme une planète orbitant le Soleil du Soi (Galates, 2, 20. Dans Ma vie, pp. 320-321,  Jung affirme que le Christ, comme le Bouddha, est une incarnation du Soi.)

Si le Moi conscient est le sujet des fonctions sensorielles et motrices du système nerveux cérébro-spinal, Jung attribue à l’inconscient l’activité du système nerveux sympathique et parasympathique qui s’acquitte, de façon automatique, du bon fonctionnement de tous les organes du corps. Le Moi conscient, délesté de cette activité physiologique, peut alors s’adonner plus librement à son développement psychique et mental.

Le Moi possède aussi un inconscient personnel, où sont enregistrés tous les acquis des sens, conscients ou subliminaux, tous les traumatismes et toutes les réactions affectives refoulées et oubliées, qui sont souvent la cause de complexes psychiques ou de névroses. Cet inconscient personnel véhicule des « complexes à tonalité affective » qui conditionnent sa vie consciente : l’ombre* et la persona*. Le premier symbolise le moi réel avec ses valeurs et ses imperfections et l’autre, le moi idéalisé répondant aux critères de la société. L’inconscient qui exerce un rôle de compensation par rapport au conscient, manifeste son action, dans la vie d’éveil, par des oublis, des lapsus, des actes manqués et par des rêves symboliques pendant le sommeil ou des rêveries à l’état d’éveil. L’action de ces derniers est double : elle est souvent thérapeutique et pousse fondamentalement la personne à poursuivre sa pleine réalisation par ce que Jung appelle le processus d’individuation. L’individu réalisé est donc un être conscient de vivre une vie physique tridimensionnelle s’exprimant à partir de ses racines psychiques, conscient à la fois des limites de son ego qui concentre son attention sur le monde de la matière et de l’infini du monde intérieur dont il émerge. (Voir  C.G. Jung, Ma vie, Gallimard, p. 370.)

Voici des thèmes fondamentaux de la Psychologie analytique de Jung :

J’emploie l’expression d’ « individuation » pour désigner le processus par lequel un être devient un « individu » psychologique, c’est-à-dire une unité autonome et indivisible, une totalité (L’énergétique psychique, p. 99).

La voie de l’individuation signifie : tendre à devenir un être réellement individuel et dans la mesure où nous entendons par individualité la forme de notre unicité la plus intime, notre unicité dernière et irrévocable, il s’agit de la réalisation de son Soi dans ce qu’il a de plus personnel et de plus rebelle à toute comparaison. On pourrait donc traduire le mot d’ « individuation » par « réalisation de soi-même », « réalisation de son Soi ».

Mais je constate continuellement que le processus d’individuation est confondu avec la prise de conscience du moi et que par conséquent celui-ci est identifié au Soi, d’où il résulte une désespérante confusion de concepts. Car, dès lors, l’individuation ne serait plus qu’égocentrisme ou autoérotisme. Or, le Soi comprend infiniment plus qu’un simple moi… L’individuation n’exclut pas l’univers, elle l’inclut. (Les racines de la conscience, p. 595).

Le Soi est une entité « sur-ordonnée » au moi. Le Soi embrasse non seulement la psyché consciente, mais aussi la psyché inconsciente et constitue de ce fait pour ainsi dire une personnalité plus ample, que nous sommes aussi… Il n’y a pas lieu d’ailleurs de nourrir l’espoir d’atteindre jamais à une conscience approximative du Soi; car, quelque considérables et étendus que soient les secteurs, les paysages de nous-mêmes dont nous puissions prendre conscience, il n’en subsistera pas moins une masse imprécise et une somme imprécisable d’inconscience qui, elle aussi, fait partie intégrante de la totalité du Soi. (Dialectique du Moi et de l’Inconscient, p. 140)

Le Soi est non seulement le centre, mais aussi la circonférence complète qui embrasse à la fois conscient et inconscient; il est le centre de cette totalité comme le moi est le centre de la conscience. (Psychologie und Alchemie, 2e éd. P. 69).

Le Soi est aussi  le but de la vie, car il est l’expression la plus complète de la combinaison du destin que l’on appelle un individu. (Dialectique du Moi et de l’Inconscient, p. 298).

Mandala signifie cercle, plus spécialement cercle magique, Les mandalas ne sont pas uniquement répandus dans tout l’Orient, ils existent aussi chez nous. Ils sont abondamment représentés au Moyen Âge. En particulier dans le monde chrétien, ils sont nombreux au début du Moyen Âge : beaucoup d’entre eux ont le Christ au centre et les quatre évangélistes, ou leurs symboles, aux quatre points cardinaux. Cette conception doit être très ancienne puisque Horus était représenté de la même façon avec ses quatre fils, chez les Égyptiens… Le plus souvent le mandala a la forme d’une fleur, d’une croix, d’une roue, avec une tendance marquée à prendre le quatre comme base de sa structure. (Das Geheimnis der goldenen Blüte, p. 22.)

Comme l’expérience le montre, les mandalas apparaissent le plus souvent dans les situations de trouble, de désorientation et de perplexité. L’archétype de cette situation, par compensation, constelle, représente un schéma ordonnateur qui vient en quelque sorte se poser au-dessus du chaos psychique, un peu comme le réticule d’une lunette de visée, comme un cercle divisé en quatre parties égales, ce qui aide chaque contenu à trouver sa place et contribue à maintenir dans leur cohésion, grâce au cercle qui délimite et qui protège les éléments d’une totalité en danger de se perdre dans un vague indéterminé. (Un mythe moderne, p. 269.)

La quaternité est un archétype en somme universel. Elle constitue le présupposé logique de tout jugement de totalité. Pour que l’on puisse porter un tel jugement, il est nécessaire que celui-ci ait un quadruple aspect. Par exemple, pour décrire la totalité de l’horizon, nous nommons les quatre points cardinaux… Il y a toujours quatre éléments, quatre qualités premières, quatre couleurs, quatre castes aux Indes, quatre voies de développement spirituel dans le bouddhisme. C’est pourquoi il y a aussi quatre aspects psychologiques dans l’orientation psychique… Pour nous orienter, nous devons avoir une fonction qui constate que quelque chose est (sensation); une seconde fonction qui établit ce que c’est (pensée); une troisième fonction qui décide si cela nous convient ou non, si nous désirons ou non l’accepter (sentiment); et une quatrième fonction qui indique d’où cela vient et où cela va (intuition). Cela fait, il n’y a plus rien à dire… L’idéal de la complétude est le cercle ou la sphère (voir mandala). Mais sa division minimale naturelle est le carré. (Symbolik des Geistes, p. 399). (Carl Gustav Jung, Ma vie, Glossaire, pp. 457, 458, 461 et 462.)

 

Une synthèse de l’enseignement de Cayce sur l’homme. C’est dans l’optique de la guérison des malades qu’Edgar Cayce, lecteur assidu de la Bible, reprend la division tripartite de l’être humain tel que saint Paul le définit : corps, âme et esprit. (I Thessaloniciens, 5, 23.) Et cette division en trois parties non séparées mais « en symbiose », Cayce dit que chaque individu peut la constater dans sa vie : le corps physique permet à la personne de fonctionner dans les trois dimensions, grâce à ses attributs (sens, instincts et motricité); puis, le corps mental, c’est-à-dire une énergie directrice qui s’applique au physique, aux émotions et aux diverses manifestations mentales et spirituelles de la personne; et enfin le corps spirituel ou l’âme qu’il définit comme la conscience d’exister qui est éternelle et par laquelle « l’entité individuelle apprend peu à peu à connaître ses relations avec l’être mental et l’être physique ». Il ajoute que ces trois corps ne font qu’un dans une entité : ils correspondent au corps, à l’esprit et à l’âme, et ne font qu’UN, « tout comme Dieu, le Fils, et l’Esprit-Saint ne sont qu’UN ». (Lecture 2475-1). Ailleurs il ajoute : Il y a autant de Dieu dans le physique qu’il y en a dans le mental et dans le spirituel. Et ces trois corps devraient être UN! (Lecture 69-21).

 

Pour Cayce, la personnalité est l’image que notre ego présente aux autres. Ce qui évidemment est un masque qui voile notre véritable essence divine. Par contre, l’individualité, c’est notre vrai moi : elle désigne notre nature profonde, notre âme. Il la définit comme « la lampe intérieure », « ce qui brille du dedans, nous différenciant les uns des autres» (Lecture 345-2); c’est l’être spirituel que nous développons depuis le début de notre existence.

                 Dans sa perspective thérapeutique, il explique que « comme le corps est une structure composée d’atomes, qui sont des unités d’énergie, les mouvements de ces énergies atomiques reproduisent dans leur schéma la structure de l’Univers ». Ces énergies, ajoute-t-il, programmées pour être reliées et unies aux énergies spirituelles de l’Univers, travaillent constamment « à revivifier, à reconstruire le bilan énergétique ». Et comme l’âme ne peut pas mourir parce qu’elle est divine, le corps peut toujours être revivifié et rajeuni (Lecture 262-85).  De plus, les rêves, selon Cayce, remplissent plusieurs buts, entre autres celui d‘aider à notre guérison ou à notre édification (Jung dirait à notre évolution et réalisation, assurée par l’individuation et l’unification de notre être). (Jess Stearn, Edgar Cayce, le prophète, p. 191.)

 

            Dans les fonctions du corps, Cayce insiste beaucoup sur le rôle essentiel des sept principaux centres glandulaires: pinéal, pituitaire, thymus, thyroïde, surrénales, cellules de Lyden et gonades mâles et femelles. Il leur attribue le rôle d’intermédiaires entre la physiologie du corps et l’action de l’esprit, « car, dit-il, les énergies glandulaires (hormones) sont, pourrait-on dire, les sources à partir desquelles l’âme peut habiter à l’intérieur d’un corps. (Lecture 281-38. Pour plus de renseignements sur la manière de guérir et de se guérir, selon Edgar Cayce, consulter mon ouvrage La santé psycho-spirituelle, chez Louise Courteau Éditrice.) Et comme l’esprit est le bâtisseur (Mind is the builder) (Lecture 3337-1) la pensée d’un individu crée et guérit son corps par sa faculté de visualisation*.

 

Comment Seth voit l’être humain. À cause de son statut d’entité désincarnée, Seth voit l’être humain dans toutes ses dimensions existant au-delà du temps. Il le définit, dans cette perspective, comme une personnalité énergétique multidimensionnelle. Il lui attribue d’abord l’appellation d’entité* qui signifie l’âme dans sa totalité comprenant toutes les personnalités qu’elle revêt dans la simultanéité du temps (ses diverses incarnations dans le temps séquentiel). L’âme ou l’esprit se crée des corps physiques pour expérimenter différentes formes d’énergie dans la matière tridimensionnelle. Ainsi, le corps est « l’esprit dans la chair », car il est la manifestation physique de l’âme. À ce titre, il crée, par sa conscience (pensées, croyances, sentiments, émotions et attentes), la santé et la maladie de son corps pour apprendre à manipuler l’énergie (qui le constitue) par ses nombreuses expériences. En d’autres mots, la santé et la maladie de son corps et la nature de son environnement reflètent ses croyances concernant la réalité.

Pour guérir son corps ou pour changer son environnement et ses comportements insatisfaisants, l’individu doit donc changer ses croyances. Par exemple, il ne doit pas s’identifier à ses émotions, mais les vivre pleinement car elles sont diverses expressions d’énergie correspondant à ses pensées et générées par elles : elles coulent en lui et les refouler ne ferait que créer des tensions psychiques qui d’une façon ou d’une autre vont se manifester dans le corps par des malaises ou la maladie. La personne humaine vit plus d’une existence à la fois, le rêve en est une où elle n’est pas limitée par son ego à la réalité tridimensionnelle. Dans ses rêves, l’individu peut contacter l’une ou l’autre de ses personnalités passées ou futures (fragments de son entité) pour améliorer sa santé ou développer sa nature spirituelle. Voici comment Seth explique la nature et le but des rêves :

Les pensées et les rêves de l’homme ont plus de conséquences qu’il ne croit. Ils existent dans plusieurs autres dimensions; ils affectent des mondes dont il n’est pas conscient. Ils sont aussi concrets, en réalité, que n’importe quelle construction. […]

Il n’y a qu’un seul soi et il focalise son attention dans plusieurs dimensions. Durant l’éveil il se concentre sur la réalité physique. Dans le rêve il est concentré dans une dimension différente.

Cela ne signifie pas que nous ne quittons pas parfois nos corps et voyageons pendant le rêve en d’autres lieux physiques.

Quand vous fonctionnez dans la réalité physique, vous devez respecter un ensemble de règles très simples. Dans la réalité du rêve, il y a une plus grande liberté. Le rêveur crée ses rêves selon ses intentions, choisissant uniquement des symboles qui ont un sens pour lui.

Chaque rêve commence avec l’énergie psychique que l’individu transforme en une réalité qui est aussi fonctionnelle et réelle que la réalité physique. Il y a une forme dans la réalité du rêve, mais la forme potentielle existe dans l’énergie psychique, bien avant sa matérialisation. Par nos rêves nous changeons la réalité physique, et notre expérience physique quotidienne altère notre expérience onirique. Il y a interaction constante. Notre conscience est simplement dirigée dans une réalité différente quand nous rêvons, une réalité aussi vive que la vie d’éveil.

Sur un (autre) niveau la personnalité tente de résoudre des problèmes par la construction d’un rêve… et souvent celui-ci libère des actions qui ne peuvent s’exprimer dans les limites de la vie d’éveil.

L’action onirique PEUT servir à réaliser des attentes constructives, qui vont réaliser un changement pour le mieux! Les rêves peuvent être utilisés de façon créative pour améliorer sa santé, avoir de l’inspiration, restaurer la vitalité, résoudre des problèmes et enrichir les relations familiales. Vous pouvez avoir un rêve plaisant et joyeux qui vous redonnera complètement votre bonne humeur et votre vitalité.

Dans la vie onirique nous visitons aussi d’autres niveaux d’existence, et développons des habiletés dont nous avons besoin.

L’ego est absent dans la réalité du rêve. La conscience d’éveil n’est pas l’ego. L’ego est seulement cette partie de la conscience d’éveil qui œuvre dans la manipulation de la matière. […]

Comme une personnalité est changée par toute expérience, elle est changée par les rêves. Nous pouvons oublier nos rêves, mais ils font toujours partie de nous. L’expérience des rêves est directement ressentie par le soi intérieur. Les rêves ont leur propre actualité, non seulement ils existent indépendamment du rêveur, mais ils ont aussi une forme tangible, quoique pas dans la forme de matière qui vous est familière. Ils sont pour toujours contenus comme données codées électriquement dans les cellules de l’organisme physique. […]

L’énergie derrière un « mauvais rêve », c’est l’énergie des peurs cachées, qui peuvent être formées par n’importe qui car il y a des peurs chez n’importe qui.

Le mal n’existe pas en dehors du rêveur, et même la maladie ou la peur ne devraient pas être considérées comme des ennemies, mais plutôt comme des aides pour comprendre et des moyens pour atteindre un but plus élevé. En termes plus larges, il n’y a pas de mal, seulement une perception déficiente de votre part. (Andy Hughes, Seth dans ses propres mots, Site Internet, www.spiritual-endeavor.org/Seth Pavilion. Il s’agit d’une synthèse d’une intervention de Seth au cours d’une classe d’ESP de Jane Roberts. L’élève qui l’a faite ajoute ceci : il ne manque que la touche d’humour de Seth.

 

Seth distingue un Moi intérieur, synonyme de l’entité qui s’est partiellement incarnée dans sa personnalité physique actuelle qui, elle, constitue le Moi extérieur (l’ego) qui organise son corps et son environnement, alors que le Moi intérieur gère le monde inconscient et les archétypes dont parle Jung. Et ce Moi intérieur, cette entité toujours consciente est à l’origine de l’existence de l’anima et de l’animus ou de la bipolarité sexuelle qui caractérise l’homme incarné. Elle gère et organise également tout le matériel inconscient, les archétypes et leurs fonctions psychiques, que le Moi conscient considère comme une partie inconsciente de lui-même. C’est par l’agressivité, attribut  de l’animus, et par la créativité, attribut  de l’anima, que le Moi extérieur peut agir et tendre à l’unification de son être (l’individuation selon Jung), en intégrant cette partie inconsciente qui lui parle dans ses rêves.

Il apparaît clairement que ces trois auteurs, loin de se contredire sur la nature de l’être humain, nous  présentent celui-ci sous des aspects différents. Tous les trois indiquent bien sa complexité : Jung, par le filtre de la psychologie moderne, le divisant en deux éléments fondamentaux, le conscient et l’inconscient qui cherchent à se réunir dans le processus d’individuation; Cayce, dans ses trois instances, corps, âme et esprit qui ne font qu’un être tendant vers son unité, pour assurer ainsi la santé physique, psychique et spirituelle de l’individu; Seth enfin qui fait ressortir sa nature profonde d’entité spirituelle, réservoir personnalisé d’énergie inépuisable lui permettant de créer des formes dans diverses dimensions d’existence. On doit en conclure que l’être humain est avant tout un Esprit qui se manifeste dans la matière physique pour y exercer sa créativité.  Le rêve est une de ses activités, où il crée des formes en dehors du contexte matériel mais en relation essentielle avec lui, comme nous le verrons plus loin.

 

Les divers états de conscience

et la réponse du corps

I

l y a divers états de conscience* que nous utilisons chaque jour : la veille, l’endormissement, le sommeil léger, le sommeil profond et le sommeil onirique. Il y a aussi d’autres états de conscience par lesquels nous passons parfois inconsciemment, comme les absences (ou distractions), et consciemment comme la transe, l’hypnose*, la sortie hors-du-corps (OBE*), etc. Voici d’abord un tableau qui résume, de façon générale, les états de conscience habituels et l’activité cérébrale qui les accompagne :

  1. L’état de veille  diffuse se caractérise par une activité cérébrale en ondes alpha. Cet état est atteint lorsque nous sommes au repos ou en méditation calme et que nous avons les yeux fermés. L’électroencéphalographe (EEG*) enregistre cette activité électrique en microvolts  de 8 à 12 hertz ou cycles par seconde.
  2. L’état de veille attentive et active provoque une activité cérébrale en ondes bêta. Cet état correspond à nos préoccupations intellectuelles ou émotionnelles, comme la recherche d’une solution à un problème, une inquiétude au sujet de quelqu’un ou d’une situation, etc. L’EEG présente cette activité électrique du cerveau en microvolts de 15 à 20 hertz ou cycles par seconde.
  3. L’état morphéique (De Morphée, dieu du sommeil : relatif au sommeil.) comprend plusieurs niveaux selon la profondeur du sommeil :
    1. Au Niveau I se situe l’endormissement ou somnolence qui débute habituellement dès qu’on éteint la lumière pour dormir. Cet état se caractérise, au niveau cérébral par la diminution progressive des ondes alpha et l’apparition puis l’augmentation des ondes thêta de 4 a 8 cycles/s  de basse amplitude.
    2. Au Niveau II commence le sommeil léger ou lent qui se caractérise par l’absence d’ondes alpha, la diminution progressive d’ondes  thêta et par la présence d’ondes delta de 0,5 à 3 cycles/s de basse amplitude.
    3. Au Niveau III le sommeil s’approfondit : c’est le sommeil moyen caractérisé par l’augmentation en amplitude des ondes delta.

Enfin au Niveau IV le sommeil atteint sa plus grande profondeur et les ondes delta atteignent leur plus haute amplitude. Mais à ce Niveau, il se produit un curieux phénomène. Les ondes delta sont entrecoupées, par bouffées, de fuseaux d’ondes alpha et bêta, caractéristiques de l’état de veille diffuse et attentive. C’est ici, selon la Science des rêves, que se situe la phase onirique qui s’accompagne aussi de REMS (mouvements rapides des yeux) et d’une accélération du rythme respiratoire et du pouls, ainsi que des mouvements du dormeur. (Raymond de Becker, Les rêves, dans Le Dictionnaire de la Psychologie moderne, T-2, p.495.)

    1. Le sujet endormi devient rêveur. C’est en le réveillant à cette étape du sommeil, qu’on a pu situer le moment où le sujet commence à rêver. Comme il a été dit ci-dessus, cette séquence du  sommeil onirique ou paradoxal* se répète 4 ou 5 fois par nuit de huit heures de sommeil et les rêves deviennent progressivement plus longs jusqu’au réveil.

Doit-on conclure de cette analyse que le sommeil onirique ou paradoxal est le seul niveau où nous rêvons? Nullement, car l’équipe du Dr Kleitman a observé que 20 fois sur 27, les dormeurs réveillée en périodes de REMS affirmaient qu’ils rêvaient, alors que 19 fois sur 23, les dormeurs réveillés en l’absence de REMS furent incapables de se rappeler le moindre rêve (Le mystère des rêves, ENCYCLOPÉDIE PLANÈTE, P. 54.) alors que 4 sur 23 l’étaient. De façon plus générale, « des sujets réveillés au cours ou immédiatement après une phase de sommeil paradoxal se souviennent avec beaucoup de détails de leur rêve, tandis que des éveils au cours de autres stades du sommeil n’entraînent que des souvenirs flous ou pas de souvenir du tout. » (Michel Jouvet, Le rêve, dans LA RECHERCHE N° 46, PP. 116-117.)

Il appert donc, d’après ces affirmations des grands spécialistes (Il s’agit surtout de l’équipe de Chicago (Kleitman, Aserinsky et Dement) et celle du Dr Michel Jouvet en France.) de la Science des rêves, que des rêves se produisent aussi pendant le sommeil aux différents niveaux et non seulement au Niveau IV du sommeil onirique, quoique les dormeurs, réveillés aux autres niveaux, ne se les rappelaient que difficilement. Les textes suivants de Seth peuvent nous éclairer sur ce qui se passe exactement pendant le sommeil :

Vous glissez habituellement de l’état de pleine conscience au sommeil sans jamais noter les changements qui accompagnent ce processus.  Pourtant il y en a plusieurs. D’abord, naturellement, avec plus ou moins de spontanéité, la conscience s’éloigne des réalités physiques, des ennuis et des préoccupations de la journée. Il s’agit d’un niveau indifférencié entre la pleine conscience et le sommeil où vous agissez comme un récepteur passif mais ouvert, dans lequel les messages télépathiques et les expériences de clairvoyance se présentent très aisément à vous. Votre conscience peut paraître flotter. Il y a des sensations physiques variées, d’épanouissement ou de régression. L’une comme l’autre sont caractéristiques des instants où vous saisissez toute votre problématique, où vous êtes presque conscients de ce niveau indifférencié et traduisez certaines de ces expériences dans la vie physique. La sensation de régression est une traduction d’un retour soudain de la conscience dans le corps

Cette période peut durer seulement quelques instants, une demi-heure, et puis revenir. C’est un stade d’expansion et de soutien pour la conscience. Les suggestions alors émises sont très efficaces. Un état actif peut ensuite surgir où l’esprit s’emploie à résoudre les anxiétés, les problèmes qui se sont manifestés au travers des deux premiers états.

Si les sensations sont trop fortes, l’individu peut s’éveiller. C’est un moment vivace, intense, mais habituellement bref. Un autre niveau lui succède, ce moment étant marqué de manière très précise par des voix, conversations ou images tandis que la conscience s’accorde plus fermement à d’autres communications, dont certaines peuvent se disputer l’attention de l’individu. À ce moment le corps est tout à fait tranquille. L’individu suivra l’un ou l’autre de ces stimuli intérieurs à un niveau profond de conscience, et donnera forme, à la lumière des rêves, à la communication qu’il reçoit.

Durant cette période il ira à des profondeurs du sommeil qui lui permettront d’atteindre le seuil d’autres niveaux de réalité et de probabilités. À ce point, ses expériences auront lieu en dehors de tout contexte temporel. L’individu peut expérimenter des années en quelques instants. Il retournera alors vers la réalité physique dans une aire que vos savants appellent sommeil R.E.M., où des productions oniriques physiquement orientées seront créées, afin que la connaissance acquise soit mise en pratique.

            Le cycle pourra alors se répéter […]

Dans les zones du sommeil les plus protégées, vous menez une expérience toute de sentiment ou de savoir et qui est déconnectée à la fois des mots et des images. Comme nous l’avons dit, ces expériences seront, plus tard, traduites en rêves parce qu’il est nécessaire de revenir dans les aires de conscience plus familiarisées avec la réalité physique. De grands pouvoirs de synthèse et de différenciation créatrice sont alors mis en œuvre. Grâce à eux, chaque image onirique prend une signification aux différents niveaux du soi. À un certain stade, elle représente ce que vous avez vraiment vécu, alors qu’à d’autres cette vérité s’applique plus spécifiquement à des problèmes variés. Il y aura donc métamorphose du symbole. L’esprit conscient ne peut que percevoir un chaos d’images oniriques diverses parce que l’organisation intérieure et l’unité du phénomène sont partiellement cachées dans des aires de la conscience où le raisonnement ne peut pénétrer. (Jane Roberts, L’enseignement de Seth, pp. 320-321, 323.)

 

 Ces textes m’incitent à présenter l’hypothèse suivante : dès que nous sommes endormis, nous rêvons, alors que le corps repose et récupère son énergie dépensée pendant l’activité diurne. Le corps est inerte parce que la conscience, totalement détachée du corps physique, visite d’autres dimensions de la réalité, soit pour rencontrer d’autres moi réincarnationnels*, soit pour aider d’autres personnes à régler leurs problèmes (le rêve de Mlle A.M.H. dans l’Introduction), soit pour rencontrer d’autres entités qu’elle a connues en d’autres temps. Lorsque le Moi profond ou le Soi veut agir sur la personnalité physique, le dormeur revient au sommeil onirique (Niveau IV, celui des REMS) au cours duquel la physiologie du corps est sollicitée pour lui permettre de se souvenir des rêves dont le but est de rétablir son équilibre physiologique ou psychique; d’où les mouvements rapides des yeux, l’accélération du pouls et les mouvements du corps. Cette hypothèse est une déduction logique des observations de la Science des rêves et en conformité avec l’enseignement de Seth sur les rêves pendant le sommeil.

Quelles sont maintenant les caractéristiques, au niveau cérébral, des autres états de conscience que nous avons signalés plus haut, c’est-à-dire la transe (voyance), l’hypnose, la méditation profonde, le voyage astral (OBE), etc. ? Voici ce que la recherche parapsychologique nous a appris d’après l’étude de certains sujets qui les ont expérimentés.

Les tracés EEG des individus exerçant une activité psi comme la voyance, la télépathie ou la projection astrale (OBE) (OBE=Out of Body Experience ou sortie hors-du-corps, voyage astral.)ne semblent pas différer beaucoup l’un de l’autre. C’est pourquoi certains parapsychologues pensent que la voyance impliquerait une OBE. Toutefois dans la transmission de pensée, le Dr Vassiliev a remarqué chez le percipient l’apparition dans L’EEG d’ondes delta de grande amplitude mais de basse fréquence et des modifications des tracés similaires à celles qu’on observe pendant le sommeil normal. Mais l’étude des encéphalogrammes du médium anglais Matthew Manning au cours des tests portant sur la psychocinèse*, la projection et la perception visuelle de l’aura*, a révélé une onde spéciale qu’on a dénommée « fonction rampe » qui semble avoir son origine dans une partie ancienne du cerveau que l’on croyait morte, mais réveillée, semble-t-il, chez des sensitifs, par des chocs électriques subis au cours de l’enfance. La mère de Matthew Manning, par exemple, avait subi une électrocution avant la naissance de son fils et on avait craint qu’elle perdît son bébé. (Voir mon ouvrage La vie étrange des médiums).

 

D’une façon générale, dans ces états de conscience le cerveau des sujets émet des ondes de rythme alpha, comme pendant une méditation calme, quoique certains sujets présentent un rythme plus lent (thêta) jusqu’à 1½ cycle par seconde (Miss Z. et Ingo Swan). Quant au guérisseur Alalouf, l’action de guérir suscitait, chez lui, des phénomènes physiologiques curieux : dès qu’il imposait les mains, son EEG présentait au niveau temporal gauche des bouffées de rythme lent thêta de 5 cycles/s et des ondes delta à amplitude variable, ainsi qu’une accélération du pouls. Quant à l’état hypnotique, les modifications de l’activité cérébrale ne seraient pas différentes de celles du sommeil et du rêve.

Toutes ces réponses du corps accompagnant les divers états de conscience, indiquent que le cerveau joue un rôle essentiel dans la production des phénomènes normaux du rêve et des phénomènes paranormaux des autres facultés psi*. Il en est de même dans les états psychédéliques causés par l’ingestion de substances hallucinogènes (LSD), mais dans ces cas, le cerveau est perturbé par les sécrétions désordonnées des médiateurs chimiques du système nerveux.  En conséquence de ces désordres psychiques et mentaux, le Moi risque, selon Seth, d’être handicapé, voire d’être supplanté par un autre Moi diminué (Jane Roberts, La réalité personnelle, T-2, pp. 33-34.)