Chapitre 2

 

Les rêves expliqués par Jung

 

Pour sauvegarder la stabilité mentale et même la santé physiologique, il faut que la conscience et l’inconscient soient intégralement reliés, afin d’évoluer parallèlement. S’ils sont coupés l’un de l’autre, ou « dissociés », il en résulte des troubles psychologiques. À cet égard, les symboles de nos rêves sont les messagers indispensables qui transmettent les informations de la partie instinctive à la partie rationnelle de l’esprit humain, et leur interprétation enrichit la pauvreté de la conscience en sorte qu’elle apprend à comprendre de nouveau le langage oublié des instincts ». Carl G. Jung, Essai d’exploration de l’inconscient, Éd. Denoël-Gonthier, 1964, pp. 63-64.

 

 

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ans ce texte, Jung a condensé toute sa pensée sur la nature et le but des rêves. Événement normal et naturel, le rêve fait partie de la vie humaine et joue le rôle d’un contrôleur d’équilibre, une sorte de « thermostat » psychique assurant la bonne entente entre le conscient et les données inconscientes qui font partie de la totalité de la personne. Par son langage symbolique, le rêve transmet au conscient la frange d’inconscience qui accompagne toujours les événements ainsi que nos pensées et nos actions, afin de rectifier celles-ci s’il y a lieu. C’est le rôle compensatoire que lui attribue Jung, entre autres, ces derniers étant, comme nous l’avons vu plus haut, de nature thérapeutique, prémonitoire ou anticipatoire. Ce sont les archétypes qui se chargent de remplir ces rôles en attirant l’attention du dormeur, par exemple, sur des pensées erronées, des sentiments exagérés, ou des actions déficientes qui, à ce titre, comportent un risque pour son bien-être physique ou mental. Anna Teilhard (Dans C.G. Jung, Ouvrage collectif, Le Disque vert) résume ainsi les fonctions du rêve :

Le rêve a la faculté autonome de produire des symboles.

Les rêves jouent un rôle complémentaire et compensatoire par rapport au contenu du conscient. Leur compréhension conduit à une centralisation et à un élargissement de la personnalité.

Le sens des symboles du rêve est souvent ignoré du rêveur, souvent opposé à ses intentions conscientes. Les rêves sont indépendants du conscient, mais pas inaccessibles à celui-ci. Il se produit par leur compréhension une nouvelle fonction, appelée par Jung la fonction transcendantale.

Lorsqu’on étudie une suite de rêves, on constate qu’il s’en dégage petit à petit une intention.

Les « rêves initiaux », c’est-à-dire les rêves qui apparaissent au début d’une analyse, ont souvent un sens prospectif. Ils devancent l’évolution qui va suivre.

Les rêves répondent à certaines questions, quand le rêveur est en contact étroit avec sa vie onirique. Ces réponses ne sont pas obscures comme des oracles. Mais d’une clarté étonnante.

Les rêves ont une fonction d’autocritique et ont un sens éducatif. Ils ne servent pas seulement à établir l’équilibre d’un individu, mais essayent également de l’intégrer dans la collectivité.

Si les rêves ont une tendance destructrice, ils visent à détruire pour reconstruire.

Les rêves sont créateurs. Ils constituent la matière brute des œuvres d’art, des rites d’initiation, des dogmes religieux. On peut retrouver la trame du drame classique dans un rêve bien construit.

Les rêves visent à la plénitude de la personnalité. Ils incitent le rêveur à atteindre son maximum. Les éléments psychiques épars et souvent contradictoires se groupent et se regroupent autour d’un nouveau centre impersonnel, le Soi, à qui le Moi personnel cède sa place.

 

            Les archétypes créent les symboles des rêves à partir du matériel subliminal de l’inconscient personnel. Ce matériel subliminal comprend tout ce qui est devenu inconscient, par refoulement ou oubli : besoins, impulsions, intentions, perceptions, intuitions, pensées rationnelles ou irrationnelles, conclusions, inductions, déductions et prémisses, ainsi que toute une gamme de sentiments. En fait, de tels phénomènes psychiques peuvent devenir, temporairement, ou définitivement, inconscients (Carl G. Jung, Essai d’exploration de l’inconscient, Éd. Denoël-Gonthier, 1964, pp. 46-47.)

 

            Jung insiste beaucoup sur le message des instincts que révèlent les images oniriques : c’est, pourrait-on dire, la voix de la nature, de notre nature fondamentale. En cela il rejoint Seth, qui affirme que si notre intellect (nos pensées et nos croyances) ne suscitait pas d’interférences, notre âme vivrait dans l’« état de grâce » et, par suite, notre corps se comporterait avec aisance et spontanéité sous l’impulsion des instincts.

Deux exemples rapportés par Jung illustreront la fonction compensatoire du rêve.

Un de mes malades, raconte-t-il, avait rêvé d’une femme ivre, échevelée et vulgaire. Dans le rêve, il semblait que ce fût sa femme, alors que dans la réalité, elle était toute différente. Au premier abord, donc, le rêve était d’une fausseté choquante, et le malade l’avait immédiatement rejeté comme une de ces absurdités qui se présentent à l’esprit pendant le sommeil. […]

Qu’était-ce donc que son inconscient essayait de lui communiquer par cette affirmation si manifestement fausse ? Le rêve exprimait clairement l’idée d’une femme dégénérée qui avait un lien étroit avec la vie du dormeur. Mais puisque la projection de cette image sur son épouse était injustifiée et contredite par les faits, il me fallait chercher ailleurs ce que cette image repoussante représentait. […] Un dicton voulait (au moyen âge) que « chaque homme porte en lui une femme ». Et c’est cet élément féminin dans chaque homme que j’ai appelé l’anima. Cet aspect féminin est essentiellement une certaine façon, intérieure, qu’a l’homme de se rapporter à son entourage, qu’il cache aux autres tout autant qu’à lui-même. Même lorsque la personnalité visible d’un individu paraît normale, il se peut qu’il dissimule aux autres et à lui-même cette « femme qu’il porte en lui » et dont l’état est quelquefois déplorable.

C’était le cas pour le malade dont je parle. Son aspect féminin était loin d’être beau. Son rêve lui disait en fait : « Vous vous comportez à certains égards comme une femme dégénérée », en lui donnant le choc correspondant. […] Le rêve ne disait pas au malade de se mieux comporter. Il s’efforçait simplement de contrebalancer l’influence d’une conscience faussée qui s’obstinait à affirmer au malade qu’il était un parfait gentleman. (C.G.Jung, Essai d’exploration de l’inconscient, pp. 35-36.)

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Le second exemple a trait à une cliente névrosée.

Une femme, […] était réputée pour la stupidité de ses préjugés, et sa résistance obstinée à tout argument raisonnable. On aurait pu discuter avec elle une nuit entière sans résultat. Elle n’y aurait pas fait la moindre attention. Ses rêves, toutefois, employaient un langage tout différent. Une nuit elle rêva qu’elle assistait à une importante réunion mondaine. L’hôtesse l’accueillit en lui disant : « Comme c’est gentil d’être venue. Tous vos amis sont là et vous attendent. » Elle l’accompagna ensuite jusqu’à la porte et l’ouvrit. La dame franchit le seuil et pénétra… dans une étable.

Ce langage onirique était assez simple pour être compris par l’esprit le plus obtus. La femme se refusa d’abord à admettre le sens d’un rêve qui l’atteignait si directement dans son amour-propre. Mais son message néanmoins fut compris, et après un certain temps, elle dut l’accepter parce qu’elle ne put s’empêcher de sentir la raillerie qu’elle s’était infligée à elle-même. (Ibidem, p. 59.)

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            Jung conclut qu’il faut traiter les rêves « avec respect », attitude tout à l’opposée de l’expression populaire : « Ce n’est qu’un rêve », donc, sans importance, pense-t-on. De plus, il faut tenir compte de deux points absolument essentiels : que le rêve doit être traité comme un fait et qu’il a un sens c’est-à-dire une expression spécifique de l’inconscient. Il faut l’aborder sans idée préconçue, et encore moins par le biais d’une quelconque théorie, comme nous le verrons au chapitre suivant.

 

Les rêves selon Cayce

À notre époque, aujourd’hui (c’était en 1923), on n’accorde pas suffisamment d’intérêt aux rêves. Il faudrait, pour aider la famille des hommes à se développer, approfondir la connaissance du subconscient, du monde de l’âme, de l’esprit. Le rêve, c’est cela ». (Lecture 3744-4, cité dans D.K. de Bizemont, L’univers d’Edgar Cayce, T-I, p.363).

 

 

       L’enseignement de Cayce sur les rêves ne diffère pas fondamentalement de ce que Jung nous en a dit. Si celui-ci traite de la vie onirique dans un cadre scientifique, selon une méthode empirique, c’est-à-dire en partant des faits, Cayce en parle d’une façon pragmatique en répondant à ses consultants qui l’interrogent sur leurs rêves. Il en fait une source importante d’informations :

Les rêves sont des expériences de l’âme, c’est-à-dire du corps cosmique, dans les périodes où la conscience de l’environnement matériel est plus ou moins dépendante du corps mental et du corps spirituel de l’entité. Et ces rêves apparaissent comme des leçons, des avertissements prémonitoires à bien des expériences symboliques qui doivent aider pratiquement le rêveur ou ses proches dans leur expérience de la vie quotidienne. (Edgar Cayce, Ma vie de prophète, Mémoires, Éditions du Rocher, 2003, p. 208)

 

Pour les interpréter, disait-il lors d’une lecture, mettez en corrélation les unes avec les autres les vérités profondes contenues dans chacun de vos rêves, vérités qui sont ainsi mises en scène dans le scénario mental de l’entité; ensuite, utilisez-les pour votre progrès en vous souvenant que son sens profond est le retour vers les Forces Créatrices divines, c’est-à-dire vers le Créateur. (Edgar Cayce, Idem p. 204.)

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            Comme le Maître de Zurich, il insiste sur une étude des rêves axée sur la vie de l’individu et non pas en fonction d’une théorie, de préjugés ou d’idées préconçues. Dans cette optique le sens des symboles oniriques prend une acception différente selon chaque personne qui rêve. Il n’en reste pas moins, selon Cayce, que certains symboles ont un sens typique et universel (Voir Document A : Significations de certains symboles oniriques d’après Cayce, p. 86) qui oriente leur interprétation dans le cadre, bien entendu, de la situation physique et mentale du rêveur. Et Jung n’est pas en désaccord avec cela, puisqu’il parle lui aussi de motifs communs ((Voir le Documents B : des actions typiques dans les rêves, p. 88) qu’on retrouve dans les rêves de personnes différentes, mais qu’on doit interpréter selon la situation personnelle de celles-ci.

            Deux individus différents peuvent faire presque exactement le même rêve. Ce cas, comme le révèle l’expérience clinique, est plus fréquent qu’on ne le croit. Mais si l’un des deux rêveurs est jeune et l’autre plus âgé, le problème de chacun n’est pas le même. Il serait donc absurde de leur donner la même interprétation. Et pour illustrer cela, Jung rapporte l’exemple suivant :

[…] c’est un rêve dans lequel un groupe de jeunes gens à cheval traverse un vaste terrain. Le rêveur est en tête, et saute par-dessus un fossé plein d’eau, réussissant tout juste à franchir l’obstacle. Les autres tombent dans l’eau. Le jeune homme qui me le raconta d’abord était d’un caractère prudent et un introverti. Mais le même rêve me fut rapporté par un vieil homme au caractère audacieux, qui avait mené une vie active, et entreprenante. Au moment où il fit ce rêve, il était malade, et rendait la tâche difficile à son médecin et à son infirmière. Il s’était fait un mal réel par son agitation constante et son refus d’observer les prescriptions du médecin.

Il m’apparut clairement que le rêve disait au jeune homme ce qu’il devrait faire. Mais au vieil homme, il révélait ce qu’il était en train de faire. Alors qu’il encourageait le jeune homme à surmonter ses hésitations, le vieillard n’avait pas besoin d’encouragement de cette sorte : l’esprit d’entreprise qui s’agitait encore en lui était son plus grand ennemi. Cet exemple montre comment l’interprétation des rêves et des symboles dépend pour une grande part des circonstances particulières dans lesquelles se trouve placé le rêveur, et de son état d’esprit. (C.G. Jung, Essai d’exploration de l’inconscient, pp. 90-91) 

Selon Cayce, on peut diviser les rêves en quatre grands groupes :

a)      ceux qui se rapportent aux problèmes de notre organisme;

b)      ceux qui permettent une meilleure observation de soi-même;

c)      ceux qui manifestent une perception psychique;

d)      ceux qui font office de guides spirituels.

 

Ce sont les deux premiers groupes de rêves qui feront l’objet du chapitre suivant sur l’interprétation. Un exemple du dernier est donné par Cayce dans une Lecture faite pour un de ses consultants :

En septembre 1926, un patient dit à Cayce, qui était endormi : « Ma mère est morte, et pourtant elle m’est apparue; elle affirmait : « Je suis vivante. » Cayce prit aussitôt la parole pour répondre : « Mais oui, bien sûr, elle est vivante! » ce qui bouleversa son consultant. Il poursuivit pourtant bravement le récit de son rêve. Sa mère lui avait dit : « La jambe ou l’épaule de ta sœur fonctionne mal, elle devrait voir un médecin. » […] Cayce dit : « Votre mère, en tant que mère, est demeurée la protectrice du foyer. Elle vous met donc en garde d’un danger. Il faut avertir votre sœur! »

Le client de Cayce suivit ce conseil et contacta sa sœur, sans lui parler de son rêve. Elle lui raconta spontanément qu’elle souffrait depuis quelque temps d’une jambe et d’une épaule, et qu’elle se tracassait énormément. (Jess Stearn, Edgar Cayce, le prophète, p. 192.)

 

            Selon Cayce, tout le monde devrait tenir compte de ses rêves et en chercher l’interprétation. « Les rêves qui sont présentés à la personne, disait-il au sujet d’un consultant, viennent pour l’éclairer, l’aider à prendre conscience de ce qu’elle doit faire dans sa vie quotidienne, si elle veut bien en tirer les conclusions. » (Lecture 3763, 3937-1, cité dans Dorothée Koechlin de Bizemont, L’Univers d’Edgar Cayce, T-I, p. 364.) Car, disait-il à un autre consultant : « Les rêves montrent la coordination entre les conditions existant dans l’intelligence physique, et les expériences du subconscient, cela afin de donner à l’entité les leçons dont elle a besoin et qu’elle pourra appliquer dans sa vie de tous les jours. »(Ibidem).

             Le sommeil, disait-il encore, « est ce moment privilégié pendant lequel l’âme analyse le contenu de ses activités […] À ce moment-là, elle procède à des comparaisons selon les critères de l’harmonie, de la paix, de la joie, de l’amour, de la patience, tous fruits de l’Esprit. La haine, les paroles blessantes, les pensées sans bonté, l’oppression, sont les fruits de Satan. L’âme, ou bien déteste ce par quoi elle a passé, ou alors elle entre dans la joie du Seigneur. » (Ibidem, pp. 363-364).

Il suggérait fortement à ses consultants de noter régulièrement leurs rêves et de méditer sur eux en les mettant en relation avec leur vie consciente : émotions, pensées, problèmes, etc. Ainsi ils pourraient établir une corrélation entre leurs récentes actions et leurs critères personnels. En leur accordant l’intérêt qu’ils méritent, les rêves peuvent devenir une source inappréciable d’enseignement et d’inspiration.

Pour Cayce, les rêves annoncent souvent des circonstances futures et servent à nous y préparer. Il a ainsi interprété des rêves que des financiers de New York lui avaient soumis : ses indications leur ont valu d’échapper au Krach de la Bourse en 1929. Cela vaut aussi pour le passé, car il a aussi interprété plusieurs rêves de ses consultants qui avaient revécu en rêve certaines de leurs vies antérieures. « En ce qui concerne les vies antérieures, elles peuvent s’exprimer  davantage […] dans les rêves […]. Car cette entité rêve beaucoup; elle devrait écrire plus souvent ses expériences de rêve. » (Dorothée Koechlin de Bizemont, Op. Cit. p. 370.)

Pour terminer ces quelques considérations sur la pensée de Cayce concernant les rêves, voici deux interprétations savoureuses faites par ce médium : à quelqu’un qui avait rêvé d’un homme sans tête vêtu d’un uniforme, Cayce, au cours d’une Lecture, lui dit qu’au lieu de « perdre la tête » en s’obstinant à exécuter son travail à la perfection dans les moindres détails, il ferait mieux de se laisser guider par l’Esprit. À un autre qui avait rêvé qu’un hystérique courait dans les rues en hurlant et en semant le trouble, il recommanda de dominer son mauvais caractère.

 

 

 

Les rêves vus par Seth

Avec la compréhension de vos propres croyances, vous pouvez apprendre à utiliser plus efficacement vos rêves dans des buts précis. L’état de rêve, siège d’importants développements de votre corps physique, est en même temps le lieu de guérison par excellence. » Jane Roberts, La réalité personnelles, T-2, p. 44.

 

C’est dans le contexte de l’influence de nos croyances sur notre santé physique et mentale, que Seth aborde la nature et le but des rêves. Quoique sa pensée sur la vie onirique ne diffère guère de celle de Jung ou de Cayce, ce contexte plus large dans lequel il situe le rêve, nous apporte, sur sa nature, des aperçus nouveaux et très stimulants. Parmi ceux-ci, il faut souligner l’influence que nous pouvons consciemment exercer sur nos rêves pour nous en faire d’importants et précieux alliés qui aideront notre santé et notre évolution.

S’il est certain, comme il l’enseigne, que nos pensées et nos croyances influencent profondément notre vie corporelle et son environnement physique et social, comment nos rêves pourraient-ils échapper à cette influence, puisque c’est le même individu qui est éveillé le jour et qui rêve la nuit ? La vie onirique que nous menons pendant le sommeil n’est pas ponctuellement créée au moment du rêve, comme si elle cessait à notre réveil et reprenait la nuit suivante. Seth enseigne que l’état de rêve ou la dimension où nous nous transportons pour rêver, continue d’exister même lorsque nous sommes éveillés. La différence est que nous ne sommes plus alors concentrés dans cette dimension. L’état de rêve est donc parallèle à la dimension tridimensionnelle dans laquelle nous sommes concentrés durant le jour. « Nous pouvons oublier nos rêves, mais ils font toujours partie de nous […] Ils sont pour toujours contenus comme données codées électro-magnétiquement dans les cellules de l’organisme physique. » (Andy Hughes, Seth dans ses propres mots, Site Internet, www.spiritual-endeavor.org./SethPavilion)

Durant le rêve, notre inconscient reçoit des informations ou des données de notre corps physique et notre Moi conscient reçoit également, sans le savoir, des informations de notre inconscient. Il y a interaction entre les deux états. Il nous faut séparer notre vie onirique et notre vie d’éveil pour œuvrer  plus efficacement dans la vie physique : c’est un choix que nous avons fait selon nos croyances. Mais, en diminuant la longueur du sommeil selon un partage spécifique (4 à 6 heures au lieu de 8), quitte à compenser, au besoin, par de petites siestes durant le jour, Seth affirme que nous pourrions diminuer avantageusement l’écart entre les deux états, de sorte que la conscience d’éveil profiterait davantage des informations de l’inconscient données dans le rêve. Le rêveur deviendrait conscient durant le rêve et comprendrait mieux l’intégrité de son être. On sait que ce fut le cas pour Edgar Cayce dans les dernières années de sa vie : il vivait dans les deux dimensions à la fois et se demandait souvent dans lequel des deux il se trouvait ! Peut-être faut-il également comprendre ainsi ce que le grand guérisseur Alalouf confiait au parapsychologue Aimé Michel : « Je vis dans la présence de Dieu […] Pour moi, le passé, le futur ni le présent n’existent séparément. C’est une seule et même chose. » (Examen d’un guérisseur : Alalouf devant la science dans Planète, No 35, juillet-août 1967, p. 63.)

De plus, Seth affirme que, dans l’état onirique, nous avons accès à d’autres niveaux d’existence où nous vivons parallèlement au plan physique. La conscience de ces existences est, en quelque sorte, neutralisée à l’état d’éveil.

…quand vous êtes éveillés, vous les écartez de votre esprit. À l’état de rêve, vous en avez une conscience beaucoup plus vive, bien que le processus final du rêve masque souvent une intense expérience psychologique et psychique. Malheureusement, c’est souvent de cette version finale du rêve que vous gardez le souvenir. Dans cette dernière, l’expérience de base est traduite en des termes aussi proches que possible de la vie physique. Elle est donc déformée. Cette touche ultime apportée au processus n’est pas réalisée par les niveaux les plus profonds du Soi et constitue une intervention plus consciente que vous ne l’imaginez. […]

Tous les rêves ne sont pas de cette nature. Certains sont en relation avec vos activités diurnes et, dans ce cas, un habillage n’est pas nécessaire. Mais dans les très grandes profondeurs de l’expérience du sommeil – qui, soit dit en passant, ne sont pas abordées par vos savants dans leurs fameux laboratoires de rêves – vous êtes en communications avec d’autres composantes de votre identité et avec les réalités au sein desquelles elles vivent.

Dans cet état, vous êtes en mesure de poursuivre des travaux ou des actions qui peuvent être ou non en rapport avec vos intérêts habituels. Vous apprenez, étudiez, jouez; vous faites tout sauf dormir (sourire) dans l’acception normale de ce terme. Vous êtes alors très actifs, engagés dans un travail souterrain, en quelque sorte dans les vraies soutes de l’existence! (Jane Roberts, L’enseignement de Seth, pp. 133-134.)

L’état de rêve est aussi important et valable que la vie diurne : « […] dans les rêves, votre travail est aussi valable que celui de la journée, car vous y rencontrez vos ‘moi réincarnationnels’ et vous dialoguez avec eux ». Comme il a été dit ci-dessus, on peut utiliser les rêves pour améliorer sa santé, obtenir de l’inspiration, restaurer ou augmenter sa vitalité, résoudre ses problèmes et enrichir ses relations familiales.(Andy Hughes, Op. Cit.) Seth nous incite à utiliser la suggestion avant de nous endormir pour obtenir l’aide des rêves : « Vous pouvez demander que vos rêves vous orientent, et votre désir sera exaucé. » (Jane Roberts, Op. Cit. p. 192.) « […] vous pouvez apprendre à changer votre environnement physique en sachant comment manipuler le monde onirique. Vous pouvez aussi construire des rêves dans lesquels un changement souhaité est projeté. Sous certaines conditions, ceux-ci pourraient se manifester dans la vie physique. Ce que vous faites souvent sans vous en rendre compte. » (Jane Roberts, L’enseignement de Seth, pp. 49-50). Nous pouvons aussi régler une dispute en rêve où nous rencontrons les personnes en cause : de nombreuses réconciliations se produisent ainsi au niveau onirique. Nous pouvons également demander la solution de n’importe quel problème et nous l’obtiendrons. Mais cela exige certaines conditions : il faut avoir confiance en soi, croire à l’importance de ses propres rêves et apprendre à les interpréter. Ce faisant, nous stimulons nos capacités intuitives et attirons les connaissances dont nous avons besoin. Croire à l’importance des rêves peut donc accroître leur efficacité. (Jane Robertss, La réalité personnelle, T-2, p. 255).

Certes, comme l’ont prouvé Kleitman et Jouvet, on ne peut vivre physiquement sans rêver, mais  Jung, Cayce et Seth enseignent également et clairement l’importance et l’utilité des rêves pour l’équilibre de nos vies physique et psychique.  Les messages qu’ils véhiculent ont trait à la recherche de l’harmonie entre le corps et l’esprit. Encore faut-il, pour la réaliser, que nous croyions à leur importance et à notre rôle personnel indispensable pour en décrypter le sens et l’intégrer dans l’économie de notre existence. L’étude des  rêves et leur interprétation s’avèrent donc nécessaires pour qui veut atteindre à l’unité de son être global. Le prochain chapitre tentera de faciliter cette entreprise.