Chapitre 5

Exemples de rêves non interprétés

            Voici quelques rêves sur lesquels vous pouvez vous exercer à l’interprétation en suivant les directives suivantes : Choisissez un ou plusieurs de ces rêves que vous tenterez d’interpréter en tenant compte de ce qui a été exposé au Chapitre 3 : Comment analyser vos rêves et du contexte qui accompagne chaque rêve, sans oublier les Documents A, B et C qui portent sur les symboles oniriques. Ensuite seulement, vous pourrez évaluer vos propres aptitudes en comparant vos interprétations à celles qui sont proposées dans l’Annexe, ci-après.

 Si vous analysez ces rêves comme s’ils venaient de vous, vous retirerez de cet exercice une plus grande expertise pour interpréter vos propres rêves. La meilleure interprétation, en effet, est celle que fait le rêveur comme l’ont affirmé les auteurs cités ci-dessus. Il y a donc toujours une grande part de subjectivité dans l’interprétation d’un rêve, car le message qu’il véhicule s’adresse au sujet qui l’a vécu pendant son sommeil.

1. Quelqu’un raconte le rêve suivant : Je suis avec deux personnages : une femme que je semble connaître et un homme dans la trentaine avancée. Ce dernier a belle apparence et nous regarde, la femme et moi, en souriant. Nous sommes tous les trois placés en triangle : j’occupe la pointe antérieure, la femme, la pointe en face de moi, et le personnage masculin à ma droite entre nous deux. La femme me dit en désignant le personnage de droite : « C’est Dieu, il nous donne la vie ». J’acquiesce à cette affirmation sans argumenter, car le personnage est affable et souriant et nous sentons une énergie émaner de sa personne et pénétrer en nous. 

Contexte.  Cette personne a des pouvoirs psychiques et cherche à s’en expliquer l’origine. Elle a également fait des lectures sur les phénomènes paranormaux et se pose beaucoup de questions sur la thérapie psi. En l’interrogeant au sujet de son rêve, j’apprends qu’elle a fait quelques lectures sur le médium américain Edgar Cayce. Celui-ci, me dit-elle, enseigne que Dieu, c’est la vie. Ce qui l’a beaucoup étonnée.

Interprétation du lecteur ?

2. On me confie cet autre rêve pour l’interpréter : Je suis dehors en compagnie d’une autre personne dans la campagne ou dans un bois. On dirait une partie de chasse. Mais j’ai l’impression qu’on doit se protéger de quelque bête sauvage. Effectivement, la  personne qui m’accompagne, aux traits imprécis, me montre à une certaine distance, ce qui ressemble à un ours couché dans la neige qui avait commencé à fondre. L’ours commence à s’agiter et peu à peu se met debout. Mon ami est effrayé. J’ai mon fusil, mais pas de chargeur. Alors je le charge balle par balle, tout en surveillant l’ours qui s’avance dangereusement.

            Je vise, tire et l’ours tombe. Il se relève, je tire de nouveau à plusieurs reprises, mais l’ours se relève chaque fois. Je n’ai bientôt plus de balles. Alors l’ours à son tour se saisit d’un revolver et se met à tirer n’importe où comme pour jouer. Alors on se réconcilie et la tuerie se change en jeu! 

Contexte : En questionnant le rêveur, j’apprends qu’au moment du rêve, il vivait à la campagne, près d’une forêt. Il était seul et n’aimait pas tellement la chasse, mais adorait se promener dans le bois tout en craignant les bêtes sauvages, surtout quand il y était seul.

Interprétation du lecteur ?

3. Autre rêve : J’explique à quelqu’un comment fonctionne la communication d’énergie. En fait, la personne reçoit toujours de l’énergie qui vient d’en haut et ressort par les pieds pour pénétrer dans la terre. « L’action du guérisseur, lui dis-je, consiste à augmenter le flux d’énergie descendante. » Les explications que je lui donne sont à la fois verbales et visuelles, car on voit la colonne d’énergie (grise comme un nuage) descendre sur la personne et s’intensifier quand je lui communique de l’énergie. 

Contexte : l’auteur de ce rêve est le même que celui du rêve No 1. Il a fait ce rêve trois mois plus tard, après avoir  assisté à des sessions de guérison chez un médium. Ce dernier affirme qu’il fait venir l’énergie du Cosmos par ses mains. Cette méthode l’a intrigué et incité à lire certains traités sur le sujet. Il se demande s’il peut lui-même guérir les gens malades.

Interprétation du lecteur ?

4. Quelqu’un me raconte le rêve suivant : Je suis en voiture sur un chemin boueux. Il fait sombre, c’est la nuit. La route semble éclairée par un lampadaire. Je conduis et quelqu’un m’accompagne, mais je ne le remarque pas. Je sais pourtant qu’il est là.

            Sur la route, (on dirait qu’il pleut) je croise quelqu’un. Cette personne est habillée pauvrement et porte une casquette. Je l’invite à monter, mais, en souriant, elle refuse, préférant marcher seule.

            Elle s’éloigne de la voiture, mais j’insiste en lui criant d’un ton catégorique : « Décidez-vous : embarquez-vous, oui ou non? ». Alors la personne revient sur ses pas et accepte de monter…

Contexte : Cette personne s’intéresse au Tarot et a lu quelques volumes sur le sujet.  Elle hésite à se tirer elle-même les cartes : peur de découvrir des choses peu intéressantes sur elle-même ? Superstition? Quelque chose la retient… une sorte de crainte. Avant de s’endormir, elle pensait que son inconscient l’aiderait à y voir plus clair

Interprétation du lecteur ?

5. Rêve communiqué par un ami. Pierrot, neuf ans, joue avec des cubes à construire une tour. Son petit frère malfaisant vient lui défaire sa construction. Pierrot réagit vivement: « Toé efface ou chte cass’ la face. » Sa mère qui a entendu du fond de la cuisine crie: « Pierrot, ton langage! Corrige-moi ça tout de suite. » Pierrot se reprend:

« Toi, retire-toi, ou je te refais le visage! » Il paraît que sa reprise lui a valu les éloges de sa mère.  Et j`ai trouvé cette repartie-là si bien tournée que j`ai pouffé de rire, ce qui m`a réveillé.

Contexte : il s’agit d’un grand-père qui s’occupe beaucoup de ses cinq enfants et de ses petits-enfants. Il correspond tous les jours avec ceux-ci par courriel : ils ont formé le « club des placoteux ». C’est à qui rapporterait l’anecdote la plus savoureuse ou la plus plaisante. Le grand-père s’efforce toujours de glisser un peu de sérieux dans les échanges.

Interprétation du lecteur ?

6. Autre rêve confié par un ami. J’étais interviewé en anglais par je ne sais plus qui, « a certain lady » et la question qu’elle me posait était celle-ci : « How did you become what you are? » (Comment êtes-vous devenu ce que vous êtes?). Je devais être quelqu’un d’important, un V.I.P., pour qu’elle me pose une telle question. Mais moi, au lieu de préciser les différentes étapes de ma carrière, j’ai choisi d’interpréter philosophiquement le sens de sa question… j’ai répondu la drôle de réponse que voici : «  Well! I can only be what I was previously. We don’t change essentially. I am now what I have always been. I became what I am by being each day more of what I was.” (Eh bien, je ne peux qu’être ce que j’étais auparavant. Nous ne changeons pas essentiellement. Je suis maintenant ce que j’ai toujours été. Je suis devenu ce que je suis en étant chaque jour plus que ce que j’étais).

Contexte : Cet ami ne croit pas à la théorie de la réincarnation. Nous avions eu un échange épistolaire sur le sujet avant son rêve, concernant le moment de l’animation du fœtus.

Interprétation du lecteur ?

 

ANNEXE

 

L’interprétation des rêves

 

Rêve No 1

 

Exposition : Le rêveur se trouve avec deux autres personnages : un homme et une femme.

Action : Les trois se placent pour former un triangle. L’homme dans la trentaine avancée regarde les deux autres personnages en souriant.

Péripétie : La femme dit au rêveur en désignant le personnage masculin : « C’est Dieu, il nous donne la vie ».

Conclusion : Le rêveur approuve cette affirmation et le personnage leur communique de l’énergie (vie).

Contexte.  Cette personne a des pouvoirs psychiques et cherche à s’en expliquer l’origine. Elle a également fait des lectures sur les phénomènes paranormaux et se pose beaucoup de questions sur les thérapies psi. En l’interrogeant au sujet de son rêve, j’apprends qu’elle a fait quelques lectures sur le médium américain Edgar Cayce. Celui-ci, me dit-elle, enseigne que Dieu, c’est la vie. Ce qui l’a beaucoup étonnée.

Interprétation : En tenant compte du contexte, on pourrait faire l’interprétation suivante :

            Le rêveur s’intéresse aux phénomènes psi, surtout aux guérisons paramédicales. Il se pose beaucoup de questions à ce sujet. Son rêve lui apporte une réponse surprenante et profonde sur la nature de l’énergie (vie). Cette réponse ne lui vient pas directement de Dieu lui-même représenté par le personnage dans la trentaine (figure de Jésus de Nazareth qui guérissait et qui a dit qu’il était la vie ?), mais par la femme, symbole de son anima. Il se pourrait aussi, à un niveau plus profond, que ces trois personnages représentent la nature tripartite et dynamique de l’homme telle que Cayce la présente dans ses Lectures : le rêveur étant le corps, la femme, l’âme et le personnage masculin qui diffuse l’énergie, son esprit, qui est « un dieu en devenir » L’Inconscient du rêveur lui apportait par ce rêve une réponse à la fois simple et profonde de la nature de la vie et de la santé.

 

Rêve No 2

 

Exposition : Le rêveur est dans la forêt avec un compagnon. Il porte un fusil comme s’il était à la chasse. Mais lui et son compagnon ont peur des bêtes sauvages.

Action : Son compagnon, aux traits imprécis, lui désigne un animal couché dans la neige, un ours, semble-t-il. L’ours s’anime et se met debout ce qui effraye son  compagnon.

Péripétie : Le rêveur, n’ayant pas de chargeur, met les balles une par une dans son fusil en surveillant l’ours qui approche. Il tire à plusieurs reprises, l’ours tombe et chaque fois  se relève. Lorsqu’il a dépensé toutes ses balles, il voit l’ours se saisir d’un revolver et se mettre à tirer n’importe où comme pour jouer.

Conclusion : On se réconcilie et la tuerie devient un jeu.

Contexte : En le questionnant, le rêveur m’apprend qu’au moment du rêve, il vivait à la campagne, près d’une forêt. Il était seul et n’aimait pas tellement la chasse, mais adorait se promener dans le bois tout en craignant les bêtes sauvages, surtout quand il y était seul.

Interprétation : Si on se réfère au symbolisme des bêtes sauvages, on doit dire ici qu’on a affaire aux instincts et aux émotions non contrôlées du rêveur (peur et agressivité). Son compagnon aux traits imprécis est une projection onirique de son double, faible et peureux. Le rêveur se croit puissant avec son fusil, mais il n’est pas complètement maître de son pouvoir, car il n’a pas de chargeur. Il doit recommencer à charger après chaque coup pour protéger son compagnon. L’ours qui représente ses instincts et ses émotions non contrôlées, bien que frappé, se relève et se met à imiter son assaillant, mais en se jouant : il n’attaque pas le rêveur, comme pour se venger, mais l’associe à son jeu!

            Son Inconscient semble dire au rêveur : tu as peur de tes émotions parce que tu penses qu’elles sont dangereuses pour ton existence. Les refouler, les enfouir dans l’inconscient (c’était le but du tir des balles) ne règle rien, car tu as toujours des émotions qui sont des expressions de ton énergie vitale. Tu dois donc les assimiler (te réconcilier avec elles) car elles font partie de toi, et ainsi tu pourras considérer la vie comme un jeu, c’est-à-dire ta vie sera plus agréable.

 

Rêve No 3

 

Exposition : Le rêveur est le même que celui du rêve No 1. Ce rêve s’est produit trois mois plus tard. Entre temps, il a suivi des sessions chez un médium exerçant l’art de la guérison par l’imposition des mains. Dans le rêve, il se trouve avec un compagnon auquel il explique comment se fait la communication d’énergie au cours d’un traitement.

Action : Selon lui, une personne reçoit toujours de l’énergie qui vient d’en haut et qui ressort par les pieds pour entrer dans la terre.

Péripétie : Il continue ses explications en disant que l’action du guérisseur ne fait qu’augmenter le flux d’énergie qui entre dans le malade.

Conclusion : Les explications qu’il donne à son compagnon se confirment par la vision d’une colonne d’énergie qui descend sur la personne et qu’il intensifie par l’imposition des mains.

Contexte : l’auteur de ce rêve est le même que celui du rêve No 1. Il a fait ce rêve trois mois plus tard, après avoir  assisté à des sessions de guérison chez un médium. Ce dernier affirme qu’il fait venir l’énergie du Cosmos par ses mains. Cette méthode l’a intrigué et poussé à lire certains traités sur le sujet. Il se demande s’il peut lui-même guérir les gens malades.

Interprétation : Ici le rêve n’a pas de rôle compensateur. Il n’est pratiquement pas symbolique. L’Inconscient du rêveur lui démontre concrètement ce qu’il a vu faire chez le guérisseur et le confirme par son action onirique. Le rêve lui dit de façon non équivoque qu’il peut effectivement exercer l’art de la guérison mais non pas qu’il le fera : ce n’est pas un rêve prophétique. On aurait souhaité avoir également le récit d’autres rêves qui ont sans doute formé une série progressive entre le rêve No1 et celui-ci. On y aurait vu les changements successifs, produits chez le rêveur, depuis ses interrogations qui ont provoqué son premier rêve et la réponse claire et simple que comporte ce dernier rêve, comme l’aboutissement de sa recherche.

 

Rêve No 4

 

Exposition : Le rêveur est en voiture sur un chemin boueux et sombre avec un compagnon qu’il ne voit pas, mais dont il sent la présence à ses côtés. La route est éclairée par un lampadaire, et il pleut.

Action : Le conducteur croise une personne pauvrement habillée et portant une casquette. Il veut le prendre à bord mais le marcheur refuse en souriant car il veut continuer seul.

Péripétie : Le marcheur s’éloigne, mais le conducteur insiste et lui crie comme pour l’obliger : « Embarquez-vous, oui ou non?

Conclusion : Le marcheur revient sur ses pas et monte dans la voiture.

Contexte : Cette personne s’intéresse au Tarot et a lu quelques volumes sur le sujet.  Elle hésite à se tirer elle-même les cartes : peur de découvrir des choses peu intéressantes sur elle-même ? Superstition? Quelque chose la retient… une sorte de crainte. Avant de s’endormir, elle pensait que son inconscient l’aiderait à y voir plus clair.

Interprétation : Pour saisir le sens de ce rêve, il faut connaître le jeu du Tarot, dont les Arcanes majeurs, au nombre de vingt-deux, commence par le Bateleur debout devant une table et se termine par le Fou, un peu déguenillé qui marche, la tête dans les nuages. N’est-ce pas le Fou, ce pauvre itinérant coiffé d’une casquette dégoulinante de pluie et qui marche sur le chemin boueux ? Et n’est-ce pas le Bateleur, ce conducteur à l’abri des intempéries au volant de sa voiture se portant vers une destination bien définie, but de ses aspirations? Ce rêve n’est-il pas la réponse que le rêveur a demandée à  son Inconscient? Le rêveur, qui, à l’état de veille, hésite à se tirer le Tarot de peur d’être confronté à son Ombre, cette image peu reluisante de lui-même, représentée ici par le pauvre itinérant, se voit obligé, par pure humanité, à aider ce dernier en l’invitant à monter dans sa voiture. Le pauvre sourit au conducteur : il n’est pas agressif ni revendicateur, mais tourné sur lui-même : il veut continuer seul. Cette attitude dénote un refus ou un refoulement de son apparence de pauvre, symbolisant l’attitude du conducteur qui craint son Ombre. Mais sur les instances du conducteur (qui symbolisent son désir profond mais inconscient de se connaître), il accepte de monter dans la voiture. En fait, cet itinérant fusionne avec le compagnon invisible que le conducteur sentait auprès de lui sans le remarquer. La voiture est un symbole de la personne du rêveur, qui  est maintenant habitée par deux êtres différents et apparemment opposés. N’est-ce pas la réalité de son être que l’Inconscient révèle au conducteur? L’aspect du pauvre itinérant est la compensation obligée de l’idée trop idéalisée que le conducteur se fait de lui-même. Il doit  marier ses deux aspects en lui-même parce qu’il est les deux à la fois. C’est une invitation voilée à se tirer les Tarots pour se mieux connaître et se réaliser dans toutes ses composantes.

 

Rêve No 5

 

Exposition : Pierrot, 9 ans, joue avec des blocs dans la cuisine.

Action : Pierrot construit une tour que son petit frère malfaisant vient défaire.

Péripétie : réaction vive de Pierrot qui menace son petit frère et intervention de la mère qui refuse le langage outrancier de Pierrot.

Conclusion : Pierrot reprend son propos de manière plus polie mais, tout de même, tendancieuse. Ce qui fait rire le rêveur et le réveille.

Interprétation. A (au niveau familial). Ce rêve illustre la dynamique habituelle au sein d’une famille; la rivalité entre les enfants, l’espièglerie, l’affirmation de soi et la figure symbolique de la mère qui veille à la bonne éducation des enfants. C’est une leçon archétypique que le grand-père, dans sa sagesse, véhicule au profit de sa descendance (dans ses courriels).

                            B (au niveau individuel). Autre interprétation possible centrée sur le rêveur lui-même. Les deux enfants symbolisent, par leurs actions, la créativité (Pierrot) et l’agressivité (son frère). Ces deux aspects qui relèvent de la bipolarité de l’être humain (créativité = féminité et agressivité = masculinité) doivent s’unifier dans la vie de l’individu (ici le rêveur). C’est ce que lui enseigne son anima, représentée ici par la mère. Remarquons qu’il y a beaucoup de créativité et d’agressivité dans la réponse modifiée de Pierrot à l’endroit de son petit frère (c’est ce qui a fait rire le rêveur).

 

Rêve No 6

Exposition : Le rêveur est interviewé par « a certain lady ».

Action : La femme le questionne sur sa personnalité actuelle. Le rêveur s’imagine être une personne importante.

Péripétie : Il lui donne « philosophiquement » une « drôle » de réponse : « Je ne peux être que ce que j’étais auparavant, car on ne change pas essentiellement », mais ajoute : « Je suis devenu ce que je suis en étant chaque jour plus que ce que j’étais ».

Conclusion : Au réveil, le rêveur trouve « drôle cette réponse-là » mais se demande pourquoi il s’est engagé dans une telle voie, car, croit-il, ce n’est pas ce qu’elle voulait savoir.

Interprétation élaborée : Le rêve est le langage de l’inconscient qui veut attirer l’attention du rêveur sur des choses importantes pour lui. Il se sert d’images et de symboles qu’il faut décrypter. Pour cela, le contexte plus ou moins immédiat s’avère important. Auparavant, il avait discuté sur le moment de l’animation du fœtus dans la théorie de la réincarnation : il avoue ne pas adhérer à cette théorie. Mais le rêve semble s’efforcer de rectifier son opinion consciente sur ce sujet.

            Le personnage féminin du rêve (a certain lady) symbolise son anima, expression de son inconscient. L’anima, d’après Carl Jung, a pour rôle de faire le lien ou d’établir un dialogue entre l’inconscient et la conscience (l’ego). C’est pourquoi ici elle véhicule les questions que l’ego du rêveur se pose au sujet de la réincarnation. Et son inconscient (son Moi profond) répond on ne peut plus clairement : Well! I can only be what I was previously.

            De plus, l’anima lui parle en anglais. Cela signifie une autre façon de voir ou de dire les choses. Il signifie donc un langage « nouveau » (ou une façon nouvelle de penser) qui lui permettrait de comprendre la vraie nature de la réincarnation. L’autre symbole a trait au jour (each day). Dans le rêve, on échappe au temps, on se trouve dans une autre dimension, hors du temps : each day  signifie donc chaque incarnation dans le temps. Ainsi,  I can only be what I was previously signifierait: je peux seulement être ce que j’ai toujours été avant mon incarnation actuelle. We don’t change essentially. I am now what I have always been, c’est-à-dire : je suis ce que j’ai toujours été, une forme d’énergie personnalisée (un  individu, une identité). I became what I am by being each day more of what I was: chaque incarnation exprime une facette de ce que le Moi profond est essentiellement. Le conscient (ego) doit accepter et réaliser ce qu’il est en réalité : un esprit immortel multidimensionnel qui, par sa créativité, s’exprime partiellement dans la dimension physique tout en changeant constamment (Je suis devenu ce que je suis en étant chaque jour plus que ce que j’étais).