Sculptures de Michel-Ange (2)
Voyons maintenant
des sculptures de Michel-Ange, d’inspiration « païenne » ou profane.
Une des plus importantes fut son Bacchus
ivre. Elle fut commandée pour figurer dans le jardin d’un cardinal, parmi ses
pièces d’antiquité, mais ce dernier refusa la statue. Elle a été acquise plus
tard par les Médicis et placée au Musée national du Bargello à Florence. Cette œuvre en marbre de

La statue de Bacchus a été commandée par le banquier Jacopo Galli pour son jardin. Il voulait qu'elle démode les modèles anciens. Le corps de ce dieu ivre donne une impression de jeunesse et de féminité. Vasari dit que cet étrange mélange est la caractéristique même du dieu Dionysos.
Michel-Ange en fait cependant aussi une allégorie de la condition humaine. Dans sa main gauche, le dieu tient avec indifférence une peau de lion, symbole de la mort, et une grappe de raisin, symbole de la vie, qui nourrit le faune. Nous réalisons ainsi que ce miracle de la pure sensualité ne dure qu'un court moment de la vie de l'homme. Celui-ci se trouve dans la position du faune, pris entre la vie et la mort.
La statue a été transférée à
Florence en 1572.
(Extrait de Wikipedia)
Le
tombeau de Jules II

Le dessin
Le mausolée de Jules II, sculpté
par Michel-Ange, devait à l'origine être construit sur trois niveaux au centre
le la basilique Saint-Pierre et contenir quarante statues. Michel-Ange se
rendra à Carrare durant huit mois afin de choisir les blocs de marbre
nécessaire à sa réalisation. Le pape, qui changeait sans cesse d'avis et ne
jurait plus que par Bramante, laissera finalement tomber le projet.
Michel-Ange, qui s'en retournera à Florence, ne reprendra le tombeau qu'à la
mort du pape, en 1513. Il n'en sculptera que les esclaves, aujourd'hui
conservés au Musée du Louvre, et entreprendra l'exécution des statues des
filles de Laban, Lia et Rachel. Le pape Léon X, souhaitant que Michel-Ange
abandonne ce chantier pour se consacrer au Jugement Dernier de






Après la mort de Jules II, les tractations entre le nouveau pape et les héritiers furent tendues. Le projet du tombeau de Jules II devient un mausolée contenant un simple cénotaphe dans la basilique Saint-Pierre-aux-Liens en 1545, soit quarante ans après la commande initiale. (D’après Wikipedia)
_fichiers/image016.jpg)
Michel-Ange
et la chapelle des Médicis
Les tombeaux de Julien et Laurent de Médicis restent l'une des plus belles réalisations de Michel-Ange et dévoilent le rapport avec la mort et l’au-delà.
La nouvelle sacristie de l’église San Lorenzo à Florence, fut réalisée par Michel-Ange entre 1518 et 1534, sur un plan général inspiré de Brunelleschi. Elle contient les restes des deux célèbres Médicis, Laurent le Magnifique et son frère Julien assassiné lors de la conjuration des Pazzi.

Les tombeaux se présentent face à
face. L’architecture générale dégage trois plans : le plan supérieur, qui
contient des trônes vides, symboles de la présence du divin ; le plan
intermédiaire avec une représentation allégorique des ducs : d’un côté Julien,
de l’autre Laurent. Puis sous les effigies des ducs, les tombeaux surmontés
chacun de deux personnages couchés dos à dos (un homme et une femme), qui
contrastent fortement entre eux. Ce sont les allégories des quatre moments de
la journée et de la nuit, qui personnifient la fuite du temps : le Jour et


Les effigies des ducs
Les statues de Julien ne sont pas des portraits réalistes mais des allégories.
Julien est représenté tête nue, le regard tourné vers le côté gauche. Il est vêtu d’une armure, à la manière antique, tenant un bâton de commandement entre ses mains, ce qui lui donne une allure martiale. Il est assis dans une position dynamique, les jambes décalées, comme s’il allait se lever. Il représente la vie active, toute tensionnée et pleine d’ardeur.
Face à lui, Laurent est représenté coiffé d’un casque qui pourrait être la gueule d’un animal, accoudé sur une boîte, la main devant la bouche dans une attitude songeuse, le regard tourné vers sa droite. Ses jambes croisées accentuent sa posture statique et son attitude introvertie contraste avec celle de Julien. Il symbolise la vie contemplative, accentuée par la présence de la boîte qui contient une chauve-souris, symbole de la mélancolie saturnienne et de l’hermétisme, c’est-à-dire du sens caché des choses. C’est aussi la boîte qui contient symboliquement les trésors de l’expérience accumulée durant la vie active.
Les allégories du temps
Sous la statue de Julien, deux
personnages symbolisent l’alternance du Jour et de


Elle est symbolisée par une femme repliée sur elle-même, la tête penchée et les yeux clos, qui exprime la parenté de la nuit avec le tempérament mélancolique. Elle est coiffée d’un diadème portant une étoile dans un croissant de lune. Son pied repose sur une botte de pavots et sa couche abrite un masque de théâtre grimaçant, et une chouette est blottie sous sa jambe gauche repliée.
Eros et Thanatos
Plusieurs de ces symboles sont
associés à la nuit et au sommeil : la chouette, oiseau nocturne, les pavots qui
sont les fleurs du sommeil. Ils évoquent Thanatos et Eros,
les deux fils jumeaux de

Le Jour est représenté sous les
traits d’un homme fort et viril, symbole de la pleine manifestation de
l’énergie solaire, dispensatrice de force et de vitalité. C’est un homme en
torsion, dans un mouvement spiralé, dont le visage est à peine dégrossi. Sa
posture semble compléter celle de

Sous l’effigie de Laurent, deux allégories quoique également dramatiques, sont moins tendues que celles du tombeau de Julien.
Crépuscule et Aurore
Le Crépuscule, passage de la lumière solaire aux ténèbres nocturnes, symbolise la réflexion intérieure ou est l’allégorie de la vieillesse.

Il est représenté par un homme d’âge mûr, allongé, jambes croisées, dont le visage n’est pas achevé. Il est adossé à la vierge Aurore, selon le mythe d’Éos et Tithon auquel les dieux avaient accordé l’immortalité, mais non la jeunesse éternelle.

L’Aurore est dans la religion chrétienne l’emblème de la renaissance et de l’illumination spirituelle, signe de la victoire de la lumière divine sur les ténèbres démoniaques. Elle est représentée par une femme coiffée d’un voile qui se déroule, accoudée sur un bras, l’autre bras replié sur l’épaule, les yeux ouverts et la bouche entrouverte, les sourcils légèrement froncés donnant à son visage une impression de tristesse. Un lien serré sous sa poitrine la retient prisonnière.
Dramatiques, ces quatre visages du temps sont positionnés en équilibre instable sur les tombeaux, évoquant la dimension tragique du temps qui passe et l’instabilité qu’il engendre.
Tous les personnages de la chapelle n’ont ni pupille ni iris, ce qui n’était pas un usage chez Michel- Ange, évoquant le temps aveugle, n’épargnant personne.
Espérance de la résurrection
Sur le mur sud, vers lequel
convergent les regards des ducs, et où aurait du être le double tombeau de
Julien et Laurent le Magnifique, se trouve

Elle est l’image de pureté et de bonté, symbole de l’élévation spirituelle et symbolise l’idéal de vie. Elle capte les regards car elle est l’aspiration de l’âme tout entière.
(Extrait de Wikipedia).
En 1535, il rencontre Tommaso de Cavalieri, avec qui il aura une "amitié amoureuse". Il rencontre également Vittoria Colonna, avec qui il a de longues conversations et en qui il voit une figure divine. Comme lui, elle faisait partie du mouvement des Spirituali dont le but était de changer l’Église corrompue par l’intérieur en s’infiltrant au Vatican. Il entretint une abondante correspondance avec elle jusqu’à la mort prématurée de cette dernière.
Son attachement au noble Cavalieri lui inspira ces extraits d’un poème qu’il lui adressa.
" Ce n'est pas toujours faute grave ni mortelle
que de brûler pour un prodige de beauté
si le cœur en est attendri de telle sorte
qu'un trait divin y puisse aisément pénétrer.
L'amour s'éveille : il dresse, il empenne ses ailes
et ne fait point obstacle au vol des passions vaines ;
c'est le premier degré d'où, vers son créateur
dont elle a toujours faim, l'âme prend son essor.
L'amour auquel je songe, tend vers les hauteurs.
Mais tout autre est celui des femmes : un cœur sage et viril
ne doit pas se consumer pour elles.
L'un vous attire au
Ciel et l'autre vers
L'un dans l'âme est logé, l'autre habite les sens
et décoche sa flèche à vil et bas objet. "
Cette grande passion amoureuse
lui inspira cette statue du Génie de

Et on retrouve la figure de Tommaso de Cavalieri, tout près du Christ dans le Jugement dernier, intercédant pour Michel-Ange qui se considérait comme pécheur. Pour ce dernier, l’amour entre hommes, si répandu à Florence à cette époque, pouvait conduire au paradis. Dans cette fresque, on peut voir, parmi les élus, des hommes qui s’embrassent. Michel-Ange voulait ainsi contrer à sa manière toute forme de discrimination de la part de l’Église vis-à-vis des juifs, des protestants et des « homosexuels ». Mais ce mot n’existait pas à l’époque.