Shirley MacLaine (2)

(réflexions)

 

            La lumière est attendue maintenant. Elle a toujours été là, mais de plus en plus, nous finissons par admettre qu’en réalité nous sommes la lumière, à condition d’intérioriser ce concept avancé et sophistiqué. La lumière n’est pas extérieure à nous. Et chaque fois que nous prenons conscience de cette lumière à l’intérieur de nous, nous découvrons le secret bien gardé de la vie. Nous étions un secret pour nous-mêmes. Ce que nous cherchons partout, cette quête, ce manque, c’était la lumière que nous avions en nous. NOUS SOMMES LA LUMIÈRE.

 

            Cette nuit-là, comme j’essayais de dormir, j’eus l’impression d’attendre quelque chose. Je ne savais pas quoi. Je ne tenais pas en place. Je me levai pour faire quelques pas dans la chambre. Je tournais en rond. Je n’étais plus préoccupé par Gerry (amant décédé). Ce problème-là au moins était résolu et j’en étais heureuse. Je m’allongeai et fermai les yeux, Alors je ressentis une étrange poussée d’énergie en moi, comme celle que j’avais ressentie sur le Machu Picchu. Puis la même migraine et la même nausée suivirent, un peu moins fortes. J’ouvris les yeux. Qu’est-ce qui m’arrivait? Je fermai les yeux de nouveau. Ça finirait peut-être par partir. Mais au lieu de cela, c’était comme si quelque chose essayait de communiquer avec moi.

            J’étais étendue, les yeux fermés, et tout à coup j’entrai dans un état que les scientifiques appellent « alpha », un état semi-conscient, entre la veille et le sommeil. Je n’essayais pas de contrôler ce que je ressentais, ce que je pensais, mais je contemplais ce qui m’arrivait, j’étais à la fois acteur et observateur. Puis quelque chose d’étrange se passa.

            Le vis un énorme objet, rond, gris métallique, au-dessus de ma tête, comme si je pouvais voir à travers le toit de mon bungalow. C’était un vaisseau géant.

            À ma grande surprise, il n’était pas beau. Il était en métal gris. J’étais stupéfiée. C’est alors que je reçus des messages dans une autre langue. Je ne comprenais pas le message. Ma migraine s’intensifia. Je savais que je ne dormais pas, et que je n’étais pas éveillée non plus. Et je savais que j’étais réellement en train de voir cette chose, mais je n»’arrivais pas à comprendre comment. Je n’étais pas dehors, pourtant je le voyais directement au-dessus de moi comme si le toit était transparent.

            Je voulus écrire mes impressions, mais je n’arrivais pas à sortir de l’état dans lequel je me trouvais. Je ne le voulais pas vraiment d’ailleurs.

            Ensuite, par télépathie, sans MOTS, je commençai à  comprendre le message. J’avais l’impression d’être sur un sommet du temps, où les mesures n’existaient plus. C’est comme si je me trouvais au carrefour émotionnel d’une transformation, où le temps et la matière sont immobiles, dans un endroit où le jugement, le désir, le succès et l’échec n’existent pas. La seule vérité c’était d’ÊTRE. Puis je vis le chiffre 9 se former au centre du carrefour visualisé. Je ne comprenais pas ce que cela signifiait, bien qu le mot accomplissement surgisse en même temps à mon esprit. Dès l’apparition du mot accomplissement, le vaisseau disparut. À la place, il ne restait plus qu’un océan de cristal liquide étincelant devant moi. Je restai émerveillée un moment, puis je me sentis projetée au-dessus de la surface de l’eau. Je pouvais danser sur les vagues de ce fabuleux cristal chatoyant. C’était…Magique…Divin. Je me mis à faire des pirouettes, des sauts de joie exubérants sur les flots étincelants.

            Je me rendais bien compte que le fait de danser sur l’eau était aberrant. En réalité, au milieu de l’extase la plus complète, pour rien au monde je n’aurais voulu que quelqu’un de mon entourage puisse me voir. Et alors je me rappelai…

            Le changement dans la compréhension pour les gens intéressés par le perfectionnement spirituel était de toucher la conscience du Christ en eux-mêmes, et de lui faire confiance. Savoir que nous sommes tous dotés d’une telle puissance d’énergie que nous pouvons agir sur la force physique peut changer le cours de l’humanité à cause de cette pression collective. Le pouvoir et la réalité ne sont pas en face de nous : ils sont invisibles. À L’INTÉRIEUR. NOUS sommes responsables de tout ce que nous créons. Maintenant, il nous faut consciemment nous aligner sur l’intention Divine dans l’univers, pour que nos forces agissent en synergie. Mon image, en train de danser sur une eau cristalline, pouvait très bien me venir d’un autre endroit et d’une autre époque, mais le principe de cette image était constant et universel. Je savais que tout était possible si je le voulais.

            Et je me disais que tout ce dont nous avons besoin maintenant, c’est un nouveau plan détaillé pour mieux comprendre que chacun de nous est impliqué dans l’intention Divine, que nous en soyons conscients ou non. Le changement dans cette approche de la réalité de Dieu et dans l’intention Divine vient de ce qu’il faut les sentir. À L’INTÉRIEUR de nous. Parce que nous appréhendons le Divin, comme étant extérieur à nous, nous nous sommes détachés, séparés, de la nature et de nos frères humains. Nous sommes prêts maintenant à aborder cette pensée, à comprendre ce concept, à accepter l’idée que nous et la force de Dieu sommes une seule et même chose. Nos âmes contiennent les caractéristiques, la substance et l’essence de Dieu. Et ainsi, le nouveau plan divin prévu pour notre enseignement sera L’INTÉRIORISATION consciente des forces d’amour, sagesse, responsabilité et pouvoir.

            Allongée dans mon lit, l’idée me vint que chaque âme sur la planète était impliquée dans le processus de sa propre transformation. Ou de sa NON-transformation. Ce qui expliquait pourquoi tant de vies étaient semées d’épreuves et de bouleversements., Nous, qui habitons sur cette planète, sommes concernés par la transition, pas par le désastre; chacun de nous à sa manière a des leçons différentes à comprendre et une purification à accomplir. Dans cette vie, Gerry avait accompli ce qu’il voulait.

 

         Tous les gens que je connais sont concernés par leur propre évolution. Et chacun de nous porte en soi un potentiel énorme d’énergie en vibration. C’est palpable. Chaque fois que nous rencontrons quelqu’un qui dégage une vibration négative, nous le sentons immédiatement : cela signifie que cette personne a du chemin à faire, qu’elle agit comme un réflecteur pour notre propre cheminement, et que, par conséquent, nous ne devons pas la juger.

            Ce soir-là, pour moi, les forces physiques et non physiques commençaient à exister simultanément dans ma réalité. J’apprenais des leçons des deux niveaux. J’aimais ces deux forces. J’ÉTAIS les deux.

            Je n’avais plus qu’à continuer à jouer mon rôle dans la vie que je m’étais écrite. Le monde continuerait d’être la scène de mon spectacle. Certains personnages en sortiraient dans un flamboiement de lumière; d’autres y entreraient de la même manière.

            Avec son mélange de mélodrame, de comédie antique et de tragédie désespérée, une vérité claire et indubitable apparaissait : La pièce est la salle de classe dans laquelle nous prenons pleinement conscience que nous sommes dans l’intention Divine. Cela se construit en nous, et l’effet physique de cette illumination fera briller une lumière intense sur le monde. L’acteur et le rôle ne font qu’un. Dieu et l’homme ne font qu’un. C’est vraiment une Divine Comédie.

 

Shirley MacLaine, Miroir secret, mon plus grand rôle, ma vie. Éditions Michel Lafon, pp. 290-293.