Shirley MacLaine

(séance avec Kevin Ryerson (3))

 

            Tout ça m’intriguait fichtrement. Mais je choisis d’apprendre davantage sur moi-même.

            - Ah, oui ? Et qui j’étais, moi, dans mes vies antérieures ?

            - D’après les Tables Akashiques, vous étiez incarnée avec une âme jumelle.

            - Ah ? Qu’est-ce que vous entendez exactement par âme jumelle ?

            - Cette question appelle des explications plus complètes, que j’essaierai de vous fournir plus tard. Pour le moment, je me contenterai de vous expliquer ce que sont les âmes sœurs.

            - Les âmes sœurs ?

            J’avais plus d’une fois entendu cette expression, Ne désignait-elle pas deux personnes prétendant avoir trouvé l’une en l’autre la moitié d’elle-même ?

            - Les âmes sœurs ont été créées l’une pour l’autre au commencement des temps, continua Jean : au moment de l’Explosion Initiale, comme vous dites aujourd’hui. Elles vibrent à des fréquences électromagnétiques rigoureusement semblables, car chacune d’elles est l’exacte réplique de l’autre. On rencontre couramment des âmes jumelles, qui ont fait l’expérience de plusieurs vies communes, sous une forme ou sous une autre. Tandis que les âmes sœurs, elles, ont été créées à l’aube des temps, par couples indissociables : elles s’appartiennent l’une l’autre… Vous voyez pourquoi la théorie de l’Explosion Initiale est sans doute plus complexe que vous ne l’imaginez… Plus complexe et plus romantique. Qu’en dites-vous ?

            Je balbutiai quelques syllabes insignifiantes.

            - Bon, reprit jean. Commençons à l’époque où, comme je vous l’ai dit, nous nous connaissions.

            - Ah ?

            - Nous étions maître et disciple. Vous étiez une de mes élèves les plus brillantes… un peu ce qu’aujourd’hui on appellerait mon « chouchou ».

            Je parcourus des yeux le salon, regrettant que personne ne fût là pour partager cet épisode.

            - Donc, nous nous connaissions ? dis-je.

            - Oui. Et ce n’est pas un hasard si vous êtes ici, aujourd’hui. Vous êtes capable de comprendre maintenant que le hasard n’existe pas. Nous le savons.

            - Qui entendez-vous par « nous » ?

            - Vos guides spirituels dont je suis.

            - Vous voulez dire que c’est vous, vous et mes autres guides, qui m’avez attirée ici ?

            - Comme tel.

            - Et… par quel moyen ?

            - Votre besoin de découvrir une explication à votre conduite. Vos interrogations. Votre recherche de vérité. Et aussi l’attraction psychique que nous exerçons sur vous. Car nous estimons que vous êtes mûre pour enquêter plus loin en vous, en votre vérité.

            - C’est ce que vous entendez par « guides spirituels » ?

            - Exactement.

            Un silence s’ensuivit durant lequel Jean la Voix me sembla s’absorber dans ses pensées, ou méditer quelque message. Puis, très naturellement, il poursuivit :

            - Nous avons isolé votre vibration, au cours d’une de vos existences. Vous viviez aux côtés d’une entité avec laquelle vous êtes toujours en relation à l’heure actuelle. Nous savons que cette entité réside aujourd’hui dans les îles Britanniques. Je me trompe ?

            - Gerry ? m’écriai-je d’un ton suraigu. Vous voulez parler de Gerry ?

            - Comme tel. Nous avons également isolé sa vibration, ce qui nous a permis de découvrir que vous avez été mari et femme, au cours d’une de vos vies antérieures.

            - Oh, mon Dieu ! fis-je ahurie et amusée… Nous nous entendions bien, à l’époque ?

            Nouveau silence.

            - À l‘époque, Gerry se passionnait pour son travail autant qu’aujourd’hui. Et cette passion s’est exercée au détriment de votre union, il nous faut l’admettre. Mais ces activités étaient importantes : il s’occupait d’échanges culturels avec les extraterrestres qui avaient entrepris de vous aider à la fois sur le plan technique et sur le plan spirituel.

            - Des extraterrestres ?

            Jean sembla percevoir mon étonnement. Sa voix se fit encore plus assurée :

            Comme tel. Cette planète recevait la visite d’extraterrestres. Comme aujourd’hui.

            Je pris une grande inspiration

            - Seigneur ! Pouvez-vous n’en révéler davantage ? Qu’est-ce que ça veut dire exactement ? Que nous avons eu des visiteurs de l’espace depuis le commencement des temps?

            - Absolument. Certaines planètes sont pus avancées que la vôtre sur le plan du savoir. Comme la Terre est en avance sur d’autres planètes.

            J’essayai de me détendre en respirant profondément. Ce qu’il m’avait dit était logique en soi, mais j’aurais aimé savoir quelles questions poser.

            - Parfait, dis-je , ne sachant plus très bien où j’en étais.

            Peut-être assistais-je à un numéro bien rodé ? Mais si je me trompais ? Allais-je rater une occasion d’apprendre quelque chose ?

            - Parfait, répétai-je. Quel genre de connaissance ces extraterrestres nous apportaient-ils?

            La réponse de Jean ne se fit pas attendre :

            - La seule connaissance qui compte vraiment : la connaissance de Dieu en l’homme. Toute autre connaissance en dérive.

            - Toute autre connaissance ?

            - Oui, votre connaissance scientifique, par exemple, repose sur vos facultés de comprendre certaines fréquences vibratoires : ces fréquences s’intègrent à l’univers. Dieu est amour et la fréquence vibratoire la plus achevée de toutes est contenue dans l’amour. Dans votre monde physique, la lumière a la fréquence la plus élevée et la plus rapide. Mais les êtres très évolués en savoir et en maîtrise considèrent la pensée comme une fréquence plus complète que la lumière. La pensée est une .émanation de Dieu, et une émanation de l’homme. Voilà pourquoi, quand la pensée se fait amour, vos fréquences vibrent au plus haut degré d’énergie. C’est ça que les extraterrestres venaient vous enseigner. Et vous, Terriens, vous l’enseignerez un jour à d’autres. Cela vous est-il intelligible ?

            Je ne savais que répondre. Je m’éclaircis la gorge en essayant de comprendre. Je ne voyais pas le moyen de commenter les propos de Jean, de quelque manière que ce fût. Les conséquences implicitement suggérées par son discours me parurent si extraordinaires que je me sentis incapable de poser la moindre question pertinente. Aussi revins-je à moi-même : de cela, au moins, je pouvais m’accommoder. (À suivre)

 

Shirley MacLaine, L’amour foudre, pp. 257-260.