Souffrances terrestres (suite)

 

            Pour se guérir, il est nécessaire, avant tout, d’avoir confiance en son rétablissement, et de pratiquer l’optimisme en général. Si le malade n’est pas arrivé au terme de son cycle terrestre, et s’il ne doute pas de son médecin, il est déjà en voie de guérison, pourvu que ce dernier n’intervienne pas trop énergétiquement et ne paralyse pas les moyens naturels du malade.

 

            On aurait l’esprit en paix si l’on était conscient de vivre dans un univers où l’Amour a la suprématie en toutes choses, donc en tout ce qui concerne chacun. Il faudrait non seulement l’admettre en théorie, mais y ajouter foi et exprimer soi-même ce qu’on pourrait d’amour par ses pensées et par ses actes. On se mettrait ainsi sous l’action souveraine de la loi spirituelle, toujours harmonieuse. La maladie n’est qu’une aberration passagère.

 

            Les croyants qui retrouvent la santé dans des lieux de pèlerinage tels que Lourdes bénéficient de cette action bienfaisante de l’Esprit; ils l’invoquent au nom de quelque saint, mais c’est le même principe qui opère.

 

            Il est bon de ne pas insister sur le détail des maux physiques; cela tend à les river au malade au lieu de l’en libérer. Ce ne sont pas les symptômes d’une maladie qui importent le plus; c’est la mentalité de celui qui en est atteint. Il semble presque impossible d’ignorer le mal dont on souffre et les amis utiles sont ceux qui nous y aident, car, s’il est difficile de gouverner sa pensée pour surmonter un mal physique, il est encore plus pénible d’être malade, de se sentir inutile, de souffrir cruellement parfois, et de faire souffrir son entourage moralement et, souvent aussi, matériellement. Le mal ne disparaîtra que temporairement, s’il disparaît, tant qu’on ne remontera pas à la vie mentale; le médecin qui soigne le corps sans tenir compte du moral est donc insuffisant. Cependant les résultats obtenus sont rarement immédiats : lorsqu’on plante une moisson nouvelle, elle ne sort pas de terre aussitôt. Le guérisseur avisé aide le malade à rester optimiste et à prendre patience. Mais si celui-ci doit mourir, s’il est arrivé à son terme ultime, il meurt de toute manière; sinon c’est grâce à son corps astral qu’il guérit. De plus, s’il en est à une des dates dangereuses de son incarnation et que l’on intervienne maladroitement, il se peut qu’on contrecarre l’action du corps astral et que mort s’ensuive également.

 

            Tous sont appelés à mourir et à mourir encore à la Terre, mais la mort n’est pas la tragédie que l’on croit. Ce qui est tragique c’est de souffrir, et puisque les souffrances physiques résultent d’une activité mentale mal comprise, n’oublions pas que la peur, le découragement, la tristesse constante, sont néfastes, de même que la critique acerbe et les pensées peu charitables. Tout ce qui ignore l’amour est mauvais. La souffrance est invariablement le signal avertisseur.

 

New-York, avril 1955.

 

Marie-Louise Morton, Où et comment retrouverons-nous nos disparus?, pp. 235-237.