Symboles et conseils
On
fait trop d’arithmétique sur
Le monde physique est toujours symbolique. Il serait impossible d’analyser cette affirmation en détails; on n’en finirait plus; ce serait comme énumérer toutes les applications concrètes de chaque formule algébrique; mais on peut dire que tout sur Terre comporte un enseignement spirituel et que ce qui arrive à chaque incarné a pour but essentiel de développer en lui l’amour, et de le contraindre, au besoin, à en pratiquer la loi. Il le fait souvent sans s’en rendre compte. C’est ainsi que le travail qu’il accomplit pour « gagner sa vie » et en tirer un bénéfice personnel l’oblige à se mettre au service des autres et à s’unir au bien commun.
Il n’y a rien sur le plan physique qui ne puisse se rapporter à un plan plus subtil de l’existence. Essayons de faire quelques rapprochements :
Le feu, c’est l’activité spirituelle qui transforme et qui purifie.
Les vagues de la mer sont le tumulte des idées des hommes.
Le soleil, c’est l’Esprit qui donne la vie.
Un coucher de soleil, c’est la splendeur de l’existence sur le plan de la spiritualité.
La guerre que se font les êtres organisés tout le long de l’échelle animale, c’est leur sentiment de l’union à son point le plus bas. Le plus fort vit aux dépens du plus faible; il ne cherche pas à détruire mais à absorber : détruire n’est qu’un moyen grossier d’y parvenir. Se nourrir est également au bas de cette échelle symbolique de l’union. Et même quand on prétend aimer on obéit souvent encore qu’au désir de s’approprier un autre être. Qu’est-ce qu’une amitié « jalouse » ?
L’eau qui épouse étroitement la forme d’un vase, c’est la manière dont chaque individu est situé dans son monde à trois dimensions.
La prodigalité de la nature c’est l’abondance infinie de l’Amour.
Bien que les richesses des hommes traduisent aussi l’abondance de l’Esprit, les catastrophes qui résultent toujours de la cupidité sont symboliques du fait que sur le plan spirituel tout est fluide, généreux, partagé. Un cours d’eau profond qui coule librement ne cause pas d’inondations, mais s’il rencontre des barrages, il finit par déborder et ravager ses rives.
La plante qui croît et fleurit dans la grâce, c’est l’être spirituel qui se dégage peu à peu chez l’homme obéissant à son destin.
L’état liquide, solide ou gazeux des corps c’est la vie mentale, physique et spirituelle.
Le retour des saisons, celui des marées ou des astres dans le ciel, c’est le retour du désincarné sur Terre.
L’oscillation du pendule revenant chaque fois en arrière, c’est la justice immanente s’appliquant à l’être qui s’agite dans une direction donnée. Toute action suivie d’une réaction exprime cette même loi des compensations
Le cycle du grain d’où germe la plante pour en produire un nombre multiplié, c’est la vie de l’incarné, qui est sur Terre pour appliquer ses idées et les faire fructifier.
La spirale d’un coquillage, c’est la trajectoire de l’âme évoluant : elle tourne autour de son axe mais va s’élargissant.
Si l’on considère les institutions humaines, tout établissement commercial ou autre, tout système de gouvernement même mauvais, tout groupement humain, symbolise déjà la solidarité des hommes et leur union fondamentale.
Chaque objet est un symbole, chaque .événement une parabole; vivre sans se soucier de leur portée spirituelle c’est se laisser conduire par eux comme s’actionne une marionnette. C’est perdre, souffrir et réfléchir jusqu’à ce qu’on ait enfin compris.
New-York, Juillet 1953.
Extrait de Marie-Louise Morton, Où et comment retrouverons-nous nos disparus?, pp. 182-185.