Le cas suivant illustre parfaitement le succès le plus complet qui ait été obtenu jusqu'ici dans le traitement du cancer par ces techniques. La patiente, proche de la quarantaine, s'appelle Eléonore. En 1983, elle vivait dans le Colorado et travaillait pour une société informatique. On diagnostiqua un cancer avancé du sein, dont les métastases atteignaient les ganglions lymphatiques sous le bras. Elle subit une première mastectomie, puis une seconde; elle subit ensuite une chimiothérapie qui provoqua des effets secondaires intolérables. Elle décida donc d'abandonner son traitement, malgré l'avis de ses médecins qui l'informèrent que son cancer s'était maintenant étendu aux os. Les patients qui présentent ce type de métastases ont environ une chance sur cent de survivre.
Le médecin de famille conseilla à Eléonore de commencer la méditation en 1986, alors qu'elle était malade depuis trois ans. Par la méditation Transcendentale, Eléonore entendit parler de l'Ayur-Véda. Elle se fit hospitaliser à Lancaster où je lui enseignai le son primordial destiné à guérir le cancer. Les résultats furent remarquables. La douleur aiguë dans les os disparut (...), et chaque fois qu'elle retournait chez elle passer une radiographie, son radiologue trouvait de moins en moins de poches de cancer des os.
Il était bien trop tard pour que l'on puisse attribuer l'amélioration de son état au traitement antérieur. Généralement, une tumeur bombardée d'irradiations et de chimiothérapie régresse rapidement. Si Eléonore survit encore deux ans, elle entrera dans la catégorie privilégiée des malades qui ont démenti toutes les statistiques. Mais ce que je veux dépeindre ici, c'est le changement global qui s'est opéré en elle. Je lui demandai d'écrire l'histoire de sa maladie, vue de l'intérieur. Ce qu'elle m'a donné est un document tout à fait remarquable. Il commence au moment le plus poignant de sa vie, lorsqu'elle était sur le point d'entrer dans la salle d'opération pour subir l'ablation du sein.
«Parfaitement consciente, je suis allongée dans la salle d'attente, près des portes de la salle d'opération. Une infirmière passe, portant un énorme sein dans un sac en plastique transparent. Mes seins semblent si petits, sans défense et innocents. Lorsque j'allaitais mes fils, je me sentais en harmonie avec mes seins; ils étaient féminins, doux et jolis - j'avais confiance en eux. Maintenant, je suis allongée là, attendant qu'on m'enlève au moins l'un d'entre eux.
«J'ai peur et je tremble. Chaque nerf de mon corps semble tendu vers quelque chose, voulant s'échapper avant qu'il ne soit trop tard. Je me sens poussée vers la salle d'opération. J'ai l'impression de trahir mon corps, en permettant sa mutilation. J'ai 35 ans, et tout cela me paraît complètement injuste.
«Quand tout est fini, les émotions s'emparent de moi. je n'aime plus mon corps - je ne veux pas que mes médecins me voient, encore moins mon mari. Je me sens toute nue. J'ai perdu toute ma féminité, mutilée pour des semaines à venir, reliée à des drains dont les tubes sont cousus à mon corps. Le bruit des tubes en verre, bagués de rouge, m'accompagne chaque fois que j'essaie de marcher.»
Finalement, Eléonore se rétablit suffisamment pour suivre une chimiothérapie de six mois. On lui dit que ses chances de guérison étaient grandes, mais lorsqu'on lui fit passer une radio du sein qui lui restait, on découvrit qu'il était également cancéreux. Une deuxième mastectomie fut décidée:
Maintenant, je veux vraiment m'échapper. Pendant des mois, on m'a dit que j'avais le cancer, puis que je ne l'avais plus, puis que je l'avais de nouveau. Je suis si lasse de ces opérations et de cette incertitude. Je suis malade de cette fièvre, de ces horribles suées nocturnes, de la douleur, de l'humiliation, de ces doutes sur mon corps, mon esprit, mon sexe - de tout. Tout ce en quoi j'avais confiance m'a abandonnée.
«Cancer du sein bilatéral, mastectomie bilatérale, et enfin reconstruction bilatérale des seins. J'espère que c'est la fin et que je peux me mettre à guérir de mes autres symptômes, pour guérir complètement, malgré les statistiques.»
Peu après, Eléonore commença à pratiquer la méditation. Au début, elle considéra cela avec beaucoup de réserve et même un scepticisme manifeste; ces sentiments firent ensuite place à un «sentiment d'acceptation intérieure». Quatre mois plus tard, elle s'aperçut qu'elle était enceinte. Les médecins d'Eléonore lui avait dit que sa chimiothérapie l'avait rendue stérile, phénomène qui se produit chez 25% environ des femmes jeunes et 85% des plus de 40 ans. Pour celles qui ne deviennent pas stériles, enfanter est extrêmement dangereux, mais pour Eléonore, l'idée d'avoir un autre enfant revêtait une importance particulière:
«Cette grossesse était pour moi le symbole d'une plénitude et d'une fusion avec la nature. C'était un miracle et j'étais heureuse. Lorsque mes médecins me dirent que je devrais avorter pour sauver ma propre vie, ce fut un cauchemar. Tandis que ma grossesse se poursuivait, je fus plus malade encore. On me dit que mes examens montraient maintenant que le cancer présentait des récepteurs oestrogéniques positifs et que mes chances de survie étaient minces. Je me rebellai contre ces faits et continuai ma grossesse, décision que je vécue en toute sérénité.»
Après l'accouchement réussi d'un garçon, Eléonore découvrit que le cancer était revenu, cette fois dans ses os:
«De nouveau le cancer, et le cycle infernal reprit de plus belle. Les médecins m'affirmèrent que je vivrais "peut-être six mois, mais probablement pas plus de deux ans". (C'était il y a quatorze mois.) Mon cancer des os avait beaucoup progressé (la radio révélait une douzaine de points cancéreux, principalement dans les côtes et les vertèbres), et je me sentais très malade, littéralement jusqu'aux os. Le traitement consistait en une chimiothérapie à haute dose "jusqu'à la fin de mes jours". Cela voulait dire que je n'en avais plus pour longtemps.»
Eléonore supporta très mal la chimiothérapie. Sur les conseils de son médecin de famille, celui-là même qui avait suggéré la Méditation Transcendentale, elle vint à Lancaster pour suivre un traitement ayur-védique. En parcourant son dossier, je reconnus qu'elle était gravement malade; je ne pouvais lui promettre la guérison mais lui dis que son cas était moins désespéré qu'elle le pensait. En effet, le plus intime de son être n'avait pas été touché par le cancer et nous allons tenter de la ramener vers cette partie d'elle-même. Au bout de deux semaines, elle commença à se sentir mieux, à la fois physiquement et mentalement. Lorsqu'elle repartit, elle ne ressentait aucune douleur dans les os. Apparemment, ce fut le tournant décisif de sa maladie:
«Une fois que j'eus retrouvé mon travail, ma chimiothérapie et mes doutes, quelque chose se produisit. Une colombe sauvage s'introduisit dans l'entrepôt de la compagnie, un matin, et ne voulut pas repartir. À mon arrivée, deux ou trois heures plus tard, l'oiseau me suivit à l'étage, à travers les couloirs qui conduisaient à mon bureau. Il se posa tranquillement en face de moi. Je le pris doucement dans la main et je me sentis soudain bouleversé tandis que nous communiquions.
«Quelques mois passèrent après que nous eûmes relâché l'oiseau dans la campagne. En septembre, je découvris que mes radios des os n'étaient pas bonnes, mais pas plus mauvaises non plus. La chimiothérapie me causait beaucoup d'inconfort. Je n'avais pas vraiment l'intention de l'abandonner, mais mes énumérations sanguines étaient systématiquement mauvaises. Cela signifiait que j'allais devoir interrompre momentanément la chimiothérapie. Je me sentais tout de suite mieux et m'aperçus que je ne voulais plus de chimiothérapie, même au risque d'en mourir.
«En décembre, je retournai à Lancaster. J'y passai un moment merveilleux; on m'avait préparé des herbes spéciales et on m'enseigna la technique du son primordial, pour que je la pratique à la maison. À la fin de décembre, une autre radio des os montra que mon état restait stationnaire. Cela confirma ma conviction que la chimiothérapie n'avait qu'un effet superficiel. Je continuai mon traitement ayur-védique et quand je revins, trois mois plus tard, la radio montra que toutes les poches de cancer, à l'exception d'une seule, minuscule, avaient disparu. Le radiologue sourit et me dit qu'il ne savait pas comment cela avait pu se produire sans chimiothérapie. Il m'étreignit et, au moment de partir, me dit:"Cela fera date". Mon médecin de famille appela le radiologue pour avoir des renseignements précis; en raccrochant, il me dit que j'étais presque complètement guérie.
«En apprenant ces nouvelles, je ne pus retenir mes larmes. Je me demandais comment j'avais pu douter du résultat. Touchée par l'amour et la perfection de la nature, j'avais un seul désir, tranquille et serein, celui d'aller m'asseoir tout contre la terre, entourée de paix, dans la célébration des fleurs printanières, et d'apprécier tout ce qui s'était passé et tout ce que je suis.
«Pour finir, je dois ajouter que je suis réaliste; je comprends l'approche occidentale du cancer. Je sais également qu'il y a ici de grandes possibilités. Toutes les vérités de mon expérience convergent d'une certaine manière vers une vérité unique, mais lorsque je crois l'avoir saisie, elle m'échappe. J'en retire un sentiment d'humilité et je me sens assez sotte d'essayer d'analyser la plénitude. Mais je suis très, très paisible et tranquille, ayant reçu maintes fois l'assurance que la plénitude est la perfection.»
Eléonore a parcouru un très long chemin. L'année dernière, elle n'avait presque aucune chance de survivre à sa maladie; aujourd'hui, de nombreuses sommités en la matière, telle que le Dr Ikémi, considéreraient son cas comme une rémission spontanée. Son état général est satisfaisant; aucun signe ne montre que son organisme s'affaiblit. Huit mois après la dernière chimiothérapie, son cancer des os s'est réduit à une petite ombre sur la radio, et on n'a pas clairement démontré que cette ombre était cancéreuse.Les paramètres biochimiques, devenus anormaux suite à la maladie active, sont maintenant redevenus normaux - cela prouve bien plus nettement que les radios qu'Eléonore va bien.
Je n'ai plus peur pour elle maintenant, même si elle devait recommencer la bataille. Eléonore est au-dessus des batailles - elle irradie la quiétude qu'elle décrit. Passer un moment en sa compagnie me rend heureux et confiant, d'autant plus que je comprends combien sa paix est rare. À partir du désespoir de la maladie, elle a découvert la joie. Au moment où la mémoire de la santé est revenue, elle lui a apporté une force suffisante pour toute sa vie.(IBIDEM, pp. 287-293).