![]() |
du Tarot |
Les cartes du Tarot ont fait longtemps partie exclusivement des disciplines ésotériques et plus particulièrement des pratiques divinatoires occultes. On prétend même que le Tarot aurait son origine dans l'Égypte ancienne. Les Bohémiens l'ont propagé à travers l'Europe depuis le moyen âge. Il a été mis à l'ordre du jour au 19e siècle par des occultistes, comme Papus, Oswald Wirth, Ouspensky et plus près de nous par un ésotériste russe qui a voulu garder l'anonymat et à qui on doit les citations suivantes:
"Les Arcanes Majeurs du Tarot sont, dans ce sens, une école complète inestimable de méditation, d'études et d'efforts spirituels - une magistrale introduction à l'ART D'APPRENDRE .(1)"
Même s'il n'en a pas étudié la portée psychologique. comme il l'avait fait pour le Yi-King chinois, Jung leur attribue une grande valeur dans l'étude de l'inconscient. "Selon toute apparence, écrit-il dans Les racines de la conscience, les séries d'images du tarot seraient également des rejetons des archétypes de la transformation, opinion qui a été renforcée en moi par une conférence lumineuse du professeur Bernouilli... Le processus symbolique consiste à vivre dans l'image et à vivre l'image(2)."
Pour illustrer cet essai, j'ai choisi les images du Tarot idéographique du Kébec de Yves Paquin (3) parce qu'il présente le "voyage de l'âme" sous une forme hautement symbolique. C'est après avoir lui-même médité sur le Tarot et entrepris le voyage à l'intérieur de soi que cet artiste a conçu et créé, à la manière des imagiers du moyen âge, ce Tarot idéographique. À cause du caractère analogique des symboles, de leur richesse de suggestion et de leur densité énergétique, cette facture du Tarot attire l'attention et favorise une méditation continue et sans cesse approfondie.
Il m'a semblé intéressant et enrichissant d'interpréter les Arcanes du Tarot à la lumière des enseignements profonds et lumineux de Seth, cette entité pour qui le médium américain Jane Roberts a servi de "channel" pendant une vingtaine d'années. Dans un langage simple et facile à comprendre, Seth a expliqué, de sa position d'esprit "qui n'a plus de schéma corporel", la nature réelle de l'être humain: une entité énergétique multidimensionnelle qui se manifeste dans les trois dimensions par une multitude de personnalités émanant de la créativité de sa conscience. Les images du Tarot décrivent sa présente incarnation.
Chacune des cartes du Tarot alimente la réflexion en représentant, sous forme d'images symboliques, les différents aspects de l'âme incarnée, dans son essence, ses potentialités et ses activités. stimulant et assurant ainsi la connaissance et la réalisation de soi.

Le Bateleur représente notre personnalité actuelle, masculine ou féminine, dans le monde à trois dimensions, l'âme incarnée dans le temps et l'espace, ici et maintenant. Il est prêt à exercer sa créativité pour s'enrichir de nouvelles expériences en utilisant son énergie qu'il puise à la Source de son Entité. Celle-ci, représentée par la quatrième patte invisible de la table, assure la stabilité ou la permanence de l'être à travers les vicissitudes de la vie physique. Sans cet élément invisible, la table ne saurait tenir debout et servir d'assise à l'action du Bateleur.
L'âme s'incarne en créant d'abord son corps de chair et son environnement. Elle utilise pour cela ses capacités psychiques et spirituelles représentées par les quatre éléments symboliques de ses actions: le bâton, symbole du feu et de l'énergie, qu'il tient dans sa main gauche et dirige vers le ciel d'où il tire sa force; l'épée, symbole de l'air, de la pensée et du discernement; le calice d'eau, symbole de sa sensibilité et de ses émotions,enfin le denier, symbole de la matière à laquelle il donne toutes sortes de formes selon sa fantaisie.
Le jeune homme debout devant la table de son atelier est donc l'ego, par lequel le Moi intérieur, l'Entité, agit dans le monde tridimensionnel au moyen de sa conscience représentée par le chapeau en forme de lemniscate
, symbole de l'infini. C'est un être plein de promesses qui inaugure une nouvelle vie dans le monde physique, symbolisé par la fleur qui commence à s'épanouir sous la table.

La Papesse, c'est l'âme ou l'Entité spirituelle, le Soi profond, le Moi intérieur, qui se manifeste à travers ses diverses personnalités incarnées dans le temps et l'espace mais toutes vivantes dans le présent intemporel. Son essence énergétique individualisée lui permet de s'exprimer dans de nombreux niveaux d'existence, où elle acquiert sans cesse de nouvelles connaissances, comme lui en apporte également son existence dans le monde physique.
C'est la Source qui alimente sans cesse, en énergie, le Bateleur, la personnalité actuelle dans le monde physique. Ce dernier, dans ses méditations et dans ses rêves, en reçoit toute inspiration, toute connaissance en réactivant l'une ou l'autre personnalité "passée" ou "future" de son Entité. Cette connaissance, cette Science au-delà de toute science, est symbolisée par le Livre que la Papesse tient sur ses genoux, orné du signe du Tao signifiant les principes opposés du Yin et du Yang qui fusionnent dans l'Unité et qui se manifestent dans l'animus et l'anima de la personnalité masculine ou féminine du Bateleur.
C'est dans la Sagesse de l'Entité que le Moi incarné trouvera la réponse à toutes ses questions existentielles, symbolisées par le sphinx qui orne le siège de la Papesse, rappelant la réponse du légendaire Oedipe sur la nature de l'Homme. C'est ce qu'enseignait Socrate et qui figurait au fronton du temple de Delphes: Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux. Ce qui, selon Seth, signifie beaucoup plus que ce qu'on s'imagine, car dans des moments de solitude et de méditation, on peut avoir accès à d'autres dimensions où existe et agit le Moi intérieur.

L'Impératrice symbolise l'anima, la Puissance de l'esprit, l'imagination qui crée des mondes à partir de ses pensées et de ses désirs. C'est l'inspiratrice, la muse du Bateleur. Elle préside à toutes les formes que la personnalité physique fait naître dans la matiêre.
Son activité ne connaît aucune limite. Son sceptre est analogue au bâton du Bateleur et dirigé vers le ciel comme lui. Elle le tient également dans sa main gauche, signifiant par là que son exercice n'exige pas d'effort et que le flot de ses inspirations est souple et spontané. Comme l'aigle qu'elle tient dans sa main droite, elle parcourt avec agilité, par les ailes qu'elle porte au dos, les hauteurs du Zénith et les profondeurs du Nadir pour semer des mondes nouveaux dans toutes les dimensions de l'existence.

L'Empereur, c'est l'animus du Bateleur, la Puissance agressive et productrice de l'Esprit qui matérialise les imaginations de l'Impératrice. Il tient son sceptre dans sa main droite, main active par laquelle il exerce son action créatrice. La matière est ici symbolisée par le cube sur lequel il est assis. Cette position rappelle sa domination sur le monde physique qu'il crée selon sa fantaisie, c'est-à-dire selon les pensées, les émotions, les sentiments, les croyances et les attentes de son esprit incarné. Ainsi il fait pénétrer l'esprit dans la matière, symbolisé par l'aigle noir qui décore le cube sur lequel il est assis.
L'Empereur regarde vers la droite, vers l'Impératrice dont il est le complémentaire obligé dans l'activité du Bateleur. En effet, c'est en unissant la créativité de l'anima et l'agressivité de l'animus que l'ego devient un créateur efficace, soit pour maintenir en santé son corps de chair qu'il se crée ou pour le guérir, si ses pensées négatives ont entravé sa spontanéité et sa grâce natives et engendré des troubles physiologiques.

Le Pape représente Dieu en nous, qui se cache aussi dans toutes les créatures, de sorte qu'en connaissant celles-ci on Le connaît. Dieu est si intime à chaque être humain qu'il épouse toutes ses actions, en leur donnant existence. Il n'y a donc pas de choses ou d'actions essentiellement bonnes ou mauvaises, mais seulement des formes d'être que l'ego crée selon ses pensées et ses croyances expansives ou limitatives: c'est ainsi qu'il apprend à utiliser, par sa conscience, l'énergie qu'il est et qu'il manifeste physiquement.
Le Pape bénit autant l'ego qui le regarde que celui qui s'en détourne, symbolisés par les deux personnages agenouillés devant lui dans des attitudes opposées. Il fait pleuvoir et briller le soleil sur le juste et l'injuste. Il n'y a pas chez Lui de discrimination puisqu'Il les englobe tous dans son amour unifiant.
Le Pape représente Tout Ce Qui Est, la conscience de toutes les consciences, l'Énergie primordiale qui se répand dans la multiplicité des êtres créés, qui ne sauraient exister sans ou hors d'Elle. En chaque être humain, Il est un Dieu personnel qui connaît tous les besoins et toutes les demandes de chacun avant même qu'il ne les formule dans une prière.

L'Amour, c'est ce qui meut les mondes. Et ce sentiment est profondément ancré dans la psychologie de l'être humain, exprimant sa nature divine.Les Grecs en avaient fait un dieu séducteur, Éros, dont le serviteur, Cupidon, (désir), lançaient ses flèches ardentes sur les êtres humains des deux sexes, comme l'illustre cette carte du Tarot. Cet Amour est avant tout spirituel, puisque le Cupidon en vol possède des ailes bleues et que les deux personnages féminins de chaque côté du Bateleur symbolise l'Amour profane et l'Amour spirituel entre lesquels ce dernier doit choisir pour vivre dans un amour unilatérale ou global. Il est maître de son choix, puisqu'il est doué de libre-arbitre et qu'il est responsable des actes qu'il pose.
L'Amour, c'est aussi ce qui unifie les opposés, l'animus et l'anima, ici représentés par les personnages masculin et féminins. Ces deux archétypes réunis représentent symboliquement la totalité du Soi avec ses capacités, ses désirs et ses caractéristiques propres. La tension entre les deux vise à tempérer l'agressivité de l'animus par la créativité de l'anima ou à utiliser l'agressivité de manière créatrice. Car la conscience se forme à partir de la créativité de l'anima qui dépend, pour sa continuité de l'agressivité de l'animus: masculinité et féminité, apparemment opposés, sont des tendances du Soi total qui s'entremêlent pour atteindre la réalisation de sa véritable identité.

Le chariot représente le corps physique, le véhicule qui permet à l'âme d'agir dans les trois dimensions. C'est l'esprit manifesté dans la chair qui, par ses cinq sens, crée son environnement par projection tout en le connaissant.
La conscience de l'ego, le Bateleur, est concentrée dans la matière pour y faire l'expérience des formes physiques, apprenant ainsi à manipuler l'énergie en vue de ses propres expériences. Celles-ci réalisent ses pensées, ses émotions et ses croyances, qui donnent forme à son corps et à son environnement. Ces créations sont-elles imparfaites, insatisfaisantes? C'est dans la nature de ses pensées et de ses croyances qu'il doit en retracer la cause et les changer, s'il y a lieu.
Toute création qui s'avère imparfaite ou traumatisante, est un produit de sa conscience et lui apporte de nouvelles connaissances en vue de changer ses pensées qui sont à l'origine de ces matérialisation déficientes. Il n'y a pas de péché ni de faute, mais apprentissage à travers essais et erreurs. Au cours de ses réincarnations, le bateleur apprend de nouvelles leçons en créant, chaque fois, une nouvelle pièce de théâtre qu'il exécute avec brio ou sans éclat.

Cette carte de La Justice est l'illustration de la loi de cause et d'effet. On récolte ce qu'on a semé. L'arbre tombe du côté où il penche. Puisque l'être humain crée son corps et son environnement par ses pensées, ses croyances et ses attentes, il est imputable de toutes ses réalisations matérielles. Il n'y a pas de responsable extérieur de ce qui lui arrive: il n'a pas à chercher un coupable à ses faux-pas. Il en est l'auteur et il doit répondre de ses actes, c'est-à-dire qu'il doit apprendre, de ses erreurs, à les éviter à l'avenir.
La "punition", telle qu'on l'entend selon la loi humaine, n'est pas surajoutée aux produits de nos action: elle réside dans les effets eux-mêmes qui nous enseignent comment agir à l'avenir en éclairant notre conscience. S'il est vrai que nous réagissons en fonction d'un sentiment de culpabilité, il y a lieu de distinguer deux sortes de culpabilité: celle qu'on nous apprend durant notre éducation et fondée sur de fausses croyances de ce qui est bien ou mal. C'est elle qui engendre la croyance au péché et à la punition pour rétablir l'équilibre. Mais il y a d'abord la culpabilité naturelle qui émane du Moi intérieur lorsque l'ego agit à l'encontre de sa nature profonde: celle-ci n'implique pas de punition mais une connaissance nouvelle sur l'action juste et conforme à sa nature l'incitant ainsi à changer ses motivations (ses pensées et ses croyances).
Le péché n'existe pas comme tel, car il tient à l'ignorance dans la commission d'un acte. Quand la culpabilité naturelle joue à la suite d'une action inadéquate, l'âme s'interroge et apprend, par cette expérience, comment agir désormais de façon adéquate.

L'Ermite, c'est la conscience de l'âme qui s'isole du monde extérieur pour se concentrer sur son monde intérieur. Pour cela, elle utilise ses sens internes (la lanterne de l'Ermite) qui lui permettent l'accès à d'autres dimensions de son existence. Elle découvre alors que sa nature est multidimensionnelle. C'est dans ses méditations et surtout dans ses rêves qu'elle réalise ces voyages dans l'astral. Elle peut alors, si elle le veut, avoir accès à certaines de ses vies antérieures, soit pour en changer des traits peu reluisants en puisant dans d'autres passés probables, soit pour en tirer une énergie thérapeutique pour son corps physique en faisant appel à une de ses vigoureuses personnalités.
Le toucher vibratoire interne amplifie sa conscience pour embrasser par empathie tous les êtres vivants: arbres, insectes, environnement, etc.
Le temps psychologique lui permet, par la relaxation, de pénétrer dans sa vie intérieure et de revenir à sa vie extérieure à volonté.
La perception du passé, du présent et du futur lui permet d'élargir la portée du toucher vibratoire interne et sentir l'essence passée et future de chaque chose vivante à sa portée.
Le sens conceptuel lui permet de saisir directement une idée au-delà de sa formulation intellectuelle.
La connaissance de l'Essence Connaissable, version plus forte du toucher vibratoire interne, lui permet de connaître un être dans toutes ses composantes.
La Connaissance innée de la Réalité fondamentale lui apporte des données importantes pour mieux manipuler l'énergie: c'est un sens rudimentaire qui s'apparente à l'instinct (exemple, l'araignée, qui n'a pas d'ego et de conscience propre tisse sa toile en mettant en action ses sens internes).
L'Expansion ou la Contraction du corps astral lui permet de s'adapter à tout système d'existence où la mesure du temps est différente, soit par élargissement de ses limites et de son entendement, soit par contraction du moi qui lui permet de pénétrer dans d'autres systèmes de réalité.
La suppression du Système Occultant l'Essence de la Réalité lui permet une perception accrue de la réalité par un changement de fréquence. C'est une expérience habituelle dans le monde onirique.
La Propagation par la Personnalité-Énergie ou par le Moi intérieur lui permet de se réincarner dans une nouvelle personnalité physique, dans les communications médiumniques ou dans les voyages dans l'astral.
Ces sens internes agissent ensemble et globalement, mais leur objectif spécifique est déterminé par la conscience, comme, dans le monde physique, les cinq sens agissent ensemble pour saisir la réalité tridimensionnelle alors que la conscience individuelle peut privilégier la perception visuelle ou auditive. Leur exercice apporte à l'âme une sagesse transcendante, symbolisée par le serpent rouge qui s'enroule autour du bâton de l'Ermite.

La Roue de Fortune est une illustration symbolique des cycles du Temps. Les animaux qui montent et descendent selon le mouvement de la roue symbolisent l'ego toujours changeant, alors que le Sphinx immobile au-dessus de la roue, représente le Moi profond, l'Entité qui domine le temps dans son éternel Présent. Car la séquence, passé, présent et futur, est une illusion que crée l'âme incarnée pour appréhender la réalité dans les limites de ses sens physiques. Le Serpent sous la roue est le symbole de la Sagesse qui aidera l'individu à toujours contempler, au-delà du changement, le véritable sens de la Vie.
Cette image symbolise également le phénomène de la réincarnation: chaque tour de roue se réfère à une nouvelle vie dans le physique, jsuqu'à ce que les êtres accrochés à la roue évoluent pour enfin transcender celle-ci et devenir Sphinx, symbole de l'être humain déjà réalisé dans la simultanéité de ses incarnations.
Cette Roue de Fortune symbolise aussi la créativité incessante de la conscience qui transforme constamment la projection de ses pensées et de ses croyances dans la réalité tridimensionnelle. Ainsi elle expérimente et manifeste la joie et la spontanéité de son Moi intérieur qui transforme constamment son corps et son environnement.

La Force symbolise l'Énergie inépuisable dont jouit le Moi intérieur pour créer toutes les expériences de l'ego sur le plan physique. Seules les pensées et les croyances de ce dernier, qui vont à l'encontre de sa nature profonde, peuvent limiter sa créativité. Car le Moi intérieur, l'Entité. ne connaît aucune limite à ses capacités de création.
La facilité avec laquelle le personnage ouvre la gueule du Lion, indique l'aisance, la grâce, la joie et la spontanéité du Moi intérieur. Mais, en acceptant comme vraies ses fausses croyances, l'ego bloque et limite le flot d'énergie qui émane de l'Entité, réduisant d'autant sa liberté d'action et l'étendue de ses expériences dans le domaine physique.
En examinant les croyances de sa pensée consciente, l'ego pourra modifier celles qui vont à l'encontre de sa nature profonde, et retrouver la grâce native de son Moi intérieur (et le sens de l'émerveillement) qui tend vers une expansion infinie de son existence.

Le Pendu est le symbole de celui qui voit les choses différemment mais négativement. C'est celui qui entretient des pensées et des croyances qui l'empêchent d'agir avec enthousiasme selon sa nature profonde. Il voit tout à l'envers: il est pauvre car il prend sa pauvreté comme une réalité objective et non comme une pensée erronée qui l'empêche de créer les conditions de l'aisance et de la richesse. Il est malade parce qu'il croit qu'il l'a toujours été depuis son enfance et qu'il a une santé fragile et, en se plaignant de son sort, il entretient sa maladie. Pour lui, les hommes sont mauvais de nature, parce que son attitude pessimiste envers l'humanité l'empêche de voir ses bons côtés et de les créer dans sa propre vie.
Il est pendu à ses pensées négatives, parce qu'il ne croit pas à sa liberté et à son énergie d'action inépuisable et que ses pensées actuelles sont la "réalité" et non son idée personnelle de la réalité. Tant qu'il ne se remettra pas en question dans ses pensées, ses sentiments, ses émotions, ses attentes et ses désirs, il restera ainsi pendu et verra toujours la vie en envers et négativement.
La Mort

Cette carte Sans Nom affirme de façon évidente que la mort n'existe pas. À preuves, ce squelette couleur chair qui fauche des têtes et des mains toujours vivantes et actives entre lesquelles poussent des plantes vertes. C'est une illustration ironique et humoristique de la permanence de la Vie malgré cette "exécution symbolique".
Le moment de la mort est une illusion, puisque la mort fait partie du processus de la Vie. Aucun corps physique vivant ne saurait exister sans la mort constante de ses cellules et de leur renouvellement incessant. Nous vivons donc au milieu de nombreuses petites morts.
Certes, un jour le corps tout entier meurt, mais l'homme, le Moi intérieur qui s'est incarné temporairement dans ce corps est immortel. Tous les jours, dans le sommeil, nous quittons ce corps physique pour visiter d'autres niveaux d'existence et acquérir des connaissances utiles soit pour améliorer la santé du corps, soit pour régler des problèmes psychologiques ou même pour progresser spirituellement.

La Tempérance nous invite à unifier nos Moi intérieur et extérieur, notre ego et notre Entité qui s'exprime par lui dans le monde tridimensionnel. Cela est symbolisé par l'urne bleue, représentant le Moi profond, qui verse l'énergie vivifiante dans l'urne brune représentant l'ego agissant dans la matière. L'esprit et la matière de la personnhalité incarnée se rencontrent dans ce flot de Vie.
Il ne faut pas séparer le Moi profond de l'ego, celui-ci n'étant qu'un aspect de l'Entité, celui qui se concentre sur le monde tridimensionnel pour y faire des expériences enrichissantes. Trop absorbé par son activité physique, l'ego peut oublier sa relation vitale avec son Moi profond en créant, par ses pensées et ses croyances erronées, des illusions de la réalité que dénoncera son corps par des malaises ou des maladies.
Pour rétablir sa pleine vitalité, il devra changer ses croyances pour les rendre conformes à sa nature profonde qui est divine et qui veut s'exprimer dans la Joie, la Spontanéité et la Liberté de façon illimitée.

Le Diable est la carte, semble-t-il, la moins agréable à regarder à cause des tabous que comporte son iconographie: représentation du diable et du mal selon les croyances héritées du moyen âge. Cependant, elle renferme plus que toutes les autres, une quantité de symboles qui ne cessent de nourrir la méditation de qui s'y arrête pour les approfondir. À ce titre c'est une carte "paradoxale": elle représente à la fois la sexualité physique et matérielle (la sexualité génitale: couleur rouge et verte) et l'esprit qui anime le corps physique (socle et ailes bleus).
Le mal, le diable, l'enfer et le ciel n'ont aucune réalité objective, sauf pour ceux qui le croient; car ils créent eux-mêmes ces réalités qui encombrent par la suite leur mental. Le mal a pour cause l'ignorance, et l'interprétation d'une situation ou d'un événement en fonction de lui est une création qu'on fait selon ses pensées et ses croyances. En effet, nos pensées, nos émotions, nos croyances et nos attentes créent notre environnement physique et mental. Et plus nous nous concentrons sur les côtés "défectueux" de la vie, plus nous nous convainquons que le mal existe, car nous renforçons ainsi notre croyance erronée. Une croyance est une lunette à travers laquelle nous projetons et regardons la réalité.
La sexualité est un attribut caractéristique de l'homme incarné. C'est fondamentalement l'énergie vitale qui crée, non seulement sa progéniture physique, mais aussi sa propre réalisation en cherchant à unir en un tout la masculinité et la féminité, la créativité et l'agressivité. L'exercice de la sexualité en toute spontanéité instinctive et sans ce sentiment de culpabilité que la tradition chrétienne lui a accolée, augmente la vitalité, assure une excellente santé et s'avère la meilleure thérapie en cas de maladies.
Tout cela est symbolisé dans cette carte du diable: la vitalité est exprimée dans la couleur rouge du diablotin de gauche et par l'étoile rouge du diable, la guérison et la régénération par la couleur verte du diablotin de droite ainsi que par les cuisses vertes du diable et la couleur bleue du cube sur lequel se tient ce personnage énigmatique, indique que la guérison véritable commence toujours par l'esprit (Mind is the builder: l'esprit est créateur, selon Cayce).

La Maison-Dieu est l'illustration du désarroi qui menace celui qui entretient de fausses croyances, des pensées non conformes à sa nature profonde. Celles-ci engendreront des difficultés de toutes sortes: physiques (catastrophes, accidents, maladies, etc.) ou psychiques (insatisfactions, sentiments de culpabilité ou d'infériorité, parfois névroses). Car il ne faut jamais oublier que nous créons notre corps et son environnement par nos pensées, nos émotions, nos sentiments, nos croyances et nos attentes.
La conscience du corps qui résulte de la conscience des atomes et des cellules et qui obéit spontanément à ses instincts se trouve contrariée souvent par la conscience de l'ego et ses pensées et croyances limitatives. De là, les troubles physiologiques et leurs répercussions psychologiques chez l'individu. Pour rétablir l'équilibre vital, ce dernier doit changer ses croyances qui empêchent son Moi profond de s'exprimer librement dans le physique. Parfois, un choc douloureux est produit au sommet de l'édifice (l'être humain) par l'éclair d'une pensée ou croyance nouvelle qui va rétablir l'équilibre et libérer l'individu de ses limites antérieures.

La carte Les Étoiles figure la Conscience de l'Entité, du Moi profond qui s'exerce dans le monde physique et dans d'autres dimensions à la fois.
Dans le monde tridimensionnel, son activité s'exerce sur le plan physique, symbolisé par l'urne bleue que la femme nue verse sur la terre, et sur le plan psychique, par l'urne rouge qu'elle verse dans l'eau. Les huit étoiles de diverses grandeurs figurent les autres niveaux d'existence où elle est aussi active et crée des mondes.
Si la conscience du Soi ou Moi profond s'exerce dans le monde physique par la conscience éveillée où elle est concentrée et limitée, elle est, par ailleurs, toujours en expansion dans les autres niveaux d'existence, dont l'ego physique n'a pas conscience. C'est pourquoi la conscience du Soi, qui semble inconsciente au Moi extérieur, est toujours consciente et elle est perçue par l'individu de façon subliminale ou claire dans ses rêves.

La Lune symbolise les émotions et les sentiments négatifs de l'individu: la peur, la crainte, l'insatisfaction, le sentiment de culpabilité et d'infériorité, la colère, l'agressivité, le ressentiment, l'envi, la violence, etc.
Toutes ces émotions doivent être vécues par l'individu, car ce sont des décharges d'énergie caractéristique du Soi incarné. Le Moi conscient n'est pas ses émotions: il ne doit pas s'identifier à elles, mais les expérimenter comme productions de ses pensées et de ses croyances. Bloquer leur expression et les refouler dans l'inconscient provient de la croyance erronée que les émotions sont mauvaises en soi.
Les émotions négatives, qui empêchent l'individu de se sentir libre et heureux peuvent lui servir de motif pour remettre en question ses pensées et ses croyances qui en sont la source. Car il faut toujours se souvenir que celles-ci créent son environnement physique et psychologique. Changer ses pensées et ses croyances par une vision plus positive de la vie, génère des émotions valorisantes et stimulantes.

Le Soleil symbolise les émotions et les sentiments positifs de l'individu: l'amour, la fraternité, l'assurance, la joie, le contentement de soi, l'optimisme, l'ouverture aux autres, la compassion, la pitié, etc.
Les émotions positives augmentent la vitalité de l'individu et témoignent de la joie et de la spontanéité de l'Entité. Elles rayonnent dans son environnement comme un Soleil, et lui donnent un magnétisme qui attire sur lui l'attention des autres. Par conséquent, les liens télépathiques de l'individu avec son entourage s'intensifient lui assurant ainsi un certain ascendant sur eux, La joie, comme le sourire, est communicative.

Le Jugement illustre le phénomène de la réincarnation. L'interprétation de la lame 20 dans cette optique vient préciser l'interprétation religieuse traditionnelle de la mort et du jugement dernier. Au moment de la mort physique, le défunt est surpris de constater qu'il est encore vivant (ressuscitant et sortant du tombeau), qu'il est immortel, qu'il a un autre corps plus parfait que l'enveloppe physique qu'il vient de quitter, qu'en lui se retrouvent harmonisées sa masculinité et sa féminité, symbolisées par les deux personnages nus, mâle et femelle, qui lui font face.
Ce corps énergétique accompagne d'ailleurs toujours l'individu dans son incarnation physique. Il comprend alors qu'il vient d'accéder à un autre mode d'existence (résurrection) avec toute son expérience terrestre dont il fait le bilan (Jugement) pour mieux s'orienter dans cet univers spirituel.
S'il constate que son degré d'évolution lui permet d'accéder maintenant aux sphères supérieures, des esprits-guides se présenteront (l'Ange) pour l'y conduire. Si non, il décidera de se reposer tout en expérimentant, par télépathie, d'autres formes de vie, par exemple, celle d'un arbre dont il tire des énergies de paix et de vitalité. Ou bien, voulant augmenter ses connaissances déjà acquises, il décantera, avec l'aide de professeurs et de guides, les expériences positives des expériences négatives de son expérience terrestre. Après quoi, il pourra décider de se réincarner pour acquérir plus de maturité spirituelle au cours d'une nouvelle existence physique.

Le Monde symbolise la réintégration de tous les êtres dans l'Unité de la Conscience universelle, c'est-à-dire Dieu ou Tout Ce Qui Est. La jeune fille qui danse dans le cercle végétal, c'est la Sagesse divine qui préside à la création toute entière, représentée par les quatre animaux de l'Apocalypse symbolisant les quatre éléments: le boeuf pour la Terre, le Lion pour le Feu, l'Aigle pour l'Air et l'Homme pour l'Eau.
Cette carte représente donc Tout Ce Qui Est qui englobe l'Univers physique et tous les autres univers possibles, auxquels le Moi profond peut avoir accès, puisqu'il est partie du Tout qui est plus que l'ensemble de tous les êtres. L'expression biblique Yahve Sabaot est habituellement traduite par "Dieu des armées" (du ciel, c'est-à-dire des astres=tous les mondes). Mais traduit littéralement, elle exprime mieux la Réalité: Je suis (Yahve) la création (Sabaot)
"Ce que souhaitent de nombreuses personnes, c'est un dieu familier qui se manifeste dans les faits et gestes de tous les jours. Mais Dieu est habilement caché dans Ses créations, de telle sorte qu'Il est ce qu'elles sont et qu'elles sont ce qu'Il est; en les connaissant, vous Le connaissez. (L'enseignement de Seth, p. 512); "Vous êtes co-créateurs. Ce que vous appelez Dieu est la somme de toute conscience. De plus, la totalité est plus que la somme de ses parties. Dieu est plus que la somme de toutes les personnalités et, pourtant, toutes les personnalités sont ce qu'Il est. (Le livre de Seth, p. 337). "Dieu est plus que la somme de tous les systèmes de réalité qu'il a créés, et pourtant Il est dans chacun d'entre eux sans exception. Il est dans chaque homme et dans chaque femme. Il est aussi dans chaque araignée, ombre, grenouuille, et c'est ce que l'homme répugne à admettre." (L'enseignement de Seth, p. 269).

Le Fou met en scène un bouffon qui, sans se préoccuper des embûches, continue son chemin au-delà des illusions de la vie physique. Il voit les choses, la Réalité, d'un autre point de vue, non comme le Pendu qui voyait de travers, mais comme celui qui voit plus loin, au-delà des apparences terrestres. C'est l'Homme divinisé, l'Homme-Dieu. Il contemple l'Univers du point de vue de Dieu. Il a terminé la série de ses incarnations qui lui ont permis d'acquérir toutes les expériences que celles-ci pouvaient lui offrir.
Ici, il représente tous ceux qui ont évolué, qui ont passé le seuil entre les deux mondes et qui voient désormais toutes choses du point de vue de Dieu. Le Fou est, en effet, le symbole de l'homme qui, après avoir parcouru toutes les étapes possibles de son développement sur terre, est parvenu à un état de conscience supérieure. Il ne considère désormains les choses que du point de vue divin.
L'Arcane du Fou symbolise donc la transformation de la conscience personnelle en conscience cosmique, le sacrifice de l'intellectualité limitée et stérile pour la spiritualité épanouissante, ou le dépassement de la sagesse humaine, qui est folie aux yeux de Dieu, pour l'acquisition de la Sagesse divine, qui est folie aux yeux des hommes.
Au début de nos réflexions sur le "voyage de l'âme" dont les différentes étapes sont représentées par les 22 carte des Arcanes majeurs du Tarot, nous avons fait porter notre quête sur notre nature véritable. Au terme de cette méditation, il y a lieu de résumer ou de synthétiser les connaissances acquises à la lumière de l'enseignement de Seth.
Comme il s'agit en fait de notre évolution spirituelle qui est tributaire de nos pensées et de nos croyances sur la Réalité, il serait tout à fait opportun de se demander comment opérer le changement de nos pensées et de nos croyances pour les rendre conformes à notre nature profonde. Voici comment chacun pourrait se questionner et chercher les réponses eu égard à sa véritable nature spirituelle. La question est simple: Comment me changer, puisque je dépends autant de mes croyances positives que négatives?
Que veut dire ME changer? Il faudrait d'abord ME connaître: qui suis-je dans l'univers? Qui suis-je au fond et au-delà de ma personnalité physique, au-delà de mon ego?
Je suis une ENTITÉ, c'est-à-dire quelque chose qui "existe", et une IDENTITÉ ou une INDIVIDUALITÉ, c'est-à-dire quelque chose qui est "différent" des autres entités, c'est-à-dire MOI: une personnalité d'essence énergétique, une partie de TOUT-CE-QUI-EST; "Vous êtes Lui se manifestant par votre individualité... Si vous êtes une partie de Dieu, Il est aussi une partie de vous et lorsque vous niez votre propre valeur vous finissez par nier la Sienne." (Seth, La réalité personnelle).
Je suis une ENTITÉ douée de CONSCIENCE: je ne suis pas ma conscience, car elle est mon instrument de création et d'expansion:Mind is the builder (Cayce). Car ma conscience est la source de mes croyances, de mon imagination, de mes émotions, de mes attentes et de mes actions; et mes émotions sont le moteur de mes actions, mais elles naissent de mes croyances, créés par ma conscience. Ce sont là différents aspects de MOI s'exprimant dans la réalité tridimensionnelle.
Mais. je suis une ENTITÉ incarnée dans un EGO, c'est-à-dire une partie de MOI concentrée dans l'univers physique, un faisceau limité de CONSCIENCE relié à mes SENS pour percevoir l'univers tridimensionnel et m'y exprimer par l'action.
Pour cela, en tant qu'EGO, je crée le TEMPS pour percevoir, bribe par bribe, la réalité incommensurable de MOI (ENTITÉ) qui le dépasse (le tout est plus grand que la partie); mais ma perception de la réalité et mon action ont lieu dans le PRÉSENT, qui est mon MON POINT DE POUVOIR (non dans le passé, ni dans le futur). "Si vous comprenez parfaitement votre pouvoir dans le présent, vous vous rendrez compte qu'en ce point, l'action transforme aussi le passé, ses croyances et vos réactions." (Seth, La réalité personnelle).
Donc, si je (EGO) veux changer ou modifier quelque chose en MOI, il me faut 1) agir dans le PRÉSENT; 2) examiner la nature de mes CROYANCES et les modifier ou les changer s'il y a lieu, c'est-à-dire si elles sont négatives ou limitatives: car mes CROYANCES ne correspondent pas toujours à la RÉALITÉ, étant l'opinion que je me fais de la réalité ou l'interprétation que j'en fais selon mes pensées et mes croyances, d'où l'importance de les EXAMINER: mon insatisfaction physique (malaise ou maladie) ou psychique (trouble émotionnel, morosité, etc.) en est le signe, mais ce qui m'empêche d'examiner mes CROYANCES, c'est de CROIRE qu'elles forment la RÉALITÉ; 3) vivre mes ÉMOTIONS: ne pas les refouler dans l'inconscient, car je ne suis pas mes émotions; celles-ci sont des décharges d'énergie qui accompagnent mes croyances et qui me poussent à l'action; 4) adopter une manière de penser et un comportement en accord avec mes nouvelles CROYANCES positives.
AINSI
Je peux agir EFFICACEMENT pour GUÉRIR mon corps s'il est malade et AMÉLIORER ma qualité de VIE. "Votre seul point vraiment efficace pour changer n'importe quel aspect de votre vie réside dans cette connexion miraculeuse et immédiate de l'esprit et du 'soi', grâce à votre système nerveux." (Seth, La réalité personnelle).
Bien conscient(e)et convaincu(e) que je suis une personnalité d'essence énergétique multidimensionnelle, j'(EGO)ai à ma disposition l'énergie inépuisable de MOI (ENTITÉ) pour changer et créer ma RÉALITÉ, c'est-à-dire mon corps et son environnement, prolongement de mon corps emglobant tous les êtres animés ou inanimés que j'atteins par télépathie.
COMMENT?
2) En changeant mes pensées et croyances limitatives (telles que la peur, des opinions erronées, la rigidité intérieure, etc.), je pourrai m'exercer à développer une plus grande souplesse mentale et psychique (assurance, attention, adaptabilité et spontanéité) dans mes ACTIONS et retrouver, par là, l'émerveillement et la joie de l'enfant (que je suis toujours).
Tout cela peut être illustré par la vie de deux personnages qui ont marqué leur temps et l'histoire: Bonaparte et Beethoven.
Qui a lu les biographies de ces deux grands hommes, l'un général d'armée puis empereur des français, l'autre musicien puis Maître de Vienne, peut facilement relier leur destin réciproque à leurs croyances et aux choix qu'ils ont faits au cours de leur vie, Tous les deux sont contemporains, ont presque le même âge (Napoléon est né le 15 août 1769 et Beethoven le 16 décembre 1770) et une stature semblable (plutôt petits). Bonaparte, imbu des idées républicaines propagées par la Révolution française. voulut conquérir l'Europe (et même l'Orient!) pour y propager les idées nouvelles auxquelles il croyait.
Beethoven, esprit indépendant et libre, partageant ouvertement les idées républicaines, admirait le Consul Bonaparte qu'il considérait comme un héros égal aux consuls de la Rome antique. Il le célébra dans sa musique en lui dédicaçant sa Symphonie no 3. Mais il se ravisa et ratura, par la suite, cette dédicace lorsque Bonaparte se proclama Empereur, et la titra Symphonie héroïque pour célébrer la mémoire d'un grand homme, se détournant ainsi de l'Empereur. Dès lors, leur cheminement sur le plan des idées prit un écart de 180°: l'admiration de Beethoven pour Bonaparte s'estompa, car celui-ci avait choisi la gloire et la domination plutôt que l'amour, le salut et la liberté des individus, idéaux chers à Beethoven. Autre curiosité: Bonaparte aimait les bains chauds, même bouillants alors que Beethoven appréciait les douches froides.
Tentons d'analyser l'évolution de ces deux personnages sur le plan psychologique, à la lumière de l'enseignement de Seth. De façon générale, on pourrait affirmer que Bonaparte fevorisa plutôt son ego, et Beethoven, son Moi intérieur.
Le premier rechercha le pouvoir, les victoires militaires et l'admiration de ses soldats en leur distribuant titres et décorations. Mais, en retour, tous devaient lui manifester soumission et épouser ses idées et exécuter ses ordres: ce qui manifeste beaucoup d'égocentrisme. En réorganisant le vie civile en France (Code législatif, division départementale du gouvernement, promotion de l'industrie, etc.), il n'a fait que favoriser un travail déja commencé avant qu'il ne prenne le pouvoir. Ses plus grands efforts ont consisté à monter une "Grande armée", instrument de son ascension et de son maintien au pouvoir en soumettant, par elle, les autres peuples de l'Europe dont les souverains combattaient les idées de la révolution. Il a sacrifié des vies humaines à sa politique (les royalistes insurgés, le duc D'Enghien qu'il accusait, sans preuves, de vouloir l'assassiner).
Beethoven, quant à lui, d'abord farouchement attaché à sa valeur personnelle face à l'aristocratie dont la noblesse tenait à la naissance("Des princes, il y en a et il y en aura des milliers, mais il n'y aura qu'un Beethoven"), a toujours relié cette valeur à l'esprit intérieur, source de son inspiration. Son oeuvre musicale est à la fois humaine et divine, car elle exprime la force de ses passions, sa soif d'absolu, sa croyance en Dieu, son amour de la nature et de l'Humanité. Cela transparaît clairement, par exemple, dans les 3e et 5e symphonies qui illustrent le combat de l'ego pour s'affirmer en tant que héros, alors que la 6e exprimant l'unité de l'Homme et de la Nature, et la 9e affirmant l'unité de tous les hommes dans la fraternité et la Joie, témoignent de l'influence primordiale de son Moi intérieur. Beethoven, au soir de sa vie, crée sa Missa solemnis qui vient consacrer le but de sa quête spirituelle et l'affirmation de son Entité, source de son inspiration musicale ainsi que la reconnaissance et sa soumission à l'être Suprême. N'ayant pas la facilité de Mozart ni la bonhomie de Haydn (quoiqu'il avait beaucoup d'humour) son combat fut titanesque et sa musique s'en ressentit: ses chefs-d'oeuvres sont le fruit d'un travail acharné pour peaufiner les échos de son inspiration. C'est probablement pourquoi sa musique, tout en présentant un caractère universel, est aussi très personnelle: on reconnaît toujours la musique de Beethoven.
Ces deux personnages moururent isolés, entourés de quelques amis fidèles seulement, l'un prisonnier sur l'île Sainte-Hélène, l'autre libre à Vienne. Il est curieux de constater que les deux furent empoisonnés, Beethoven non intentionnellement par le plomb, Bonaparte, intentionnellement par l'arsénic. Seule une quinzaine de personnes assistèrent à la mort de Bonaparte le 5 mai 1821 et à son enterrement à Sainte-Hélène. Quant à Beethoven, décédé le 26 mars 1827, 20,000 citoyens de Vienne l'accompagnèrent le 29 à ses funérailles. Le premier doit sa renommée à la légende créée par les bonapartistes après sa mort, mais Beethoven n'a pas de légende et sa mémoire est toujours présente grâce à sa musique toujours vivante.
Ceux qui croient aux communications médiumniques trouveront ci-après des données intéressantes à ce sujet.
Ruth Montgomery (3), journaliste réputée, devenue écrivaine dans le domaine du paranormal, fut initiée à la médiumnité par un des plus grands médiums de notre temps. Arthur Ford, de réputation internationale. Après sa mort, ce dernier continua à correspondre avec Ruth Montgomery, par écriture automatique au moyen de sa machine à écrire. L'éditeur de cette dernière lui avait demandé d'interroger Ford au sujet de personnages historiques importants, dont Beethoven et Bonaparte. Voici ce qu'il lui a confié:
"Commençons par Beethoven. Il s'est envolé vers les plus hautes sphères, où il est sans aucun doute en train de composer de la musique d'après les ondulations et les vibrations de l'univers capables de produire de fantastiques sons interplanétaires. Il a été musicien au cours de plusieurs existences, avant de devenir Ludwig van Beethoven. Dans cette dernière vie, il a beaucoup souffert de sa surdité, payant de cette manière ses dettes anciennes, de sorte qu'il n'a nul besoin de se réincarner, à moins qu'il ne le désire. [...]
En ce qui concerne Napoléon, je dois dire que, depuis le début du spiritualisme tous les soi-disant médiums ont vainement tenté de le faire se manifester au cours de leurs séances. En voici la raison. Il s'est réincarné presque aussitôt, car il rêvait d'une autre bataille victorieuse. Il l'a trouvée, mais en tant que simple fantassin. Depuis, il a eu deux autres existences, au Portugal et au Brésil, mais d'assez brève durée. C'est ce que vous appelleriez aujourd'hui un "battant", à qui il faut sans cesse de l'activité, et c'est pourquoi il ne désire pas passer ici de longues périodes d'inactivité."
Rosemary Brown (5) était un médium anglais qui recevait, par perception extrasensorielle, de la musique que lui confiaient plusieurs compositeurs défunts pour prouver que la vie continue après la mort du corps physique. C'est, semble-t-il, Franz Liszt qui dirigeait ces communications musicales. C'est ainsi qu'elle entra en communication avec Beethoven. Voici son récit:
"Beethoven fut longtemps une énigme pour moi. D'abord, il ne communiquait que par télépathie. Il apportait sa musique à mon esprit sans prononcer une seule parole, Je pouvais le voir, mais il ne disait jamais rien entre nous. Je constatai que je pouvais saisir ses idées, bien qu'il ne nommât jamais une note, et j'arrivai presque toujours à percevoir ce qu'il voulait me transmettre.
"Nos premières communications ont été difficiles, parce que j'étais, en fait, muette d'admiration devant lui. Ce fut, sans aucun doute, l'une des plus grandes âmes qui vécurent en ce monde.
"Il paraît maintenant avoir trente-cinq ou quarante ans. Il a des traits réguliers, un air de Grec ancien. Il semble en bonne santé et il a des cheveux très noirs, qu'il porte rejetés à l'arrière. Cette chevelure très longue, n'est pas aussi en broussaille qu'elle le paraît sur les tableaux que nous possédons de lui. Ses yeux sont noirs, et il regarde droit dans les yeux. Il n'est plus sourd. Les maux humains et les ennuis disparaissent lorsque nous sommes dans l'autre monde. Ce furent certainement sa surdité et sa maladie qui ont apporté à son existence le côté tumultueux que l'on connaît. Il suffit de le regarder au-delà de sa personnalité terrestre, qui n'est qu'une réaction aux circonstances de sa vie, comme c'est souvent le cas.
"Dire qu'il n'avait pas bon caractère serait nier la véritable grandeur de l'homme. Cette irritabilité n'était qu'un simple trait de caractère et n'avait aucun rapport avec l'âme réelle. J'ai toujours eu le sentiment profond de cette grandeur, de cette authentique noblesse de l'âme. Toute la pièce, quand il apparaissait, baignait dans une atmosphère quasi sacrée. C.est parce que je ressentais si intensément cette atmosphère de grandeur qu'il m'était impossible d'engager la conversation avec lui. Peu à peu, je compris que Beethoven était en fait d'une grande simplicité, réellement sublime. Après en avoir pris conscience, je fus un peu plus assurée dans mon attitude à son égard.
"Cela l'encouragea aussi à commencer à me parler. Il le fit en anglais, très lentement, employant des mots brefs et faciles, et d'une façon très simple, comme s'il s'adressait à un enfant, ce que j'étais probablement à ses yeux. Un lien de sympathie finit par naître entre nous. Il me sembla, quoiqu'il fût bien au-dessus de moi, qu'il me comprenait. Je me sentais extrêmement honorée de ce qu'il pouvait demeurer près de moi et me parler.
"Souvent il parlait de musique. D'autres fois, il me parlait de lui, de l'existence ou de Dieu. Il me dit combien il souhaitait déverser de grands flots d'harmonie pour éveiller en nous une plus grande compréhension. Il me fit fortement sentir à quel point il désirait, de toutes ses forces, toucher l'humanité afin de nous englober dans ce merveilleux amour.
"Il possède une grande dévotion et une grande croyance en Dieu, sans aucune étroitesse de pensée. Un jour, il me parla si gentiment et si doucement que j'en fus très émue et que je lui dis très humblement: 'Beethoven, je vous aime!' Il me regarda avec un vague sourire et ajouta très sérieusement: 'Mais naturellement!'
NOTES.
(1) Anonyme, Méditation sur les vingt-deux Arcanes Majeurs du Tarot. Aubier, 1984, pp.21-23 passim
(2) C.G. Jung, Les racines de la conscience , p. 56.
(3) Yves Paquin, Le Tarot idéographique du Kébec, Édition de Mortagne, 1979. Pour cette interprétation, on pourra aussi se référer au Tarot de Marseille ou à celui des Imagiers du moyen âge d'Oswald Wirth,
(4)Ruth Montgomery, Au-delà de notre monde, Éditions J'ai Lu New Age, pp. 158-159.
(5)Rosemary Brown, En communication avec l'au-delà, Éditions J'ai Lu, pp. 159-160.