La vie sur Terre et dans l’Aude-là (3)

 

            Si l’incarné n’était pas si étroitement lié à son corps physique, il s’intéresserait beaucoup moins à sa tâche du moment qui est de rester dans le monde à trois dimensions afin d’y évoluer – pour un temps du moins. Il perd la mémoire de sa véritable nature pour vivre avec assez de conviction parmi les formes de la Terre. Trop savoir qu’il s’agit d’une combinaison de facteurs temporaires et d’une réalité purement relative, c’est courir le risque de s’isoler en esprit pour mener une vie plus contemplative qu’active. On n’est pas sur Terre pour vivre en théorie; on y est pour lutter, aider, aimer en action. La vie terrestre serait merveilleuse si on la comprenait assez pour la diriger quelque peu et éviter tant de misères humaines qui font si cruellement souffrir. Oui, elle serait une aventure merveilleuse si seulement on savait vivre !

 

            Bref, qu’on soit incarné ou qu’on soit dans l’Au-delà, c’est ce que l’on est qui détermine ce que l’on a; c’est ce qu’on devient qui détermine ce qu’on sera, même si la loi se complique grandement sur Terre. Chaque être pensant est un centre individualisé qui apprend peu à peu à diriger son destin. Il est un des éléments de ce qui existe fondamentalement, de ce qu’est l’univers en substance. Et l’ambiance de chaque être, que cette ambiance soit son monde extérieur de la Terre ou qu’il se fonde en elle dans cette dimension-ci dès qu’il s’y retrouve, c’est de lui-même qu’elle émane ou c’est de lui qu’en vient l’appel. C’est lui qui la projette ou c’est lui qui s’y joint, de par l’activité de sa pensée.

 

            Vivre sur Terre c’est apprendre à aimer. Exister dans l’Au-delà c’est être uni à ce qu’on aime.

 

New-York, Avril 1956.

 

Morton, Marie-Louise, Où et comment retrouverons-nous nos disparus ? Pp. 299-300.