La vie sur terre et dans l’au-delà
Tout
ce que nous trouvons et tout ce qui nous arrive dans l’Au-delà a la qualité exacte de ce que nous sommes. Rien ne nous
confronte plus qui n’y réponde fidèlement. Rien n’est objectif, tout est
subjectif. Cela procure la paix si l’on est de nature paisible, mais peut
devenir monotone et pousse alors à aller s’intéresser aux contradictions de
Dans un monde où l’espace et le temps ne viennent plus dresser leurs barrières, on est uni par affinité à ceux qui ont les mêmes idées et les mêmes sentiments que soi. On s’aperçoit vite ici de l’unité profonde de ce qui se ressemble. On ne saurait perdre ce qui est semblable à soi puisqu’il s’agit à proprement parler de soi.
Sur
On va sur Terre pour s’y trouver dédoublé en quelque sorte selon ses caractéristiques : bonnes qualités et multiples imperfections. Et l’on y va aussi pour trouver la contre-partie de soi. Car on rencontre, au cours de la vie terrestre, non seulement ce qui est soi-même extériorisé et qui tantôt s’harmonise au moi, tantôt crée des conflits; mais on y rencontre aussi l’opposé de soi. Ce dernier point est important. Les pâtés de sable humide que font les enfants sur la plage ont la forme exacte du moule d’où ils sortent lorsqu’ils sont réussis. Dans le monde à trois dimensions chacun de nous est un de ces petits pâtés, et tous sont réussis. Mais n’oublions pas que l’un est en relief et que l’autre est en creux, que l’un a fourni la matière là où il y avait vide et que la forme générale du gâteau de même que les dessins variés de sa surface, nous donnent la contre-partie de ce qu’est le monde. Pâté et moule ne sont semblables qu’en ce qu’ils coïncident étroitement.
Cette
contre-partie de nous-même
est fournie sur
New-York, avril 1956.
Morton, Marie-Louise, Où et quand retrouverons-nous nos disparus? pp. 295-297.